Mangouste sanguine

espèce de mammifères
(Redirigé depuis Mangouste rouge)

Herpestes sanguineus, Galerella sanguinea

Mangouste sanguine
Description de cette image, également commentée ci-après
Une mangouste sanguine au Zoo de Prague, Tchéquie.
7.246 –0 Ma
9 collections
Du Messinien à l’Holocène.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Herpestes

Espèce

Herpestes sanguineus
Rüppell, 1835

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Slender Mongoose area.png.

Synonymes

La Mangouste sanguine (Herpestes sanguineus syn. Galerella sanguinea), est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Largement distribuée dans toute l'Afrique subsaharienne ainsi que sur l'île de Zanzibar, elle occupe une grande diversité d'habitats allant des zones semi-arides aux milieux boisés, depuis le niveau de la mer jusqu'à 2 700 m d'altitude.

Ce petit carnivore au corps très allongé et gracile se caractérise par une coloration de pelage extrêmement variable d'une région à l'autre (allant du brun roussâtre au jaune doré ou au gris). Elle se distingue toutefois immédiatement de ses congénères par l'extrémité de sa queue, marquée d'une touche très nette de couleur noire ou rouge sombre.

Principalement diurne et réputée solitaire, la Mangouste sanguine fait preuve d'une certaine plasticité sociale dans certaines régions comme le Kalahari, où elle peut partager son abri avec d'autres individus ou d'autres espèces de carnivores. Grimpeuse agile, elle possède un régime alimentaire opportuniste à dominante insectivore qu'elle complète avec de petits vertébrés, des reptiles, y compris des serpents venimeux, ainsi que des oiseaux qu'elle capture dans les arbres. En raison de son abondance et de sa vaste aire de répartition, l'espèce est classée en préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Dénominations

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Taxonomie

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Historique

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Illustration de la mangouste sanguine (Herpestes sanguineus) et de la mangouste grêle (Herpestes gracilis) dans Neue Wirbelthiere zu der Fauna von Abyssinien gehörig, 1835[29].

Lors de la publication des mammifères dans son ouvrage Neue Wirbelthiere zu der Fauna von Abyssinien gehörig (1835-1840), le naturaliste allemand Eduard Rüppell décrit ce qui est aujourd'hui considéré comme une seule et même espèce sous quatre taxons distincts : la Mangouste sanguine (Herpestes sanguineus) du Soudan, la Mangouste fauve (Herpestes fuscus), la Mangouste grêle (Herpestes gracilis) d'Érythrée et la Mangouste musgigelle (Herpestes mutgigella) d'Éthiopie[30].

Rüppell appuie cette distinction sur le pelage et la queue, mais surtout sur des critères ostéologiques : une forte constriction post-orbitaire, un cercle orbitaire fermé et une crête occipitale développée chez H. mutgigella (absents ou incomplets chez H. sanguineus et H. gracilis), la courbure de l'os jugal, ainsi que le nombre de vertèbres caudales (22 chez H. sanguineus contre 25 chez H. gracilis)[30].

La même année, le Britannique William Charles Linnaeus Martin décrit le taxon synonyme Cynictis melanurus[6]. Il le différencie de la mangouste de Steedman (Cynictis penicillata) par un tubercule sur l'incisive supérieure externe, des carnassières plus aiguës, une bande de peau nue sous le tarse, un pelage plus lisse et le bout de la queue noir[6].

En 1839, le Français Isidore Geoffroy Saint-Hilaire transfère la Mangouste grêle dans son nouveau genre sous le nom d'Ichneumie grêle (Ichneumia gracilis)[7]. Il justifie ce reclassement par ses plantes de pieds en partie velues, sa denture et son allure plus svelte, maintenant l'épithète de Rüppell par antériorité bien qu'il eût préféré nigricaudatus[7] ; cette combinaison est reprise par René Primevère Lesson en 1842[1].

En 1930, dans le rapport de l'expédition africaine de Harvard, les zoologistes américains Glover Morrill Allen et Harold Jefferson Coolidge reclassent le taxon sous la combinaison Galerella melanura[31]. Ils y raccordent les spécimens récoltés en Libéria (sur les fleuves Junk et Farmington) précédemment attribués par Fredericus Anna Jentink à la mangouste grêle (Herpestes gracilis), décrivant une petite mangouste svelte tachetée d'ocre et de noir avec le bout de la queue foncé, distribuée de la Sierra Leone à la Côte-de-l'Or[31].

En 2004, la première étude de phylogénie moléculaire de la famille basée sur le gène du cytochrome b remet en cause la validité du genre Galerella[32]. L'analyse montre que le genre Galerella n'est pas monophylétique et que la Mangouste sanguine s'insère au sein du clade des Herpestes africains, à proximité de la Mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon). Cette découverte conduit à l'abandon du genre séparé Galerella et à la réintégration de l'espèce sous la combinaison Herpestes sanguineus afin d'éviter la paraphylie du genre[32].

En 2005 une vingtaine de sous-espèces étaient proposées par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[33] :

Aujourd’hui, le nom Galerella sanguinea mais aucune sous-espèce connue n’est conservée sur ITIS ()[24], tandis que le nom Herpestes sanguineus est utilisé par Mammal Diversity Database ()[1] et UICN ()[34].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[35], Barycka (2005)[36] et Patou et al. (2009)[37] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)



Genre Herpestes

Herpestes ichneumon[37] (Ichneumon)


Groupe Galerella

Herpestes sanguineus (Mangouste sanguine)



Herpestes pulverulentus (Mangouste grise du Cap)



Herpestes ochraceus (Mangouste ochracée)



Herpestes flavescens (Mangouste flavescente)







Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[37] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)




Description

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La Mangouste sanguine est l'une des plus petites espèces de mangoustes. Elle se caractérise par un corps particulièrement allongé et très svelte, soutenu par de courtes pattes. Les adultes mesurent entre 25 et 40 cm de longueur corporelle (sans la queue), avec une longue queue prolongeant le corps de 19 à 33 cm[38],[39]. La masse corporelle s'échelonne généralement entre 350 et 800 g (avoisinant souvent les 600 g), bien que certains grands mâles ou individus de sous-espèces spécifiques puissent atteindre jusqu'à 4,1 kg[38],[40].

La coloration du pelage varie fortement selon les régions et les individus, allant des teintes paille ou jaune doré au grisâtre, et du rouge orangé au brun marron foncé. Malgré cette grande diversité chromatique, la Mangouste sanguine se reconnaît de façon constante grâce aux touffes de poil d'un noir ou d'un rouge foncé très marqué qui ornent l'extrémité de sa queue. Son pelage s'avère en outre nettement plus doux et soyeux que celui des autres mangoustes africaines.

Distribution géographique

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La Mangouste sanguine est largement distribuée dans toute l'Afrique subsaharienne, depuis le Sénégal à l'ouest jusqu'à la côte de la Mer Rouge en Égypte et Soudan, et vers le sud jusqu'en Afrique du Sud[41],[39]. Elle est également présente sur l'île de Zanzibar[42]. Elle s'encontre depuis le niveau de la mer jusqu'à des altitudes atteignant 2 700 m[41],[39].

Écologie et comportement

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Mangouste sanguine dans le Parc transfrontalier de Kgalagadi, en Afrique du Sud.

Cette mangouste est un animal essentiellement diurne. Bien qu'elle soit le plus souvent considérée comme solitaire, les deux sexes défendent leur domaine vital contre les intrus[38]. Des affrontements sont réguliers entre individus, quel que soit leur sexe, bien que des mâles adultes puissent occasionnellement tolérer la présence de congénères plus jeunes ou plus petits sur leur secteur[38]. Dans le désert du Kalahari, des études mettent en évidence une certaine flexibilité sociale : des individus forment parfois de petits groupes spatiaux d'un à trois mâles et jusqu'à quatre femelles, pouvant partager le même gîte jusqu'à un tiers des nuits[43].

Elle ne délimite pas nécessairement un territoire aux frontières étanches, mais réside fidèlement dans un même domaine vital qu'elle partage volontiers avec d'autres carnivores nocturnes (autres mangoustes ou Viverridés). Ses abris et terriers sont établis dans des failles rocheuses, des troncs ou des souches d'arbres creuses, entre les racines, ou en réutilisant les terriers abandonnés d'autres animauxAnimal Diversity Web (Galerella_sanguinea)[44].

Alimentation

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Mangouste sanguine s’abreuvant dans la Mkhuze Game Reserve, en Afrique du Sud.

Carnivore opportuniste[45], la Mangouste sanguine se nourrit principalement d'insectes, qui constituent le cœur de son régime. Elle complète sa nourriture avec des lézards, des rongeurs, des serpents, des amphibiens, des oiseaux et occasionnellement des fruits lorsqu'ils sont disponibles. Elle consomme également des œufs et des cadavres d'animaux. À l'instar de nombreuses autres mangoustes, elle est capable de terrasser des serpents venimeux, bien que ces derniers ne représentent pas une part majeure de son alimentation.

Son régime alimentaire s'adapte fortement aux variations saisonnières : elle consomme davantage d'insectes durant la saison des pluies, tandis qu'elle se tourne vers des proies de plus grande taille pendant la saison sèche[46]. Cette grande plasticité alimentaire lui permet d'occuper et de survivre dans des habitats très variés.

Grimpeuse très agile, la Mangouste sanguine escalade fréquemment les arbres et les buissons pour y chasser les oiseaux. Le Républicain à sourcils blancs (Plocepasser mahali), le Pie-grièche à poitrine rouge (Laniarius atrococcineus) et le Choucador à épaulettes rouges (Lamprotornis nitens) figurent parmi ses proies habituelles[46].

Reproduction

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Le domaine vital d'un mâle chevauche généralement les territoires de plusieurs femelles. L'état de réceptivité sexuelle de la femelle est signalé au moyen de marquages odorants. Après une gestation estimée entre 60 et 70 jours, la femelle donne naissance à une portée de un à trois petits (le plus souvent des jumeaux). Le mâle ne participe pas à l'élevage de la progéniture.

Chose inhabituelle pour une espèce principalement solitaire, des observations faites dans le désert du Kalahari révèlent un schéma de dispersion inversé : les mâles font preuve de philopatrie en restant sur leur territoire de naissance, tandis que ce sont les femelles qui se dispersent[47]. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle au bout d'un an en moyenne, et leur longévité maximale dans la nature est estimée à une dizaine d'années[48].

Conservation

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La Mangouste sanguine a fait l'objet de campagnes d'extermination par le passé, en raison de son rôle potentiel de vecteur de la rage et de sa propension occasionnelle à s'attaquer à la volaille domestique. Ces tentatives d'élimination n'ont pas rencontré de succès probant. Bien que certaines de ses sous-espèces puissent être localement menacées, l'espèce dans son ensemble ne fait face à aucun risque imminent d'extinction. Elle est ainsi classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l'UICNUICN ()[49].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
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Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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