Le Marais, Saint-Nicolas, Vent de Bise, Coron Balasse, Coron Grand-Peine, Bois du Luc, La Tombelle, Bignault, Pont du Sart, Duquette, Coron et Coron des Choux.
Divers vestiges des âges de la pierre et du fer ainsi que de la période romaine ont été retrouvés sur le territoire d’Houdeng-Aimeries mais c’est surtout vers le XIIesiècle que l’on peut en savoir plus sur la localité.
Au début de la féodalité, Houdeng appartenait à la seigneurie du Roeulx et il en fut ainsi jusqu’à la mort du dernier seigneur du Roeulx en 1336. Il existait en même temps une maison noble: les seigneurs de Houdeng. Parmi ceux-ci, la postérité a retenu Nicolas de Houdeng qui acquis le bois du Luz (devenu bois du Luc par la suite) et a donc, pour la première fois, mêlé la destinée de Bois-du-Luc à celle d’Houdeng.
Cependant, bien que les seigneurs de Houdeng soient nobles, ils n’étaient pas propriétaires de la terre qui porte leur nom; ce privilège revenait au comte du Hainaut.
Le domaine de Houdeng appartient ensuite à des seigneurs flamands (famille d’Abcoude de Gaesbeek). Au XVesiècle, ceux-ci décident de vendre la terre de Houdeng; son acheteur n’est pas n’importe qui. En effet, il s’agit de Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne et bras droit de Philippe le Bon. Rolin était un grand mécène; il créa avec son épouse les hospices de Beaune en Côte-d’Or (la tradition affirme que lorsqu’un Houdinois d’Aimeries se rend à Beaune, un accueil chaleureux lui est toujours réservé. Ces deux régions n’étaient elles pas unies dans un passé plus ou moins lointain?).
Mais la connaissance de cet homme influent ne nous est pas seulement parvenue par ses réalisations charitables; en effet, le célèbre peintre Van Eyck nous a restitué les traits du chancelier dans La Vierge du chancelier Rolin; en observant les vêtements du personnage, on peut un peu mieux comprendre l’amour démesuré que Nicolas Rolin portait aux fastes. Il décéda en 1462.
Après cette petite parenthèse concernant Nicolas Rolin, revenons à Houdeng-Aimeries.
La fin du XVIIesiècle est marquée par les guerres de Louis XIV contre l’Europe coalisée; comme beaucoup de localités du Hainaut, Houdeng-Aimeries va souffrir de ces nombreuses campagnes. C’est pourquoi de nombreux habitants ont dû se réfugier où ils le pouvaient et laisser derrière eux leurs habitations et leurs récoltes.
Depuis le XIIIesiècle, du charbon était extrait à Houdeng-Aimeries[2]. Le site minier du Bois-du-Luc est le témoignage vivant de l'avenir qui devait être réservé à l'exploitation charbonnière sur le territoire d'Aimeries.
La commune de Houdeng-Aimeries possédait, en 1733, un collège avec un pensionnat fondé par D. Leclercq. Grâce à cet établissement, beaucoup d’employés furent formés pour la région. En 1839, il fut fermé puis rouvert quelques mois plus tard. Une école moyenne succéda à cet établissement (1851) ainsi qu’une école industrielle (la plus ancienne du Hainaut). Ces maisons pédagogiques apportèrent beaucoup à l’industrie et au commerce.
Avec la Révolution française, la féodalité disparut: il n’y eut donc plus de seigneurs à Houdeng (le dernier seigneur fut le marquis Alphonse de Wavrin Villers-au-Tertre; sa dalle funéraire est dressée contre le mur extérieur de la sacristie). Leur habitation a disparu aussi. Actuellement, on pense que la Ferme de la Tourre était le manoir de la famille d’Houdeng. En effet, elle appartenait à cette époque aux seigneurs d’Houdeng; de plus, la ferme se trouvait à proximité de l’église; fait courant puisque cela permettait aux seigneurs de se rendre à l’office aisément même s’il existait une chapelle dans l’enceinte du château. Autre preuve, la ferme de la Tourre possédait une tour (utilisée dans les premiers temps comme tour de guet pour devenir ensuite un simple élément d’ornementation). Grâce à toutes ces justifications, il semble aisé de croire que la demeure des seigneurs de Houdeng était la ferme du château. Des fouilles pourraient être entreprises; elles permettraient sûrement de mettre au jour des vestiges de l’ancienne propriété.
La création du Canal du Centre (1877) et des ascenseurs à bateaux favorisa le développement économique et touristique de la région. La localité d’Houdeng-Aimeries comprend l’ascenseur à bateaux no2[3].
L'église Saint-Jean-Baptiste.L'église Saint-Jean-Baptiste, érigée en 1779 à la demande des religieux de l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie[5]. Cet édifice est de style classique et il possède un autel majeur orné en son centre d'une peinture de la fin du XVIIIesiècle représentant la Cène par Saimmont, de deux autels latéraux dont celle du nord est dédié au Sacré-Cœur de Marie et celle du sud à Saint-Jean-Baptiste qui sont de style baroque[6].
L'église Sainte-Barbe, elle fait partie de l'ensemble architectural du site minier du Bois-du-Luc, classé depuis le [6]. L'église a été construite de 1904 à 1905 en style néo-gothique par l'architecte Constant Sonneville de Tournai[6].
L'ascenseur no2 du canal historique du Centre.L’ancienne résidence du directeur des charbonnages du Bois-du-Luc constitue un exemple représentatif de l’architecture liée au paternalisme industriel au XIXesiècle. Décidée en 1844 par l’administration de la société minière, la demeure fut construite en bordure de la rue principale, entre les bureaux et la fosse Saint-Emmanuel, en vis-à-vis du quartier ouvrier organisé en carré. Bien que séparée des habitations des mineurs par un jardin clôturé, son implantation légèrement surélevée offrait au directeur une vue directe sur les installations et sur la communauté laborieuse[7]. De style néoclassique, la maison resta occupée par les directeurs jusqu’en 1913, avant d’être délaissée en raison des nuisances sonores, de la pollution et de la proximité du quartier densément peuplé[7]. Vendue à un particulier en 1978, elle fut rapidement convoitée par la commune de La Louvière, qui souhaitait y développer des activités culturelles destinées aux habitants de Houdeng-Aimeries. Après une période d’abandon, l’édifice fut entièrement restauré en 2005 selon les plans de l’architecte Bernard de Vrée[8]. Cette même année, la ville en confia l’usage au CPAS par bail emphytéotique. Les espaces réaménagés autour d’un escalier contemporain en verre et métal accueillirent d’abord le service d’insertion socio-professionnelle, puis, à partir de 2011, la cellule de cohésion sociale[9].
L'ancien hôpital, datant de 1909.Le musée de la mine.L’hospice Plunkett de Rathmore, intégré au site minier du Bois‑du‑Luc à Houdeng‑Aimeries, illustre les pratiques paternalistes qui accompagnaient l’industrie charbonnière au XIXesiècle. Il fut construit grâce au legs de Goswin Charles Patrice Plunkett de Rathmore, membre d’une famille d’actionnaires liée aux charbonnages depuis le XVIIesiècle[9]. Décédé en 1859 sans héritiers, il consacra par testament une part importante de son capital à l’édification d’un établissement destiné aux mineurs âgés, invalides ou aux veuves[9]. L’architecte Liévin Poly de Ghlin conçut en 1861 un bâtiment en U, caractérisé par de hautes baies à châssis losangés et par une chapelle centrale surmontée d’un clocheton néoclassique. L’hospice fut administré pendant plus d’un siècle par les sœurs de la Providence de Gosselies, jusqu’au départ du dernier résident en 1973, à la fermeture du charbonnage[9]. Après avoir appartenu successivement à la Commission d’assistance publique de Houdeng‑Aimeries puis au CPAS de La Louvière, l’édifice devint propriété communale en 1984. Dès la fusion des communes, l’idée de réunir les archives de la ville et du CPAS dans un même lieu s’imposa, projet concrétisé en 2009 avec la création des Archives de La Louvière et du CPAS[9].
La chapelle Notre-Dame du Bois, elle date de 1600 pour le chœur octogonal et pour la nef qui possède trois travées elle fut bâtie en 1906. À la suite de la restauration de l'édifice en 1906, confère l'aspect néo-gothique à l'édifice[10].
La chapelle du Calvaire, située au coin des rues du Calvaire et de la Tombelle, elle est signalée à partir de 1660 mais reconstruite en 1830[10].
La cité ouvrière du Bois-du-Luc, construite entre 1830 et 1920[11].
L'ascenseur hydraulique, construit en 1917 et il possède une chute de 16,94 m[12].
L'ancienne maison communale située rue de la Tombelle, initialement le château Debauque de 1921 à 1976, l'édifice fut racheté par la commune pour abrité l'administration communale puis les service de la télévision locale Antene Centre en 1982[13]’[14].
L'émetteur de radio. À Houdeng, il y a une tour radio de 156 mètres de haut, isolée du sol, car elle a été construite comme antenne pour un émetteur à ondes moyennes fonctionnant sur 1125 kHz avec 20 kW .
À la mi-Carême, le carnaval du Laetare de Houdeng-Goegnies bat son plein. Ces festivités existent depuis 1886, tandis que celles d'Houdeng-Aimeries ont vu le jour entre 1890 et 1920, avant de fusionner en un seul carnaval pour les deux communes[15].
La ducasse du Bois se déroule chaque année en avril et celle d'Houdeng-Aimerie fin août[16].
La société des Charbonnages du Bois-du-Luc, fondée le , figure parmi les plus anciennes entreprises minières de Belgique. Son activité s’achève définitivement le [17]. Le siège Saint-Emmanuel, mis en exploitation en 1846 et fermé en 1959, constitue le principal centre industriel de la compagnie. Il est progressivement modernisé entre la fin du XIXesiècle et le début du XXesiècle grâce à l’installation d’équipements de triage mécanique, de lavage du charbon et d’infrastructures électriques[18]. Dès 1912, les principaux sièges de l’entreprise sont alimentés par la centrale du Quesnoy à Trivières, permettant également l’électrification de la cité ouvrière du Bois-du-Luc, parmi les premières du pays à bénéficier de ce progrès. La société se distingue par une politique paternaliste marquée et par son intérêt pour les innovations techniques et sociales[19].
Le complexe minier comprend également plusieurs fosses historiques. La fosse du Bois, ouverte en 1783, cesse son activité en 1913[20] . La fosse Saint-Amand, creusée à partir de 1827, est exploitée jusqu’en 1914[20] et reliée à d’autres sièges par des galeries souterraines[21]. La fosse Saint-Patrice, également inaugurée en 1827, reste en activité jusqu’en 1937 et atteint une profondeur de 540 mètres[22]. À partir de 1890, elle est connectée au triage-lavoir de Saint-Emmanuel par un système de transport souterrain traversant un tunnel de 270 mètres sous la cité ouvrière[23]. Durant la Seconde Guerre mondiale, cet ouvrage sert d’abri à la population locale. L’ensemble de ces installations illustre l’importance industrielle du Bois-du-Luc dans le développement de l’exploitation charbonnière de la région du Centre[23].
Notons aussi la présence à l'époque de la société SA Trains de Roues du Centre qui fut créée en 1919 et fermé en 1972. Cette entreprise était spécialisée dans la construction de trains de roues, de charpentes, de wagonnets et de pièces de chaudronnerie[24].
Transports en commun: la localité est desservie par la bus 30 Anderlues - Morlanwelz - La Louvière - Strépy-Bracquegnies - Thieu. La commune est également desservie par la ligne de bus 82 du TEC Hainaut reliant Mons - Maurage - La Louvière - Morlanwelz - Trazegnies exploitée par le dépôt de La Louvière et celui de Mons. La ligne 37 atteint également la commune et relie la gare de La Louvière SUD à Houdeng-Aimeries via Haine-st-Pierre, Jolimont, La Louvière, Saint-Vaast, Bois-du-Luc. Jusqu'en , ce sont les tramways vicinaux des lignes 30-31 et 80 qui traversaient la commune avec la même configuration que les actuelles lignes de bus, sauf que la ligne 80 reliait Charleroi à Maurage et n'atteignait plus Mons depuis .
Le terril Saint-Emmanuel, propriété privée, surplombe le quartier minier du Bois-du-Luc. Comme d’autres, il abrite une faune et une flore riches, favorisées par la diversité de ses milieux[25]. De nombreuses zones humides offrent un refuge à une grande variété de batraciens et d’oiseaux. Les bassins servaient autrefois à décantonner les résidus issus du lavage du charbon[25]. Les abords boisés constituent aujourd’hui un véritable poumon vert pour le quartier. À proximité, on trouve aussi les terrils Sainte-Barbe et Saint-Patrice[25].
↑Jean Germain, Guide des gentilés: les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
↑Joseph Plumet, Une société minière sous l'Ancien Régime, La "Société du Grand Conduit et du Charbonnage d'Houdeng" 1685-1800, Gembloux, 1941, p.4.