Côtes-du-roussillon

région viticole
(Redirigé depuis Côtes-du-Roussillon)

Un côtes-du-roussillon[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Perpignan dans la plaine du Roussillon, ainsi que sur les coteaux environnant ; il fait partie du vignoble du Roussillon. Cette appellation est reconnue depuis 1977. La production comporte des vins rouges (45 % de la production en moyenne de 2022 à 2024), des vins rosés (40 %) et des vins blancs (15 %)[1], qui sont tous obligatoirement des vins d'assemblage[2]. Ils peuvent être produits sur un total de 102 communes des Pyrénées-Orientales, la superficie de production déclariée étant de 3 250 hectares (moyenne 2022-2024)[1].

Côtes-du-roussillon
Image illustrative de l’article Côtes-du-roussillon
Vignes à Lansac.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1977
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) Roussillon
Localisation Pyrénées-Orientales
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 488 heures (à Perpignan)
Superficie plantée 3 244 hectares (en 2023)[1]
Cépages dominants grenache N[note 1], syrah N, carignan N, mourvèdre N, grenache blanc B, tourbat B et macabeu B
Vins produits 43 % rosés, 40 % rouges et 17 % blancs
Production 90 039 hectolitres (en 2023)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 30 hl/ha en rosé, 25 en rouge et 31 en blanc (en 2023)[1]

Histoire

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Révolte de 1907

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Les vendanges 1906 avaient été désastreuses dans tout le Roussillon. Ce qui n'empêchaient pas la chute des cours du vin. Des familles vigneronnes se heurtaient à des difficultés financières telles qu'elles ne pouvaient plus payer l'impôt. Informé, le gouvernement donna ordre de faire intervenir les huissiers. Le village de Baixas fut le premier à se révolter au début de l'année 1907[3].

Le , il reçut le soutien de Marcelin Albert, qui envoya un télégramme à Georges Clemenceau. Quant à Joseph Tarrius, viticulteur et pharmacien à Baixas, il fait parvenir au gouvernement une pétition signée des habitants du village. Il y est précisé que le seul impôt que les contribuables puissent encore payer est celui du sang. Alors que les défilés de protestations s'étaient multipliés dans les villes et villages, préfectures et sous-préfectures accueillirent les manifestations viticoles. Le , à Perpignan 170 à 200 000 personnes défilent dans la ville. La manifestation se déroule sans incidents graves[4],[3].

Dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les conseils municipaux démissionnent collectivement - il y en aura jusqu'à 600 - certains appellent à la grève de l'impôt. La situation devient de plus en plus tendues, les viticulteurs furieux attaquent perceptions, préfectures et sous-préfectures[5]. Le , la tension monte encore. À Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet David Dautresme doit se réfugier sur le toit[4].

Création et évolution de l'AOC

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En 1930, les vignerons fondent « l'Association professionnelle des vignerons du Haut-Roussillon pour la délimitation et la défense du cru ». Le , le tribunal de Perpignan délimite l'appellation d'origine (AO) « Les Aspres » (la partie du Roussillon au sud du Têt) puis l'étend aux Albères par sa décision du [2]. En 1936, plusieurs vins mutés (vins doux naturels et vins de liqueur) sont reconnus comme des appellations d'origine contrôlée (AOC) : le banyuls, le « Côtes d'Agly » (sur onze communes, dont Estagel, Latour-de-France, Tautavel et Saint-Paul-de-Fenouillet), le maury, le rivesaltes et le « Côtes de Haut-Roussillon » (sur 43 communes)[6]. Les et , des arrêtés reconnaissent le droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS) pour les AO « Corbières du Roussillon » (partie nord), « Corbières supérieures du Roussillon » (aire plus limitée, au degré d'alcool supérieur) et « Roussillon dels Aspres » (partie sud), concernant des vins secs produits sur de larges portions des Pyrénées-Orientales[7].

En , les VDN « Côtes d'Agly » et « Côtes de Haut-Roussillon » sont supprimés[8]. Le , les trois appellations de vins secs à 11° minimum sont regroupées sous l'AO « Côtes du Roussillon », avec possibilité de rajouter le mot « villages » pour les vins rouges de 12° d'une aire plus restreinte ; les noms de Caramany et Latour-de-France peuvent être rajoutés ; neuf cépages sont autorisés pour faire du rouge et du rosé, six pour le blanc[9]

Par le décret du , sont créées les AOC côtes-du-roussillon-villages (uniquement en rouge, sur 25 communes, reprenant surtout l'aire du corbières-supérieures-du-roussillon) et côtes-du-roussillon (en rouge, rosé et blanc, sur 118 communes) ; les cépages autorisés sont le carignan (dont la part maximale doit passer de 80 % de l'encépagement en 1977 à 70 % en 1985), le cinsault, le grenache, le lledoner pelut, le mourvèdre, la syrah et le maccabéo (ces trois derniers limités ensemble à 30 % max.) ; le côtes-du-roussillon blanc doit être produit avec du maccabéo ; la densité de plantation doit être minimum de 3 000 pieds/ha, les rendements d'un maximum de 50 hl/ha pour le côtes-du-roussillon et de 45 pour le côtes-du-roussillon-villages[10]. En 1983, le tourbat (dit malvoisie du Roussillon) est rajouté pour faire du blanc[11]. En 1988, un nouveau décret ordonne de réduire le carignan à 60 % pour 1993 ; la marsanne, la roussanne et le vermentino sont autorisés pour faire du blanc[12].

En , la dénomination géographique « Les Aspres » (côtes-du-roussillon Les Aspres) est autorisée pour des vins rouges produits sur 37 communes avec grenache, mourvèdre, syrah et carignan (ce dernier limité à max. 25 %) ; le grenache blanc est autorisé à son tour (le blanc peut désormais être produit avec six cépages) ; la densité passe à 3 700 pieds/ha ; le rendement butoir est fixé à 60 hl/ha (45 max. et butoir à 54 pour la dénomination)[13]. Le cahier des charges a été publié en (la densité monte à 4 000 pieds/ha)[14], puis modifié en [15], en (transfert de la dénomination « Les Aspres » sous l'AOC côtes-du-roussillon-villages ; retrait de seize communes de l'aire d'appellation ; ajout du grenache gris, du viognier et du carignan blanc ; rendement max. à 48, butoir à 58)[16] et en (modification des parts dans l'encépagement)[2].

Vignoble

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Aire d'appellation

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Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation

Le vignoble s’étend dans un vaste amphithéâtre naturel, limité à l'est par la mer Méditerranée, au sud par le massif des Albères, à l’ouest par les contreforts du Canigou et au nord par les Corbières. Trois fleuves traversent ce territoire, l’Agly, la Têt et le Tech, contribuant à façonner un relief de terrasses étagées et de collines, propice à la viticulture.

Carte des vignobles du Fenouillèdes.

L'aire d'appellation concerne 102 communes : Ansignan, Arboussols, Argelès-sur-Mer, Bages, Baho, Baixas, Banyuls-dels-Aspres, Bélesta, Brouilla, Cabestany, Calce, Camélas, Canet-en-Roussillon, Canohès, Caramany, Cases-de-Pène, Cassagnes, Castelnou, Caudiès-de-Fenouillèdes, Céret, Claira, Corbère, Corbère-les-Cabanes, Corneilla-la-Rivière, Corneilla-del-Vercol, Elne, Espira-de-l'Agly, Espira-de-Conflent, Estagel, Estoher, Feilluns, Finestret, Fourques, Ille-sur-Têt, Lansac, Laroque-des-Albères, Latour-de-France, Lesquerde, Le Boulou, Le Soler, Le Vivier, Llauro, Llupia, Maureillas-las-Illas, Maury, Millas, Montalba-le-Château, Montauriol, Montescot, Montesquieu-des-Albères, Montner, Néfiach, Oms, Opoul-Périllos, Ortaffa, Palau-del-Vidre, Passa, Perpignan, Peyrestortes, Pézilla-la-Rivière, Pia, Planèzes, Pollestres, Ponteilla, Prugnanes, Rasiguères, Rigarda, Rivesaltes, Rodès, Saint-André, Saint-Arnac, Saint-Estève, Saint-Féliu-d'Amont, Saint-Féliu-d'Avall, Saint-Génis-des-Fontaines, Saint-Hippolyte, Saint-Jean-Lasseille, Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Martin-de-Fenouillet, Saint-Nazaire, Saint-Paul-de-Fenouillet, Sainte-Colombe, Saleilles, Salses-le-Château, Sorède, Tarerach, Tautavel, Terrats, Thuir, Tordères, Toulouges, Tresserre, Trévillach, Trilla, Trouillas, Villelongue-dels-Monts, Villemolaque, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-la-Rivière, Vinça, Vingrau et Vivès[2].

Seize communes ont été retirées de l'aire d'appellation par le décret de 2017 : Amélie-les-Bains-Palalda, Bouleternère, Caixas, Fosse, Joch, Latour-Bas-Elne, Les Cluses, Marquixanes, Pézilla-de-Conflent, Prats-de-Sournia, Reynès, Riunoguès, Saint-Cyprien, Saint-Michel-de-Llotes, Sournia et Taillet[16].

Géologie

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Le terroir de l’appellation est particulièrement varié. On y trouve des sols d’arènes granitiques et gneissiques, ainsi que des schistes bruns et noirs dans la vallée de l’Agly et les Fenouillèdes. Les piémonts des Corbières sont caractérisés par des sols rouges argilo-calcaires, tandis que des terrasses mêlant argiles sableuses jaunes et rouges se rencontrent au sud de la Têt. Le long des cours d’eau, les terrasses alluviales alternent avec les coteaux de gneiss et les sols argilo-siliceux des Albères. L’altitude de production varie de 0 à 650 mètres, ce qui contribue à la diversité des vins obtenus sur l’ensemble de l’aire.

Climatologie

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Le vignoble bénéficie d’un climat méditerranéen, caractérisé par des étés chauds et secs, une forte luminosité tout au long de l’année et l’influence de vents violents, notamment la Tramontane. La pluviométrie y est faible et irrégulière, ce qui, combiné à ces conditions climatiques, favorise une viticulture à rendements modérés et permet une bonne maturité des raisins. La station météo de Perpignan (sur l'aéroport de Perpignan-Rivesaltes, à 42 mètres d'altitude : 42° 44′ 13″ N, 2° 52′ 22″ E)[17] est représentative du climat du Roussillon.

Relevés à Perpignan de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 12,7 13,4 16,4 18,7 22,3 26,8 29,5 29,4 25,6 21,2 16,3 13,3 20,5
Moyenne 8,7 9,2 12 14,2 17,8 22 24,6 24,5 20,9 17 12,3 9,3 16
Minimale moyenne 4,8 5 7,6 9,7 13,3 17,2 19,7 19,7 16,1 12,9 8,4 5,3 11,6
Nombre de jours avec gel 3,1 2,6 0,4 0 0 0 0 0 0 0 0,5 2,4 9
Précipitations
Hauteur (mm) 60,1 40,9 51,6 66,1 45,6 23,6 15,1 22,7 43 82,1 72,6 54,9 578,3
Ensoleillement
Heures 140,9 163,6 206,6 219,8 240,7 267,6 299,9 272,9 223,8 175,1 146,8 131 2 488,6
12,7
4,8
60,1
30 mm
60 mm
jan.
13,4
5
40,9
fév.
16,4
7,6
51,6
mars
18,7
9,7
66,1
avril
22,3
13,3
45,6
mai
26,8
17,2
23,6
juin
29,5
19,7
15,1
jui.
29,4
19,7
22,7
août
25,6
16,1
43
sep.
21,2
12,9
82,1
oct.
16,3
8,4
72,6
nov.
13,3
5,3
54,9
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Les vins de l’AOP côtes-du-roussillon sont élaborés à partir d’un assemblage de cépages traditionnels du Roussillon, choisis pour leur capacité à s’adapter aux conditions climatiques méditerranéennes. L’encépagement reflète la volonté des vignerons de maintenir l’identité du terroir et de valoriser les cépages locaux face aux pressions commerciales et climatiques.

Les vins rouges ont pour cépages principaux le grenache N[note 1], le carignan N, la syrah N et le mourvèdre N (ces deux derniers devant, ensemble, représenter au moins 25 % de l'encépagement). La proportion des cépages principaux dans l'encépagement doit être supérieure ou égale à 80 %, le cépage le mieux représenté ne pouvant dépasser 70 % du total (à l' exception du carignan, limité à 50 %). Le lledoner pelut N et le cinsault N sont les cépages accessoires.

Les vins rosés ont pour cépages principaux le grenache N, la syrah N, et le grenache gris G. Les cépages accessoires sont le carignan N, le mourvèdre N, le cinsault N, le lledoner pelut N, et le macabeu B. Un seul cépage ne peut dépasser 70 % de l'encépagement et la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70 % de l’encépagement.

Les vins blancs ont pour cépages principaux le grenache blanc B, le macabeu B et le tourbat (ou malvoisie du Roussillon), qui doivent représenter, ensemble ou séparément au moins 50 % de l'encépagement. Les cépages complémentaires sont le grenache gris G, la roussanne B, la marsanne b et le vermentino, Depuis 2017, le viognier B et le carignan blanc B peuvent être intégrés à l’encépagement des blancs comme cépages accessoires, qui ne peuvent dépasser 10 % de l'encépagement. Un seul cépage ne peut dépasser 80 % de l'encépagement et la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70 % de l’encépagement.

Pratiques culturales

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La conduite de la vigne dans l’AOP côtes-du-roussillon est adaptée à la fois aux contraintes climatiques et à la topographie variée de l’aire d’appellation. Les plantations sont sélectionnées pour leur résistance à la sécheresse estivale et à l’exposition aux vents violents, notamment la Tramontane. Les vignerons appliquent des techniques de taille, d’écimage et de palissage adaptées à chaque cépage afin d’optimiser l’ensoleillement, la circulation de l’air et la qualité sanitaire des grappes. La maîtrise des rendements est essentielle et consiste à limiter le volume de fruits par pied de vigne afin de concentrer les sucres et les arômes. Le travail des sols est différencié selon les zones : sur les terrasses et coteaux, il est souvent manuel et peu mécanisé pour éviter l’érosion, tandis que dans les zones plus planes, un labour superficiel ou un enherbement contrôlé est pratiqué pour préserver l’humidité et limiter la concurrence des mauvaises herbes. Dans les secteurs les plus pentus, les vendanges sont majoritairement réalisées à la main afin de garantir la qualité des raisins et d’effectuer un tri rigoureux à la vigne.

Vendanges

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Les vendanges dans l’AOP côtes-du-roussillon s’échelonnent généralement de la fin août pour les blancs jusqu’au mois de septembre pour les rouges. Les raisins sont soigneusement surveillés afin d’atteindre la maturité optimale, notamment la maturité phénolique pour les cépages rouges tels que le grenache, le carignan et la syrah. Cette attention permet de produire des vins charnus, équilibrés et riches en arômes.

Dans les zones de forte pente et sur les terrasses, les vendanges sont réalisées manuellement, garantissant un tri rigoureux et la préservation de la qualité des grappes. Les vendanges mécaniques peuvent être utilisées sur les parcelles plus accessibles, mais elles sont toujours combinées à un contrôle qualitatif strict. La période de récolte est également choisie pour limiter les risques de maladies et préserver l’intégrité des raisins, notamment face aux épisodes orageux ou aux fortes chaleurs qui peuvent survenir en fin d’été.

Le cahier des charges de l’appellation fixe un rendement maximal de 48 hectolitres par hectare, mais le rendement moyen observé en 2024 s’établit à seulement 19 hectolitres par hectare. Cette limitation volontaire reflète le choix de privilégier la qualité sur la quantité, favorisant la concentration des arômes, la richesse tannique et l’équilibre des vins. Les rendements peuvent varier selon les conditions climatiques annuelles, l’âge des vignes et la nature des sols. Les vignerons adaptent leurs pratiques culturales et de taille pour répondre à ces variations, ce qui permet de maintenir la typicité de chaque vin produit. La faible productivité contribue également à la distinction des vins Côtes du Roussillon sur le marché, en garantissant un niveau de qualité constante malgré la diversité des terroirs.

Le côtes-du-roussillon est une « appellation sous-régionale » du vignoble du Languedoc-Roussillon, selon la hiérarchie mise en place en 2011 par le CIVR et l'INAO. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer du côtes-du-roussillon-villages (uniquement en rouge, sur 32 communes au nord), dont cinq dénominations que sont « Caramary » (sur trois communes), « Latour-de-France » (cinq communes), « Les Aspres » (19 communes), « Lesquerde » (trois communes) et « Tautavel » (deux communes), des vins doux naturels que sont le grand-roussillon, le maury (sur quatre communes), le muscat de Rivesaltes et le rivesaltes, de l'« appellation régionale » languedoc (dans les trois couleurs), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, pyrénées-orientales et côtes-catalanes) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

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Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1] (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :

Annéecôtes-du-roussillon rouge côtes-du-roussillon rosé côtes-du-roussillon blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221 80054 051301 27043 1533443913 86032
20231 46936 454251 28938 5823048515 00231
20241 32522 532171 14724 3772147210 83923

Titres alcoométriques

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Les titres alcoométriques des vins produits sous l’AOP côtes-du-roussillon sont définis par le cahier des charges de l’appellation, avec des minima variables selon la couleur des vins. Ces exigences permettent d’assurer une maturité suffisante des raisins et la structure alcoolique des vins, contribuant à leur équilibre et à leur capacité de conservation. Pour chaque millésime, les contrôles officiels vérifient que les vins atteignent ces seuils, garantissant le respect des critères de l’appellation et la typicité aromatique des rouges, rosés et blancs.

AOC côtes-du-roussillon rouge, millésime 2003.

Vinification et élevage

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Les pratiques de vinification et d’élevage diffèrent selon la couleur des vins. Les vins rouges sont élaborés à partir d’un assemblage obligatoire d’au moins deux cépages, le cépage majoritaire ne pouvant excéder 70 % de l’assemblage. Le carignan, cépage traditionnel de l’appellation, est limité à 50 %, tandis que la syrah et le mourvèdre doivent représenter ensemble ou séparément au moins 25 % de l’encépagement, afin d’assurer structure et complexité aromatique.

AOC côtes-du-roussillon rosé.

Pour les rosés, l’assemblage doit également comprendre au moins deux cépages, le cépage dominant étant limité à 70 %, ce qui permet de conserver fraîcheur et fruité.

Les vins blancs nécessitent au minimum deux cépages, le cépage majoritaire ne pouvant dépasser 80 %. Les cépages grenache blanc, macabeu et tourbat doivent représenter ensemble au moins 50 % de l’assemblage, tandis que le viognier et le carignan blanc sont limités à 10 % pour préserver l’équilibre et la typicité aromatique des vins.

L’élevage des vins varie selon les objectifs du producteur et la typicité du vin recherché. Les vins rouges bénéficient souvent de macérations prolongées et d’un élevage en cuves ou en bois, tandis que les rosés et blancs sont vinifiés pour mettre en valeur leur fraîcheur et leurs arômes fruités, avec des fermentations contrôlées en température et parfois un passage en barriques pour certains blancs plus complexes. L’ensemble de ces techniques vise à produire des vins exprimant pleinement la diversité des terroirs et des cépages de l’appellation.

Gastronomie

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Les vins rouges de l’AOP côtes-du-roussillon se distinguent par leur charpente, leur fruité prononcé et leurs notes épicées, qui reflètent la richesse des sols et le climat méditerranéen.

Les rosés développent des arômes frais évoquant les petits fruits rouges, accompagnés de nuances florales délicates, offrant des vins légers et expressifs.

Les blancs sont fins et délicats, caractérisés par des notes d’agrumes, de fruits à chair blanche et de fleurs, combinant fraîcheur et complexité aromatique. Ces particularités organoleptiques résultent à la fois de la diversité des cépages autorisés, des pratiques culturales et des techniques de vinification et d’élevage spécifiques à l’appellation.

Économie

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Structure des exploitations

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L’AOP côtes-du-roussillon regroupe une diversité de structures viticoles qui reflètent la variété historique et géographique de l’aire d’appellation. Elle comprend à la fois des domaines indépendants, qui assurent la production et la commercialisation de leurs propres vins, et des caves coopératives, qui regroupent plusieurs viticulteurs pour mutualiser les moyens de vinification et de mise en marché. Quelques négociants participent également à la commercialisation des vins, complétant ainsi la dynamique économique et commerciale de l’appellation. Au cours des cinq dernières années, la surface en production a diminué, passant d’une moyenne de 3 429 à 2 958 hectares en 2024, traduisant une adaptation des exploitations aux exigences qualitatives et aux conditions climatiques locales.

Commercialisation

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En 2024, la production totale de l’AOP s’élève à 55 949 hectolitres, contre une moyenne de 96 271 hectolitres sur les cinq années précédentes. La répartition par couleur indique que 39 % de la production correspond à des vins rouges, 42 % à des vins rosés et 19 % à des vins blancs. Les vins Côtes du Roussillon sont commercialisés sur le marché national et à l’international, avec une présence notable en Europe et en Amérique du Nord. Cette diversité de débouchés reflète la qualité et la réputation des vins de l’appellation, ainsi que le savoir-faire des producteurs dans l’adaptation aux différents marchés.

Liste des caves

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L’ensemble des producteurs de l’AOP, qu’ils soient domaines privés ou coopératives, est répertorié par le Comité interprofessionnel des vins du Roussillon[19]. Cet organisme assure la coordination entre les producteurs, la promotion de l’appellation et la mise à disposition d’informations sur les caves et les domaines auprès des consommateurs et des professionnels du vin. La liste des caves labellisées ou affiliées au CIVR constitue ainsi une référence pour identifier les exploitations produisant sous l’appellation Côtes du Roussillon.

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CÔTES DU ROUSSILLON » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. 1 2 La crise viticole de 1907 sur le site histoireduroussillon.free.fr
  4. 1 2 Midi 1907, l'histoire d'une révolte vigneronne
  5. Révoltes vigneronnes 1907, Languedoc, 1911, Champagne
  6. « Décrets du 6 août 1936 relatifs à la définition des appellations contrôlées « Côtes d'Agly » et « Côtes de Haut-Roussillon » », publiés au JORF du .
  7. « Arrêté du 11 janvier 1952 fixant les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d’origine « Corbières du Roussillon » et « Corbières supérieures du Roussillon » », publié au JORF du .
  8. « Décret du 19 mai 1972 concernant les appellations d'origine contrôlée « Côtes de Haut-Roussillon » et « Côtes d'Agly » », publié au JORF du .
  9. « Arrêté du 3 octobre 1972 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Côtes du Roussillon » », publié au JORF du .
  10. « Décrets du 28 mars 1977 définissant les appellations d'origine contrôlée « Côtes du Roussillon » et « Côtes du Roussillon Villages » », publié au JORF du .
  11. « Décret du 15 novembre 1983 relatif à l'appellation contrôlée « Côtes du Roussillon » », publié au JORF du .
  12. « Décret du 28 décembre 1988 relatif aux conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Côtes du Roussillon » et « Côtes du Roussillon-Villages » », publié au JORF du .
  13. « Décret du 15 juillet 2004 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Roussillon » », publié au JORF no 164 du .
  14. « Décret n° 2009-1338 du 28 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Collioure », « Fitou », « Côtes du Roussillon », « Côtes du Roussillon Villages », « Malepère », « Cabardès », « Clairette de Bellegarde » et « Clairette du Languedoc » et « Saint-Chinian » », publié au JORF no 0252 du .
  15. « Décret n° 2011-1817 du 7 décembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Roussillon » », publié au JORF no 0284 du .
  16. 1 2 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CÔTES DU ROUSSILLON » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  17. « 66136001 – PERPIGNAN – AERODROME » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  18. « Fiche 66136001 Perpignan » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  19. CIVR (Comité interprofessionnel des vins du Roussillon) (consulté le )

Voir aussi

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