Noël-Gabriel-Luce Villar

personnalité politique française

Noël-Gabriel-Luce Villar[N 1], né le à Toulouse et mort le à Paris, est un homme d'Église, enseignant et homme politique français, professeur à Toulouse en 1776, évêque constitutionnel de la Mayenne en 1791, député à la Convention nationale en 1792, membre de l'Institut de France en 1795, inspecteur général de l'Université sous le Premier Empire.

Biographie

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Origine

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Il était fils d'un chirurgien de Toulouse ; il étudia au Collège de l'Esquile, dirigé par les Prêtres de la doctrine chrétienne, s'affilia encore jeune[1] à leur congrégation.

Noël-Gabriel-Luce Villar a plusieurs frères[2]. Raymond Villar eut en tout treize enfants, dont six garçons[3].

Famille

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  • Raymond Villar
    • Noël Villar, chirurgien
    • Jean-Baptiste Nicolas Dorothée Villar (1742-1808)[N 2]
    • Bonaventure François Gabriel Villar, ecclésiastique[N 3]

Enseignement

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Il professe au Collège de l'Esquile l'éloquence[1] et la rhétorique à Toulouse[3]. En 1775, à l'âge de 27 ans, il se révéle par une Ode sur le rétablissement du Parlement [de Toulouse][4], qui obtint un premier accessit au concours spécial[5] par l'Académie des Jeux Floraux. En 1777, il obtient le prix réservé de l'Académie des Jeux Floraux, pour une Epitre à un courtisan[6]. En 1778, il envoie aux Jeux Floraux une Ode sur le despotisme oriental[N 4].

Il est vers 1778 envoyé au Collège de la Flèche[N 5] Il devient, en 1786, recteur de cet établissement, où il remplaçe le Père Corbin, nommé sous-précepteur du Dauphin Louis-Joseph de France[1], fils de Louis XVI. En 1787 il fut appelé comme recteur au Collège de Bourges, également dirigé par les Prêtres de la doctrine chrétienne[1]. Son départ est regretté[7] mais il ne tarde pas à être rappelé à la Flèche où il est reçu avec joie[N 6] :

« C'était un excellent professeur. On louait fort la variété de ses connaissances, la pureté de ses mœurs, la bonté de son âme. Robert Marchant de Burbure[8]. »

Révolution française à La Flèche

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Gravure en couleur montrant une foule en liesse sur le Champ-de-Mars.
Une délégation fléchoise est présente à la Fête de la Fédération le .

Gabriel Villar adopta les principes de la Révolution française, mais la timidité de son caractère le préserva de tout excès, comme de grands périls. il est nommé, en 1790, officier municipal de la ville de la Flèche. Il prononce en cette qualité, le , un discours[9] aux gardes nationales du district de la Flèche, dans lequel il affirmait son adhésion au nouvel ordre de choses[N 7].

Dans les premiers jours de l'année 1791, Noël-Gabriel-Luce Villar prête, en même temps que tous les autres professeurs du Collège de la Flèche, le serment exigé des ecclésiastiques par la Constitution civile du clergé[10].

Evêque constitutionnel de la Mayenne

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Estampes opposant le « prêtre patriote prêtant de bonne foi le serment civique » au « prêtre aristocrate » fuyant le même serment (1790).

L'Élection

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La Constitution civile du clergé crée un diocèse correspondant au territoire du département de la Mayenne, avec Laval comme siège. Le clergé refuse de concourir à l'élection de l'évêque qui est effectuée dans l'église de la Trinité de Laval, le . Un grand nombre de laïques imitent cet exemple; certaines prennent part néanmoins aux opérations électorales[N 8] L'élu est Michel Thoumin des Vauxponts[N 9], qui refusa, avec l'approbation de Pie VI sur ce choix[N 10]. Le [N 11]. C'est alors que l'on songea pour remplacer Michel Thoumin des Vauxponts par Noël-Gabriel-Luce Villar, recommandé par les députés de la Sarthe à leurs collègues de la Mayenne[11], qui s'empressèrent, à leur tour, de proposer sa candidature aux électeurs. Il est connu des électeurs de la Mayenne[N 12] : 159 voix sur 215 suffrages exprimés élisent Noël-Gabriel-Luce Villar, évêque constitutionnel de la Mayenne, sous la présidence de Pierre-Jean Sourdille de la Valette.

La nomination

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Dès que le résultat du vote eut été proclamé, deux commissaires, Jérôme Frin de Corméré[N 13] et Jean-Baptiste Tellot[N 14], sont désignés pour se rendre à La Flèche[N 15] afin d'annoncer à Noël-Gabriel-Luce Villar sa nomination et l'inviter à les accompagner à Laval, où il devait déclarer officiellement, devant le corps électoral, s'il acceptait l'évêché qui lui était offert. Dès le au soir, il arrive avec eux à Laval. Les deux commissaires chargés de la mission rendirent compte à l’Assemblée électorale de la réussite de leur démarche[1]. Noël-Gabriel-Luce Villar est alors présenté à l’assemblée et déclara officiellement accepter l’épiscopat[1]. Plusieurs allocutions furent prononcées, notamment par le président de l’Assemblée Pierre-Jean Sourdille de la Valette, le nouvel évêque lui-même et M. Jacquet, clerc tonsuré[N 16]. La séance se conclut par un déplacement solennel vers l’église de la Trinité de Laval, où une messe pontificale suivie d’un Te Deum fut célébrée en l’honneur de l’événement[1]. Dans la journée, Noël-Gabriel-Luce Villarr reçut les visites des autorités locales avant de regagner La Flèche pour régler ses affaires personnelles en attendant sa consécration. Avant de se séparer, les membres de l’Assemblée électorale adressèrent à l’Assemblée nationale une lettre officielle, lue lors de la séance du , pour l’informer de cette nomination[12].

L'attente

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Collection générale des brefs et instructions relatifs à la révolution françoise par Pie VI, 1798.

Cependant, Noël-Gabriel-Luce Villar ne se presse pas de se faire sacrer. Que ce soit en raison de scrupules de conscience le poussant à envisager une démission, ou pour d’autres motifs. Il laissa s’écouler tout le mois d’avril avant de se rendre à Paris, où devait se tenir la cérémonie[1]. Ce retard suscita l’inquiétude de ses électeurs, craignant qu’il ne suive l’exemple de Michel Thoumin des Vauxponts en retirant son acceptation[1]. Il avait adressé une lettre[13] le au pape Pie VI pour solliciter sa bénédiction, mais il ne reçut aucune réponse[N 17]. La lettre apostolique Caritas, condamnant l'élection de huit évêques nommés avant Gabriel Villar, devait en tenir lieu.

Le sacre

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Il arriva finalement à Paris au début du mois de . Informé que certains députés de la Mayenne pourraient lui réserver un accueil hostile[14], il évite de les rencontrer et se contente de rendre visite à René Enjubault de la Roche, originaire de Laval, dont les fils avaient probablement été ses élèves[1]. Un nouvel imprévu retarda encore la consécration. Noël-Gabriel-Luce Villar avait soit omis de solliciter l’institution canonique auprès de son métropolitain, l'évêque de Rennes, Claude Le Coz, soit formulé cette demande trop tardivement. Quoi qu’il en soit, l’autorisation se fit attendre plusieurs semaines.

Ce n’est que le que Noël-Gabriel-Luce Villar put enfin être sacré évêque à Notre-Dame-de-Paris, par l’archevêque de Paris, Jean-Baptiste Gobel[15]. Michel-François de Couët du Vivier de Lorry, évêque d'Angers[N 18], voulut, bien qu'insermenté, offrir à Gabriel Villar la crosse et la mitre[16].

Arrivée solennelle et installation à Laval (1791)

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Dès son élection, Noël-Gabriel-Luce Villar annonçe son arrivée à Laval pour le . Les préparatifs pour sa réception furent organisés avec soin : dès le , le Conseil général de la commune arrêta le programme des fêtes prévues pour son installation[1]. Cependant, la date fixée par l’évêque entraîna une modification du programme[N 19]. Plus de 600 hommes, envoyés par les gardes nationales des districts voisins, se rendirent à Laval pour assister à la cérémonie et sont logés chez l’habitant[1]. Un ordre général de service fut même imprimé[17] pour organiser le déploiement des troupes pendant les festivités.

Noël-Gabriel-Luce Villar arrive à Laval le , vers 6 heures du soir, accompagné d’un détachement de cinquante hommes qui l’avaient escorté depuis La Flèche[1]. À l’entrée de la ville, il est accueilli par les autorités départementales. Après plusieurs discours, dont l’un fut prononcé par un enfant de 6 ans, un cortège se forma pour le conduire à sa résidence, située rue du Val-de-Mayenne. La maréchaussée, le détachement du Régiment Royal-Roussillon, la garde nationale urbaine[N 20] et les détachements des autres districts bordaient les rues parcourues par le nouvel évêque[1].

Le lendemain matin, , les autorités se rendirent à la maison de Noël-Gabriel-Luce Villar avec le même apparat pour le conduire à l’église de la Trinité de Laval. Plusieurs discours y furent prononcés par l’évêque, François Hubert maire de Laval, et François Lepescheux-Dauvais procureur de la commune. Après sa prestation de serment, Villar célèbre une messe solennelle suivie d’un Te Deum, puis fut reconduit à son domicile. Le soir, après avoir allumé un feu de joie sur la place publique, il se présenta à la société populaire, où il est reçu avec acclamation[18]. Le soir même, Noël-Gabriel-Luce Villar est acclamé membre du Club politique de Laval[N 21], en est élu président quelques jours plus tard, et correspond en cette qualité avec les sociétés analogues, spécialement avec les Jacobins de Paris. Il s'occupe d'abord de se choisir des vicaires épiscopaux, destinés à lui servir de conseil et à desservir avec lui la paroisse de la Trinité. Noël-Gabriel-Luce Villar met Louis Guilbert à la tête de son séminaire. Son conseil épiscopal est composé d'anciens collègues doctrinaires : Joseph Laban, Philippe Séguela, Dominique Rabard, Jean-Joseph Sartre, qui tous apostasièrent[19], et sont parmi les rédacteurs du journal Le Patriote du département de la Mayenne. Rabard, Séguela et Sartre sont attachés au Collège de Laval.

Polémiques et tensions

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Le il assiste à la fête de la Fédération des Gardes nationales du département de la Mayenne et prononça un discours qui a été imprimé[20]. Le même jour, il adresse aux curés, par l'intermédiaire des maires, sa première et unique Lettre pastorale[N 22], « écrite dans un ton de grande modération et avec une adresse rare »[21], défendant la nouvelle organisation religieuse et y joignant la traduction de sa lettre au pape Pie VI. Cette publication suscita plusieurs répliques vives, notamment de la part de Pierre-Jérôme Chatizel, qui attaqua vivement sa position de Villar au nom de l’Église orthodoxe[22]. Une autre, datée du [23] fait en termes généraux la critique du clergé constitutionnel. Le bruit se répand que, dégoûté par la conduite de son clergé, si difficile à recruter, honteux d'une situation qui lui amenait le mépris des citoyens, mécontent du logement[N 23], il songe à quitter Laval[1]. Noël-Gabriel-Luce Villar, bien que perçu comme un homme pieux et sincère, fut souvent accusé d’hypocrisie par les Lavallois restés fidèles à l’ancien clergé[1]. L’abbé Jacques Pierre Fleury, le décrivit dans ses Mémoires[24] comme un « doctrinaire » et un « hypocrite », une appréciation contestée par les historiens ultérieurs, qui soulignèrent sa piété authentique et la qualité de ses écrits[1]. Il est à diverses reprises insulté par la population[25], quand il sortait dans les rues de Laval. On fait courir contre lui des chansons qui le mettaient en parallèle avec l'évêque légitime du Mans, François-Gaspard de Jouffroy de Gonsans[1]. Les républicains publièrent quelques brochures en sa faveur[26].

Le , une émeute éclate au Monastère des Ursulines de Laval, où la foule force les portes et tente d’expulser les religieuses. Noël-Gabriel-Luce Villar condamne immédiatement ces violences par une lettre imprimée et diffusée, appelant au respect de la loi et démentant les rumeurs selon lesquelles il projetterait de quitter Laval :

« On vous trompe, en vous disant que l'ennui me consume. Non, je ne vous quitterai jamais. Serais-je assez ingrat pour abandonner un troupeau si doux, si ardent pour mes intérêts ? »

. Malgré ses protestations, certains lui attribuèrent une responsabilité indirecte dans ces troubles, bien que son caractère modéré et pacifique rendît une telle hypothèse peu crédible[1].

Les assemblées

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Au mois de , il préside l'assemblée électorale réunie pour les Élections législatives de 1791[1]. Le , membre du Conseil général de la Mayenne, il préside son assemblée lors de la destitution d'Yves-Marie Destriché, maire de Châteaugontier. Modéré, préférant la conciliation à la rigueur[N 24], persuadé de pouvoir rallier le clergé insermenté, il multiplie les appels à la réconciliation, comme en témoigne une circulaire[27] adressée en aux prêtres réfractaires, les invitant à reprendre leurs fonctions liturgiques et à se réunir à l’Église constitutionnelle. Ces tentatives restèrent vaines[1].

Le , l'administration achète pour lui une maison en face de la principale porte de la cathédrale, l'Hôtel de Montjean qu'on lui avait offert. Il mène une vie retirée, fréquentant peu de monde en dehors de ses grands vicaires[1]. Il participe cependant aux cérémonies officielles, comme la procession de la Fête-Dieu, célébrée en grande pompe à Laval en 1791 et 1792, en présence des autorités civiles. Le , il invita[28] formellement les membres du tribunal civil à assister à cette solennité, soulignant ainsi son attachement aux traditions religieuses, malgré le contexte révolutionnaire[1]. Il signe le l'adresse au roi contre les prêtres insermentés. Il prête son concours et sa parole à toutes les cérémonies civiles ; il reçoit les compliments et les honneurs dont le comblent les révolutionnaires, la présidence des assemblées électorales et du conseil général du département[1].

Élection à la Convention nationale, Administration du diocèse et départ

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Le , Noël-Gabriel-Luce Villar présida l’assemblée électorale chargée de désigner les députés à la Convention nationale lors des Élections législatives de 1792. Il est lui-même élu, avec un mandat qui lui offrit l’opportunité de quitter Laval[1].

Désillusionné par l’échec de sa mission épiscopale — marquée par le faible nombre de prêtres assermentés[N 25], de la pénurie de sujets disposés à suivre les cours du séminaire qui avait été créé dans l'ancienne Abbaye Sainte-Catherine de Laval, la désaffection populaire et les excès de certains curés constitutionnels —, il fut également affecté par les persécutions contre les prêtres insermentés, emprisonnés puis déportés en 1792. Bien qu’il n’y ait pas participé, ces violences, contraires à ses principes, contribuèrent à son découragement[1]. Avant son départ, Noël-Gabriel-Luce Villar confie la gestion du diocèse à ses grands vicaires, parmi lesquels figurait son frère, un ancien chanoine génovéfain[N 26]. Les autres vicaires, pour la plupart d’anciens enseignants de La Flèche ou des prêtres modérés du diocèse, adoptèrent des positions discrètes pendant la Terreur[1] avec plusieurs exceptions, comme Dominique Rabard, ou encore Louis Guilbert. il quitte avec empressement Laval, où il avait promis de vivre et mourir au milieu de son doux troupeau, c'est sous son épiscopat, même pendant son absence, que 14 prêtres mayennais réfractaires sont guillotinés à Laval.

Conventionnel (1792-1795)

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Membre de la Convention nationale, il gagne Paris. Il devient membre du Comité d'instruction publique, où il entre le [3] et siège jusqu’à la fin de la Convention (), sauf une courte interruption de trois semaines (-). Son manque d’appétence pour les débats politiques le tinrent éloigné de la tribune. Il siège dans les rangs de la Plaine. Lors du Procès de Louis XVI, il vote pour la culpabilité, rejette la ratification du peuple, repousse la révision, et appelé à se prononcer sur la peine qui devait être infligée à Louis XVI, Il était contre la peine de mort qu'il repoussait en principe et s'exprime en ces termes :

« Je suis convaincu que la peine de mort infligée à un criminel quelconque est absolument contraire à la nature et à la raison. Je suis convaincu que la stabilité d'une République bien fondée ne dépend ni de la vie ni de la mort d'un individu; que tuer un tyran a toujours été la dernière ressource de la tyrannie. Je vote pour que Louis XVI[29] soit détenu pendant la guerre et qu'après cette époque il soit banni à perpétuité[30] »

Il se prononce aussi sur le sursis[31].

Députés Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État ? Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ? Quelle peine sera infligée à Louis ? Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ?
Villar (Noël-Gabriel-Luce) Oui Non Détention pendant la guerre, et après cette époque, bannissement à perpétuité Oui

Il ne se trouvait déjà plus en communauté d'idées avec le parti dominant. Il vote le la mise en accusation de Jean-Paul Marat[32] en [33].

Les Girondins marchent à la mort.

Les événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793 exposèrent Noël-Gabriel-Luce Villar, dont le vote modéré lors du procès du roi avait déjà attiré les critiques des Jacobins.

Sa prudence lui permit de survivre à la Terreur, bien que ses craintes fussent constantes[1]. Un commissaire de Laval, Jérôme Frin de Corméré le décrit le comme « une âme faible », dont la pusillanimité l’avait brouillé avec tous les partis, mais dont l’honnêteté était reconnue[N 27]. Comme l'Abbé Grégoire, il reste à cette époque d'anticléricalisme, évêque, contrairement à Jean-Baptiste Gobel. Sur 20 ecclésiastiques qui firent partie, du Comité de l'instruction publique, trois seulement, l'Abbé Grégoire, Gabriel Villar et Jean Jay ne renoncent pas à leur caractère sacerdotal et continuèrent « à professer hautement le christianisme ».

« A des talents distingués, et partant modestes, aux qualités de l'esprit et du coeur, il unit toujours, ce bon Villar, l'amour de la religion ; quel dommage qu'il soit si méticuleux ! on a prétendu que, si la métempsycose se réalisait, il serait changé en lièvre[34]. »

Noël-Gabriel-Luce Villar, en effet, cherche toujours à éviter les compromis dangereux, préférant l’effacement à l’affrontement. Son parcours illustre les dilemmes des modérés pendant la Révolution française, tiraillés entre leurs convictions et les impératifs politiques d’une époque violente[1]. Noël-Gabriel-Luce Villar se fait oublier et reste discret pendant la Terreur jusqu'à la Chute de Robespierre[1]. Le 3 frimaire an III (), Noël-Gabriel-Luce Villar vote la mise en accusation de Jean-Baptiste Carrier[35].

La promotion de l'instruction publique

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Il évita cependant les pièges politiques en se concentrant sur ses fonctions au Comité de l’Instruction publique, dont il devint secrétaire puis président du au . Son nom figure sur de nombreuses instructions adressées aux départements, preuve de son assiduité administrative.Comme l'Abbé Grégoire, il s'occupe de la réorganisation de l'instruction publique en étant un des membres les plus actifs du Comité. Son nom revient près de trois cents fois dans les procès-verbaux[3].

En , il est nommé de la Commission chargée de rédiger le Recueil des actes héroïques ou Annales du civisme, qu'on devait envoyer aux municipalités, aux armées, aux Sociétés populaires, «pour être lus en public tous les décadis» et dont il parait cinq numéros[36]. Le , il propose, au nom du Comité d'instruction publique, au Comité de salut public, « d'envoyer secrètement », à la suite des armées républicaines, des artistes et des gens de lettres[N 29].

« qui enlèveraient avec précaution les chefs-d'œuvre qui existent dans les endroits où les armes de la République ont pénétré. Les richesses de nos ennemis sont comme enfouies parmi eux. Les Lettres et les Arts sont amis de la Liberté. Les monuments que les esclaves leur ont dressés acquerront, au milieu de vous, un éclat qu'un gouvernement despotique ne saurait leur donner. »

. Gabriel Villar s'occupa aussi des intérêts généraux de Toulouse[N 30]. Au commencement de . il est désigné, avec trois de ses collègues (dont le peintre Jacques-Louis David), pour préparer un projet des fêtes décadaires.

Convention thermidorienne

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Après la Chute de Robespierre, il se distingue surtout par son zèle pour le rétablissement de l'instruction publique, et se prononce contre les terroristes en étant membre de la majorité thermidorienne[3]. Il est élu un des secrétaires de l'assemblée lors du renouvellement du bureau, le [37]. Quelques jours après, le , rapporteur du Comité d'instruction publique, il demande la conservation provisoire du collège de France[38] dont les professeurs toucheraient un traitement égal à celui des professeurs du Museum[39].

Le , il propose[40], au nom du même Comité d'instruction publique, d'accorder une pension à 118 savants, hommes de lettres, artistes, ou à leurs veuves et descendants[N 31]. Le suivant, il fait un nouveau rapport, au nom du même Comité d'instruction publique, pour demander la conservation de la bibliothèque nationale et la nomination de huit conservateurs recevant un traitement annuel de 6 000 livres[41]. Le nom de Villar se trouve attaché à tous les plans qui sont successivement exécutés, soit pour l'organisation de l'Institut de France, soit pour le rétablissement de l'instruction publique.

Assemblée législative

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Les électeurs de la Mayenne ne le renvoient pas à l'Assemblée législative lors des élections législatives de 1795, mais il y est rappelé par l'Assemblée, qui se complète elle-même le . Le département de la Mayenne possédant un trop grand nombre de députés, Noël-Gabriel-Luce Villar est classé parmi ceux du département de la Haute-Garonne, son pays d'origine[1] par la loi du 27 pluviôse an IV.

Au Conseil des Cinq-Cents, il est nommé membre d'un grand nombre de commissions, presque toutes relatives à l'instruction publique, notamment de celles concernant l'École polytechnique, l'école de Liancourt, l'enseignement des arts de peinture et de sculpture, les écoles centrales des départements du Nord[42], du Pas-de-Calais, de la Sarthe, etc.

Démission du poste d'évêque de la Mayenne

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Depuis son élection à la Convention nationale, les plaintes les plus éplorées de ses ouailles, les supplications réitérées de son clergé n'ont pu obtenir de lui le moindre signe de vie[N 32]. On lui accorde cependant 300 livres d'indemnité pour le mobilier que les Vendéens lui ont pris. Dès l'année 1797, il a refusé de prendre part au concile national qui s'ouvre à Paris sous la présidence de l'évêque constitutionnel Claude Le Coz. Il démissionne de sa fonction d'évêque le . Il est remplacé par Charles-François Dorlodot.

Membre de l'Institut de France et de l'Académie française

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Photographie du dos de deux volumes.
Dictionnaire de l'Académie française, en deux volumes.

Lors de la création de l'Institut, le , il est nommé membre de la classe de littérature et beaux-arts[1], que Napoléon modifie plus tard sous le titre de deuxième classe de l'Institut, ou classe de la langue et de la littérature françaises, redevenue aujourd'hui l'Académie française, dont il est membre en 1803.

Rallié au Coup d'État du 18 Brumaire[3], le département de Lot-et-Garonne le renvoie en 1799 au Corps législatif. Il y reste jusqu'en 1806, avec le titre de secrétaire. Son rôle est des plus effacés. On ne retrouve son nom le plus souvent qu'à propos des questions d'instruction nationale[3].

Secrétaire de sa classe pendant les années 1801 et il fait en cette qualité six Notices des travaux de littérature et de beaux-arts de l'Institut national, pendant les ans 9 et 10. Par décret du mois de , il est nommé membre de la commission du Dictionnaire de la langue française avec André Morellet, Roch-Ambroise Cucurron Sicard, Antoine-Vincent Arnault et Jean Baptiste Antoine Suard[43].

Dès que l'instruction publique est organisée, en 1800, il lui rend d'importants services en qualité d'inspecteur général des études, place dont il exerce les fonctions jusqu'en 1815, et conserve le titre jusqu'à sa mort[1]. Un arrêté consulaire du 22 prairial an X le désigna comme commissaire pour aller dans les départements organiser les lycées nationaux récemment créés[44]. La deuxième commission, dont faisait partie Noël-Gabriel-Luce Villar, devait installer, dans le courant de l'an XI, les lycées de Moulins, de Lyon, de Besançon et de Turin[45].

Académie de Turin

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Suite à la Campagne d'Italie (1796-1797), le fisc avait prétendu s'emparer des dotations dont jouissait l'Académie royale des Sciences de Turin[1]. Noël-Gabriel-Luce Villar, alors député, avait réussi à empêcher cette spoliation[1]. Lorsqu'il arriva à Turin, en 1804, l'académie de Turin profita de l'occasion qui se présentait de lui témoigner sa reconnaissance, en l'admettant au nombre de ses membres, et en faisant placer son portrait dans la salle des séance.

II est nommé membre de la Légion d'honneur dès la création, puis officier en 1807. À l'époque du Concordat, il se soumet au nouvel ordre de choses. Noël-Gabriel-Luce Villar, sans reprendre sous le Premier Empire les fonctions ni le costume ecclésiastique, demeure toujours attaché comme particulier aux croyances et aux pratiques religieuses. Il croit aussi devoir aux convenances de son état de ne point revêtir le costume de l'Institut[1].

La Restauration

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A la suite de l'Occupation de la France à la fin du Premier Empire, le , Noël-Gabriel-Luce Villar signe, avec ses collègues de l'Université, un acte d'adhésion à la déchéance de l'empereur décrétée par le gouvernement provisoire[46]. Sous la Restauration, il est maintenu membre de l'Académie française, rétablie par la loi du [47]. Il est de nouveau placé dans la commission du Dictionnaire dont il ne cessa de faire partie jusqu'à sa mort[1].

Depuis longtemps, affaibli par l'âge, il ne prend aucune part aux travaux de l'Académie, lorsqu'il meurt subitement, frappé d'apoplexie, le [N 33]. Ses obsèques ont lieu à Saint-Thomas-d'Aquin. Louis Simon Auger prononce sur son cercueil un discours qui n'a point été imprimé[48]. Noël-Gabriel-Luce Villar a pour successeur à l'Académie Charles-Marie de Feletz.

Publications

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Outre les Rapports et les Notices mentionnés dans cet article, on a de lui :

  • Le Berger fidèle, idylle adressée à Mgr de Lorry, évêque de Tarbes.
  • Ode sur le rétablissement des parlements, couronnée par l'Académie des Jeux floraux, 1776.
  • Ode sur le Despotisme oriental, 1778.
  • des Lettres pastorales, en fort petit nombre.
  • des Poésies insérées dans quelques recueils.

On trouve dans les Mémoires de l'Institut national :

  • Quelques Fragments du XVIe chant de l'Iliade, traduit en vers français, 8 nivôse an V.
  • Notice sur la vie et les ouvrages de Jean-Baptiste Louvet, 15 vendémiaire an VI.
  • Notice sur des travaux non imprimés et publiés séparément.
  • Notice sur la vie et les travaux d'Étienne-Louis Boullée, architecte, 15 messidor an VII.
  • Notice sur la vie et les ouvrages de Jean Dusaulx, 15 nivôse an VIII.
  • le Désespoir d'Achille après la mort de Patrocle, traduit en vers français, qui a été publié dans la Décade philosophique.
  • Notice strimestrielles pour l'an IX et l'an X.

Villar donna aussi divers articles de journaux. On lui attribue une brochure publiée à Besançon lors du Concordat : Les fidèles catholiques de Besançon à leurs concitoyens.

Sources

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Bibliographie

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  • Claude Perroud, « Les Villar, histoire d’une famille toulousaine : chapitres I-II », Revue des Pyrénées, Toulouse, vol. 25, , p. 151-162 (lire en ligne).
  • Claude Perroud, « Les Villar, histoire d’une famille toulousaine : chapitre III », Revue des Pyrénées, Toulouse, vol. 25, , p. 299-321 (lire en ligne).
  • Claude Perroud, « Les Villar, histoire d’une famille toulousaine : chapitre IV », Revue des Pyrénées, Toulouse, vol. 26, , p. 199-222 (lire en ligne). — Ce chapitre est entièrement consacré à Noël-Gabriel-Luce Villar, couramment appelé Gabriel Villar.
  • Emile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne. Laval, 1885. Document utilisé pour la rédaction de l’article Voir en ligne
  • Émile Queruau-Lamerie, L’Église constitutionnelle de la Mayenne.
  • Victor Jeanvrot, « Les évêques constitutionnels de la Mayenne. Villar, évêque conventionnel », Révolution française, t. 85, année?, p. 285-306.
  • Annales catholiques. Revue religieuse hebdomadaire de la France et de l’Église [puis Revue politique de la France et de l’Église] - 1899/04/01 (Année 28, no 1 504, t. 2) à 1899/06/24 (Année 28, no 1516, t. 2, p. 297-298.
  • « Noël-Gabriel-Luce Villar », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition], L'article est de Durozoir, qui avait connu Gabriel Villar[49]
  • « Noël-Gabriel-Luce Villar », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. II et IV, p. 936.
  • « Noël-Gabriel-Luce Villar », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Notes et références

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  1. Ses prénoms étaient Noël-Gabriel-Luce. Mais Gabriel était son prénom habituel.
  2. Avocat distingué du barreau de Toulouse. Le biographe de Chéronnée l'avait fait surnommer Villar-Plutarque. Il embrasse les principes de la Révolution française avec modération, et est envoyé à Mayence le , en qualité de chargé d'affaires de France. Au mois d', il est appelé aux fonctions de ministre de la république auprès de l'État de Gênes, où il remplace Naillac, accusé d'avoir livré Toulon aux Anglais. Il est remplacé lui-même, au mois d', par Guillaume-Charles Faipoult. De retour à Paris, il renonce à toutes fonctions publiques et mourut peu d'années après.
  3. Soi-disant chanoine régulier génovéfain (Mais il ne figure pas dans la Prosopographie de Petit.). Il est assidu à l'église, et cherche à exercer son ministère pendant la Révolution française. Il rejoint son frère en Mayenne, et devient un de ses vicaires épiscopaux. Le matin même de l'arrivée des Vendéens à Laval, il part à cheval, se dirigeant vers Paris; et pour Isidore Boullier depuis ce jour on ignore ce qu'il est devenu.
  4. La pièce, sans obtenir de prix, est néanmoins publiée dans le Recueil des Jeux Floraux.
  5. Où les Prêtres de la doctrine chrétienne avaient été appelés en 1776 pour remplacer les Jésuites.
  6. Tant par les professeurs que par les élèves dont il avait su s'attirer l'affection.
  7. Le discours se terminait par un parallèle entre Henri III, cœur lâche et pervers, esprit artificieux et bizarre, héros dans les combats, vil esclave sur le trône, voilant sa perfidie sous les dehors de la clémence et de la popularité et Louis XVI, âme droite, confiante et pure, modèle de grandeur et de simplicité tout ensemble, ne cherchant que la vérité et n'en redoutant point les for mes sévères, ami des hommes et se souvenant toujours qu'il commande à des hommes, etc.
  8. Au mois de juin 1790, à la nomination des autorités civiles on avait réuni 397 votants; il n'y en avait que 272 à l'élection de l'évêque.
  9. Michel Thoumin des Vauxponts, chanoine, archidiacre et vicaire général dès 1773, chapelain de Saint-Blaise et Sainte-Catherine en la collégiale de Saint-Merry, à Paris, possédait encore la dignité de l'archidiaconat lorsque la Révolution le chassa de Dol. Il émigra en 1792 en Angleterre ; décédé à Dorchester, près d'Oxford, le 2 mars 1796 (ref. M. Tresvaux, l'Église de Bretagne, p. 301). Il était né à Mayenne.
  10. Urbain-René de Hercé, évêque de Dol, espérant que le Saint-Siège pourrait régulariser et approuver l'érection du siège de Laval avait supplié son grand vicaire de donner son acquiescement. Presque en même temps que les députés des électeurs rentraient à Laval avec un refus écrit, un envoyé d'Urbain-René de Hercé y arriva avec une lettre de ce dernier annonçant l'acceptation. Avant de se prononcer définitivement, Michel Thoumin des Vauxponts prit l'avis du Saint-Siège. La réponse de Pie VI ne lui parvint que le  ; elle approuvait entièrement sa première détermination. Au reste, en voyant presser l'exécution de la loi sur le serment, Michel Thoumin des Vauxponts y était revenu de lui-même et avait prévenu la lettre pontificale par la démission qu'il avait adressée le 22 au directoire du département. (Isidore Boullier, Mémoires ecclésiastiques.)
  11. Avant l'ouverture des opérations électorales, François-Gaspard de Jouffroy de Gonsans, évêque du diocèse du Mans, adresse ses protestations et ses avis. Il s'élevait, non contre l'érection d'un siège épiscopal à Laval, à laquelle, disait-il, il s'était dans tous les temps déclaré prêt à consentir, pourvu qu'elle fût faite canoniquement; mais contre une élection illégitime, coupable et invalide, à laquelle il invitait paternellement les fidèles à ne pas concourir.
  12. Au sein de la bourgeoisie lavalloise et des autres villes du département de la Mayenne, persiste à cette époque la tradition d’envoyer les enfants achever leur formation au collège de La Flèche. Plusieurs des citoyens appelés à participer à la désignation d’un nouvel évêque connaissent personnellement le père Villar, ancien élève ou enseignant de cet établissement. Ils ont pu apprécier son caractère et conservent à son égard une estime et une affection marquées. Ces liens favorisent un engagement actif en faveur de sa candidature, qu’ils soutiennent avec un zèle particulier afin d’assurer son succès.
  13. Ancien élève du collège de la Flèche.
  14. Ancien élève du collège de la Flèche.
  15. La nouvelle de sa nomination est accueillie avec joie par les Doctrinaires et les habitants de la Flèche. Un Te Deum fut chanté pour célébrer cet heureux évènement
  16. À l'assemblée électorale où Noël-Gabriel-Luce Villar était admis, le président Pierre-Jean Sourdille de la Valette lui débita quelques compliments suivis d'une longue diatribe contre le clergé égaré par des mandements incendiaires ou des libelles qui ne respirent que la désobéissance aux lois. Il y répondit par la voix du Peuple est la voix de Dieu.
  17. Noël-Gabriel-Luce Villar écrivit au pape pour entrer en communion avec lui. Vous laisserez descendre vers moi quelques-unes de ces paroles pleines de sagesse et d'entendement qui feront désormais mon amour et ma joie.
  18. Que Villar avait reçu à La Flèche en 1784.
  19. Le , la municipalité décida de réduire le banquet initialement prévu pour 150 convives à 30 personnes, en raison du jour choisi — le mardi des Rogations, jour d’abstinence prescrit par l’Église.
  20. Mardi des Rogations, avec un appareil civique. Il fait son entrée au milieu des baïonnettes de la garde nationale et au bruit des canons.
  21. Qui se tenait dans le réfectoire des Cordeliers de Laval.
  22. Il signe au mois de 1791 une adresse aux Législateurs qu'il comble d'éloges en leur notifiant que le corps électoral vient de fixer son choix sur les citoyens pour lesquels sa confiance a été mesurée sur leur attachement aux principes de l'Assemblée.
  23. À son arrivée, on prend pour lui des appartements garnis à loyer. Il n'y a point de bâtiment national affecté au logement de l'évêque.
  24. Le citoyen Duv..., lui reproche sa clémence envers ses opposants dans son épître sur Villar, évêque du département de la Mayenne.
  25. 19 sur 270 dans le district de Laval.
  26. Ce dernier quitte Laval avec les autres administrateurs le , lors de l’entrée des troupes vendéennes, et ne revint jamais.
  27. Par ses réponses, nous n'avons que trop reconnu que c'était une âme faible, et dont la pusillanimité l'a brouillé avec tous les partis ; aussi n'est-il d'aucun. Il jouit de la réputation d'un parfait honnête homme
  28. Collègue de Gabriel Villar à la Convention et son ami personnel.
  29. Le , le Comité désigne Jean-Baptiste Wicar pour diriger la commission chargée de saisir les œuvres d'art des Pays-Bas autrichiens.
  30. Le , le Comité d'instruction publique le nomme, avec Henri Grégoire, rapporteur du mémoire envoyé par l'administration du département de la Haute-Garonne pour l'établissement d'un nouveau jardin botanique, d'une Société d'agriculture et d'une École vétérinaire.
  31. L'impartialité politique la plus sévère a présidé à la rédaction de cette liste nombreuse, dans laquelle sont comprises les deux petites nièces de Fénelon, dont l'orateur fait éloge, et la veuve de Jean-Antoine Roucher, guillotiné en juillet 1794. Cette loi de munificence nationale satisfait d'autant plus l'opinion publique, que le règne de la terreur a été pour les gens de lettres une époque de proscription et d'indigence.
  32. De 1795 à 1798, ce fut le thème ordinaire d'une correspondance suivie de Charles-François Dorlodot avec le pasteur fugitif, ses collègues dans l'épiscopat et le petit troupeau constitutionnel de la Mayenne.
  33. Dans sa maison de la rue de Bourbon.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 Emile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne, Laval, Imprimerie L. Moreau, , p. 103-141.
  2. Claude Perroud, « Les Villar. Histoire d’une famille toulousaine », Revue des Pyrénées, t. 25, , p. 151-162 (lire en ligne).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Claude Perroud, « Les Villar, histoire d’une famille toulousaine : chapitre IV », Revue des Pyrénées, Toulouse, vol. 26, , p. 199-222 (lire en ligne)
  4. Recueil des Jeux Floraux, année 1776 (mais la pièce est de 1777), p. 160, « par M. P. Villar, prêtre de la Doctrine chrétienne, professeur d'éloquence au collège de l'Esquille ».
  5. Ouvert sur ce sujet.
  6. Recueil des Jeux Floraux, 1776.
  7. Complainte des pensionnaires du collège royal de la Flèche sur le départ projeté de leur Principal, qui venait d'être nommé recteur d'un nouveau collège. Dans les Œuvres de M. [P. Fétu] de la S*** Ch. Reg. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1787. Un volume in-18.
  8. Essais historiques sur la ville el le collège de La Flèche, Angers, 1803.
  9. Discours à MM. les électeurs des Gardes nationales du district de la Flèche, assemblés, le 22 juin 1790, dans la maison commune de la dite ville, pour la nomination de leurs députés à la Fédération de Paris, par M. Villar, S. D. C., officier municipal. In-8 de 5 pages.
  10. Procès-verbaux de l'Assemblée Nationale. No 553, séance du au soir. La nouvelle de ce serment avait déjà été communiquée à l'Assemblée par une lettre dont Eustache Livré, avait donné lecture dans la séance du . in Le Point du Jour, T. 18, no 563, du , p. 364.
  11. Lettre manuscrite de Michel-René Maupetit, à Joseph François Dupont-Grandjardin, en date du  : « On nous assure que M. De Vauxpont a envoyé sa démission et qu'on va procéder à une nouvelle élection. Les députés de la Sarthe regrettent beaucoup qu'on n'ait pas nommé pour évêque le P. Villar, supérieur du collège de la Flèche, qu a prêté le serment. C'est un homme ferme, qui joint à beaucoup d'esprit et de talent les vertus les plus éminentes... ». Autre lettre du  : « Informez-vous du P. Villar, supérieur du collège de la Flèche j'en ai entendu parler comme d'un homme du premier mérite. Voilà ce qu'il nous faut dans un moment comme celui-ci. M. Enjubault de la Roche l'a recommandé à Laval; Lalande en écrit à Ernée.... »
  12. Procès-verbaux de l'Assemblée nationale, no 603 ; Moniteur Universel de 1791, no 87 du ; Le Point du Jour, T. 27, no 625, p. 395.
  13. Traduction de la lettre de M. Villar à notre Saint Père le Pape, in-4 de 4 pages, sans lieu et sans nom d'imprimeur.
  14. Michel-René Maupetit, lettre manuscrite du  : Il paraît que M. Villar ne viendra pas nous voir. Comme il est des députés qui peut-être ne lui feraient pas d'accueil, il a cru prudent de n'en point voir d'autres que M. de la Roche.
  15. Michel-René Maupetit. Lettre manuscrite du  : M. Villar n'est ni empoisonné ni détourné de son acceptation. Il a été sacré dimanche à Notre-Dame. Ce n'est point de lui que je le tiens, mais de M. Delalande qui alla ce jour à la messe dans cette paroisse métropolitaine, qui vit les apprêts du sacre, qui se fit montrer M. Villar, et qui laissa faire la cérémonie sans y rester. Personne de nous n'y a été invité. C'est un conseil qu'on dit lui avoir été donné par les nouveaux évêques....
  16. Grégoire, Mémoires, t. II, p. 272.
  17. Ordre général du service de la garde nationale dans les jours de l'arrivé de M. l'évêque de la Mayenne et de son installation. Laval. Michel Faur. in-8o de 8 p.
  18. Détail de ce qui s'est passé lors de l'arrivée et de l'installation de M. Villar, évêque du département de la Mayenne, rédigé par ordre du Directoire du département, suivi du procès-verbal de cette installation et des discours prononcés par l'évêque et par le maire de Laval, M. Hubert. Laval. Michel Faur. In-4 de 20 pages. Dans cette pièce le nom de Villar est écrit avec un s final. Du reste les journaux de cette époque, et parmi eux Le Moniteur universel, adoptent la même orthographe qui se retrouve encore en tête du Rapport présenté à la Convention, le 18 fructidor an III sur les encouragements destinés aux savants, gens de lettres et artistes et imprimé par ordre de l'Assemblée. Le procès-verbal de l'installation de Villar comme évêque constitutionnel le nomme DE VILLARS. Isidore Boullier, dans ses Mémoires ecclésiastiques sur la Ville de Laval et ses environs pendant la Révolution, p. 33 à la note, suppose que l'addition de la particule nobiliaire avait été faite intentionnellement, pour faire croire au peuple que l'évêque de Laval appartenait à l'illustre Famille de Brancas, duc de Lauraguais.
  19. « Noël-Gabriel-Luce Villar », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
  20. Discours aux Gardes nationales du département de la Mayenne, prononcé par l'évêque le jour de la Fédération de l'année 1791. Laval, Faur in-8 de 6 pages.
  21. Brochard, Révolution française du , Les deux premiers évêques constitutionnels de la Mayenne.
  22. Lettre de M***, curé du diocèse d'Angers, au P. Villar, évêque intrus du département de la Mayenne, au sujet de sa lettre pastorale du 4 juillet 1791. In-8 de 40 p., sans nom de ville ni d'imprimeur.
  23. Écrite par une femme.
  24. Mémoires sur la Révolution, le premier Empire et la Restauration, par Jacques-Pierre Fleury, publiés et annotés par Dom Piolin. Le Mans, Leguicheux, et Paris, Palmé, 1874. un vol. in-8, p. 93.
  25. Lettre du Procureur-général-syndic du département, René-Pierre Enjubault de la Roche, en date du , publiée par Dom Piolin dans son Histoire de l'Église du Mans, y. VII, p. 335, au sujet d'injures adressées à l'évêque Villar, alors qu'il se rendait au conseil général du département.
  26. Julien-Simon Duchesne, La maladie à la mode, par demandes et par réponses, qui n'est qu'une sorte de catéchisme en faveur de la Constitution civile du clergé, Laval, Faur, 1792. In-8 de 40 pages; 2. C. R. Duv....., Epitre à M. Villar, évêque du département de la Mayenne, Laval, Dariot, in-8 de 11 pages.
  27. Cette circulaire est citée par Dom Piolin dans son Histoire de l'Église du Mans, t. VII, pa. 309, d'après le Journal général de la Sarthe du .
  28. Ch. Maignan, Histoire du Plateau d'un mont à Laval (Publiée en feuilleton dans le Journal de l'arrondissement de Valognes, 1855).
  29. Le Pour et le Contre. Recueil complet des opinions prononcées à l'Assemblée conventionnelle dans le procès de Louis XVI. Paris, an 1er de la République, t. VII, p. 190.
  30. Moniteur Universel de 1793, no 20 .
  31. Moniteur Universel de 1793, no 18, 20 et 24.
  32. Appel nominal sur la question : Y a-t-il lieu à accusation contre Marat, membre de la Convention Nationale, page 77.
  33. Louis Claveau, André Jean Ducom, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur Gallica, (consulté le )
  34. Mémoires, t. II, p. 37.
  35. Moniteur Universel de l'an III, no 67, du 7 frimaire.
  36. E. Hatin, Bibliographie de la presse périodique française, p. 248
  37. Moniteur Universel de l'an III, no 290 du 20 messidor.
  38. Ce provisoire sauve l'établissement que dans son rapport il proclame la première école de l'univers.
  39. Moniteur Universel de l'an III, no 300 du 30 messidor.
  40. Moniteur Universel de l'an III, no 352 et 353 des 22 et 23 fructidor. Rapport et projet de décret présentés à la Convention Nationale dans la séance du 18 fructidor, au nom du Comité d'Instruction publique, sur les encouragements destinés aux savants, hommes de lettres et artistes, par Villar, député de la Mayenne. Imprimé par ordre de la Convention Nationale. Imprimerie Nationale, in-8 de 10 p.
  41. Moniteur Universel de l'an IV, no 30. Rapport et projet de Décret présentés au nom du Comité d'Instruction publique sur l'organisation de la Bibliothèque Nationale dans la séance du 6 vendémiaire an IV par Villar, député de la Mayenne, imprimé par ordre de la Convention Nationale. Imp. Nat., in-8 de 10 p.
  42. Moniteur Universel de l'an IV, no 249 du 9 prairial
  43. Moniteur Universel de l'an IX, no 22 du 11 floréal.
  44. Moniteur Universel de l'an X, no 275, du 5 messidor.
  45. Moniteur Universel de l'an XI, no 30 du 30 vendémiaire.
  46. Moniteur Universel de 1814, no 98, du 8 avril.
  47. Bulletin des lois, série 7, Bull. 75, no 527
  48. Moniteur Universel de 1826, no 244, du 1er septembre
  49. Il a été reproduit textuellement dans la Biographie Rabbe, en 1834.

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