Società Dante Alighieri
La Società Dante Alighieri (« Société Dante-Alighieri »), souvent appelée la Dante, est une association culturelle italienne dont le but est de diffuser la langue et la culture italiennes dans le monde. Son siège central se trouve au palais Firenze, à Rome.
| Società Dante Alighieri | |
Le palais Firenze, à Rome, siège de la société. | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1889 |
| Type | Association |
| Domaine | Diffusion de la langue et de la culture italiennes |
| Siège | Palais Firenze, Rome |
| Langue | Italien |
| Organisation | |
| Président | Andrea Riccardi |
| Site web | ladante.it |
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Fondée en 1889 à l'initiative d'exilés triestins, auxquels se joignent notamment Giosuè Carducci et Ruggero Bonghi, elle s'attache d'abord à soutenir la langue italienne dans les territoires restés sous domination autrichienne, puis auprès des émigrés italiens. Elle délivre aujourd'hui la certification de langue italienne PLIDA. Elle reçoit en 2005 le prix Prince des Asturies de communication et humanités.
Historique
modifierFondation
modifierSelon Bruno Manzone, la Società est conçue en 1889 par des exilés triestins, sous l'impulsion de Giacomo Venezian ; Giosuè Carducci lui donne son nom, et elle se présente au pays par un manifeste rédigé par Giuseppe Chiarini et signé par des personnalités de toutes tendances[1],[2],[3],[n 1]. Ruggero Bonghi, Giuseppe Chiarini, Pasquale Villari et Ernesto Nathan figurent parmi ses premiers promoteurs[4].
Bonghi en est le premier président, à partir du ; il voit notamment dans la Société un moyen légal d'agir en faveur des terres irrédentes[5],[n 2]. Selon une exposition virtuelle de la bibliothèque universitaire de Padoue, Bonghi souhaite en faire un cadre politiquement neutre, réunissant des opinions diverses autour d'un programme scolaire et éducatif[4].
La Società est érigée en ente morale par décret royal du [6].
Irrédentisme et émigration
modifierÀ ses origines, la Società est tournée vers les territoires de langue italienne restés sous souveraineté autrichienne[3],[7]. Elle y envoie des livres et des conférenciers[1]. Le , le gouvernement de Vienne dissout la société trentine Pro Patria, en raison de ses contacts avec la Società ; celle-ci soutient alors largement la Ligue nationale[1],[5],[4]. Ses adversaires l'accusent d'être une « conspiration irrédentiste »[8].
Avec la montée de l'émigration, elle s'occupe aussi des Italiens établis à l'étranger : elle crée et subventionne des écoles, notamment en Tunisie, des bibliothèques et des cycles de conférences, et fonde à São Paulo un établissement d'enseignement secondaire[1]. Sous l'impulsion de Pasquale Villari, elle demande des abris pour les émigrants dans les ports d'embarquement et crée des bibliothèques de bord[1]. En 1907, elle institue une médaille d'or « Pasquale Villari » pour récompenser l'action en faveur de l'italianità hors du royaume[1]. Son comité de Constantinople est inauguré en 1895[9].
En 1914, la Società compte plus de 60 000 membres ; sa « commission des livres » organise l'envoi d'ouvrages en italien hors du royaume[8].
Première Guerre mondiale et fascisme
modifierPendant la Première Guerre mondiale, la Società s'attache à soutenir la résistance de l'opinion et à faire connaître, en Italie et à l'étranger, les buts de guerre italiens ; elle s'oppose ensuite aux renonciations sur l'Adriatique[1]. Après la guerre, elle crée une médaille « Paolo Boselli », décernée après l'annexion de Fiume à Benito Mussolini et à Gabriele D'Annunzio[1].
Par décret royal du , elle reçoit le palais Firenze, à Rome[1]. Quarante ans après sa fondation, selon Bruno Manzone, elle compte plus de quatre cents comités, plus de 100 000 membres et 250 000 adhérents dans les écoles[1]. Une étude consacrée au comité de Constantinople décrit le passage, après les idéaux du Risorgimento, à une orientation plus nationaliste, qui aboutit à la fascisation complète de la Società[9].
Depuis 1945
modifierDe 1954 à 1972, la Società est présidée par Aldo Ferrabino[2]. À l'occasion du septième centenaire de la naissance de Dante, elle organise une exposition consacrée au poète, inaugurée à Rome le [2].
En 2005, elle reçoit, avec l'Alliance française, le British Council, le Goethe-Institut, l'Institut Cervantes et l'Instituto Camões, le prix Prince des Asturies de communication et humanités[10]. Lors de la cérémonie, le prince des Asturies souligne le rôle des langues dans la coexistence pacifique et la diffusion de la culture entre les peuples[11].
Depuis 2015, la Società est présidée par Andrea Riccardi, reconduit en 2023 pour un troisième mandat[3].
Activités
modifierCertification PLIDA
modifierLa Società délivre la certification de langue italienne PLIDA (Progetto Lingua Italiana Dante Alighieri), fondée sur une convention avec le ministère des Affaires étrangères de 1993 et sur une convention de 2004 avec l'université de Rome « La Sapienza » ; elle est aussi reconnue par le ministère du Travail depuis 2002[12].
Elle est l'un des quatre organismes certificateurs réunis dans l'association CLIQ (Certificazione Lingua Italiana di Qualità), avec les universités pour étrangers de Pérouse et de Sienne et l'université Rome-III[13],[14]. L'acte constitutif de l'association est signé en 2011 ; une convention avec le ministère des Affaires étrangères reconnaît son rôle[13],[n 3].
Comités
modifierLa Società agit à travers des comités, en Italie et à l'étranger[1].
Présidents
modifier| Période | Président |
|---|---|
| 1889-1895 | Ruggero Bonghi[1],[2] |
| 1896-1903 | Pasquale Villari[1],[2] |
| 1903-1907 | Luigi Rava[1],[2],[n 4] |
| 1907-1932 | Paolo Boselli[1],[8] |
| 1954-1972 | Aldo Ferrabino[2] |
| depuis 2015 | Andrea Riccardi[3] |
Historiographie
modifierL'historien Daniel J. Grange étudie la Società comme un instrument de promotion de la langue italienne, composante privilégiée de l'« italianità »[15]. Un article consacré au nationalisme et à l'irrédentisme italiens, qui rattache l'irrédentisme au garibaldisme et au mazzinisme, nuance ce rattachement à propos de la Società[16]. Elle est aussi citée parmi les premières organisations de l'irrédentisme[7].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ La Società présente sa fondation comme l'œuvre d'un groupe d'intellectuels guidés par Giosuè Carducci[6]. Une exposition virtuelle de la bibliothèque universitaire de Padoue la décrit comme fondée par Carducci, à l'invitation des patriotes triestins Giacomo et Felice Venezian[4].
- ↑ Une thèse de l'université d'Oxford situe l'élection de Bonghi à la présidence en 1890.
- ↑ Le site de l'Institut italien de culture de Tokyo date du 14 juin 2012 l'accord entre le ministère des Affaires étrangères et l'association CLIQ[14] ; l'association CLIQ date la convention de 2013[13].
- ↑ Une étude publiée par Redalyc situe la présidence de Luigi Rava de 1904 à 1907[8].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (it) Bruno Manzone, « Dante Alighieri. Società nazionale », sur Enciclopedia Italiana, Treccani, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 (it) « Società Dante Alighieri », sur Enciclopedia Dantesca, Treccani, (consulté le ).
- 1 2 3 4 (it) « Società Dante Alighieri », sur Enciclopedia on line, Treccani (consulté le ).
- 1 2 3 (it) « La Società Dante Alighieri », sur MOVIO, Biblioteca universitaria di Padova (consulté le ).
- 1 2 (it) Pietro Scoppola, « Bonghi, Ruggiero », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
- ↑ (it) « Associazione », sur Società Dante Alighieri, comitato di Torino (consulté le ).
- 1 2 (it) « Irredentismo », sur Enciclopedia on line, Treccani (consulté le ).
- 1 2 3 (it) « La « Dante » per la « perenne Italianità » degli emigranti all'estero », sur Redalyc (consulté le ).
- 1 2 (it) Stefania De Nardis, « La Società Dante Alighieri da Costantinopoli a Istanbul. 1895-1922 : diffusione della lingua e pedagogia nazionale », Diacronie. Studi di storia contemporanea, vol. 6, no 4, , p. 1-27 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Princess of Asturias Awards Laureates », sur Fundación Princesa de Asturias (consulté le ).
- ↑ (en) « Speech by HRH The Prince of Asturias at the 2005 Prince of Asturias Awards Ceremony », sur Fundación Princesa de Asturias (consulté le ).
- ↑ (it) « PLIDA (Progetto Lingua Italiana Dante Alighieri) », sur CPIA 2 Milano (consulté le ).
- 1 2 (it) « Associazione Cliq », sur Associazione CLIQ (consulté le ).
- ↑ (it) « Certificazioni », sur Istituto italiano di cultura di Tokyo, Ministero degli Affari esteri (consulté le ).
- ↑ Daniel J. Grange, « La société « Dante Alighieri » et la défense de l'« Italianità » », Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée, vol. 117, no 1, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Nationalisme et irrédentisme en Italie de l'unité à la Première Guerre mondiale », Matériaux pour l'histoire de notre temps, no 43, , p. 38-43 (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (it) La Società Nazionale Dante Alighieri. Relazione storica al XXV Congresso, Rome, .
- (it) Filippo Caparelli, La « Dante Alighieri » 1920-1970, Rome, .
- (it) Giovanni di Peio, Storia della Società Dante Alighieri. Le origini.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (it) Site officiel
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :