Bataille de Belgique (1914)

La bataille de Belgique résulte de la violation de la neutralité belge par l'Empire allemand. Dès le , l'armée allemande envahit le territoire voisin du Luxembourg. La Belgique ayant rejeté l'ultimatum par lequel l'Allemagne exigeait de pouvoir traverser le territoire belge pour engager le combat contre l'armée française, les troupes allemandes franchissent la frontière belge le , conformément au Plan Schlieffen. La bataille de Belgique se clôture le avec la fin de la course à la mer. L'invasion allemande débouche sur l'occupation de la Belgique jusqu'en .

Bataille de Belgique (1914)
Description de cette image, également commentée ci-après
L'avance allemande en août 1914.
Informations générales
Date -
(16 jours)
Lieu Belgique
Issue victoire allemande
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Joseph Joffre,
John French,
Albert Ier
Helmuth von Moltke
Forces en présence
1 046 000 Français,
70 000 Britanniques
et 117 000 Belges
1 690 000 Allemands
Pertes
206 515 Français (20 253 tués, 78 468 blessés et 107 794 disparus) 136 417 Allemands (18 662 morts, 89 202 blessés et 28 553 disparus)

Première Guerre mondiale

Batailles

Front d'Europe de l’Ouest


Front italien


Front d'Europe de l’Est


Front des Balkans


Front du Moyen-Orient


Front africain


Guerre navale

Coordonnées 50° 50′ 00″ nord, 4° 20′ 00″ est

Contexte

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En , les opérations militaires en Belgique sont le principal centre d'intérêt du grand état-major général allemand. En application du plan Schlieffen, le général von Moltke, chef d'état-major des armées allemandes, prévoit de traverser rapidement la Belgique. Cette action de la plus grande masse d'armées allemandes doit permettre de déborder les armées françaises du Nord-Est par un mouvement tournant en coup de faux qui les coupe de leurs arrières. Pour le Grand Quartier général français, le front belge ne constitue en revanche que le flanc gauche de l'attaque principale qui a lieu en Lorraine. La Belgique sert donc de champ de bataille aux deux principaux belligérants : l'initiative y est allemande, avec le franchissement de la frontière luxembourgeoise dès le , puis de celle de la Belgique le 4. Le gouvernement belge donne l'autorisation à l'armée française et à l'armée anglaise d'entrer en Belgique le .

Forces en présence

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Belgique

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Uniformes anglais, belges, allemands et autrichiens en 1914.

À la suite d'une réorganisation majeure de l'armée autorisée par le gouvernement de Broqueville en 1912, l'armée du royaume se compose de 350 000 hommes (150 000 dans l'active, 130 000 dans les garnisons de forteresse et 70 000 réservistes et auxiliaires). Cependant, cette réorganisation n'était pas encore complète car son achèvement était prévu pour 1926 et seulement 117 000 hommes étaient mobilisables en 1914.

Trois positions fortifiées sont censées ralentir voire arrêter une invasion : la position fortifiée de Liège, la position fortifiée de Namur et la position fortifiée d'Anvers. La position fortifiée d'Anvers est de loin la mieux pourvue en forts avec plusieurs lignes de défense. Pour cette raison, elle est considérée comme réduit national, c'est-à-dire refuge ultime de l'armée belge en cas d'invasion. Les forts belges ont été construits en grande majorité de 1888 à 1892 et sont déjà considérés en 1914 comme dépassés par l'évolution de l'artillerie.

Empire allemand

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Pour donner à cette manœuvre la plus grande ampleur possible, l'état-major allemand groupe pas moins de cinq armées sur les sept armées allemandes déployées sur le front. C'est, au total, 29 corps d'armée (26 d'infanterie et trois de cavalerie) : 18 d'entre eux (formant les Ire, IIe et IIIe armées) qui sont chargés de passer la Meuse depuis Liège jusqu'à Dinant, tandis que onze autres (les IVe et Ve armées) doivent s'aligner avec cette aile marchante pour protéger son flanc en Ardenne de Bouillon à Arlon. Ces armées ont un effectif d'environ 800 000 soldats.

Les Allemands disposent d'une variété de calibres d'artillerie lourde d'une puissance sans équivalent chez ses adversaires : les 21 mm Mörser, mortiers de 305 mm Škoda et les énormes « grosses Bertha » ou 420 mm Kurze Marine-Kanone. Ces calibres exceptionnellement importants sont destinés à écraser les forts belges ainsi que l'artillerie des pays alliés.

Ordre de bataille des armées belge françaises et allemandes

Pour couvrir le flanc nord des armées de Lorraine et d'Alsace chargées de l'offensive principale, la 4e armée du général de Langle de Cary (6 corps d'armée et la 9edivision de cavalerie soit environ 250 000 combattants) est chargée de se porter en avant dans le massif des Ardennes en Belgique, la 5e armée (France) du général Lanzerac (5 corps d'infanterie, 4e division de cavalerie, 2 divisions de réserve soit environ 300 000 combattants) constituant la pointe nord du dispositif français pour couvrir l'entre-Sambre-et-Meuse et le corps de cavalerie du général Sordet (3 divisions de cavalerie soit environ 15 700 cavaliers) dans la « région Mariembourg, Chimay » avec une mission de reconnaissance en Belgique et dans les Ardennes[1].

Royaume-Uni

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La force expéditionnaire est formée des unités de l'armée régulière du Royaume-Uni, avec un effectif de six divisions d'infanterie et une division de cavalerie (soit 72 bataillons d'infanterie et 14 régiments de cavalerie), avec des unités de soutien soit environ 70 000 militaires. Les sept divisions constituées de soldats professionnels sont commandées de façon centralisée par le field marshal Sir John French.

Grand-duché de Luxembourg

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Le Luxembourg dispose du Corps des Volontaires luxembourgeois. Ce corps des volontaires ainsi que le corps de gendarmerie[2]. Ces deux unités sont les premières à servir uniquement à la défense du Luxembourg. En , Cette petite troupe est impuissante à s'opposer à l'invasion de l'Empire allemand. Les barricades dressées sur les principaux points de passage à la frontière allemande (la Schusterline) sont facilement démantelées par l'armée allemande tandis que le Corps des Volontaires luxembourgeois oppose une résistance infime car ses membres sont cantonnés dans leurs garnisons au moment de l'invasion.

Déroulement

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Siège de Liège

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Pour mener à bien leur offensive, trois armées allemandes doivent traverser la Meuse en Belgique : l'État-Major a donc prévu une attaque visant à prendre la ville de Liège, et surtout ses ponts. Comme les Belges ont construit une ceinture de fortifications (composée de 12 forts bétonnés) autour de l'agglomération, cette attaque doit être menée juste après la déclaration de guerre, sans préparation d'artillerie, avant que les défenseurs ne puissent se retrancher dans les intervalles entre les forts. Cette mission est confiée à six brigades d'infanterie prélevées sur les 1re, 2e et 3e armées, regroupées à proximité de la frontière et renforcées par des batteries de mortiers de 210 mm, le tout commandé par le général von Emmich (chef du 10e corps de la 2e armée)[3].

Dès le au soir, les unités du 2e corps de cavalerie allemand abordent la position sur la rive droite (il n'y a que 38 kilomètres depuis la frontière jusqu'au centre-ville liégeois par la N3). Les unités d'Emmich se mettent en place le et attaquent dans la nuit du 5 au 6, en plein orage : une des brigades, menée par le général Ludendorff (quartier-maître général de la 2e armée, il remplace un colonel tué) réussit à franchir les lignes belges et à s'installer dans la Chartreuse. Le 6, les unités belges (notamment la 3e division) évacuent l'agglomération, ne laissant que les garnisons des forts sous les ordres du général Leman ; si les défenseurs belges détruisent le pont des Arches avant de se replier, plusieurs autres ponts du centre-ville, ainsi que le pont ferroviaire du Val-Benoît (essentiel pour le ravitaillement allemand), sont laissés intacts. Toujours le 6, après un lâcher de bombes nocturne par le zeppelin Z VI[4] (le premier bombardement aérien)[5], Ludendorff prend la ville et la citadelle[6]. Mais les forts ne se rendent pas de suite ; leur bombardement, commencé dès le 5, se poursuit avec le renfort de quelques mortiers de 305 mm et obusiers de 420 mm à partir du 12 : le béton fracturé, les garnisons sous la menace d'être intoxiquées, les forts se rendent les uns après les autres. Le , Leman est capturé au milieu des ruines du fort de Loncin dont un stock de munitions vient d'exploser. Les deux derniers forts (Flémalle et Hollogne) se rendent le 16[7].

Mortier allemand de 420 mm « Grosse Bertha ».
Destruction du fort de Loncin de la position fortifiée de Liège par l'artillerie lourde allemande.

Une bataille en rase campagne prend place le à Haelen, sur les bords de la Gette. Elle s'achève par un succès belge contre la cavalerie allemande. La principale bataille se déroule en devant la ville de Liège. Bruxelles est prise le [8].

La bataille comprend les faits de résistance de l'armée belge contre l'offensive allemande à travers le pays, du , date d'entrée des Allemands, à la chute des deux ceintures fortifiées d'Anvers, le . Cette résistance est essentiellement organisée autour des fortifications belges d'Anvers, Namur et Liège.

Invasion du cœur de la Belgique

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Cavaliers portant cuirasse remontant un boulevard parisien.
Cuirassiers de la 1re division de cavalerie paradant à Paris le , avant de s'embarquer pour Charleville. Ils vont épuiser leurs montures en chevauchées et contre-marches à travers le sud de la Belgique.

L'armée belge, encore en pleine mobilisation, se déploie pour couvrir Bruxelles, avec une première ligne de Tirlemont à Gembloux (1re et 5e divisions d'armée, auxquels se rajoutent les restes de la 3e à partir du 7) et une seconde de Louvain à Wavre (2e et 6e divisions) ; sa droite s'appuie sur la position fortifiée de Namur, gardée par la 4e division. Les Belges, conscients de leur infériorité, font appel le soir du au Royaume-Uni, à la France et à la Russie pour les soutenir[9]. Le au matin, Joffre ordonne au corps de cavalerie français (commandé par le général Sordet, avec trois divisions) d'entrer en Belgique, lui confiant le soir comme mission d'explorer au nord de Neufchâteau[10]. Les cavaliers français sont le 6 à Bouillon, Bertrix et Paliseul, mais comme le roi des Belges envoie à Poincaré deux appels à l'aide[11], le corps reçoit l'autorisation de chevaucher vers Liège pour des raisons « morales et diplomatiques »[12] ; ils atteignent Huy le 8 mais sont rappelés le jour même. Le 8, l’Instruction générale no 1 de Joffre précise : « Au nord, une armée allemande, où l'on trouve les éléments de 5 corps d'armée, a pénétré en Belgique et est engagée en partie contre les forces belges » ; en conséquence, la 3e armée française doit être « prête à agir dans la direction du nord », la 4e à « attaquer entre Meuse et Argonne », la 5e « entre Mouzon et Mézières », le corps de cavalerie dans la « région Mariembourg, Chimay » et le 4e groupe de divisions de réserve se regrouper autour de Vervins[1].

Dès l'aube du , des unités de la 4e division de cavalerie allemande passent la Meuse sur des barges à Lixhe (en aval de Liège, juste à côté de la frontière néerlandaise) et forment une tête de pont protégeant la construction d'un pont de bateaux[13]. Regroupées sur la rive gauche, les unités du 2e corps de cavalerie allemand (du général von der Marwitz) encerclent Liège, puis à partir du s'avancent à l'ouest de Tongres et se heurtent le 12 à la division de cavalerie belge (du général de Witte) sur la Gette autour de Halen (bataille des casques d'argent)[14]. Le 15, les unités allemandes ayant terminé leur concentration (les corps de réserve ne sont pas encore arrivés) atteignent la Meuse et commencent à traverser, la 1re armée essentiellement au nord de Liège (par Visé, Argenteau et Flémalle), la 2e plus au sud. Le 17, quatre corps d'armée de la 1re armée se déploient de Hasselt à Saint-Trond, quatre autres de la 2e de Liège à Huy. Le même jour, l'OHL (c'est-à-dire l'empereur et Moltke) s'installe à Coblence, marquant la fin de la mobilisation et le début de la campagne par une directive, ordonnant l'offensive de toute l'aile droite à partir du lendemain. Le grand-quartier général allemand donne dans l'immédiat l'ordre à l'armée du général von Kluck (160 000 hommes) de détruire en rase campagne l'armée belge (90 000 hommes) en la coupant de la position fortifiée d'Anvers[15].

L'armée belge s'est retranchée sur la Gette, le nord du front belge est couvert à Haelen par la division de cavalerie du général de Witte. C'est là qu'a lieu le la bataille des casques d'argent. Les 2e et 4e divisions de cavalerie allemande et deux bataillons de chasseurs lancent un assaut brusqué de cavalerie destiné à déborder l'armée belge en un mouvement rapide par le nord. L'assaut se brise sur le feu des mitrailleuses et fusils des cyclistes, de la cavalerie et de l'artillerie belge renforcés par la 4e brigade mixte l'après-midi. Le 18, le roi Albert Ier ordonne le repli de l'armée belge sur la Dyle qu'elle atteint le 19. La 2e brigade mixte se fait toutefois durement accrocher à Hautem-Sainte-Marguerite (au nord de Tirlemont) par l'armée allemande et perd cinq canons et 1 600 hommes. À Grimde, le 3e régiment de Ligne perd la moitié de ses effectifs avant de pouvoir décrocher sur Tirlemont. Le , l'armée belge se retire à l'abri de la position fortifiée d'Anvers[16][15].

Destruction de Dinant.

La 1re armée allemande entre à Bruxelles le 20, masquant Anvers avec le 3e corps de réserve, tandis que la 2e s'aligne de Genappe à Gembloux, confiant l'investissement de la position fortifiée de Namur au corps de réserve de la Garde, et tandis que la 3e atteint Marche dans les Ardennes[17]. Du 20 au , ont lieu les combats les plus violents de la bataille des frontières qui se déroule notamment sur le territoire belge. Basées sur le plan de campagne allemand, elles se déroulent conformément aux prévisions l'état-major allemand. Le commandement français s'y adapte difficilement tant ses renseignements sont loin de la réalité. Joffre sous-estime les forces allemandes que les Français vont affronter en Belgique en particulier parce que les corps de réserve allemands sont présents en première ligne[18].

Siège de Namur

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Fort de la position fortifiée de Namur détruit.

Lorsque le siège débute le , les forces allemandes mettent à profit les leçons tirées de la bataille de Liège et bombardent méthodiquement les forts avec de l'artillerie lourde provenant d'Autriche-Hongrie avant d'engager l'infanterie. La position fortifiée de Namur peut compter sur la la 4e division d'armée belge et un régiment français pour défendre les intervalles des forts. Du 21 au , les forts et les intervalles au nord-est de Namur sont violemment pilonnés et quelques attaques d'infanterie allemandes ont lieu pour tester la résistance des positions belges. Le , une violente préparation d'artillerie s'abat au nord-est de Namur préalable à l'attaque principale.Le pilonnage fait exploser le fort de Marchovelette et contraint son voisin, le fort de Cognelée, à se rendre. Menée par le corps de réserve de la Garde, l'offensive enfonce le front belge et français dans l'intervalle entre les deux forts. La 4e division d'armée à Namur est d'autre part menacée sur ses arrières par l'irruption des Allemands entre Charleroi et Namur ainsi que sur la Meuse à Dinant. Le général Michel ordonne à temps la retraite de la 4e division d'armée. La défense de Namur est laissée aux seuls forts. Le dernier de ceux-ci tombe le et une partie des troupes de forteresse est forcée de se rendre. La 4e division d'armée, quasiment encerclée, parvient lors de la percée de Bioul à se frayer un chemin dans l'entre-Sambre-et-Meuse menant aux lignes françaises à Couvin[19].

Batailles de Charleroi et de Mons

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Mitrailleurs français.

Sur la rive gauche de la Meuse du 21 au , le Corps expéditionnaire britannique (quatre divisions d'infanterie), la 4e division belge (dans la position fortifiée de Namur) et la 5e armée française (dix divisions) rencontrent les 1re, 2e et 3e armées allemandes (qui serrent 24 divisions en première ligne).

Bataille de Charleroi-Mons.

Le , les Britanniques terminent leur concentration autour de Maubeuge et du Quesnoy ; la 5e armée française est donc seule en pointe entre Sambre et Meuse, avec son 1er corps à droite aligné de Givet à Dinant, le 18e à gauche qui débarque à peine, tandis que ses 3e et 10e corps terminent une marche de 120 kilomètres réalisée en cinq jours[20]. Ces deux corps sont renforcés chacun par une division d'Afrique (la 38e DI au 3e CA, la 37e DI au 10e CA[21]) et par les batteries d'artillerie lourde de la 5e armée (quatre batteries de 155 mm CTR et six de 120 au 3e ; trois de 155 et quatre de 120 au 10e[22]). Mais ces deux corps français sont devancés sur les rives de la Sambre par la 2e armée allemande, dont la Garde prussienne qui vient de s'emparer du pont d'Auvelais et le 10e corps hanovrien celui de Tamines (entre Charleroi et Namur)[23]. Immédiatement, les avant-gardes s'attaquent mutuellement, progressivement renforcées par l'arrivée des autres unités, plus nombreuses côté allemand. Comme « le terrain est parsemé de maisons », les combats forment « une vraie guerre de rue »[24] ; les Français sont chassés de la vallée au soir du 21.

Le , l'infanterie de la 3e armée allemande arrive devant Dinant et Anseremme défendu par le 1er corps français. Dans la vallée de la Sambre, les 3e et 10e corps français attaquent au matin, toutes forces réunies ; trois corps d'armée allemands contre-attaquent en début d'après-midi, les repoussant sur le plateau[25]. Les pertes sont élevées des deux côtés : le 2e zouaves par exemple perd vingt officiers et mille hommes le 22[26]. Le 23, la 3e armée allemande s'empare de plusieurs ponts sur la Meuse, menaçant le flanc droit de la 5e armée française ; Lanrezac, son centre en train de se replier, ordonne donc la retraite le soir même[27]. La 4e division belge et une partie des troupes de forteresse évacuent la position fortifiée de Namur écrasée par l'artillerie lourde allemande en passant à travers les lignes allemandes, suivie d'une partie de la population de la ville[28]. Lors de cette retraite dans l'Entre-Sambre et Meuse, la plus grande partie de la 4e division échappe de peu à la capture lors de la percée de Bioul et rejoignent les positions françaises à Couvin.

Attaque d'infanterie allemande en 1914

À la gauche de l'armée française, le Corps expéditionnaire britannique (BEF) s'installe sur le canal du Centre dans la région de Mons, sur lequel les 5e et 3e divisions britanniques reçoivent les attaques des avant-gardes de la 1re armée allemande, puis de trois corps d'armée allemands (4e, 3e et 9e) pendant toute la journée du (bataille de Mons). Étant laissée seule en avant, dominée par les forces allemandes, menacée sur son flanc gauche par le 2e corps allemand et sur sa droite par la retraite de la 5e armée française, la petite armée britannique bat elle aussi en retraite[29].

Bataille des Ardennes

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Cavalerie française en 1914

La frontière ardennaise est demeurée calme jusqu'au , les seuls combats étant limités à son extrémité orientale, avec notamment l'affaire de Mangiennes le . Une fois terminée la concentration des troupes, les 4e et 3e armées françaises ont pour instruction de rester d'abord immobiles le long de la Meuse et de la Chiers, de Sedan jusqu'à Étain. Le GQG renforce progressivement la 4e armée du général de Langle de Cary, qui passe ainsi de trois corps (12e, 17e et corps colonial) lors de la mobilisation à six le 21 (avec le renfort du 2e le , du 11e le 16 et du 9e CA le 20)[30]. Avec les trois corps de la 3e armée du général Ruffey, les Français alignent donc neuf corps d'armée regroupant 19 divisions d'infanterie, plus trois divisions de cavalerie[31].

Le 16[32], le 19 puis le 20, Langle demande à passer à l'action[33], mais Joffre estime que c'est prématuré : il faut que toute l'aile droite allemande s'avance plus à l'ouest pour pouvoir l'encercler, il faut donc « ne pas dévoiler notre manœuvre avant le moment où elle sera déclenchée »[34]. « Je comprends votre impatience, mais j'estime qu'il n'est pas encore temps de partir. Plus la région Arlon, Audun-le-Roman, Luxembourg sera dégarnie, mieux cela vaudra pour nous »[35]. Le 20 au soir, Joffre donne l'ordre de se mettre en marche à l'aube, la 4e en direction de Neufchâteau et la 3e vers Arlon[36]. Le 21 au soir, la 4e armée, qui a atteint la Semois, reçoit du GQG les ordres suivant : « La IVe armée continuera son mouvement vers le nord dans la zone qui lui a été assignée, et attaquera toute troupe ennemie qui se rencontrera dans cette zone. Le but à poursuivre est d'acculer à la Meuse entre Dinant, Namur et l'Ourthe, toutes les forces ennemies qui se trouveraient dans cette région »[37]. De Langle fait donc transmettre à ses unités : « Pas de nouveaux renseignements sur l'ennemi. Aujourd'hui , offensive générale vers le nord. L'ennemi sera attaqué partout où on le rencontrera […] »[38].

Offensive française dans les Ardennes.

Côté allemand, la zone est confiée à l'ouest à la 4e armée (commandée par le duc de Wurtemberg) et à l'est à la 5e armée (du Kronprinz de Prusse), composées de onze corps d'armée (au lieu des trois estimées par les Français), encadrant vingt divisions d'infanterie et deux de cavalerie. Cette force a pour mission de protéger le flanc de l'aile marchante[39], notamment de la 3e armée qui traverse l'Ardenne d'est en ouest depuis le . Le 18, c'est au tour de Wurtemberg de faire lentement avancer son armée vers le sud-ouest sur le territoire belge[40].

Le relief et le massif forestier compartimentant le champ de bataille, chaque axe routier nord-sud et clairière correspond à un combat franco-allemand lors de la journée du , se déroulant souvent indépendamment des voisins. Entre la 3e armée française et la 5e allemande, il s'agit, du sud-est vers le nord-ouest, des combats de Mercy-le-Haut, Ville-au-Montois, Doncourt, Cutry, Romain, Baranzy, Ethe et Virton ; entre les deux 4e armées, ce sont les combats de Bellefontaine, Rossignol, Neufchâteau, Nevraumont, Bertrix, Anloy et Maissin[41]. Comme les Français ne s'attendent pas à se battre avant quelques jours de marche, c'est en colonnes qu'ils affrontent les Allemands déployés pour un combat de rencontre[42]. Dans presque tous les cas, ce sont des défaites françaises, les pertes s'accumulant notamment autour de Rossignol (la 3e DIC y perd 11 900 hommes, ses canons et ses trois généraux)[43] et d'Ethe (la 7e DI française y laisse un tiers de son effectif)[44] ; le 17e corps est mis en déroute autour de Bertrix. Pour la journée du en Ardenne, le bilan des pertes franco-allemandes est de 81 000 hommes, dont 52 000 Français et 29 000 Allemands ; il y a 26 000 tués, dont 17 000 Français et 9 000 Allemands ; les Français perdent une centaine de canons, les Allemands vingt-cinq[45].

Charroi et troupes saxonnes traversant la Belgique.

Le 23 au matin, Joffre envisage de relancer la 4e armée à l'offensive : « l'ensemble des renseignements recueillis ne montre devant votre front que trois corps et demi environ. Par suite, il faut reprendre l'offensive le plus tôt possible »[46]. De Langle lui répond qu'il est dans « la nécessité absolue de reformer les unités dissociées sur une position de repli. J'ai la conviction que les troupes qui ont fléchi hier ne tarderont pas à se reprendre et à être en état d'attaquer à nouveau »[47]. Les adversaires se regroupent pendant la journée du 23, mis à part des combats à Orgeo, aux Bulles et à Bièvre. Le , après encore un combat à Matton, la 4e armée française retraverse la frontière pour se replier derrière la Meuse et la Chiers[48].

Siège d'Anvers

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Artillerie belge à Anvers.

L'armée belge après s'être retirée du centre de la Belgique se retranche à Anvers sous la protection de la position fortifiée d'Anvers. Elle opère trois attaques d'infanterie à partir du jusqu'à 20 kilomètres plus au sud en direction de Bruxelles, retenant 150 000 soldats allemands qui vont manquer à l'état-major allemand au moment de la contre-attaque française lors de la bataille de la Marne. À partir du , les Allemands mettent en place leurs plus gros calibres d'artillerie (210 mm Mörser, mortiers de 305 mm Škoda et les énormes « grosses Bertha » ou 420 mm) qui écrasent les forts belges un à un. Après avoir percé la ligne principale de forts, ils parviennent en vue de la dernière enceinte fortifiée[49].

Le , le roi Albert Ier décide d'extraire l'armée de campagne belge d'Anvers avant d'être prise au piège. Ce retrait se termine le laissant la ville sous la protection des forts de la rive gauche chargés de harceler les troupes allemandes afin de retarder l'occupation effective du port. Les derniers militaires belges en particulier les régiments de forteresse laissés en arrière-garde dans les forts de la rive gauche, détruisent leurs armes et leurs munitions pour empêcher les Allemands de les récupérer et tentent leur chance en se dirigeant, seuls ou par petits groupes, soit vers les Pays-Bas où ils sont internés (au nom de la neutralité néerlandaise), soit dans la direction de la mer pour rallier l'armée belge. Les Allemands prennent la ville le [49]. Les Belges perdent 30 000 soldats internés aux Pays-Bas et 30 000 prisonniers.

Course à la mer

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Protégée par un rideau de troupes de couverture masquant ce retrait aux Allemands, le gros de l'armée belge rejoint principalement par chemin de fer les positions alliées dans l'Ouest de la Belgique. Les Belges se replient temporairement derrière le canal de Gand à Terneuzen avec le soutien de la brigade de fusiliers marins composée de quelque 8 000 hommes sous le commandement de l'amiral Ronarc'h et de la 7edivision de cavalerie anglaise (18 000 hommes). Entre le 12 et le , l'armée belge dont les troupes non montées sont transportées par chemin de fer prend position sur l'Yser entre la mer et Boezinge (6 km au nord d'Ypres). Là, elle s'enterre sur ordre du souverain belge et parvient à briser l'avance allemande lors de la bataille de l'Yser du au [49]. Plus au sud, ont lieu la première bataille d'Ypres du au et la première bataille de Messines du au qui opposent Anglais et Allemands. Du 4 au , Français et Anglais relancent une attaque à partir d'Ypres sans obtenir de succès.

Train blindé belge de la position fortifiée d'Anvers.
Fusiliers marins français à Dixmude sur le front de l'Yser.

Le commandement allié dégage des troupes du front grâce à l'inondation qui bloque l'assaillant et parvient à une avancée en direction d'Ypres. Celle-ci est bien tenue, mais les Belgo-Franco-Anglais sont obligés de s'arrêter autour de la ville et forment ce qu'on appelle le « saillant d'Ypres ». La VIe armée allemande attaque la position sur trois côtés et avec des offensives de puissance croissante dès le , puis les 6, 10 et . Les troupes dégagées de la région de l'Yser, où l'inondation interdit tout espoir de victoire aux belligérants, renforcent les effectifs de part et d'autre, mais aucune armée n'arrive à atteindre une supériorité décisive. Les Anglais, embusqués dans les ruines d'Ypres détruite par l'artillerie allemande, tirent profit des pans de mur, des anfractuosités et des caves pour bloquer l'ennemi. L'empereur Guillaume II, qui attend beaucoup de la bataille et qui s'est porté personnellement sur place le , doit regagner Luxembourg le sans avoir assisté à la victoire qu'il espérait. Les deux côtés s'épuisent tant sur le plan du personnel que celui des munitions. Peu à peu, les Allemands relâchent la pression sur le saillant d'Ypres et, vers le , s'arrête la « course à la mer ». Le front se stabilise sur près de 700 km sur une ligne allant de la mer du Nord à la frontière Suisse, traversant l'Artois, la Picardie, puis plus à l'est la Champagne et la Lorraine[50],[51].

Conséquences

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Le , Joffre oriente la retraite de la 5e armée entre Maubeuge et les Ardennes[52], ordonne à la 4e armée de tenir sur la Meuse de Mouzon à Stenay et à la 3e de s'appuyer sur les Hauts de Meuse[53]. Les Allemands poursuivent l'aile gauche française vers le sud : c'est la Grande Retraite qui conduit les troupes françaises et britanniques jusqu'au sud de la Marne le . Dès le lendemain de sa victoire, chaque général allemand transmet à l'empereur et à l'OHL (dirigé par Moltke) des rapports annonçant une victoire décisive : Rupprecht de Bavière après la bataille de Morhange, Albert de Wurtemberg après Neufchâteau, Guillaume de Prusse après Longwy, Bülow après Charleroi et Kluck après Mons. La victoire allemande semble acquise à l'ouest[54].

Réfugiés belges d'Ostende.

Le commandement français estime à la fin du mois d'août ses pertes, d'après les états reçus au GQG : 206 515 hommes ont été perdus, dont 20 253 tués, 78 468 blessés et 107 794 disparus (parmi les disparus figurent les prisonniers ainsi que les blessés et tués abandonnés sur le champ de bataille)[55]. Les estimations pour la seule journée du 22 sont de 25 000 ou 27 000 Français tués : « C'est ainsi que la journée du apparaît comme la plus meurtrière de toute la Première Guerre mondiale pour l'armée française »[45] ou comme « le jour le plus sanglant de l’histoire de France »[56]. Pour les 4e et 3e armées françaises (celles engagées dans les Ardennes), le total des pertes du 20 au est de 80 000 hommes, dont 25 000 morts, 250 canons et une centaine de mitrailleuses[57].

Du à , le corps expéditionnaire britannique a perdu environ 45 000 hommes sur les 70 000 engagés.

L'armée belge, après plus de deux mois de combats, est réduite à 90 000 hommes dont 63 000 fantassins et 5 000 cavaliers plus l'artillerie et les services. Du au , elle a perdu 41 500 hommes qui ont été tués, blessés ou capturés.

En face, l'armée allemande comptabilise 136 417 hommes perdus pendant le mois d'août, dont 18 662 morts, 89 202 blessés et 28 553 disparus[58]. Dans les Ardennes le , les 4e et 5e armées allemandes annoncent avoir perdu 48 000 hommes, dont 15 000 morts, une cinquantaine de canons et une douzaine de mitrailleuses, mais avoir fait 30 000 prisonniers[57].

Du 5 au , l'Armée impériale allemande se rend coupable de nombreux crimes de guerre sur la population belge causés par sa hantise des francs-tireurs. Elle passe par les armes plus de 5 000 civils dans une centaine de communes de Wallonie et y détruit plus de 15 000 maisons, dont 600 à Visé et 1 100 à Dinant, soit 70 % des exactions commises au début de l'invasion en France et en Belgique. Ces massacres, largement mentionnés et instrumentalisés par la presse des pays alliés, placent l'Allemagne dans une position délicate sur le plan international et contribuent à son discrédit. Ils contribuent à l'enrôlement de nombreux volontaires au Royaume-Uni et en Belgique. En Flandre, les Allemands s'en prennent à la population à Aarschot, Louvain et Termonde tuant 428 civils et brûlent ces villes ainsi que la prestigieuse bibliothèque de l'Université catholique de Louvain[59]. Plusieurs centaines de civils belges sont déportés en Allemagne comme otages. Selon les estimations, ces exactions provoquent la fuite massive de plus de 1 000 000 Belges : 500 000 aux Pays-Bas, 320 000 au Royaume-Uni et en France.

Propagande des différents belligérants

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En 1914, la propagande autour de l'agression de la Belgique par l'empire allemand s'organise pour soutenir l'effort de guerre, préserver le moral de l'arrière et justifier le combat à travers le contrôle total de l'information, des images publiques véhiculées et l'Union sacré des hommes politiques. L'entrée en guerre est traitée différemment en fonction des belligérants :

  • La propagande belge n'a en 1914 pas beaucoup le temps de s'exercer vu l'invasion rapide de son territoire. Le repli sur le réduit national d'Anvers est présenté comme une manœuvre mûrement réfléchie. La figure d'Albert Ier, souverain belge, chef des armées et garant de la neutralité de la Belgique, apparaît centrale dès le début dans les publications, en particulier concernant sa décision de repousser l'ultimatum allemand. C'est le principe de légalité de cette décision qui est conforme aux traités internationaux signés par la Belgique qui justifie sa résistance et l'entrée en guerre. En 1914 à Paris, Émile Blond fait paraitre à titre personnel une adaptation patriotique de l'hymne national belge, La Brabançonne, pour haranguer les Belges[60]. Un office de propagande belge ne verra le jour qu'en 1916.
  • Dès les premiers jours de la guerre, la Belgique agressée devient l'instrument essentiel de la propagande anglaise. Elle abreuve la presse américaine de récits d'atrocités commises par les troupes allemandes, gonfle systématiquement des événements comme le bombardement d'Anvers ou l'incendie de l'Université de Louvain et popularise l'image d'un peuple belge martyre érigé en symbole vivant des dérives du militarisme allemand. Différents thèmes sont également mis en avant reprenant le moto de la petite nation agressée : « Poor little Belgium » ou « Brave little Belgium ». Vis-à-vis de sa propre opinion publique, l'Angleterre reprend les mêmes thèmes pour justifier son intervention sur le continent au côté des Belges et Français. Les affiches encourageant l'engagement volontaire sont destinées à compenser les pertes sur le front. Lord Kitchener apparaît sur une affiche « Britons want you » invitant les volontaires à s'enrôler dans l'armée britannique[61].
  • Selon la propagande allemande, la guerre est imposée par la France, pays revanchard et historiquement belliciste. La neutralité de la Belgique a bel et bien été violée par les Allemands, mais la France s’était elle aussi préparée à une vigoureuse offensive en Belgique tandis que les Anglais étaient également prêts à débarquer préventivement en Flandre. Paris et Londres sont donc plutôt soulagés quand, en août 1914, l’Allemagne a contraint la Belgique à lui ouvrir la voie. C'est ainsi que le viol de la neutralité belge est présenté par l’Allemagne comme une « riposte » légitime[62]. D'autre part, la puissance extraordinaire du mortier allemand « Grosse Bertha » capable d'écraser toute fortification (celles de Liège, de Namur, de Maubeuge et d'Anvers) est présentée comme la première « Wunderwaffen » ou arme miracle donnant la victoire aux armées allemandes. La légende de la guerre des franc-tireurs belges tirant traîtreusement dans le dos de soldats allemands est enfin utilisée par les Allemands pour justifier toutes les exactions regrettables mais nécessaires infligées à la population civile belge[62].
  • La propagande française met quant à elle l'accent sur le fait que la France n'est en rien responsable de la guerre qui au contraire a été préméditée par l'Allemagne. Même imposée, cette guerre est l'occasion tant espérée de récupérer les provinces perdues de l'Alsace-Lorraine et de libérer ses populations persécutées du joug allemand. La figure de l'alsacienne en costume traditionnel trouvant refuge dans les bras d'un officier français s'avère très populaire pour exprimer les persécutions allemandes et la gloire des armées françaises. Dans cette optique, l'invasion de la Belgique occupe une place tout à fait marginale au contraire de ce qui est présenté par la propagande anglaise. Les combats en Belgique supposés secondaires trouvent un faible écho même auprès de l'état-major français. La défaite en Belgique et la Grande Retraite consécutive des armées alliées de fin août et début sont masquées dans les communiqués par la mise en valeur d’offensives limitées, la position des forces en présence étant annoncée, de manière lacunaire et floue sans carte, avec plusieurs jours de retard. Les journaux les plus diffusés tels que le Petit parisien, le Matin, le Petit journal s’efforcent de rassurer leurs lecteurs, au-delà même des communiqués officiels.

Galerie

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Notes et références

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  1. 1 2 Instruction générale no 1, le à 7 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 103, p. 124.
  2. ↑
  3. ↑ Laparra 2006, p. 43.
  4. ↑ Le zeppelin Z VI de l'armée allemande (Lz21 pour le constructeur) faisait 140 mètres de long pour 14,9 m de largeur, avec un volume de 19 500 m3 ; ses trois moteurs de 170 chevaux lui donnait une vitesse maximale (sans compter le vent) d'environ 75 km/h. Il arrive au-dessus de Liège le vers 2 h 30, lâche six projectiles (des obus) mais est endommagé par les tirs belges : il doit se poser en catastrophe dans une forêt à l'ouest de Bonn. Source : « Lz21 - Z VI »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur p159.phpnet.org, citant (de) Harry C. Redner, Die Luftschiffwaffe des Heeres : Des Kaisers graureisige Geschwader : Die Geschichte der deutschen Heeresluftschiffahrt, (lire en ligne).
  5. ↑ L. Ruther, « Les zeppelins sur Liège en août 1914 », sur clham.org, .
  6. ↑ Jean-Claude Delhez, Douze mythes de l'année 1914, Paris, Economica, coll. « Mystères de guerre » (no 2), , 140 p. (ISBN 978-2-7178-6594-3), p. 28-29.
  7. ↑ Hénin 2012, p. 344-345.
  8. ↑ « Ligne du temps de l'occupation de Bruxelles entre 1914 et 1918. », sur 14-18.bruxelles.be.
  9. ↑ Télégramme de l'ambassadeur de France à Bruxelles au ministre des Affaires étrangères, le à 23 h 15, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 45, p. 80.
  10. ↑ Naërt et al. 1936, tome 1, volume 1, p. 129.
  11. ↑ Cartier 1982, p. 103.
  12. ↑ Message téléphoné du commandant en chef au commandant du corps de cavalerie le à 14 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 95, p. 118.
  13. ↑ Delhez 2013, p. 27.
  14. ↑ Hénin 2012, p. 346.
  15. 1 2 Jean-Louis Lhoest et Michel Georis, Liège août 1914, Paris, Presses de la Cité,
  16. ↑ Delhez 2013, p. 101.
  17. ↑ Hénin 2012, p. 346-347.
  18. ↑ Général J.E. Valluy, La Première Guerre mondiale, Paris, Larousse,
  19. ↑ Général J. Rouquerol, Charleroi août 1914, Paris, Payot,
  20. ↑ Hénin 2012, p. 350.
  21. ↑ Ve armée, Instruction personnelle et secrète pour le général commandant le 1er C.A., du à 9 h 35, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 377, p. 366.
  22. ↑ Naërt et al. 1936, tome 1, volume 1, p. 469, reprenant l’Ordre général de la Ve armée, du à 14 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 647, p. 565.
  23. ↑ Hénin 2012, p. 352.
  24. ↑ Message téléphoné de la Ve armée au GQG, le à 14 h 30, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 648, p. 566.
  25. ↑ Naërt et al. 1936, tome 1, volume 1, p. 485.
  26. ↑ Louis Delpérier, « 1914 : les zouaves en campagne », Uniformes, les armées de l'histoire, Paris, Argout-éditions, no 75,‎ , p. 12.
  27. ↑ Ordre général de Lanrezac à la Ve armée, le à 21 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 1119, p. 883-884.
  28. ↑ Naërt et al. 1936, tome 1, volume 1, p. 497.
  29. ↑ Naërt et al. 1936, tome 1, volume 1, p. 496-497 et 511.
  30. ↑ Maurice Naërt, Lefranc, Gratien Laxague, Jean Courbis et J. Joubert, Les armées françaises dans la Grande Guerre, vol. 1, t. 10 : Ordres de bataille des grandes unités, Paris, Impr. nationale, (lire en ligne), p. 204.
  31. ↑ Le 9e corps d'armée français n'arrive dans les Ardennes qu'avec sa 17e division (la 18e DI est restée en Lorraine), mais il est renforcé par la division marocaine, tandis que le 6e corps aligne trois divisions ; les cinq divisions de réserve ne participent pas à l'offensive dans les Ardennes, elles sont affectées à la garde des flancs.
  32. ↑ Hénin 2012, p. 355.
  33. ↑ Compte rendu de la IVe armée au commandant en chef, le , cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 549, p. 500.
  34. ↑ Message téléphoné du GQG à la IVe armée, le à 9 h 40, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 586, p. 529.
  35. ↑ Message téléphoné du GQG à la IVe armée, le à 15 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 589, p. 530.
  36. ↑ Ordres du GQG aux commandants des IIIe et IVe armées, le à 20 h 30 et 20 h 50, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 592 et 593, p. 531-532.
  37. ↑ Ordre particulier no 17 aux généraux commandant les IIIe et IVe armées, le à 21 h 30, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 706, p. 604.
  38. ↑ Corps E de l'armée de Stenay, Ordre général pour la journée du , le à 2 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 925, p. 760-761.
  39. ↑ Ehlert, Epkenhans et Gross 2006, p. 482-483.
  40. ↑ Delhez 2013, p. 36.
  41. ↑ Delhez 2013, p. 53-102.
  42. ↑ Hénin 2012, p. 356.
  43. ↑ Delhez 2013, p. 81-85.
  44. ↑ Delhez 2013, p. 70-73.
  45. 1 2 Delhez 2013, p. 103.
  46. ↑ Communication téléphonique du général en chef à commandant armée Stenay, le à 8 h 30, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 1048, p. 843.
  47. ↑ Message téléphoné armée Stenay à général en chef, le à 10 h, cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 1108, p. 878.
  48. ↑ Delhez 2013, p. 111-124.
  49. 1 2 3 Raymond et Jean-Pierre Cartier, La Première Guerre mondiale, Paris, Presses de la Cité,
  50. ↑ Rémy Porte, « 1914 : la mêlée des Flandres », La_Nouvelle_Revue_d'histoire, no 75 de novembre-décembre 2014, p. 29-31.
  51. ↑ « batailles d'Ypres », sur larousse.fr (consulté le )
  52. ↑ Télégramme chiffré du GQG à Ve armée, le à 9 h 35 cité dans Naërt et al. 1922, volume 1, tome 1, annexe no 1263, p. 984.
  53. ↑ Hénin 2012, p. 358.
  54. ↑ Hénin 2012, p. 372.
  55. ↑ Statistiques des pertes du mois d'août 1914, selon le 1er bureau du GQG, citées dans Naërt et al. 1925, tome 1, volume 2, p. 825.
  56. ↑ Le Jour le plus meurtrier de l’histoire de France, de Jean-Michel Steg, Fayard, 2013 ().
  57. 1 2 Delhez 2013, p. 150.
  58. ↑ (de) Heeres-Sanitätsinspektion des Reichskriegsministeriums, Sanitätsbericht über das Deutsche Heer im Weltkriege 1914/1918 : deutsches Feld- und Besatzungsheer, Berlin, E. S. Mittler, 1934-1935 (réimpr. 1938), 822 p., 3 volumes (LCCN 53047749).
  59. ↑ Axel Tixhon et Mark Derez, Villes martyres, Namur, Presses universitaires de Namur,
  60. ↑ « La brabançonne de 1914 : adaptation du chant national de la Belgique », sur Bibliothèques spécialisées (consulté le ).
  61. ↑ Michaël Amara, « La propagande belge et l'image de la Belgique aux Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale », sur journalbelgianhistory (consulté le )
  62. 1 2 Anna Morelli, « La propagande de la Grande Guerre : aux origines de la propagande moderne », sur aidemémoire, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Général J.E. Valluy, La première guerre mondiale, Larousse, 1968, Paris.
  • Général Rouquerol, Charleroi août 1914, Payot, 1932, Paris.
  • Damien Baldin et Emmanuel Saint-Fuscien, Charleroi 21-23 août 1914, Tallandier, Paris, 2012.
  • Général Émile Bujac, La Belgique envahie, L. Fournier, Paris, 1919.
  • Jean-Louis Lhoest et Michel Georis, Liège août 1914, Presses de la Cité, Paris, 1964.
  • Raymond et Jean-Pierre Cartier, La Première Guerre mondiale, Presses de la Cité, Paris, 1982.
  • Sophie de Schaepdrijver, La Belgique et la Première Guerre mondiale, Pie-Peter Lang, Bruxelles, 2006.
  • Axel Tixhon et Mark Derez, Villes martyres, Presses universitaires de Namur, 2014.
  • Yves Bourdon, Le premier choc, la Bataille de Mons, De Krijger, 2014.
  • Paul Crokaert, L'immortelle mêlée : essai sur l'épopée militaire belge (1914), Paris, Perrin, 1919, 327 p.
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  • Jean-Claude Delhez, Le jour de deuil de l'armée française, Thonne-la-Long, Delhez, 2011-2012, 672+656, 2 tomes.
  • Maurice Mistre, La légende noire du 15e Corps d'armée : l'honneur volé des Provençaux par le feu et par l'insulte, Saint-Michel-l'Observatoire, C'est-à-dire éd., coll. « Un territoire et des hommes », , 239 p. (ISBN 978-2-9527564-7-1).
  • Pierre Mangin, À feu et à sang, août 1914 : la bataille des frontières : Pont-à-Mousson, Jarny, Briey, Étain, Spincourt, Longuyon, Longwy, Virton, Ethe, Knutange, Fensch vallée, , 3e éd., 384 p. (ISBN 978-2-916782-22-5).
  • (en) Terence Zuber, The Battle of The Frontiers : Ardennes 1914, Stroud, The History Press, , 314 p. (ISBN 978-0-7524-5255-5, LCCN 2010293995).
  • Henry Contamine, « Réflexions sur les forces en présence à la bataille des frontières », Revue d'histoire de la guerre mondiale, Paris, A. Costes,‎ , (BNF 32967836).
  • (de) Fritz von Mantey, Kartenbild der Grenzschlachten im Westen im August 1914 : mit 9 dreifarbigen Karten in Steindruck, Berlin, Ernst Siegfried Mittler und Sohn, , échelle 1:750 000 (LCCN 91685764).
  • Maurice Naërt, Lefranc, Gratien Laxague, Jean Courbis et J. Joubert, Les armées françaises dans la Grande Guerre, Paris, Impr. nationale, 1922-1934, onze tomes subdivisés en 30 volumes :
    • AFGG, vol. 1, t. 1 : Les préliminaires, La bataille des frontières, , 602 p. (lire en ligne).
    • AFGG, vol. 1, t. 1 : annexes, , 1026 p. (lire en ligne).
    • AFGG, vol. 2, t. 1 : La manœuvre en retraite et les préliminaires de la bataille de la Marne, , 842 p. (lire en ligne).

Liens externes

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