Jean-Paul Régimbal

prêtre catholique canadien

Jean-Paul Régimbal, né le à North Bay (Ontario) et mort le à Granby (Québec), est un prêtre catholique canadien. Il appartient à l'ordre des Trinitaires.

Jean-Paul Régimbal
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Biographie
Naissance
Décès
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GranbyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nom en religion
Jean-Paul de JésusVoir et modifier les données sur Wikidata
Ordre religieux

Prédicateur attirant les foules, il occupe une place importante dans la diffusion du renouveau charismatique catholique au Canada et en France. Sa croisade teintée de conspirationnisme contre la musique rock fait de lui une figure controversée.

Biographie

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Jean-Paul Régimbal naît le 4 juillet 1931 à North Bay dans l'Ontario. Il fait ses études secondaires au collège des jésuites de Sudbury[1]. Grâce à Joseph Beaulieu, il développe enfant, puis adolescent, des dons pour la musique et pour le chant[2]. Il compose ainsi en 1948 la première messe que célèbre son frère, le jésuite Albert Régimbal[3],[4]. Abandonnant le projet de faire des études de musique[2], il entre chez les Trinitaires en 1949[5] et fait profession simple le sous le nom en religion de Jean-Paul de Jésus et part étudier au scolasticat du couvent de la Très-Sainte-Trinité à Montréal[6]. Il est ordonné prêtre le [7]. Il devient professeur au séminaire[5].

Aumônier de prison

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Au début des années 1960, il est aumônier de la prison de Bordeaux à Montréal, selon la tradition de son ordre, historiquement dévoué aux captifs. Il obtient un diplôme de criminologie[8] avec pour spécialité la psychiatrie criminelle[9]. Il prend position contre la peine de mort[10],[11]. Il entre en conflit avec le ministère de la Justice en dénonçant publiquement les conditions de vie des détenus[8],[11]. Après son départ de la prison de Bordeaux[10],[8], il est l'aumônier de l'Institut du Mont Saint-Antoine, une maison de rééducation accueillant de jeunes délinquants, tout en assurant la formation des aumôniers de prison[8],[11],[12].

Découverte et diffusion du renouveau charismatique

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À la suite de ses différends avec le ministère de la Justice[11],[N 1], il part en 1969 pour un un an de repos en Arizona où il exerce comme vicaire à la paroisse Sainte Thérèse (St. Theresa Parish) de Phoenix[13]. Il y découvre le renouveau charismatique et reçoit le « baptême dans l'Esprit » le [14],[15],[N 2]. Après cette expérience marquante, il s'emploie à implanter le renouveau charismatique au Québec depuis la communauté des trinitaires de Granby où il s'établit en 1970[5],[13]. En mars 1971, il organise d'importants rassemblements charismatiques réunissant jusqu'à 34 000 personnes au Forum de Montréal[15].

Il anime à Granby chaque lundi des réunions de prière qui attirent des centaines de personnes, venant de la région, et aussi, par cars entiers, du Québec, de l'Ontario et même des États-Unis[15],[N 3], séduites par ses qualités de prédicateur qui le font comparer au pasteur américain Billy Graham[16]. Au cours de longues célébrations se produisent des conversions et des guérisons. Il prêche en 1973 une retraite à Ottawa qui rassemble 1 200 hommes d'affaires canadiens et américains accompagnés de leurs familles[16]. La même année, il se rend à Hawaï, au Japon, au Cambodge, au Vietnam, à Hong Kong et en Inde pour faire découvrir le renouveau charismatique[17].

En août 1975, alors qu'une sécheresse menace l'approvisionnement en eau de la ville de Granby, il remplit le palais des sports afin de prier pour le retour de la pluie[5],[12],[14],[N 4]. Il rassemble 60 000 personnes au stade olympique de Montréal en 1977[18]. Tout en reconnaissant les aspects positifs du mouvement, l'épiscopat canadien émet des réserves et des mises en garde contre ces débordements de ferveur charismatique[19],[14],[N 5]. Face aux incertitudes sur la poursuite du développement du renouveau au Canada, il voit en 1979 se dessiner une « tendance communautaire de plus en plus marquée selon des formes non prévues par le droit canon de l'Église et nos normes classiques d'évaluation » et même « une grande vague mystique [qui] suivra la vague charismatique que nous connaissons présentement »[20].

Croisade contre la musique rock

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Au début des années 1980, Jean-Paul Régimbal se lance dans une croisade contre la musique rock dans laquelle il perçoit des influences sataniques. Il multiplie les conférences à ce sujet. Alors qu'un concert d'Ozzy Osbourne est programmé, il soumet au conseil de Sudbury un mémoire détaillant les messages subliminaux cachés dans sa musique, qui constituent à ses yeux un grave péril pour la jeunesse. Il annonce qu'il est prêt à mobiliser des fidèles pour entonner des cantiques devant le lieu où Ozzy Osbourne doit se produire, sans exclure des poursuites judiciaires contre le chanteur[21]. L'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Louis-de-Gonzague Langevin demande à Jean-Paul Régimbal de tempérer son militantisme en renonçant à diffuser des thèses qui « ne sont pas scientifiquement prouvées » et qui par conséquent ne doivent pas servir à « apeurer les gens ni créer la panique »[22]. Dans une lettre, l'évêque désavoue ses enseignements qui accordent une trop grande place au démon et, implicitement, les exorcismes qu'effectuerait Jean-Paul Régimbal sans son autorisation[23].

Départ pour Rome et décès à Granby

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Il connaît en 1983 de graves problèmes de santé. Alors qu'il se rend au Texas où sa communauté l'a envoyé en mission, il est victime d'un infarctus. Hospitalisé, il subit dans les semaines qui suivent deux arrêts cardiaques qui nécessitent une opération du cœur. Il quitte Granby fin 1985 pour se rendre à Rome au Centre international de Jésus Nazaréen qui œuvre en faveur des chrétiens persécutés, notamment derrière le rideau de fer[24]. Souffrant, il revient au Canada en . Il est hospitalisé à l'hôpital de Sherbrooke, puis revient à Granby où il meurt à l'hôpital d'une défaillance cardiaque le à l'âge de 57 ans[5],[12]. Malgré les critiques, il reste parmi ses adeptes des environs de Granby une figure populaire auréolée d'une réputation de sainteté[25]. Le centre Jean-Paul-Régimbal perpétue sa mémoire[26].

Introduction du renouveau charismatique au Québec et en France

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Jean-Paul Régimbal a initié le renouveau charismatique au Canada[27] par de grands rassemblements associés à l'utilisation des médias de masse[28]. Il est à cet égard considéré comme « l’un des prêtres catholiques québécois les plus marquants de la seconde moitié du xxe siècle », aux côtés d'Emiliano Tardiff, en regard de son rôle important dans la diffusion du mouvement dans le monde francophone[29].

Au Québec

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Le lieu de retraite des trinitaires de Granby essaime rapidement au Canada sous la forme de groupes de prière. En 1974, Jean-Paul Régimbal estime leur nombre à 440 réunissant 20 000 personnes. Des groupes anglophones se développent également, mais des querelles linguistiques consomment leur divorce la même année. Le renouveau charismatique canadien francophone se dote donc de sa propre conférence sous la supervision de Jean-Paul Régimbal, de Jean Vanier et du cardinal Suenens[15].

Jean-Paul Régimbal fonde le centre de formation « l'Eau vive » dans les anciens locaux rénovés de l'école des religieuses de Granby[14],[30]. Il est aussi à l'origine d'autres associations et initiatives : le renouveau charismatique au Canada français, l'association des chrétiens témoins dans l'entreprise (Acte-Canada)[30], le carrefour de la prière, rassemblement à son image, et les cafés chrétiens[5],[1]. En 1978, Il fait construire à l'écart de Granby, sur un terrain de 250 acres (100 ha), un complexe de plusieurs bâtiments, dont une maison principale dotée de 50 chambres et une ferme pour un coût total d'un million de dollars[30]. Baptisé le centre Paul VI, il est destiné à accueillir son association, Témoignage-Jeunesse, une école de formation à l'évangélisation répondant à l'exhortation apostolique de 1975 Evangelii nuntiandi[30],[31].

En France

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Il visite la France au printemps et à l'automne 1971 et contribue à l'implantation du renouveau charismatique à Paris et dans l'Ouest[32],[29]. Il rencontre plusieurs futurs fondateurs de communautés nouvelles auxquels il fait découvrir le mouvement : Pierre Goursat[33] et Martine Lafitte, ainsi que Gérard Croissant, respectivement fondateurs de la communauté de l'Emmanuel (1972) et des Béatitudes (1973)[17]. Jacques Langhart, cofondateur de la communauté de la Théophanie (1972), le rencontre également[34].

Jean-Paul Régimbal visite aussi des monastères français cisterciens et bénédictins[29],[32] comme l'abbaye de Timadeuc[29],[N 6] et celle du Bec-Hellouin, qui sous son impulsion apportent leur soutien au renouveau charismatique[36].

De leur côté, Daniel-Ange de Maupeou d'Ableiges et Marie-Michel Hostalier s'inspirent de l'école d'évangélisation de Jean-Paul Régimbal, Témoignage-Jeunesse, pour fonder en 1984 Jeunesse-Lumière[37],[38]. La communauté de l'Emmanuel s'inspire de ses cafés chrétiens en créant le Bistrot du Curé[39].

Le rock'n roll, viol de la conscience par les messages subliminaux

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À partir de septembre 1982, Jean-Paul Régimbal se lance dans une campagne contre la musique rock dans des émissions radiophoniques. Il tire de ses interventions une cassette et un livre, Le rock'n roll, viol de la conscience par les messages subliminaux, publié en 1983 à Sherbrooke aux Éditions Saint-Raphaël, revu et corrigé en 1984[9]. Ses attaques contre la musique rock visent sa promotion supposée de la perversion sexuelle sous toutes ses formes ; l’appel à la révolte contre l’ordre établi ; l'incitation à la violence, au suicide et au meurtre ; la consécration à Satan. Il est en cela influencé par les critiques virulentes venues des milieux fondamentalistes protestants aux États-Unis[40],[41].

Jean-Paul Régimbal introduit dans le catholicisme les théories sur le backward masking développées notamment par les pasteurs baptistes Gary Greenwald et Jacob Aranza un an auparavant[42],[9]. Entre autres exemples, il relève dans un passage de Stairway to Heaven de Led Zeppelin l'existence d'un message subliminal audible quand la chanson est écoutée à l'envers : « I’ve got to live for Satan » (« Je dois vivre pour Satan »)[40]. Jean-Paul Régimbal écrit à ce sujet : « Des recherches sont en cours, qui permettent de formuler un double phénomène : tout d'abord le subconscient peut capter une phrase énoncée à l'envers ; ensuite il peut déchiffrer ce message, même s'il est exprimé dans une langue inconnue. »[42],[N 7].

Plusieurs éditions du livre de Jean-Paul Régimbal circulent en France et en Suisse entre 1983 et 1985, de même que sa cassette. Le livre est traduit en italien. Ses analyses retiennent l'intérêt de Corrado Balducci, exorciste de Rome, qui reprend sa thématique dans ses propres ouvrages, de même qu'en France celui de René Chenesseau, cofondateur de l'Association internationale des exorcistes. Le livre reçoit un accueil favorable aussi bien chez les charismatiques français que dans les milieux traditionalistes : Serge Dalens le commente dans National-Hebdo en mai 1984. Michel de Saint-Pierre y fait référence en 1985 dans un article d'Itinéraires[9]. Le prêtre Benoît Domergue prolonge la thématique de Jean-Paul Régimbal, liant rock et satanisme, dans son livre Culture barock et gothique flamboyant[43] paru en 2000[44],[45].

Vision conspirationniste du monde

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Le livre de Jean-Paul Régimbal s'inscrit dans le thème classique, développé à la fin du XVIIIe siècle par Augustin Barruel et John Robison, d'une conspiration mondiale d'origine maçonnique visant à subvertir les fondements de la société chrétienne[44]. Pour lui, la musique rock en serait le moteur principal à travers des agents initiés dans des sociétés secrètes, tels Mick Jagger et Keith Richards des Rolling Stones, qui se seraient personnellement consacrés à Satan « [...] dans la secte maçonnique The Order of the Golden Dawn (L’Ordre de l’Aube Dorée), elle-même une filiale des Illuminati. »[9].

Il développe cette thématique complotiste dans des entretiens télévisés où il annonce, dans un registre « prophético-apocalyptique »[41], l'avènement d'un nouvel ordre mondial totalitaire, placé sous la coupe de Lucifer, développement ultime d'un plan lisible au revers du grand sceau des États-Unis, présent sur le dollar américain, à travers sa devise Novus Ordo Seclorum et sa symbolique de la pyramide, surmontée de l’œil de la Providence, attribués à la franc-maçonnerie. Il emprunte ces théories à son compatriote William Guy Carr dans son livre Pawns in the Game (Des Pions sur l’échiquier) paru en 1958[46]. Certains sympathisants des thèses de Jean-Paul Régimbal ont cru déceler des raisons occultes à sa mort prématurée à l'âge de 57 ans[47].

Publications

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  • La révolution de l'amour, Éditions Alain Stanké, , 175 p. (ISBN 2760401324).
  • Le rock'n roll : viol de la conscience par les messages subliminaux, Sherbrooke, Éditions Saint-Raphaël, (réimpr. 1985, 1996, 2008, 2015, 2021), 65 p. (ISBN 2-891293916).
  • Le renouveau charismatique et le problème de l’occultisme, Éditions Jésus rassemble son peuple,
  • Les charismes... cadeaux du Saint-Esprit, Éditions Jésus rassemble son peuple,
  • Huit fois bienheureux, Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, , 108 p. (ISBN 2-84024-089-0, lire en ligne)
  • Jean-Paul Régimbal o.ss.t. un prophète pour notre temps : repères autobiographiques - textes choisis par Lucille Régimbal, Québec, Éditions Anne Sigier, (ISBN 2-89129-391-6, lire en ligne)
  • Croire, espérer, aimer... Est-ce encore actuel ? : les enseignements de Jean-Paul Régimbal, Québec, Éditions Anne Sigier, , 97 p.
  • Croissance de la vie dans l'Esprit Saint, toujours d'actualité : les enseignements de Jean-Paul Régimbal, Québec, Éditions Anne Sigier, (ISBN 9782891295666)

Notes et références

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  1. ↑ Jean-Paul Régimbal lie ses démêlés avec le ministère de la Justice, et son départ consécutif pour l'Arizona, à l'affaire Lucien Rivard, un trafiquant de drogue détenu à la prison de Bordeaux, évadé en 1965 dans des circonstances rocambolesques et controversées, donnant lieu à des soupçons de corruption (cf. « La rocambolesque affaire Lucien Rivard », sur Radio Canada, ) : « [...] j'ai commencé à rendre public l'immense besoin de nos milieux carcéraux : la nécessité de mettre sur pied des services appropriés pour les prisons et les prisonniers. Puis s’est produit le fameux événement de l'évasion d’un certain Rivard, censé arroser des patinoires au mois de mars, au mois d'avril. Au moment où, comme aumônier général, j'étais membre de la Commission d'enquêtes, nous avons mis au jour des choses qu’on n'aurait pas dû trouver. Et comme le dit la sainte Écriture : « Vaut mieux qu’un homme disparaisse plutôt que le système tombe » (sic) (cf. Jn 11,50). Alors, on m'a envoyé me reposer longtemps, longtemps, longtemps, dans le désert de l’Arizona. Les chameaux, on les envoie avec les cactus. » in Jean-Paul Régimbal o.ss.t. un prophète pour notre temps : repères autobiographiques - textes choisis par Lucille Régimbal, Québec, Éditions Anne Sigier, (ISBN 2-89129-391-6, lire en ligne), p. 37-38
  2. ↑ Sur la base du témoignage de Jean-Paul Régimbal, cette conversion au renouveau charismatique se serait déroulée ainsi : « Une femme de confession épiscopalienne, venue le consulter pour des conseils conjugaux, lui fit part de son expérience de baptême du Saint-Esprit. Formé à la psychiatrie, il la diagnostiqua immédiatement comme schizophrène. Cependant, son témoignage l'intrigua et le poussa à lire les Actes des Apôtres et la Première épître aux Corinthiens, où il découvrit les charismes. Convaincu de la sincérité de cette femme, il lui demanda pardon, puis s'agenouilla tandis qu'elle lui imposait les mains et priait pour lui. Il vécut alors l'expérience pentecôtiste sur-le-champ et, deux semaines plus tard, il parla en langues et prophétisa. »[15].
  3. ↑ Ces réunions de prière hebdomadaires à Granby, au départ suivies par une poignée de participants en 1970, voient leur fréquentation bondir, passant de 200 personnes en 1972, à 1000 en 1973[15].
  4. ↑ La Presse note ironiquement au sujet de cette prière publique : « L'appui accordé aux éléments naturels, l'été dernier, pour faire tomber la pluie lors de la fameuse disette d'eau de Granby, n'est pas plus probant lui non plus. On se souviendra que le Père Régimbal avait organisé une grande manifestation publique pour régler ce problème d'eau potable. La météo, l'eau du rocher de Moïse et les imprécations charismatiques s'étaient alors conjugué dans un synchronisme parfait et il avait effectivement plu. Cela, par contre, n'avait pas fait beaucoup plus, pour la société estrienne, que d'accréditer le caractère intercessif du Centre de l'Eau-Vive[14]. »
  5. ↑ La Presse rapporte ainsi les critiques : « [...] Les évêques soulignent l'existence de « sept ombres au tableau », un peu comme s'il s'agissait des sept péchés capitaux : la recherche du merveilleux, l’élitisme, l'émotionnalisme, le fondamentalisme, le repli sur soi, le manque de formation des animateurs et la déformation de l’œcuménisme […] Les groupes, disent les évêques, peuvent devenir des ghettos, des cercles fermés « où l'on s'évade de la réalité pour quelques heures, au lieu d'être, comme il se doit, des tremplins d’où l'on s'élance vers le monde ». D'autre part, ajoutent-ils, l’émotionnalisme - le pire danger, peut être - « ignore l'importance de l'expérience intellectuelle de Dieu dans la vie de foi ; c'est la méfiance systématique à l'égard de toute réflexion, qu'elle soit biblique ou doctrinale »[14]. »
  6. ↑ Olivier Landron note que « plusieurs cisterciens de Timadeuc furent mal à l’aise devant l’attitude exubérante du père Régimbal, estimant qu’il versait dans le millénarisme — reproche que les catholiques faisaient traditionnellement aux pentecôtistes[35] ».
  7. ↑ Massimo Introvigne commente ainsi l'assertion de Jean-Paul Régimbal : « En réalité, les études parues dans des revues scientifiques entre 1985 et 1988 n'ont absolument pas confirmé cette hypothèse[42]. ».

Références

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  1. 1 2 « RÉGIMBAL (R. P. Jean-Paul), trinitaire » (Avis de décès), Le Devoir,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  2. 1 2 Jean-Paul Régimbal o.ss.t. un prophète pour notre temps : repères autobiographiques - textes choisis par Lucille Régimbal, Québec, Éditions Anne Sigier, (ISBN 2-89129-391-6, lire en ligne), p. 21, 36.
  3. ↑ Daniel Raquette, « Enfant, Jean-Paul Régimbal jouait à dire la messe le samedi », La Voix de l'Est,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  4. ↑ « Première messe du R.P A. Régimbal », Le Droit,‎ , p. 17 (lire en ligne).
  5. 1 2 3 4 5 6 Gérald Dallaire, « Jean-Paul Régimbal a ramené des milliers de Québécois à la pratique religieuse », La Voix de l'Est,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  6. ↑ « Prise d'habit chez les PP. Trinitaires », La Presse,‎ , p. 18 (lire en ligne).
  7. ↑ « Chez les Trinitaires », La Presse,‎ , p. 42 (lire en ligne).
  8. 1 2 3 4 « Les aumôniers de prisons ne sont pas seulement utiles à calmer les détenus : le père Régimbal », La Presse,‎ , p. 17 (lire en ligne).
  9. 1 2 3 4 5 Paul Airiau, « Catholiques français versus rock'n roll », Centre régional d’histoire des mentalités, Université Paul Valéry – Montpellier III. Actes réunis par Gérard Cholvy (Conférence : L’Église et la culture), .
  10. 1 2 « Pour une société, maintenir la peine de mort c’est avouer son incompétence et son impuissance », La Voix de l'Est,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  11. 1 2 3 4 Danielle Turgeon, « 25 ans de sacerdoce pour Jean-Paul Régimbal », La Voix de l'Est,‎ , p. 12 (lire en ligne).
  12. 1 2 3 « Décès du père Jean-Paul Régimbal », Le Nouvelliste,‎ , p. 11 (lire en ligne).
  13. 1 2 (en) James Hanrahan, « The Nature and History of the Catholic Charismatic Renewal in Canada », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 50, no 1,‎ , p. 307-324 (DOI 10.7202/1007048ar, lire en ligne).
  14. 1 2 3 4 5 6 Jean-Pierre Bonhomme, « Les charismatiques (3) : un catholique reconverti », La Presse,‎ , p. 1, 9 (lire en ligne).
  15. 1 2 3 4 5 6 (en) Michael Wilkinson, Canadian Pentecostalism : Transition and transformation, McGill-Queen's University Press, , 328 p. (ISBN 978-0-7735-3457-5, lire en ligne), p. 26-27.
  16. 1 2 Richard Wallot, « Le renouveau charismatique : Des guérisons aux réunions de prière », Dimanche-Matin,‎ , p. 28 (lire en ligne).
  17. 1 2 Landron 2004, p. 209-210.
  18. ↑ Alain Bisson, « Le Renouveau charismatique après 20 ans : une foi moins spectaculaire », La Voix de l'Est,‎ , p. 14 (lire en ligne).
  19. ↑ Jean Martel, « Le Renouveau charismatique (1) : Ils sont dans tout le Canada 45,000 franco-catholiques », Le Soleil,‎ , p. 1-2 (lire en ligne).
  20. ↑ « Le renouveau charismatique disparaîtra-t-il ? », Le Devoir,‎ , p. 19 (lire en ligne).
  21. ↑ Michel Larose, « Messages subliminaux dans la musique rock : un appel au sexe et à Satan », La Voix de l'Est,‎ , p. 6-7 (lire en ligne).
  22. ↑ Michel Larose, « Sur l’ordre de l’évêque de Saint-Hyacinthe : Le Père Régimbal prié de freiner ses dénonciations », La Voix de l'Est,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  23. ↑ Michel Larose, « Mgr Langevin au Père Régimbal : “Le Chrétien ne vit pas dans la hantise des démons” », La Voix de l'Est,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  24. ↑ Geneviève Tavernier, « Rome attend le fondateur du mouvement charismatique », La Voix de l'Est,‎ , p. 10-11 (lire en ligne).
  25. ↑ Richard Plante, « Un groupe souhaite déménager le tombeau d'un père charismatique », La Voix de l'Est,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  26. ↑ Ralph Elawani, « Faites entrer le mal : petite histoire de la panique satanique en Amérique du Nord », Spirale, no 264,‎ , p. 45–47 (ISSN 0225-9044, lire en ligne).
  27. ↑ Airiau 2000, p. 115.
  28. ↑ Jean-Guy Vaillancourt, « Les stratégies sociales des groupes catholiques de droite au Québec », Religiologiques, no 22,‎ , p. 39-56 (ISSN 1180-0135, lire en ligne).
  29. 1 2 3 4 Landron 2004, p. 209.
  30. 1 2 3 4 Jules Béliveau, « Le centre Paul-VI : tout cela et plus encore », La Presse,‎ , p. 12 (lire en ligne).
  31. ↑ Landron 2004, p. 381.
  32. 1 2 Brigitte Waché (dir.), Jean-René Bertrand et Collette Muller, « De nouvelles figures de militants catholiques : les groupes du Renouveau charismatique dans l’Ouest de la France », dans Militants catholiques de l'Ouest : de l'action religieuse aux nouveaux militantismes, (XIXe – XXe siècles), Presses universitaires de Rennes, , 259 p. (ISBN 978-2-86847-962-4, DOI 10.4000/books.pur.22837), p. 225-241.
  33. ↑ Landron 2004, p. 209-210, 229.
  34. ↑ Landron 2004, p. 236.
  35. ↑ Landron 2004, p. 223.
  36. ↑ Landron 2004, p. 228.
  37. ↑ Landron 2004, p. 210, 381.
  38. ↑ Airiau 2000, p. 122.
  39. ↑ Landron 2004, p. 210.
  40. 1 2 Eva Soteras, Le conspirationnisme : formation et diffusion d’une mythologie postmoderne (thèse de sociologie), Université Paul Valéry - Montpellier III, , 396 p. (lire en ligne), p. 242-243.
  41. 1 2 Airiau 2000, p. 118.
  42. 1 2 3 Massimo Introvigne, Enquête sur le satanisme, Dervy, , 413 p. (ISBN 978-2850768149), partie III, chap. 2 (« La grande chasse aux satanistes (1980-1990) »), p. 350-353.
  43. ↑ Culture barock & gothic flamboyant : la musique extrême, un écho surgi des abîmes (préf. Pierre Eyt), Paris, Éditions François-Xavier de Guibert, , 194 p. (ISBN 2-86839-672-0)
  44. 1 2 Christophe Bourseiller, Le complotisme, anatomie d’une religion, Éditions du Cerf, , 320 p. (ISBN 2204145130, présentation en ligne), chap. 5 (« Du trafic de drogue à l’invention du rock »).
  45. ↑ Paul Airiau, « Que faire du diable qui se glisse partout ? », Aleteia,‎ (lire en ligne)
  46. ↑ Raphaël Josset, « Auri sacra fames : un regard sur l’argent, la finance et le conspirationnisme », Diogène, Presses universitaires de France, nos 249-250,‎ , p. 217-228 (DOI 10.3917/dio.249.0217).
  47. ↑ « Jean-Paul Régimbal », sur Conspiracy Watch, .

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Paul Airiau, L’Église et l'Apocalypse du XIXe siècle à nos jours, Berg International, , 208 p. (ISBN 978-2911289200), p. 115-116, 118, 122.
  • Olivier Landron, Les communautés nouvelles : nouveaux visages du catholicisme français, Paris, Éditions du Cerf, , 478 p. (ISBN 2-204-07305-9), p. 209-210.
  • (en) Michael Wilkinson, Canadian Pentecostalism : Transition and transformation, McGill-Queen's University Press, , 328 p. (ISBN 978-0-7735-3457-5, lire en ligne), p. 26-27.

Articles

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  • (en) James Hanrahan, « The Nature and History of the Catholic Charismatic Renewal in Canada », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 50, no 1,‎ , p. 307-324 (DOI 10.7202/1007048ar, lire en ligne).
  • Paul Airiau, « Catholiques français versus rock'n roll », Centre régional d’histoire des mentalités, Université Paul Valéry – Montpellier III. Actes réunis par Gérard Cholvy (Conférence : L’Église et la culture), .
  • Jean-Guy Vaillancourt, « Les stratégies sociales des groupes catholiques de droite au Québec », Religiologiques, no 22,‎ , p. 39-56 (ISSN 1180-0135, lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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