Messagerie instantanée

type d'échange instantané de messages textuels et de fichiers entre deux personnes
(Redirigé depuis Instant messaging)

Une messagerie instantanée (MI) est une application utilisée pour échanger en temps réel des messages textuels (tchat), des URL (transformées automatiquement en hyperliens) et des fichiers (photos, captures d'écran, vidéos courtes, vocaux[1],[2]) par l'intermédiaire d'appareils connectés à un même réseau informatique, comme Internet.

Une discussion sur un smartphone via la messagerie instantanée WhatsApp en 2019. Les interlocuteurs se transmettent des images et des vocaux.

Dans les années 2010, les messageries instantanées populaires telles que WhatsApp et Discord se dotent d'un système de voix sur IP (VoIP).

C'est l'un des deux éléments essentiels des réseaux sociaux, avec l'espace de contenu généré par les utilisateurs (CGU).

Fonctionnement

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La messagerie instantanée requiert l’emploi d’un logiciel client[réf. nécessaire] qui se connecte à un serveur de messagerie instantanée. Elle diffère du courrier électronique du fait que les conversations se déroulent instantanément (quasiment en temps réel, les contraintes temporelles n’étant pas fortes dans ces systèmes). La plupart des services modernes offrent un système de notification de présence, indiquant si les individus de la liste de contacts sont simultanément en ligne et leur disponibilité pour discuter.

Dans les tout premiers programmes de messagerie instantanée, chaque lettre apparaissait chez le destinataire dès qu’elle était tapée, et quand des lettres étaient effacées pour corriger une faute, cela se voyait également en temps réel. Cela faisait ressembler la communication à un coup de téléphone plutôt qu’à un échange de messages. Dans les programmes modernes de messagerie instantanée, le destinataire ne voit le message de l’expéditeur apparaître que lorsque celui-ci l’a validé.

La plupart des applications de messagerie instantanée permettent de régler un message de statut, qui remplit la même fonction qu’un message de répondeur téléphonique, par exemple pour indiquer la cause d’une indisponibilité.

En évoluant, la messagerie instantanée a intégré les fonctionnalités de voix et de vidéo grâce à une webcam, mais aussi toutes sortes d’applications collaboratives (tableau blanc, édition de texte, jeux, etc.), d’envoi de messages automatiques et de notifications (supervision, « push » d’informations, etc.).

La messagerie instantanée possède son propre langage. Les discussions ayant lieu en temps réel, la vitesse d’écriture la rend plus fluide, d’où l’utilisation de raccourcis d’écriture, notamment pour exprimer l’état d’esprit de l’auteur (voir les émoticônes). Ces raccourcis sont souvent automatiquement remplacés par une image figurant une expression ou une certaine émotion. L'argot de la messagerie instantanée se caractérise notamment par des termes ou des expressions communes qui sont souvent abrégés en une courte série de lettres pouvant même inclure des chiffres (par exemple : bnjr (« bonjour »), b8 (« bonne nuit »), 2m1 (« demain »), etc.)[3].

Histoire

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La messagerie instantanée un à un est une idée assez ancienne : sous UNIX, elle existe depuis bien longtemps, sous forme de texte, grâce à la commande « talk », puis sous MS Windows, il y a eu l’équivalent fenêtré avec WinPopUp, ces deux systèmes étant basés sur la paire utilisateur/machine. Également en mode texte sous DOS avec la commande « NET SEND ».

En 1982, les Dernières Nouvelles d'Alsace lancent dans le cadre du service minitel expérimental Gretel[4] le premier service de messagerie instantanée grand public[5]. L'idée a germé à la suite d'un piratage. Ce nouveau service représente très rapidement jusque 85 % du trafic de ce site[6].

Le protocole standard ouvert Internet Relay Chat (IRC) fournit lui aussi depuis 1988, des fonctionnalités simples de discussion à plusieurs (elles ont depuis été étendues par l’usage de robots[C'est-à-dire ?]). Le protocole ouvert Zephyr, créé au MIT la même année, est un ensemble très simple de services de base, utilisé dans le monde universitaire américain.

Ces deux manières de converser sur le réseau ne sont toutefois pas encore ce qu’on appelle la messagerie instantanée, du fait qu’il n’y a pas ou peu d’authentification ni de gestion de présence.

La messagerie instantanée moderne grand public a été révélée par une jeune entreprise israélienne, Mirabilis, en introduisant ICQ en 1996. Une des principales innovations était la gestion d’une liste de contacts personnels. En 1998, Mirabilis a été rachetée par le groupe AOL Time Warner.

Gajim utilise la technologie Jabber.

En 1998, le protocole libre et ouvert Jabber est créé ainsi que le protocole fermé et propriétaire QQ, le clone chinois d’ICQ.

Depuis le succès d’ICQ, de nombreux protocoles de communication incompatibles, propriétaires et fermés ont été développés et gratuitement proposés par des fournisseurs de contenu d’Internet (Yahoo! Messenger en 1998, MSN Messenger en 1999 et Gadu-Gadu en 2000). L’avantage pour eux est de se constituer une large base de clients captifs, puis de pouvoir leur envoyer de la publicité, leur proposer des services étendus payants, etc.

En 2002, on enregistre autant de courriers électroniques que de messages instantanés échangés dans le monde ; le nombre d’utilisateurs de la messagerie instantanée étant estimé à 360 millions. La fermeture des réseaux, leur cloisonnement, leur incompatibilité et leur non-interopérabilité rend la messagerie instantanée sur Internet dans un état de fragmentation qui n’existe pas dans le domaine du courriel et du web.

En 2004, Jabber/XMPP est normalisé comme standard ouvert par l’IETF, l’organisation de normalisation des protocoles de l’Internet. Jabber est à ce jour le seul système normalisé, standard ouvert, non fermé et non propriétaire, qui est très activement développé par des centaines voire par des milliers de développeurs, administrateurs et des millions d’utilisateurs passionnés, ainsi que par des grands noms de l’industrie informatique : Google, IBM, Sun, Facebook, France Telecom/Wanadoo/Orange Internet, etc.

En 2005, le travail sur le support des sessions multimédia, dont la voix sur IP, est relancé grâce au protocole Jingle (Jabber) livré par Google Talk.

En 2006, les conventions de nommage pour les identifiants de messagerie instantanée (« IRI/URI scheme ») sont adoptées par l’IETF : elles sont basées sur le protocole Jabber.

En 2009, l’éditeur Microsoft annonce une offre de services nommée Microsoft Online Services incluant un service de messagerie instantanée d’entreprise nommé Office Communications Online. Au travers d’un client Communicator, les utilisateurs peuvent visualiser l’état de présence des collaborateurs de l’entreprise et communiquer avec eux sans les déranger.

La même année, deux anciens ingénieurs de Yahoo, Jan Koum et Brian Acton, créent WhatsApp.

En 2012, l’éditeur de logiciels collaboratifs Atlassian annonce l’acquisition de HipChat (en), un service de messagerie instantanée pour les entreprises et les équipes agile. HipChat dispose de salles de discussion permanente, archive l’intégralité des conversations et des fichiers pour une recherche rapide depuis de nombreuses plateformes et autorise une intégration profonde avec de nombreux services disponibles sur Internet tel que JIRA, Confluence, Jenkins, GitHub

En 2013, Telegram a été créé par les frères Nikolaï et Pavel Dourov, fondateurs de VKontakte, le réseau social dominant en Russie. En 2018, le réseau Telegram comptait 200 millions d'utilisateurs[7].

En , Facebook rachète WhatsApp qui compte alors plus de 450 millions d'utilisateurs[8].

En 2018, Facebook Messenger, la messagerie instantanée associée à Facebook compte plus d'1,3 milliard d’utilisateurs[9].

En , le Gouvernement français lance Tchap, une application de messagerie instantanée destinée aux agents des services de l’État[10].

Cadre légal dans le monde

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Royaume-Uni

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En 2023, le Royaume-Uni est le seul état à avoir imposé dans la loi l'introduction de portes dérobées dans les messageries chiffrées. Le Online Safety Act 2023 impose théoriquement celles-ci, mais le gouvernement a annoncé après l'adoption de la loi qu'elle ne serait pas appliquée[11].

Union européenne

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En 2024, l'Union européenne propose dans son Règlement établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants (Chat control) d'imposer aux messageries de scanner les contenus envoyés par les personnes qui les utilisent, ou d'imposer de scanner de manière permanente les contenus des téléphones où elles sont installées. Celle-ci soulève les oppositions car ça compromettrait le chiffrement et entrerait dans une surveillance généralisée. En , la Belgique qui assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne décide de ne pas la mettre au vote sous sa présidence vu l'opposition qu'elle avait rassemblé[12].

En 2015, après les attentats du 13 novembre 2015, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve demande l'introduction de portes dérobées dans les messageries chiffrées[13]. En 2017, le candidat à la présidence de la république Emmanuel Macron fait de même. En 2023, Gérald Darmanin demande d'imposer l'introduction de portes dérobées dans les messageries chiffrées au nom de la lutte contre le terrorisme, procédé qui rendrait inopérant toute messagerie sécurisée, raison pour laquelle même l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI) s'est prononcé contre[11]. En 2025, le Sénat réintroduit dans la Loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic un amendement un article 8ter l'obligation de portées dérobées aux messageries chffrées, soutenu par le ministre de l'intérieur Bruno Retailleau et le ministre de la justice Gérald Darmanin. L'ensemble des experts en cybersécurité explique pourtant qu'une telle mesure affaiblirait la sécurité, et l'ensemble des groupes d'opposition ont déposé des amendements de retrait de cette mesure, la présidente de Signal Meredith Whittaker a souligné que la faille de sécurité ainsi créée ne pourrait pas être limitée aux seuls « gentils » mais serait accessible aux « méchants »[14],[15].

Standards ouverts et normes

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L'application de messagerie instantané WhatsApp sur mobile.

Le paysage des systèmes de messagerie instantanée est arrivé à un morcellement et à une fragmentation tels que les utilisateurs de réseaux propriétaires et fermés sont dans l’incapacité de communiquer avec les autres réseaux et protocoles : ils sont enfermés et peuvent difficilement en sortir à cause de l’effet réseau (il leur faudrait basculer tous leurs contacts vers un autre réseau ou utiliser un protocole standard ouvert).

On assiste à un cloisonnement extrême qui s’est rarement vu dans d'autres domaines. Trois grands réseaux propriétaires sont utilisés par plusieurs milliards d’utilisateurs : WhatsApp, Facebook Messenger et WeChat[16] ; ils ne peuvent pas communiquer avec les centaines de millions d’utilisateurs des autres réseaux sauf à installer plusieurs applications sur leur terminal.

Seul le protocole Jabber est normalisé depuis 2004 par l’IETF, l’organisme qui a standardisé les protocoles de l’Internet, sous le nom XMPP.

Une norme d’URI est disponible depuis sous la forme xmpp:user@domaine à l’image de l’URI pour le courriel mailto:user@domaine.

Jabber (protocole XMPP) est donc devenu l’égal du web (protocoles HTTP et HTTPS) et du courriel (protocoles SMTP, POP et IMAP).

Protocoles de communication

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Protocoles propriétaires

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Logiciels clients

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Webchats

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Ces réseaux permettent de dialoguer sans autre logiciel qu’un navigateur web (notamment grâce au standard WebRTC ou d’éventuels plugins complémentaires, tel que Java), constituant de ce fait leur principal atout.

Logiciels serveurs

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Serveurs Jabber :

Autres :

Notes et références

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  1. Julie Glikman et Camille Fauth, Un nouvel accès à la parole spontanée : les vocaux, ISCA, (DOI 10.21437/JEP.2022-17, lire en ligne)
  2. Julie Glikman et Nicolas Mazziotta, « Les ”Vocaux” constituent-ils un genre ? », Séminaire du laboratoire CLLE, (lire en ligne, consulté le )
  3. Ilhem Benslimane, « La Communication Médiée par Ordinateur : « tchat et écriture réinventée » », Synergies Algérie, no 23, , p. 49-59 (ISSN 1958-5160, lire en ligne)
  4. Vincent Glad, « Minitel : comment les Dernières Nouvelles d'Alsace ont inventé l'Internet social », Slate, .
  5. Sébastien SEIBT, « Minitel : le petit père du Net tire sa révérence », France 24, .
  6. Isabelle Hanne, « « DNA » : en selle, Gretel », Libération, .
  7. « Telegram a profité de la panne de Facebook », sur 01net (consulté le )
  8. Chris Welch, « Facebook is buying WhatsApp for $16 billion », sur The Verge, (consulté le ).
  9. Anouch Seydtaghia, « Le Suisse David Marcus quitte la direction de Messenger », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  10. « Dans les coulisses de Tchap, la messagerie sécurisée de l’État français », sur 01net (consulté le )
  11. 1 2 « Casser le chiffrement des messageries, un serpent de mer politique inapplicable », Le Monde, (lire en ligne Accès limité)
  12. Anouch Seydtaghia, « Une « surveillance de masse » menace toujours nos téléphones », Le Temps, , p. 18
  13. Sandrine Cassini, « Les acteurs du Web vent debout contre un accès facilité à leurs données chiffrées », Le Monde, (lire en ligne Accès limité)
  14. Claire Tervé, « Dans la loi narcotrafic, cette mesure controversée sur les messageries cryptées fait beaucoup de mécontents » Accès libre, HuffPost,
  15. Martin Untersinger, « Loi contre le narcotrafic : Bruno Retailleau confirme son soutien à une disposition controversée visant le chiffrement des messages », Le Monde, (lire en ligne Accès limité)
  16. (en) WhatsApp, WeChat and Facebook Messenger Apps – Global useage of Messaging Apps messengerpeople.com, le 30 octobre 2020
  17. F.A.Q. Qu'est-ce que Delta Chat ?

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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