KNM Eidsvold
Le KNM[note 1] Eidsvold était un navire de défense côtière de la Marine royale norvégienne et le navire de tête de sa classe. Construit par Armstrong Whitworth à Newcastle upon Tyne en 1899, il était considéré comme obsolète lorsqu'il fut coulé par des torpilles allemandes dans le port de Narvik le 9 avril 1940 lors de l'invasion allemande de la Norvège (opération Weserübung).
| KNM Eidsvold | |
L'Eidsvold en 1905 | |
| Type | Navire de défense côtière |
|---|---|
| Classe | classe Eidsvold |
| Fonction | militaire |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Chantier naval | Armstrong Whitworth, Newcastle upon Tyne |
| Fabrication | acier |
| Quille posée | 1899 |
| Lancement | 14 juin 1900 |
| Commission | 1901 |
| Statut | Coulé le 9 avril 1940 dans le port de Narvik, Norvège |
| Équipage | |
| Équipage | 270 hommes au maximum, réduit à 228 en 1940, seulement 183 à bord lors du naufrage[1] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 94,60 m |
| Maître-bau | 15,70 m |
| Tirant d'eau | 5,40 m |
| Déplacement | 4233 tonnes |
| Propulsion | Machines à vapeur |
| Puissance | 4500 ch (3400 kW) |
| Vitesse | 17,2 nœuds (31,9 km/h) |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement |
|
| Pavillon | Norvège |
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Description
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L'Eidsvold fut construit dans le cadre du réarmement général précédant les événements politiques de 1905 et demeura, avec son sister-ship le KNM Norge, l'épine dorsale de la Marine royale norvégienne pendant un peu plus de 40 ans. Il fut nommé d'après la ville d'Eidsvoll, lieu de rédaction et de signature de la Constitution de la Norvège le 17 mai 1814. Considéré comme un navire relativement puissant pour son époque, avec deux canons de 21 centimètres comme armement principal, il fut rapidement surclassé par les nouveaux cuirassés de type Dreadnought. Son blindage lui permettait de résister aux dommages causés par des navires de classe similaire, avec 15 centimètres de blindage cémenté Krupp à la ceinture blindée et 23 centimètres du même blindage sur ses deux tourelles. L'Eidsvold et le Norge étaient les plus grands navires de la Marine royale norvégienne, avec un tonnage de 4233 tonnes et un équipage pouvant compter jusqu'à 270 hommes.
En juin 1911, l'Eidsvold se rendit au Royaume-Uni pour représenter le Danemark lors de la revue navale organisée à l'occasion du couronnement du roi George V[3].
Ce navire était destiné à renforcer la flotte de défense côtière norvégienne avec les deux bâtiments de la classe Bjørgvin commandés en 1912. Cependant, à la suite de l'acquisition forcée de ces derniers par la Royal Navy britannique au début de la Première Guerre mondiale, les classes Eidsvold et Tordenskjold, plus anciennes et composées de deux navires chacune, furent contraintes de rester en service bien après être devenues obsolètes.
Première et dernière bataille
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Le matin du 9 avril 1940, une force allemande composée de dix destroyers, transportant les troupes d'une division de montagne, pénétra dans le port de Narvik sous le couvert du brouillard et d'une forte neige. Malgré les conditions météorologiques, ils furent repérés par des navires norvégiens, qui signalèrent aussitôt leur présence et alertèrent l'Eidsvold et le Norge. À bord des deux navires, des mesures furent prises pour se préparer au combat. Les canons furent chargés et des gilets de sauvetage distribués à l'équipage. Vers 4 h 15 du matin, les Allemands repérèrent l'Eidsvold. Le capitaine Odd Isaachsen Willoch, à bord de l'Eidsvold, ordonna immédiatement au destroyer allemand de tête, à l'aide d'une lampe Aldis, de signaler sa position. Face à l'absence de réponse, il ordonna un tir de sommation devant sa proue tout en hissant un signal à deux pavillons, ordonnant au destroyer de s'arrêter.
Les Allemands ayant reçu l'ordre d'occuper la Norvège pacifiquement, si possible, le destroyer allemand Z 21 Wilhelm Heidkamp fit halte et signala à l'Eidsvold qu'il envoyait un officier pour négocier. Lorsque les deux navires furent à environ 200 mètres de distance, une petite embarcation transporta le Korvettenkapitän Gerlach jusqu'à l'Eidsvold. Gerlach et un timonier furent accueillis sur le pont arrière par le commandant en second et conduits sur la passerelle pour s'entretenir avec le capitaine Willoch. Au même moment, les artilleurs de l'Eidsvold gardaient le destroyer allemand dans leur ligne de mire, tant avec leurs canons de 21 cm qu'avec ceux de 15 cm. Du fait de la faible distance, la trajectoire des obus aurait été à tir tendu, rendant difficile de rater le navire au blindage léger.

Sur la passerelle, Gerlach tenta de convaincre Willoch que les Allemands étaient venus en amis et que ce dernier devait se rendre pacifiquement. Willoch rétorqua qu'il était tenu par son devoir de leur résister, mais demanda une pause de dix minutes pour réfléchir. Cependant, au lieu d'envisager la reddition, il profita de ce temps pour contacter ses supérieurs, ainsi que le capitaine du Norge, les informant de son intention d'attaquer les forces allemandes. Pendant ce temps, un autre destroyer allemand avait contourné l'Eidsvold et s'était positionné à 700 mètres du navire, prêt à lancer ses torpilles.
Gerlach tenta une nouvelle fois de convaincre Willoch de se rendre, mais essuya un second refus. En quittant le pont de l'Eidsvold, il tira une fusée éclairante rouge, indiquant que les Norvégiens étaient prêts à combattre. À ce moment, le capitaine Willoch se précipita vers la passerelle en criant : « På plass ved kanonene. Nå skal vi slåss, gutter ! » (« Aux canons ! On va se battre, les gars ! »). L'Eidsvold fit route vers le destroyer le plus proche et accéléra, tandis que le commandant de la batterie ordonnait à la batterie bâbord (trois canons de 15 cm) d'ouvrir le feu.
Cependant, les Allemands tirèrent quatre torpilles sur le vieux navire de défense côtière, et deux ou trois d'entre elles atteignirent leur cible avant que les canons bâbord ne puissent tirer, selon des sources norvégiennes : une le toucha sous la tourelle arrière, une au milieu du navire et une à l'avant. Il est probable que les torpilles aient enflammé l'une des soutes à munitions, car l'Eidsvold se brisa en deux et coula en quelques secondes, ses hélices tournant encore. Seuls six membres d'équipage furent sauvés, tandis que 175 périrent dans l'eau glacée.
L'épave
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « HNoMS Eidsvold » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (no) « DET TYSKE ANGREP I OFOTFJORDEN. P/S "Eidsvold" senkes » [archive], (consulté le ).
- ↑ (en) « HNoMS Eidsvold », sur Krigsseilerregisteret (consulté le ).
- ↑ Jenks, p. 3.
- ↑ (no) « PS Eidsvold » [archive], sur Skovheim.org (consulté le ).
Notes
modifierBibliographie
modifier- Bruce Taylor, The World of the Battleship: The Lives and Careers of Twenty-One Capital Ships of the World's Navies, 1880-1990, Barnsley, Seaforth Publishing (ISBN 978-0870219061).
- J. E. Jenks, « Foreign Ships at the Coronation », Army and Navy Register, vol. L, no 1646, , p. 2-4.
- (en) Gardiner, Robert, Conway's All the World's Fighting Ships 1860-1905, London, England, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-133-5).
- (en) Gardiner, Robert, Conway's All the World's Fighting Ships 1906-1921, London, England, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-245-5).
- (en) Gardiner, Robert, Conway's All the World's Fighting Ships 1922–1946, London, England, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-146-7).
- (no + en) Abelsen, Frank, Marinens Fartøyer 1939-1945 og Deres Skjebne - Norwegian Naval Ships 1939-1945, Oslo, Sten Stenersen og Bjørn Olsen, (ISBN 82-7046-050-8).
- (en) Peter Brooke, Warships for Export Armstrong Warships 1867-1927, Gravesend (Kent), England, World Ship Society, (ISBN 0-905617-89-4).
- Michael Tamelander et Niklas Zetterling, Niende april : Nazi-Tysklands invasjon av Norge, Spartacus Forlag, (ISBN 82-430-0267-7).
- Bjørn Terjesen, Tom Kristiansen et Roald Gjelsten, Sjøforsvaret i krig og fred, Fagbokforlaget, (ISBN 978-82-450-1014-5).
- Alf R. Jacobsen, Angrep ved daggry : Narvik, 9. - 10. april 1940, (ISBN 978-82-8211-351-9).
- Hans H. Hildebrand, Albert Röhr et Hans-Otto Steinmetz, Die deutschen Kriegsschiffe, Ratingen, Mundus Verlag, (ISBN 3-88385-028-4).
- Bruno Weyer, Taschenbuch der Kriegsflotten 1905, München, J.F. Lehmann Verlag (lire en ligne).