François Piétri
François Piétri né le à Bastia et mort le à Sartène (Corse), est un homme politique français.
| François Piétri | |
François Piétri en 1929. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre secrétaire d'État aux Communications | |
| – (1 mois et 25 jours) |
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| Gouvernement | Laval V |
| Successeur | Jean Berthelot |
| Ministre de la Marine | |
| – (2 ans, 3 mois et 26 jours) |
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| Gouvernement | Doumergue II Flandin I Bouisson Laval IV Sarraut II |
| Prédécesseur | Louis de Chappedelaine |
| Successeur | Alphonse Gasnier-Duparc |
| Ministre des Finances | |
| – (5 jours) |
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| Gouvernement | Daladier II |
| Prédécesseur | Georges Bonnet |
| Successeur | Paul Marchandeau |
| Ministre des Colonies | |
| – (1 mois) |
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| Gouvernement | Sarraut I |
| Prédécesseur | Albert Dalimier |
| Successeur | Albert Dalimier |
| – (9 mois et 11 jours) |
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| Gouvernement | Tardieu II |
| Prédécesseur | Lucien Lamoureux |
| Successeur | Théodore Steeg |
| – (3 mois et 18 jours) |
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| Gouvernement | Tardieu I |
| Prédécesseur | André Maginot |
| Successeur | Lucien Lamoureux |
| Ministre de la Défense nationale | |
| – (3 mois et 14 jours) |
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| Gouvernement | Tardieu III |
| Prédécesseur | André Tardieu |
| Successeur | Joseph Paul-Boncour |
| Sous-secrétaire d'État à la vice-présidence du Conseil et aux Finances, chargé des Finances | |
| – (26 jours) |
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| Gouvernement | Briand X |
| Député français | |
| – (17 ans, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | 11 mai 1924 |
| Réélection | 22 avril 1928 1er mai 1932 26 avril 1936 |
| Circonscription | Corse |
| Législature | XIIIe, XIVe, XVe et XVIe (Troisième République) |
| Groupe politique | RDG (1924-1936) ARGRI (1937-1942) |
| Président du Conseil général de la Corse | |
| – (6 ans) |
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| Prédécesseur | René-François de Casabianca |
| Successeur | Adolphe Landry |
| Conseiller général de la Corse | |
| – (15 ans) |
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| Circonscription | Canton de Moïta |
| Prédécesseur | Xavier Lepidi |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bastia |
| Date de décès | (à 84 ans) |
| Lieu de décès | Sartène |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Alliance démocratique |
| Résidence | Corse |
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Biographie
modifierJeunesse et études
modifierFrançois Sampiero Marie Jourdan Piétri naît dans une famille aisée de notables : son père, Antoine Jourdan Napoléon Piétri, est avocat et conseiller de préfecture et sa mère, Clarinde Rose Brigite Gavini[1], est la fille du député Sampiero Gavini[2].
Né à Bastia, François Piétri passe son enfance à Alexandrie, où son père exerce les fonctions de conseiller légal du gouvernement égyptien.
Il poursuit ses études secondaires au collège Stanislas, à Paris, de 1895 à 1899[2]. Il est lauréat du Concours général en 1897 et 1898. Il obtient une licence ès lettres en 1900. Il est diplômé de l'École libre des sciences politiques[3] en 1903. Il est titulaire d'un doctorat en droit (1903)[2].
Le à Paris 8e, il épouse Antoinette Brocheton[1].
Parcours professionnel
modifierAvocat stagiaire à la cour d'appel de Bastia en 1902, il est admis en 1906 au concours de l'Inspection générale des finances. Chef adjoint du cabinet de la Présidence du Conseil en 1910, il démissionne de ce poste pour raisons personnelles en 1912[4].
Mobilisé comme sergent de réserve au 269e régiment d'infanterie le , il est promu sous-lieutenant au 226e régiment d'infanterie en puis lieutenant en . Il est commotionné par l'explosion d'un obus de 305 le à Verdun. Il est crédité d'une citation élogieuse à l'ordre de la division qui donne droit au port de la croix de guerre à cet « officier de premier ordre, extrêmement énergique et d'un dévouement absolu [...] se portant aux points les plus dangereux, donnant le plus bel exemple à son personnel »[5].
Le lieutenant François Piétri est toutefois détaché comme sous-directeur de la Poudrerie nationale de Vonges (Côte-d'Or) à compter du . Il est ensuite mis à la disposition du Ministère des Affaires étrangères à partir du pour occuper le poste de Directeur général des finances de l'Empire chérifien[5]. Il est proposé pour la Légion d'honneur pour ses « services exceptionnels » dans cet emploi par le Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères Alexandre Millerand en [4].
Il exerce toujours cette fonction lorsqu'il est fait chevalier de la Légion d'honneur le à Rabat par le général Hubert Lyautey, Résident général de France au Maroc[4].
Parcours politique
modifierFrançois Piétri est élu député de Corse le , et siège à l'assemblée comme républicain de gauche. Il est réélu trois fois (le , le et le au sein du parti de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants)[6].
Homme politique et écrivain, François Piétri était également un sportif accompli : il est international à l'épée en 1921-1922, ce qui lui vaut par la suite de présider la Fédération nationale d'escrime et de faire partie du Comité international olympique[7].
Plusieurs années président du conseil général de la Corse (entre 1924 et 1940), directeur des finances du protectorat au Maroc au temps de Lyautey, François Piétri est plusieurs fois ministre dans l'entre-deux-guerres. Il commence comme sous-secrétaire d'État aux Finances du au dans le gouvernement Briand X, à l'époque finissante du cartel des gauches. Le 20 juillet, Édouard Herriot lui propose le portefeuille de ministre des Finances dans l'ultime gouvernement Herriot sous le cartel des gauches ; il refuse, sachant le gouvernement condamné[8].
Piétri ne retrouve plus de poste ministériel avant 1929. Il est nommé ministre des Colonies du au dans les gouvernements Tardieu I et Tardieu II. Dès le début de l'année suivante, il est nommé ministre du Budget du au dans les gouvernements Laval I, Laval II et Laval III. Il devient ministre de la Défense nationale du au dans le gouvernement Tardieu III.
Il s'ensuit une période de plus d'un an sans qu'il ne retrouve de poste ministériel. Il est à nouveau appelé comme ministre des Colonies du au dans le gouvernement Sarraut I.
Il devient ministre des Finances du au dans le gouvernement Daladier II, puis ministre de la Marine du au dans les gouvernements Doumergue II et gouvernement Flandin I, et encore ministre de la Marine du au dans les gouvernements Bouisson, Laval IV et Sarraut II.
L'arrivée du Front populaire l'écarte des responsabilités ministérielles. Comme député, Piétri vote en faveur de la création d'une École nationale d'administration telle que proposée par Jean Zay[3].
Il doit attendre le régime de Vichy pour être à nouveau nommé au gouvernement, comme ministre des Communications ( au , gouvernement Laval V).
Il succède à Philippe Pétain à l'ambassade française en Espagne, nommé par le gouvernement de Vichy de 1940 jusqu'à 1944. C'est à ce titre qu'il est condamné par contumace par la Haute Cour de justice à cinq ans d'indignité nationale, le . Le , une mesure de relèvement est prononcée par le Conseil supérieur de la magistrature en faveur de François Pietri[9]. Radié de l'Ordre national de la Légion d'honneur en 1948 à la suite de sa condamnation, il est réintégré dans sa décoration par décret du président de la République René Coty en 1957[4].
Écrivain d'essais politiques et historiques, il reçoit en 1956 le grand prix Gobert de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre historique. Sa veuve, née Marie-Antoinette Brocheton, avait épousé en premières noces Pierre-Augustin Barrachin ; mère d'Edmond Barrachin, elle meurt en 1978, à 102 ans.
François Piétri faisait partie de ceux que l’on appelait à l'époque les philosémites (à l'instar de Charles Péguy - l'adjectif est peu employé de nos jours).
Il était notoirement dreyfusard, depuis sa jeunesse, dans un milieu social qui très fréquemment ne l'était pas.
Au début des années 1930, il est membre du Comité national de secours aux réfugiés allemands victimes de l'antisémitisme et du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés, dont il est ensuite président d'honneur.
Au cours de ses années à Madrid comme ambassadeur de France pendant la guerre, il a aidé de nombreux Juifs à fuir de France vers la zone libre d’Afrique du Nord via l'Espagne, notamment en en hébergeant momentanément à l'ambassade.
Il a reçu la Francisque[10].
Distinctions
modifierPublications
modifier- L'antagonisme du Nord et du Sud de l'Italie, Paris, Chevalier & Rivière, 1906
- Le Bilan de la Pacification marocaine, Paris, E.S.P., 1922
- Finances et monnaies coloniales, Paris, Alcan, 1924
- La Querelle du Franc, Paris, Hachette, 1928
- Le Financier, Paris, Hachette, 1931
- Justice et injustice fiscale, Paris, Tallandier, 1933
- La Réforme de l’État au XVIIIe siècle, Paris, Éditions de France, 1935 — Il y en eut une édition espagnole : Barcelone, Juventud, 1944
- Veillons au salut de l'Empire, Paris, Éditions de France, 1937
- Lucien Bonaparte, Paris, Plon, 1939 — Prix Thiers de l'Académie française — Il y en eut une traduction espagnole : Barcelone, Juventud, 1942
- La France et la mer, Paris, Flammarion, 1940
- Lucien Bonaparte à Madrid, Paris, Grasset, 1951, Prix Paul Teissonnière de l'Académie française — Cet ouvrage fut préalablement publié en espagnol : Un Caballero en el Escorial, Madrid, Espasa Calpe, 1947
- Mes années d'Espagne : 1940-1948, Paris, Plon, 1954
- Napoléon et le Parlement ou, La dictature enchainée, Paris, Fayard, 1955
- Hors du forum, Editions de Paris, Paris, 1957
- L'Espagne du Siècle d'Or, Paris, Fayard, 1959
- Pierre le Cruel : le vrai et le faux, Paris, Plon, 1961
- Les princes de sang, illustré de planches hors-texte par Kostia Terechkovitch, Flammarion, 1962
- Chronique de Charles le Mauvais, Paris, Berger-Levrault, 1963
- Napoléon et les Israélites, Paris, Berger-Levrault, 1965
Hommage
modifierEn 1931, le mont Pietri (sic) dans les îles Kerguelen prend son nom, donné en hommage par l'équipage du navire de la Marine nationale L'Antarès[11].
Notes et références
modifier- 1 2 « Acte de naissance », sur archives.isula.corsica (consulté le ), p. 115
- 1 2 3 « François Piétri », sur www.economie.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 Pierre Rain, L'École Libre Des Sciences Politiques, Fondation nationale des sciences politiques, (ISBN 978-2-7246-0033-9, lire en ligne)
- 1 2 3 4 « Cote 19800035/703/80274 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- 1 2 Archives de Corse, 9 NUM 43/932, bureau de recrutement de Bastia, classe 1902, feuillet matricule n°932 de François Sampiero Marie Jourdan Piétri.
- ↑ Site de l’Assemblée nationale.
- ↑ Site de l’Assemblée nationale, citant une biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J. Joly) et aussi l'éloge biographique publié par M. Armand Massard, vice-président du C.I.O., président du Comité olympique français, au moment du décès de François Piétri.
- ↑ Pierre Miquel, La Troisième République, Fayard, (ISBN 978-2-213-02361-8)
- ↑ « l'épuration encore le 15 août 2016 », sur resistance-corse.asso (consulté le )
- ↑ Henry Coston, L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », , 172 p. (ISBN 2-913044-47-6), p. 152.
- ↑ Gracie Delépine, Toponymie des Terres australes, éditions La Documentation française, Paris, 1973, p. 270, consultable sur www.archives-polaires.fr.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, Éditions Albin Michel, , p. 116-118
- Discours de François Piétri en mars 1933 au Trocadéro, que l'on trouve dans un recueil de discours que François Piétri a publiés dans son livre intitulé Hors du forum, éditions de Paris, 1er trimestre 1957
- « François Piétri », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Archives diplomatiques (219PAAP, 219paap_cle07274e__papiers_francois_pietri.pdf)
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