Côte-vermeille (IGP)
Un côte-vermeille[note 2], anciennement vin de pays de la Côte Vermeille, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) de zone qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler une appellation d'origine. L'IGP concerne des vins rouges, rosés et blancs, produits sur le territoire des quatre communes de la Côte Vermeille, dans le département des Pyrénées-Orientales, à la frontière espagnole : Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère.
| Côte-vermeille | |
Vignes de l'IGP. | |
| Type d'appellation(s) | IGP de zone |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1986 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | Roussillon (Côte Vermeille) |
| Localisation | Pyrénées-Orientales |
| Climat | méditerranéen |
| Cépages dominants | grenache N[note 1] |
| Vins produits | rouges, rosés et blancs |
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Histoire
modifierLe vin est implanté sur ce secteur depuis la présence romaine. En conséquence de l'annexion française du Roussillon successive au traité des Pyrénées, une activité de contrebande avec l'Espagne se développe. L'intendant du Roussillon tente de sauver la situation en octroyant des primes aux contrebandiers en échange de leur installation comme vignerons[1]. Le système des baux à complant permet aux exploitants de posséder les ceps sans posséder la terre, et donc à une grande partie de la population de vivre de cette activité ; en contrepartie, les surfaces utilisées par chacun sont très modestes.

Pendant la majorité du XXe siècle, le vin produit sur la Côte Vermeille (limitée à Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère) qui n'a pas le droit à l'appellation banyuls (un vin doux naturel reconnu comme AO dès 1909, puis AOC à partir de 1936) était vendu comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu ce type de production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics reconnaissent en 1971 le collioure (AOC à l'époque uniquement pour des vins rouges secs titrant au moins 12°), puis en le « vin de pays de la Côte Vermeille » (autorisant onze cépages, rendement maximum à 40 hl/ha, 10,5° minimum)[2]. En 2002, le « vin de pays des côtes catalanes » est créé pour tout le reste du département des Pyrénées-Orientales (les quatre communes de la Côtes Vermeille exclues).

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[3] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[4] ; le vin de pays de la Côte Vermeille devient donc le l'IGP « Côte Vermeille »[5]. Le cahier des charges est publié en [1].
Vignoble
modifierAire de production
modifier| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
Elle se situe sur les quatre communes de la Côte Vermeille que sont successivement Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère. La zone de proximité immédiate, où la vinification et l'élaboration des vins peuvent être réalisées, s'étend sur le territoire de dix communes périphériques du piémont pyrénéen des Albères (Argelès-sur-Mer, Elne, Laroque-des-Albères, Montesquieu-des-Albères, Ortaffa, Palau-del-Vidre, Saint-André, Saint-Génis-des-Fontaines, Sorède, Villelongue-dels-Monts), ainsi que la commune de Cases-de-Pène, isolée à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest[1].
Sols
modifierL'appellation est produite sur des sols schisteux très fissurés, pauvres, avec une très faible capacité à retenir l'eau[1].
Climat
modifierLe climat de la zone de production est éminemment méditerranéen, compte tenu de la localisation des vignes en bordure maritime immédiate.
Encépagement
modifierLes cépages utilisés pour les vins de l'IGP côte-vermeille sont : alicante Henri Bouschet N[note 1], alphonse-lavallée N, altesse B, alvarinho B, aramon N, arinarnoa N, arvine B, bourboulenc B, cabernet franc N, cabernet sauvignon N, caladoc N, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, chardonnay B, chasan B, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, colombard B, côt N, counoise N, egiodola N, fer N, gewurztraminer Rs, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, grenache blanc B, grenache gris G, gros manseng B, listan B, lledoner pelut N, macabeu B, marsanne B, marselan N, mauzac B, merlot N, mondeuse N, morrastel N, mourvèdre N, muscadelle B, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat de Hambourg N, négrette N, nielluccio N, parellada B, petit manseng B, petit verdot N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, portan N, poulsard N, raffiat de Moncade B, ribol N, riesling B, rivairenc N, roussanne B, sauvignon B, sauvignon gris G, savagnin blanc B, savagnin rose Rs, sciaccarello N, sémillon B, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, tourbat B, ugni blanc B, verdelho B, vermentino B, villard blanc B, villard noir N, viognier B[1].
Vins
modifierLe cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom de côte-vermeille la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que de surmûris dans les trois couleurs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que par la mention « rancio »[1].
L’exiguïté des surfaces exploitées et le relief ont produit des paysages viticoles en terrasses très spécifiques, qui contribuent à l'attractivité touristique et donc à l'entretien d'une demande et d'une production soutenues. L'héritage de la culture catalane, notamment dans la tradition des vins rancio, contribue aussi à l'unicité de la production de l'IGP.
Types de vin
modifierIl existe neuf produits différents :
Gastronomie
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « CÔTE VERMEILLE » » [PDF] p. 110-117, homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- ↑ « Décret n°86-625 du 17 mars 1986 définissant les conditions de production des vins de pays de la Côte Vermeille », publié au JORF du .
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ Côte Vermeille blanc
- ↑ Côte Vermeille rosé
- ↑ Côte Vermeille rouge
- ↑ Côte Vermeille surmûri blanc
- ↑ Côte Vermeille surmûri rosé
- ↑ Côte Vermeille surmûri rouge
- ↑ Côte Vermeille rancio blanc
- ↑ Côte Vermeille rancio rosé
- ↑ Côte Vermeille rancio rouge