Costume traditionnel au Maroc

Les costumes traditionnels marocains sont des ensembles vestimentaires caractéristiques du Maroc. Ils témoignent de la richesse historique et culturelle du Royaume, façonnée par les héritages Amazigh, Andalous, Juifs, ainsi que par les contacts avec d'autres civilisations à travers son histoire. Le Caftan, les jellabas, les drapés, les broderies dans toutes leurs itérations et variétés témoignent d'un héritage qui évolue à travers le temps, se modernise et qui est reconnu internationalement[1].

Portrait d'une jeune marocaine portant un caftan (1899)

Le Maroc a en effet su développer à travers son histoire, un style vestimentaire distinctif, fondé sur ses traditions artisanales ainsi que la transmission de savoir-faire qui ont influencés de grands créateurs dont Yves Saint-Laurent[2].

Au fil des siècles, le vêtement marocain a évolué au gré des dynasties, des échanges commerciaux et culturels. La diversité des costumes reflète la pluralité des identités régionales et l'histoire des populations marocaines, la pluralité des écosystèmes ayant permis à des groupes humains de s'installer et de vivre du nord au sud du pays tout en développant leurs identités régionales.

Au-delà de sa fonction pratique, le vêtement occupe une place importante dans la vie sociale et culturelle. Il peut exprimer l'appartenance régionale, le statut social, l'identité communautaire, etc. Lors des festivités: mariages, fêtes religieuses, célébrations familiales, spécificité des rituels, l'habit traditionnel acquière une dimension symbolique associée à l'élégance, un savoir-faire et la transmission des traditions[3].

Histoire

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L'historien et géographe grec Strabon faisait dans sa Géographie de Strabon une description de certaines coutumes des Maurusii/Maurusiens, principale tribu du Royaume de Maurétanie (Maroc antique). « Bien que la majeure partie du pays habité par les Maurusiens soit si fertile, la plupart des gens persistent encore aujourd'hui à mener une vie nomade. Néanmoins, ils soignent leur apparence en se tressant les cheveux, en se laissant pousser la barbe, en portant des ornements en or »[4].

Costume urbain

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Vêtement originaire de l'empire Ottoman, le Caftan occupe une place majeure dans le patrimoine culturel marocain dont il en est le symbole[5], bien au-delà de sa fonction vestimentaire: il accompagne les grands moments de la vie familiale et sociale, notamment les mariages et les célébrations religieuses. Ce vêtement, est traditionnellement long, généralement à manches longues, garni de galons de soie tressée ouvert sur le devant et fermé par une rangée de boutons décoratifs nommés Aakad. Il peut selon les variantes régionales être accompagné d'une ceinture (m'damna)[6], globalement, il est le fruit d'une broderie en fils de soie ou d'or, de décors en perles et paillettes exécutées à la main. Depuis son introduction au Maroc par le biais des contacts avec l'empire Ottoman[7], le Caftan a évolué et s'est régionalisé. Le sixième sultan de la dynastie Saadienne « Ahmed al-Mansour » qui a vécu dans la province ottomane de la régence d'Alger aurait rapporté le caftan Ottoman au Maroc à son retour[8]. À l'origine vêtement d'apparat exclusivement masculin et porté par les hommes de la cour du palais El Badi de Marrakesh, le caftan marocain s'est féminisé, orné de perles, de broderies, les coupes viennent parfaire la silhouette et les Maâlem (maîtres artisans) s'adaptent aujourd'hui à aux attentes de la femme marocaine moderne[9].

L'importance culturelle et sociale que les marocains accordent à ce vêtement a été reconnue par son inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO en 2025 sous l'appellation de « Le Caftan marocain: art, traditions et savoir-faire »[1]. L'UNESCO reconnait dans cette inscription en plus de l'apparat une chaîne d'artisans qui donne vie à ce vêtement depuis plusieurs siècles. Tisserands, brodeurs, maîtres couturiers, orfèvres: chacun possède un rôle précis, transmis souvent de génération en génération, c'est un marqueur d'identité vivant et régionale[10].

Parmi les groupes et individus concernés par la réalisation du caftan, figurent: les Maâlems et Maâlmates (maître/maîtrese artisans et couturiers émanants des cultures Amazigh, Arabes et Juives Séfarades) responsables de sa création et détenteurs de savoir-faire divers liés aux domaines d'interventions associés. Les marchands des accessoires et des caftans qui dynamisent tout une économie autour de cet élément patrimonial. Les créateurs de haute couture sont également concernés jouant un rôle déterminant dans l'innovation, la modernisation et l'adaptation de cet habit. Les collectionneurs et instituts muséaux qui portent un intérêt pour le caftan et qui ont assuré la survie de ses formes anciennes, cela ayant permis de saisir ses spécificités locales et son évolution dans le temps. Enfin, les coopératives, associations et les organismes qui programment des événements autour du caftan. La popularité du caftan marocain n'a fait que croître ces dernières décennies notamment grâce à la montée en puissance d'une nouvelle génération de stylistes marocains qui, sans renier l'héritage du passé et en rendant hommage aux artisans traditionnels, déploient leur créativité pour façonner cette tenue.

Takchita et la Mansouriya

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Le sultan Ahmed al Mansour instaure au XVIe siècle la mode d'une tunique transparente par-dessus le caftan traditionnel qu'on surnomme Mansouria en référence au nom du roi. Cette tenue évoluera sous le nom de Takchita à partir du milieu du XXème siècle, marquant le Caftan de son empreinte marocaine.

La Mansouria est composée de deux pièces contrairement au caftan: La première est la Dfina et la seconde se nomme Fouqia[11]. La Dfina est cette première couche, légère, faite de mousseline transparente enrichie par des motifs décoratifs. Boutonné au niveau de la taille il fait apparaître la Fouqia (la seconde couche/caftan). Seul une poignée de femmes pouvaient s'offrir ce vêtement[12.1]. La Takchita est le symbole de la haute couture marocaine, reprise par Yves Saint Laurent qui l'a souvent exposé notamment lors de son exposition de 2008 : Caftans, broderies, bijoux dans laquelle 36 caftans marocains du XVIIIe au XXIe siècle étaient exposés[13].

caftan Ntaâ, caftan El-Khrib, caftan Bahja, caftan Jawhara

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Caftan Ntaâ, féminin et masculin.
Caftan Khrib du milieu du XXe siècle.

Le caftan Ntâa de Fes est reconnaissable de part le fait qu'il soit entièrement en velour, ainsi que par ses broderies aux fils d'or représentant des végétaux mais surtout des paons brodés en bas de la robe[1.1]. Elle conserve les codes traditionnels du caftan soit: la sfifa (rubans tressés parcourant le caftan) et l'Aakad (les boutons). Le travail du fils d'or (nommé Sqalli mais encore Tarz Ntaâ) à Fes était principalement effectué par les maâlem de la communauté juive.

Brocard Khrib sur une takchita.

La communauté Juive de Fes est passée maître dans la confection et de l'ornementation de diverses pièces: costumes féminins (dont le Caftan Ntaâ, le jabadour enfantin, les babouches, ceintures, coussins, teintures murales, etc.) par le biais de broderies aux fils d'or (Sqalli/Tarz Ntaâ) suite à leurs expulsion d'Andalousie à la fin du XIVe siècle[14].

Cette activité lucrative a grandement participé de la vie économique et sociale du Mellah (quartier Juif) de la ville.

Effectivement, dans cette entreprise les maâlem Sqalli (maîtres du fils d'or) et les artisans techniciens travaillaient ensemble au seins d'un même organisme. Les patrons achetaient les métaux précieux et coordonnaient les ateliers[15].

Concernant le procédé de fabrication du Tarz Ntaâ, les patrons se procuraient un métal provenant de vieux bijoux destinés à la fonte. Des batteurs d'or réduisaient ce métal précieux en feuilles très minces. En parallèle, des baguettes d'argent étaient tréfilées afin d'obtenir un premier fil d'argent épais. Ce même fil était enroulé dans une feuille d'or, lissé et poli à l'aide d'une pierre dure. Les femmes quant à elles filaient de la soie teinte en orange, les fabricants enroulaient la lame d'argent doré autour de ce fil de soie pour obtenir le fil d'or définitif[16]. Le maâlem brodera par la suite l'objet à sa convenance. Le Caftan Ntaâ, à l'origine en velour sombre (noir, vert foncé) a vu sa gamme de couleurs élargie[17].

Le caftan Khrib qui signifie « celui qui ruine » en raison de son haut prix ainsi que de la rareté de son tissu est un brocart de soie orné de motifs de roses finement dessinés aux fils d'or. Le port du Khrib se cantonne à de grandes occasions à l'instar des mariages[18].

Caftan Bahja
Caftan Jawhara avec par dessus la Takhlila Meknessia

La famille Bencherif installée à Fes aux alentours de 1840 est devenue la référence de la ville dans ce métier au début du XXe siècle, ils ont par ailleurs exposés leurs brocard à l'exposition universelle de Paris de 1867[19]. C'est à Fes qu'a été perpétrée jusqu'à nos jours la tradition séculaire du tissage.

La famille Bencherif confectionnait également le Caftan Bahja, ce dernier est un caftan de brocart exclusivement aux motifs floraux. Ce dernier fut également repris et réutilisé pour la décoration des intérieurs des maisons. Le Caftan Jawhara quant à lui est tissé avec de la soie, il se caractérise par ses bandes successives, il est très populaire au Maroc et est réutilisé pour la confection de la Takhlila de Meknes (grand drap rayé porté sur le Caftan)[20].

La Chedda marocaine

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La chedda marocaine n'est pas une tenue à part entière mais un ensemble d'ornements : bijoux, colliers, boucles d'oreilles, ceinture, couronne, voile, etc. qui sont apposés sur une tenue que porte la mariée (principalement sur le caftan).

C'est une tenue nuptiale qui se décline selon les régions et qui a pour fonction de renforcer l'élégance et le prestige de la mariée marocaine[21].

Les chedda de Fès, Tétouan, Rabat, Oujda.

Chedda de Tétouan

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Chedda de Tetouan avec la Takhlila, grand draps brodé aux fils d'or.

La chedda Tetouania (de Tétouan) est portée par la mariée du nord du Maroc lors du deuxième jour de son mariage[22]. Apposé sur un Caftan brodé de soie et de fils d'or son apparat est reconnaissable de par les éléments suivants:

Une coiffe/couronne ornementée d'antennes florales à laquelle est accroché un voile en dentelle (sebniya de bhar) ou en soie rayée brodée rouge/orangée (Sebniya de Sqalli), son colliers de petites perles colorés (Assabas) mais encore sa ceinture (Hzam) ou Takhlila[23],[21]. Une forme pas encore codifiée de la Chedda Tétouania a été décrite par Jean Besancenot, la Chedda mrouha qui s'ouvre grandement et décorée d'une riche écharpe en brocard pailleté (Sebniya del fra). La coiffe a antennes florales est ici décrite comme (Sebniya del qloub) reconnaissable aux petits ornements en forme de coeurs qui viennent pailleter l'écharpe/voile[12.2].

Chedda de Fes

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Chedda fassia.

La chedda Fassia (de Fès) se distingue par son imposante apparence qui enveloppe complètement la mariée et possède une forme cubique. Les apparats de la chedda se traduisent ici par une grande couronne en or, un large voile brodé aux fils d'or (Sebniya de Sqalli), un plastron collé à la poitrine de la mariée sur lequel figure des médailles et bijoux en or, le collier (Kheyt al khir) et surtout le Caftan el Khrib de Fes brodé aux fils d'or et aux motifs de roses rouges. La mariée ne pouvant se déplacer avec la Chedda Fassia, cette dernière est transporté sur le trône des mariés marocains, la Amariya[24],[1.2].

Chedda de Chefchaouen

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La Chedda Chaounia (de Chefchaouen) possède une fonction qui diffère des autres tenues de ce type. En effet, elle n'est pas un vêtement nuptial mais l'apparat des femmes qui chantent la Hadra, une tradition musicale pratiquée au sein des confréries soufis[25]. Cet art se manifeste à l'occasion des mousses et autres festivités à l'instar de la célébration de l'anniversaire de la naissance du prophète mais non pas dans les mariages de part son caractère qualifié de profane[26].

La Chedda portée est entièrement faite à la main depuis des siècles, de la confection du tissu à la couture[27]. La Chedda de Chefchaouen est caractérisée par sa simplicité, elle est composée d'un caftan de soie épais fermé, d'un petit collier et d'une coiffe légère blanche. La Mdamma/Hzam (grosse ceinture en soie) est coordonnée au caftan, certaines de ces ceintures atteignent 20 cm d'épaisseur[1].

Chedda de Oujda

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La Chedda Oujdia (de Oujda) est l'apparat de la mariée de Oujda. Apposée sur un caftan Oujdi, ce dernier a la particularité d'avoir les manches courtes et de se porter au dessus de la cheville afin de laisser apparent les bracelets de chevilles (nommés khalkhal). C'est un caftan de velour possédant des gallons et étant brodé aux fils d'or aux motifs ovoïdes sur chaque manche[28]. La Chedda est constituée: d'une coiffe en chèche conique de laquelle peuvent tomber des fils d'or nommés Mensouj (Tarz Mensouj), de boucles d'oreilles perlées en pendeloques (Khorsa) ainsi que d'un ensemble de grands colliers de perles superposés (Meskia). Ce caftan a voyagé en Algérie et constitue un patrimoine transfrontalier[29].

Chedda de Rabat

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Chedda de Rabat.

La chedda Rbatia (de Rabat) est composé du Caftan de Rabat. Défini vers la fin du XIXe siècle, ce dernier est large, en velours (vert ou grenat) et aux motifs géométriques brodés aux fils d'or.[12.3]

Selon la créatrice de mode marocaine Fatima el Gadi, le caftan de Rabat se distingue par une coupe ample aux manches très larges, souvent confectionné en velours et richement orné de tresses dorées aux motifs géométriques.

L'apparat de la chedda de Rabat est la grande ceinture (hzam), le long voile de soie rouge et blanc (cherbiya) fixé par la coiffe à laquelle sont accrochés des colliers de perles (Hiyout), un collier de bijoux circulaires en or (lebba) et parfois un pendentif en main de fatma. Un drap (takhlila) est apposé sur les genoux de la mariée. Les mains de la mariée sont décorées de henné et le visage est maquillé de façon complexe, parsemé de point blancs dessinés à l'aker[12.3].

Le burnous

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Le burnous (également appelé Selham) est une cape à capuche portée par dessus une jellaba blanche au Maroc, la capuche peut être décorée de pompons. Strabon décrit dans sa géographie des vêtements portés par les Maurusiens qui s'apparentent à une forme primitive/ancienne du Burnous " Ceux qui combattent à pied se servent de peaux d'éléphants en guise de boucliers, et de peaux de lions, de léopards ou d'ours en guise de manteaux et de couverture"[30]. L'historien Procope rapportait que les maures portaient d'épais manteaux, des couvertures rugueuses mais encore les princes Maures du Royaume de Maurétanie (Maroc antique) lors de cérémonies d'investiture recevait un manteau blanc accroché à l'aide de fibules[31]. Ces vêtements témoignant d'un haut statut social sont à rapprocher du Burnous/Selham que les hommes marocains portent de nos jours et différemment selon les régions. C'est la tenue que porte les rois du Maroc lors des cérémonies, faisant du burnous un symbole régalien et de pouvoir[32]. On appellera Selham la cape blanche/crème en soie, très lié à la famille royale, il incarne la continuité dynastique. Les rois le porte avec le Tarbouche ou bien avec la capuche. Le Burnous quant à lui et de couleur noir est est porté dans les régions rurales amazighophones, souvent confectionné dans des matériaux plus brutes (laine noir, etc.)[33]. Les gardes/servants du roi portent le Caftan avec une "farajiya" (nom du selham que porte les hommes de leurs fonction) ainsi qu'un tarbouche pointu rouge feutré autour duquel s'enroule un turban[12].

Dans les villages du Moyen et du Haut Atlas, les hommes portaient le Rda (Haïk masculin) avec le burnous rabattu sur les épaules. Les hommes juifs comme musulmans portaient le Burnous noir. Les Burnous du Tafilalet (plus précisément de la vallée du Drâa) sont respectivement nommés Akhnif qui est plus court, de laine teinte en noir ou en poil de chèvre avec une large tâche orange de forme ovale, une lune occupant le bas du dos et Azennar de couleur brune et enroulé autour du corps en drapé[34].

Le Jabador

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Le Jabador est portée lors de différentes occasions (mariages, fiançailles, baptêmes, etc.). Composé d'un: pantalon (Serwal Qandrisi) et d'un gilet sans manche brodé aux fils d'or (Ba'dia). La tenue a évoluée est s'est modernisée, elle est aujourd'hui constituée de trois pièces un long gilet caftan en velour ou transparent ( le transparent est la réplique de la mansouriya) avec le ruban Sfifa et les boutons Aakad, superposé sur un autre gilet plus court et un pantalon coupe droite[35].

Le Haïk/Izar

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Le Haïk (de l'arabe tisser) est le drapé traditionnel que les femmes et les hommes portaient par le passé. De couleur blanche, le Haïk esït symbole de pureté. Composé d'une grande pièce d'étoffe de 5 × 1,60 mètres qui enveloppe le corps de la tête aux pieds. Seuls les femmes jugées "descentes" pouvaient sortir avec le Haïk[12.1]. Le Haïk est devenu un héritage culturel et religieux important comme en témoignent les nombreuses peintures et photographies orientalistes des XIXe et XXe siècles. Fabriqué à Fès, il s'exportait par la suite en Algérie et en Tunisie comme évoqué par les chroniqueurs d'art théo Laujoulet et Paul Edel qui vivaient en Algérie « Haïksï de soie fabriqués à Fez- S'exporte à Alger, Oran, Tunis et le Caire ». La première référence du Haïk est celle de Luis del Màrmol Carvajal au XVIe siècle. À partir des années 1940 une mutation du Haïk en Jellaba/Niqab féminine au foulard carré (tenu par des épingles) avec une petite voilette pour couvrir le visage, va s'observer[36].

À Tanger (où le Haïk était particulièrement porté), une association de femmes Tangéroises ont récemment choisi de réhabiliter ce vêtement et sauvegarder ce patrimoine[37].

La Jellaba citadine

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Longue tunique à capuche, l'étymologie de la Jellaba est contestée. Elle aurait été à l'origine "vêtement du Djellab" (soit du marchand d'esclaves), mais une autre approche étymologique serait de voir en Jellaba une altération de Djilbab (qui en arabe ancien désignait un vêtement drapé". Dans les parlers montagnards du Maroc la forme "tadjellabit" berberisée est utilisée. Auparavant, la Jellaba était généralement de couleur blanche et se portait sous le burnous. Elle est ouverte par devant afin de former des grandes poches. Certaines Jellabas sont confectionnées en tissu épais, en laine ou en poils de chèvre de couleur variée: rousse, brune, noir, le plus souvent des rayures brun foncé se détachent sur un fond plus clair. La capuche de la Jellaba (semblable à celle du Burnous) pouvait servir à stocker divers éléments[38]. La Jellaba et le Tarbouche (couvre-tête rouge en feutre) dont devenus des modes populaires dans la première moitié du XXème en tant que symboles d'une identité nationale[39]. Dans le passé, les hommes portaient des dagues à la taille, à l'aide d'une bandoulière nommé Ckara enroulée autour de la Jellaba. Ces dagues étaient encore portées par les hommes de Meknes au début du siècle et avaient pour fonction d'ajouter une touche d'élégance[12.4]

Selon le média Al Jazeera, la Jellaba incarne l'identité, la culture et l'histoire marocaine. Portée quotidiennement par les hommes et les femmes, elle est la tenue incontournable pour célébrer les événements majeurs (fêtes religieuses comme l'Aïd al-Fitr, les mariages et cérémonies officielles). L'adage populaire local résume sa polyvalence historique. Elle protège aussi bien en été qu'en hiver. La jellaba marocaine peut être confectionnée selon la méthode de fabrication artisanale fait main réalisée par les Mâalem (ce qui nécessite de la minutie notamment en ce qui concerne la broderie de la Sfifa) et la méthode de fabrication moderne en usine pour répondre à une demande de masse plus rapide. Plusieurs styles de Jellaba existent au Maroc à l'instar de la Jellaba Rbatia/Makhzaniya (jaune et portée par le roi du Maroc), la jellaba Marrakchia (une Jellaba ample), mais encore la Kheidoussa (en laine pour l'hiver). Pour parfaire la tenue traditionnelle, elle est portée avec le Tarbouche et comme évoqué précédemment avec le Selham/Burnous mais encore les babouches traditionnelles (nommées Balgha pour les hommes et Cherbil pour les femmes)[40]. La Jellaba rayée portée par les hommes Meknassa qui se livrent aux joutes guerrières d'Ahidous constitue une sorte de transition entre les Jellabas citadines en matériaux plus noble et les Jellabas des hommes Rifains et Atlassiques des montagnes[12.5]


La Jellaba féminine a commencé à être portée sous l'impulsion du mouvement indépendantiste qui incluait l'éducation des femmes afin qu'elles puissent participer à la renaissance du pays. Cette éducation a entrainé une émancipation de la femme qui par effet boule de neige a eu un effet majeur sur la mode. Les jeunes filles qui n'étaient pas habituées à porter le Haïk (car se raréfiant à partir des années 1940) ont été autorisées à adopter le vêtement extérieur masculin plus convivial, la jellaba. La transition du Haïk à la Jellaba a donc été un symbole du nationalisme, de l'émancipation de la femme et de la modernité[39].

La keswa

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La blousa de l'est: Oujda, Berkane, Ahfir, Guercif, Nador

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La Blousa est le vêtement traditionnel féminin de l'Oriental marocain (Oujda, Berkane, Ahfir, Guercif, Nador)[41]. Cette robe est notamment célébrée est mise en valeur au festival de la Blouza (tenu à Oujda) qui vise à raviver sa mémoire et le préserver de l'extinction[42].

La blousa est un héritage mauresque des familles musulmanes et juives refoulées d'Andalousie réfugiée dans l'Oriental Marocain puis qui ont pour certaines émigrées dans l'Oranie Algérienne ou se trouve également cette tenue. C'est une robe de soirée ou d'intérieur connue pour sa coupe fluide et ses tissus légers comme la soie, légèrement décolletée et échancrée au niveau de la poitrine avec une broderie ornée de galons perlés de couleurs vives et de formes différentes. Souvent ornementée de strass, de paillettes, de sequins[43],[28]. Dans les années 1940 à 1990, la blousa se portait en intérieur, aujourd'hui, elle tends à moderniser grâce à des coupes plus raffinées et des motifs contemporains, conjugués aux techniques de la broderie traditionnelle[44].

Keswa Lkbira et Keswa Sghira : Tanger, Tétouan, Al-Hoceima, Oujda

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La keswa lkbira qui signifie Grande Robe (également appelée Berberisca) est la robe des femmes de la communauté juive du Maroc. Costume citadin du nord du Maroc (Tanger, Tétouan, Al-Hoceima ) elle fait partie de la dot de la jeune mariée. La Keswa est constituée: d'un plastron (El ktef) avec des motifs en perles d'or qui se porte sous le corselet. Le corselet (ghonbaj) en velours brodé en or. Le jupon (Sayat) sous la jupe, la jupe (Zeltita) enrobée autour de la taille et brodée de 22 cercles d'or représentant les vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque. La ceinture (Hzam) ainsi que les manches (Kmam) en voile de soie, la Sebnia de Sqalli (foulard), la couronne (Swalef) et enfin les babouches brodées[45].

Keswa Sghira.

Trouvant ses origines dans l'Andalousie du XVe siècle, les créateurs étaient à l'origine des couturiers et brodeurs juifs rattachés à la cour d'Espagne. Après l'expulsion des Juifs d'Espagne, ces forasteros (réfugiés; pour les distinguer des Juifs Tochavim qui étaient présent au Maroc avant la Reconquista) ont trouvés asile au Maroc.Ils ont importé leurs culture et leurs savoir-faire. La tenue s'est transmise sans altération jusqu'au XXe siècle. La Keswa lKbira a été grandement documentée par l'ethnographie de Besancenot entre 1934 et 1936[46]. La Keswa est également portée à Oujda sous le nom de Keswa Sghira, brodée aux Mensouj[1].

Costume Gnaoua: Marrakech, Essaouira

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Costume Gnaoua de Marrakech

Le costume Gnaoua (confrérie mystique soufi mêlant musique et rituels spirituels et thérapeutique) des villes de Marrakech et Essaouira est coloré. Il consiste en une grande robe de couleurs vives (souvent rouge, bleu, jaune...) dont le haut est brodé. La particularité du costume consiste en l'incrustation de coquillages dans une calotte, sur le vêtement ainsi que sur des harnais enroulé autour de l'homme. De la calotte tombent souvent des grandes tresses perlées. Le costume Gnaoua des zones rurales est bien plus simple (généralement blanc avec un chèche)[47].



Le costume rural

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Lebsa Jbalia avec: Fouta, Mendil et le chapeau Taraza et Lebsa de la mariée Rifaine
Jellaba Rifia (tribus Akhmas).

Le Rif est une région montagneuse du nord du Maroc les tenues de cette région sont crées afin de s'adapter aux conditions climatiques. La Jellaba Rififa est une tenue masculine. Longue Jellaba à capuche (semblable au Burnous mais ne possède pas de cape il est donc question ici d'une jellaba), elle est également caractérisée par ses pompoms de couleurs. Les hommes portes en bandoulière un sac en cuire (nommé Dhaza ou Azaïbour) orné de franges en cuivres et de médailles qui sont des charmes protecteurs[48]. Elle était la tenue portée par Abdelkrim el-Khattabi, chef de guerre et figure anti coloniale de la résistance marocaine face aux colonisateurs, il était nommé l'homme à la Jellaba[49]. Jusqu'au début du XXème siècle, la Jellaba Rifia était particulièrement courte (nommée à cette époque Ajejeb); largement fendue par devant et maintenue par une ceinture qui présente des fentes sur le côté; celles-ci sont indispensables lorsque le vêtement descend, comme dans le costume citadin, jusqu'aux pieds. En marron foncé, ou en laine noir les pompons colorés figuraient déjà sur la tenue[12.6][38].

Ajejeb court (début du XXème siècle)

Les femmes du Rif du pays Jbala portent une tenue adaptée aux travaux agricoles. La Fouta nouée en tablier protège la robe et se transforme en pièce de portage; le mendil plié et noué cale les charges portées sur le dos; enfin, le grand chapeau de paille à pompons protège du soleil[50].

La mariée du Rif porte une robe blanche en dentelle avec un voile et le Mendil (grand ruban/ceinture rouge nouée autour de la taille)[51].

Moyen-Atlas, Haut-Atlas et Anti-Atlas

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Cavalier Aït Atta en Burnous.

Le costume traditionnel des femmes Amazigh (berbères) du Maroc ne sert pas uniquement à couvrir le corps ou à parer celle qui le porte. Il constitue un héritage historique riche en significations. Drapé (Izar ou Tamlhaft selon les régions), Burnous, Handira, fibules, Ssayah (tissu transparent)...il reflète les détails de la vie rurale, le rythme de la nature et la structure des relations sociales au sein de la communauté Amazigh du Maroc. Cette dimension sociale transparaît dans l'uniformité des vêtements lors des danses et joutes guerrières collectives (ahidous, ahwach...) symbolisant les valeurs de solidarité et de coopération face aux nécessités de la vie quotidienne. Cette uniformité s'incarne également dans le concept de Tiwizi que l'on peut comprendre comme un travail collectif et solidaire. Le vêtement marocain dans les régions Atlassiques (et plus globalement Amazighophones) n'est pas un simple tissus ou une tenue ornementale, il revet également une dimension sociale et historique. En effet, par le passé les femmes dissimulaient des armes dans leurs bijoux pour les acheminer aux résistants luttant contre le colonialisme français. D'autres bijoux comme le khandar (poignard marocain traditionnel) porté par les hommes servait à la défense personnelle et est aujourd'hui utilisé à des fins ornementales, esthétiques et festives[52]. Le costume possède également une dimension économique, étant vendu lors des grands rassemblements, moussems, festivités aux côtés des bijoux, tapis...

Fibule du Maroc

Deux éléments essentiels de la tenue des femmes des régions berbérophones sont premièrement l'Izar, un long vêtement blanc que toutes les femmes berbères portent afin de couvrir leurs corps. Ce vêtement ancien est apparenté au Chiton Grècque ainsi qu'au Peplum Romain. Izar incarne ainsi une tradition qui a traversé le temps[12.7], des milliers d'années après la période antique du Maroc Romain (Maurétanie Tingitane).

Un autre élément essentiel est la fibule (du latin fibula) nommée Tiseghnas (au Moyen Atlas) ou Tazerzit (qui signifie agrafer, fixer). Elle servent à maintenir le vêtement (notamment le drapé/izar) sur le torse. Elle est un marqueur de richesse et d'appartenance tribale. Elle représente la pièce maitresse de la dot (Iqimt) offerte par le père lors du mariage et se transmet de génération en génération. Ses motifs géométriques varient (losanges, croissants, cercles). Sa symbolique est parfois liée à la fertilité (déesse-mère). Bien qu'ayant perdu une grande partie de sa fonction magique originelle au XXème siècle, elle reste un symbole fort de maternité et d'alliance. Façonée en argent des artisans-orfèvres via des techniques ancestrales transmises de père en fils. Très prisé de la mode, design et tourisme occidental elles figurent dans plusieurs musées ethnographiques[53].

La production rupestre du Haut Atlas, très en liens avec la transhumance pastorale repose sur une chronologie qui s'inscrit dans un continuum de 4000 ans. Des fibules et autres signes plus abstraits ont commencés à être gravés durant la dernière période de production (de l'époque médiévale à subactuelle)[54].

Costume de la femme Zayane avec la Handira (cape) par dessus le Tchamir/Izar.

Voici les tenues des différentes tribus et régions Atlassiques, de haut en bas: Moyen Atlas, Haut Atlas et Anti Atlas.

La confédération tribale Zayane (Moyen Atlas central; villes de Khénifra et Ajdir) engobe de nombreuses tribus. La femme Zayane s'habille d'un (Tchamir ou Izar) sorte de caftan simple fixé sur les épaules à l'aide de fibules en argents (Tiseghnas// Tazerzit), mesurant approximativement 4,5mètres sur 1,4mètres[12.7] reliées par une chaine et par dessus un grand collier d'ambre (Louban). Elle emploie comme relève-manches des flots de cordonnets de soie avec pompons et sequins (ahenaf) et encercle sa taille d'une ceinture (ahezzam). . La Handira est une cape en laine ou en coton blanc d'épaisseur et de texture différentes décorée de broderies représentant des figures géométriques berbères: losanges, zigzags, triangle.. La tête est couverte par un foulard (tasebnit) qu'enserre une sorte de turban fait de plusieurs cordelières de fantasie (khiout) rehaussées de sequins brillants[55].

Les femmes Aït Seghrouchen dans le (Moyen Atlas oriental; villes de Boulemane, Talsint) se distinguent historiquement particulièrement par une une coiffure circulaire sculptée en deux gros rouleaux de cheveux relevés symétriquement sur les côtés de la tête. Pour la faction Aït Khalifa (sud du Moyen atlas oriental) la coiffure est consolidée par un épais cercle de laine dissimulé sous les cheveux et qui sert d'armature afin de fixer les tresses. Cet ensemble est couvert par un foulard nommé Tasbnit. Sur le foulard est fixé la taounza, une sorte de couronne ou bandeau frontal en argent, orné de rubis, d'émeraudes ou de pièces de monnaie anciennes frappées[56],[57]. Les vêtements portées par les Aït Seghrouchen ne diffèrent pas des autres tribus environnantes: leur Izar est fait d'un léger coton importé de l'est du Maroc. Elles portent un grand collier couvrant la poitrine nommé Tassedit.[12.8]

Femmes Aït Seghrouchen: colliers d'ambres (Louban), Handira, grandes coiffes
Femmes Aït Hadidou en costume traditionnel (Izar Handira...); reconnaissables aux coiffes massives
Homme d'Imilchil en Jellaba blanche (symbolisant la pureté) avec son Burnous (cape noire) et son Rezza blanc

Les femmes de la confédération tribale Aït Hadidou (Haut Atlas oriental, villes de Imilchil et Midelt) portent des vêtements possédant une fonction sociale (distinction tribale et statut marital). Durant le Moussem de Imilchil,est porté, la handira de couleur noir (en laine de mouton) et rayée (rayures noir/blanc pour les Aït Ibrahim et noir/rouge pour les Aït Yezza. Les femmes portent des tatouages faciaux rouges et circulaires fait à partir de Aker[12.9][58]. Les hommes portent comme souvent dans les régions Atlassiques une simple Jellaba blanche symbole de pureté[59]. La coiffure de la mariée Aït Ibrahim est reconnaissable. Ses cheveux sont peignés et enroulés sur le dessus de la tête en une forme saillante et verticale appelée "Abouy/Aqlous"[56]. Ces grandes coiffes propres aux ensemble tribaux du Moyen et nord du haut Atlas ont été décrit par Jacques et Marie-Rose Rabaté dans leurs "Bijoux du Maroc, du Haut Atlas à la vallée du Draa" en 1996. "Au nord de l'Atlas, la richesse en bijoux d'argent et la diversité des modèle et des techniques n'ont jamais dû atteindre celles d'une province comme le Sous; mais des parures originales, voire imposantes, ont été jusqu'à une époque plus ou moins proche l'apanage de certains groupes"[60]

La coiffure est rigide et surélevée par un bâtonnet d'environ 10cm. Le port de cette coiffure est pour les femmes Aït Ibrahim une résistance culturelle forte. La tenue du quotidien (hors moussem) est le même Izar/Tchamir que celui porté par la femme Zayane maintenu par des fibules d'argents (Tiseghnas), la poitrine est couverte de dizaines de fibules en plus du Louban, collier d'ambre. Enfin, elles portent également deux bracelets en argent par main. La coiffure est en forme de beignet/boules ronde directement au niveau des oreilles. La tenue est similaire à celle de la tribu voisine mais les femmes Aït Yezza portent également le foulard (capuche de leurs manteau du Moussem) maintenu par des cordelières de soie rouge et verte ornées de paillettes d'argent. Elles portent également des babouches brodées de fils et paillettes d'argent[61],[62]

Dans la région du Drâa-Tafilalet, dans les villes de Kelaat Mgouna (Vallée des roses) et Tinghir a lieu chaque année le Moussem des Roses. La robe traditionnelle portée durant cette célébration est nommée Tchtat. Drapé (Izar, Tamelhaft selon les appellations) blanc enroulé autour d'une robe noir, elle est sublimée par une grande coiffe aux couleurs vives à sequins de laquelle pends une longue guirlande colorée (Tidallalin). Les hommes de la vallée portent la jellaba blanche agrémentée d'un Rezza (turban). Le Rezza blanc s'esr rapidement diffusé dans l'Atlas au début du siècle, les hommes par le passé privilégiaient un simple couvre-chef cordé en poil de chameau[12.6] [63].

Tchtat de Kelaat Mgouna et Tinghir.

Le Tafilalet est une terre de refuge pour les populations juives qui avaient fui les persecutions dont ils ont été victimes dans les villes romaine. Le marié juif du Tafilalet porte le tchamir avec par dessus une blouse/gilet brodé aux motifs géométriques Amazigh et rouges (nommé Derra) sur le haut du buste et les manches[64], une hzam/ceinture haute. Sur sa tête, le tarbouche marocain est brodé aux mêmes motifs. Ces motifs rouges sont réalisés aux points d'épine, de croix et de chausson. Enfin il porte un serwal serré aux chevilles[65].

Tchamir du Tafilalet.

Les femmes de la confédération Aït Atta qui vie dans Jbel Saghro (entre le Haut Atlas central et le Sahara) lorsqu'elles se marient, portent un grand voile rouge de soie pour la tête et le corps, ainsi qu'un gros collier de perles d'ambre (Louban) installé sur les épaules autour du cou. Ce voile rouge peut constituer une coiffe lorsqu'il est agrémenté de guirlandes colorées .[66]

Mariée Aït Atta à Imilchil.

Le mariage chez les Aït Atta a lieu après les moissons, ce n'est pas un simple événements mais un rassemblement à triple vocation: commerciale, sociale et religieuse. La mariée porte les babouches traditionnelles de l'Anti-Atlas et du Souss-Massa (Idoukan); elle porte du henné à ses mains[67]. Les femmes de cette confédération sont connues pour l'utilisation de nombreuses fibules (Tazerzit) bijoux d'argents: colliers courts (symbolisant la fertilité féminine), colliers longs (assemblages d'ambres qui selon les croyances locales auraient des bienfaits curatifs) mais les Aït Atta sont surtout reconnaissables au port du bracelet à pointes qui sont de lourds bijoux pouvant être utilisés comme des armes de défense nommée Izebgan lors des razzias[12.10][68].

Asmlal (caftan de Agadir et Tiznit) avec les bijoux de tête en cornes.

Dans le Souss-Massa, à Agadir et Tiznit est porté Asmlal (caftan du Souss également appelé Lebsa Soussia) qui se compose d'une longue robe colorée (souvent rouge, bleu ou vert) et brodée de motifs géométriques qui codifient le statut de la femme arrive jusqu'au chevilles. Le bas de la robe est doublé d'une jupe en dentelle ou noir à froufrou (appelée Ssayah) qui vient se superposer à la robe. Les cheveux sont coiffés d'un foulard rouge ou noir nommé Tasbnit ou Qatib , auquel viennent s'attacher des bijoux en argent (la plupart du temps façonnés à Tiznit, ville constitutionnellement reconnue comme la capitale de l'argent au Maroc.

Tamlhaft de Tafraout; Zagora; Ouarzazate

Ces bijoux sont des boucles d'oreilles et bracelets ornés de gravures géométriques, accompagnés de grosses pierres colorées faites d'ambre et de corail. Le bijoux de tête en forme de cornes est également caractéristique de la région du Souss-Massa. Le Asmlal a conquis tout le Maroc bien au-delà des frontières du Souss, la tenue est notamment portée durant Yennayer (le nouvel an berbère). Au pied sont portées les babouches Idoukan[69].

Durant la fête de Biyelmawn à (villes de Dcheira, Inezgane, Imintanoute) qui a lieu au lendemain de l'Aïd al-Adha (Tafaska en berbère), les habitants renouent avec des rites ancestraux et syncrétiques païens mêlant performances artistiques et célébrations populaires. Transformés en créatures semi-mythologiques et vêtu de peaux de mouton, de chèvre ou de vache, le visage masqué, les participants traversent les rues au rythme des flutes. Certains costumes se parent de plumes d'oiseaux, de colliers de coquillages ou encore de sabots attachés aux poignets. Les cornes des bijoux chleuhs sont également portées, tout cela dans une démonstration artistique et créative[70].

Costume de Biyelmawn
Lebsa Akkaouia (robe de Akka)

À Tafraout, Zagora, Taroudant et Ouarzazate (Régions du Souss-Massa et Drâa-Tafilalet) est portée Tamelhfat ou Amlehaf qui est un drapé, mélange du Izar Atlassique et du Haïk urbain , semblable au Rda masculin de couleur noire et attaché à l'aide de fibules. Ils sont fait dans de très longs rectangles de tissu synthétique noir, d'aspect brillant et de texture glissante. Là ou le Haïk citadin était exclusivement blanc, celui de Taroudant est fait de coton noir. Il est porté avec des babouches (appelé Cherbil dans ces régions et à dsintguer de Idoukan la babouche du Souss).[64][12.11]

À Akka et Tata (Anti-Atlas), dans les oasis présahariens, les voiles sont d'usage quotidien et portent un nom caractéristiques. Ils sont faits dans des tissus de coton ou en fibre synthétique, le plus souvent noirs. Décoré de coutures aux motifs géométriques, agrémenté de fibules, la femme porte surtout un bandeau de tête nommé Tacheddit (également confectionné dans du coton noir) qui est porté lors d'évènements et danses collectives[64].

Costume du désert

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Melhfa et derâa

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Le costume féminin des provinces du sud est appelé Melhfa tandis que le costume masculin est appelé deraâ. Ces vêtements sont constitutifs d'un patrimoine partagé entre le Maroc et la Mauritanie voisine. La melhfa est un grand tissu enroulé-drapé autour du corps et de la tête. Il est souvent coloré quand la melhfa nila (indigo) est de moins en moins prisée. La derâa est dominée par le blanc et le bleu. C'est une djellaba très ample afin de protéger le corps de la chaleur du désert et possédant deux ouvertures sur les côtés ainsi qu'une poche au niveau de la poitrine. La derâa se porte avec un chèche ou un turban. Ce patrimoine vestimentaire défie le temps malgré la sédentarisation des marocains sahraouis. Ces tenues sont principalement vendues à Laayoune[71],[72].

Notes et références

modifier
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Annexes

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Françoise Cousin, Les broderies en Méditerranée, HDiffusion, , 506 p. (lire en ligne), p. 259 à 273