Rallye du Rouergue
Le Rallye du Rouergue, officiellement dénommé Rallye Aveyron Rouergue Occitanie depuis 2017, est une épreuve française de rallye automobile disputée sur les routes asphaltées de l'Aveyron, autour de Rodez. Organisé chaque année au mois de juillet, il constitue l'une des manches du Championnat de France des rallyes.
| Sport | Rallye automobile |
|---|---|
| Création | 1974 |
| Autre(s) nom(s) |
Critérium du Rouergue Rallye du Rouergue-Aveyron |
| Organisateur(s) | ASA Rouergue |
| Éditions | 51 (en 2025) |
| Catégorie | Championnat de France des rallyes |
| Périodicité | Annuelle (juillet) |
| Lieu(x) |
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| Surface | Asphalte |
| Site web officiel | rallyerouergue.com |
| Tenant du titre |
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|---|---|
| Plus titré(s) |
Pilote : Copilote : |
Créé en 1974 sous le nom de Critérium du Rouergue par des membres de l'ASA Route d'Argent, le rallye intègre le championnat de France en 1982, avant de figurer également au calendrier du Championnat d'Europe des rallyes durant les années 1990[1]. Devenu Rallye Aveyron Rouergue Occitanie en 2017, il est aujourd'hui organisé par l'ASA Rouergue[2].
Histoire
modifierCréation et premières éditions (1974–1979)
modifierLe Rallye du Rouergue naît de la volonté de plusieurs membres de l'ASA Route d'Argent de développer une épreuve régionale organisée dans le bassin de Decazeville. Sous l'impulsion de Jean Viarouge, Daniel Lacan et Michel Fualdès, le premier Critérium du Rouergue se déroule les 6 et 7 avril 1974[3]. Si le départ est donné à Rodez, c'est autour de Villecomtal que se concentre la compétition. Les équipages parcourent à plusieurs reprises les mêmes spéciales, dont une grande partie de nuit, une formule qui contribue à la difficulté de l'épreuve[4].
Malgré l'intérêt du public, les premières éditions peinent à attirer des concurrents au-delà du Sud de la France. Les difficultés financières s'accumulent et, en 1979, seuls 57 équipages prennent le départ. Après six éditions, les organisateurs initiaux décident de se retirer, laissant la poursuite du rallye à une nouvelle équipe de bénévoles[5].
Relance et reconnaissance nationale (1980–1989)
modifierEn 1980, une nouvelle équipe de bénévoles menée par Daniel Wachoru reprend l'organisation du rallye au sein de l'écurie Ruthène, avec le soutien de l'ASA Route d'Argent. Rebaptisée Critérium international du Rouergue, l'épreuve abandonne les parcours essentiellement nocturnes de ses débuts et élargit son tracé vers Entraygues-sur-Truyère et Le Nayrac. La participation progresse rapidement, permettant au rallye d'accéder au championnat de France de deuxième division en 1981. Devenu Rallye du Rouergue l'année suivante, il poursuit son développement jusqu'à intégrer la première division en 1985, à la faveur du retrait du Rallye Terre de Provence. L'organisation enrichit alors son parcours de nouvelles spéciales, notamment autour de Moyrazès, appelé à devenir l'un des passages les plus connus de l'épreuve[6].
Cette reconnaissance nationale s'accompagne de l'arrivée de pilotes de premier plan. En 1986, Didier Auriol, originaire de Millau, remporte le rallye avec Bernard Occelli sur une MG Metro 6R4. Le même équipage s'impose à nouveau en 1987 et 1988, cette fois au volant d'une Ford Sierra RS Cosworth. Soucieuse d'accroître la notoriété de la compétition, l'équipe de Daniel Wachoru déplace également son départ à Toulouse en 1988 et 1989, certaines spéciales traversant alors la Haute-Garonne et le Tarn avant de rejoindre l'Aveyron[6].
Expansion et domination de Philippe Bugalski (1990–2000)
modifierAu début des années 1990, le Rallye du Rouergue poursuit son développement tout en modifiant sensiblement son parcours. Après deux éditions parties de Toulouse, le départ est transféré à Roquefort-sur-Soulzon en 1990 et l'épreuve s'installe désormais au mois de juillet. De nouvelles spéciales apparaissent notamment autour d'Alrance et de Belcastel, tandis que les fortes chaleurs estivales ajoutent aux difficultés rencontrées par les équipages. En 1993, le rallye intègre le Championnat d'Europe des rallyes, mais son faible coefficient ne lui permet guère d'attirer les concurrents étrangers espérés. Cette expérience européenne prend fin en 1998, sans avoir véritablement modifié la place de l'épreuve, dont le championnat de France demeure le principal enjeu[6].

Cette période est surtout marquée par la domination de Philippe Bugalski, associé à Jean-Paul Chiaroni. Vainqueur pour la première fois en 1995 sur Renault Clio Maxi, le duo récidive l'année suivante avec la Renault Maxi Mégane, avant de remporter trois éditions consécutives entre 1998 et 2000 sous les couleurs de Citroën. Lors de sa dernière victoire, Bugalski s'adjuge 17 des 18 épreuves spéciales, portant à cinq son nombre de succès au Rouergue, un record qui reste inégalé[6]. L'édition précédente avait également vu apparaître parmi les premiers du classement Sébastien Loeb, alors au début de sa carrière, qui termine cinquième avec Daniel Elena au volant d'une Citroën Saxo Kit Car. Le futur nonuple champion du monde reviendra l'année suivante, terminant cette fois au pied du podium[7],[6].
Renouvellement et évolutions de l'épreuve (2001–2016)
modifierAu début des années 2000, le Rallye du Rouergue conserve sa place dans le Championnat de France des rallyes, avec des plateaux mêlant notamment voitures WRC et Super 1600. L'édition 2004 marque une étape dans son organisation : déplacée au début du mois de juillet, l'épreuve bénéficie du rapprochement des championnats nationaux, tandis que l'écurie du Rouergue, jusque-là placée sous l'égide de l'ASA Route d'Argent, devient le 5 décembre l'ASA du Rouergue. Cette évolution lui permet de prendre directement en charge l'organisation du rallye[6]. L'épreuve conserve parallèlement un fort ancrage local, illustré en 2009 par la victoire de l'Aveyronnais Guillaume Canivenq, associé à Sébastien Grimal sur Peugeot 207 S2000. Canivenq remporte également le titre de champion de France à l'issue de cette saison[8].
Après les succès de Jean-Marie Cuoq en 2012 et 2013, puis celui d'Olivier Marty en 2014, le rallye connaît un tournant avec la disparition de Daniel Wachoru, décédé en août 2014 après avoir dirigé l'épreuve pendant 32 ans. Jean Guitard lui succède à la présidence de l'ASA du Rouergue et assure la continuité de l'organisation. La première édition disputée sans Wachoru, en 2015, est remportée par le pilote de Bozouls Jean-Michel Da Cunha, associé à Sébastien Durand, sur Citroën C4 WRC, après plusieurs années passées à tenter de s'imposer sur ses routes[9]. Olivier Marty retrouve la victoire en 2016, année à l'issue de laquelle Gérard Fournier succède à Jean Guitard à la tête de l'association organisatrice[10].
Période contemporaine (depuis 2017)
modifierEn 2017, sous la présidence de Gérard Fournier, le rallye adopte officiellement le nom de Rallye Aveyron Rouergue Occitanie. L'épreuve conserve sa place dans le championnat de France, mais son organisation est interrompue en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, qui entraîne l'annulation de l'édition prévue en juillet[11]. Après la reprise de 2021, Jean-Claude Bessaou succède à Gérard Fournier à la tête de l'ASA du Rouergue. Sous sa direction, les organisateurs cherchent à renouveler le parcours tout en renouant avec certains secteurs historiques, comme celui de Golinhac en 2023. Le cinquantenaire de l'épreuve, célébré en 2024, est notamment marqué par le retour d'une spéciale autour de Villecomtal, où se disputaient les premières éditions[6].

Sur le plan sportif, les années 2020 sont marquées par les succès d'Éric Camilli, vainqueur en 2021, 2023 et 2024, avant de remporter une quatrième victoire en 2025. Associé à Thibault de la Haye sur une Hyundai i20 N Rally2, il s'impose alors au terme d'un duel serré avec Yoann Bonato et Benjamin Boulloud, devancés de seulement 2,6 secondes[12],[13]. L'édition suivante, programmée les 10 et 11 juillet 2026, est annulée deux jours avant son départ, à la demande de la préfecture de l'Aveyron, en raison d'un épisode de canicule et d'un risque exceptionnel d'incendie. Elle devait constituer la cinquième manche du Championnat de France des rallyes 2026[14].
Caractéristiques
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Le Rallye du Rouergue se dispute sur des routes asphaltées de l'Aveyron, autour de Rodez, avec un parcours qui évolue selon les éditions. Parmi ses passages les plus emblématiques figure la spéciale de Moyrazès, apparue en 1985 et devenue l'une des signatures de l'épreuve. La traversée du village, intégrée au tracé deux ans plus tard, est notamment connue pour ses épingles spectaculaires, régulièrement fréquentées par de nombreux spectateurs[15].
Palmarès
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Bibliographie
modifierPhilippe Pradal, Le Rallye du Rouergue, une odyssée sur la route d'argent, Alzur Éditions, Brandonnet, 2010, 200 p.
Notes et références
modifier- ↑ « Rallye du Rouergue », sur Archives départementales de l'Aveyron (consulté le )
- ↑ Serge Carrière, « 50 nuances de Rouergue, la folle histoire d’une épreuve mythique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Rallye du Rouergue », sur Archives départementales de l'Aveyron (consulté le )
- ↑ Serge Carrière, « Rallye du Rouergue : 1974, à la naissance d’un pari un peu fou », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le )
- ↑ Serge Carrière, « 50 nuances de Rouergue, la folle histoire d’une épreuve mythique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 Serge Carrière, « 50 nuances de Rouergue, la folle histoire d’une épreuve mythique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ Serge Carrière, « Rallye du Rouergue : « Le Rouergue m’a tout donné », clame le recordman de victoires Jean-Paul Chiaroni », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le )
- ↑ « Série. Les vainqueurs aveyronnais du rallye du Rouergue : Guillaume Canivenq, retour vers le futur », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le )
- ↑ François Peisson, « Da Cunha enfin récompensé », L'Équipe, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Gérard Fournier succède à Jean Guitard », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ Guillaume Verdu, « L’édition 2020 du rallye du Rouergue est annulée », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Camilli et de La Haye, retour au sommet en Aveyron », sur Fédération française du sport automobile, (consulté le )
- ↑ « Éric Camilli remporte le Rallye du Rouergue juste devant Yoann Bonato », L'Équipe, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Corentin Delorme, « Le rallye du Rouergue, 5e épreuve du Championnat de France, est annulé », L'Équipe, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Aurélien Parayre, « Moyrazès, passage obligé du rallye du Rouergue », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le )
- ↑ Stéphane Hurel, « Rallye du Rouergue. Deux stars : Bengué et le public », sur La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- 1 2 « Rallye du Rouergue 2013 : le doublé pour Jean-Marie Cuoq », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le ).
- ↑ Shacki, « Résultat final Rallye Aveyron Rouergue - Occitanie 2019 », sur eWRC-results.com (consulté le )
- ↑ « Auto : le Niçois Éric Camilli remporte le 47e rallye du Rouergue », sur Centre Presse (Aveyron), (consulté le ).
- ↑ Shacki, « Résultat final Rallye Aveyron Rouergue - Occitanie 2022 », sur eWRC-results.com (consulté le )
- ↑ Shacki, « Résultat final Rallye Aveyron Rouergue - Occitanie 2023 », sur eWRC-results.com (consulté le )
- ↑ Julien Rabusseau, « Camilli en profite (Rouergue) », sur Rallye Sport,
- ↑ (en) tomas.shacki.wanka et matej.kamenec, « Final Results Rallye Aveyron Rouergue - Occitanie 2025 », sur eWRC-results.com (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier| Vidéos externes | |
| RALLYE CLUB (Canal+) - Rallye du Rouergue 2022 sur FFSA TV | |
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- Site officiel
- Le rallye du Rouergue sur eWRC-results.com
- Le rallye du Rouergue sur rallybase.nl