Seiz Breur

mouvement artistique breton (1923-1947)

Les Seiz Breur forment un mouvement artistique créé par un groupe d'artistes bretons pendant l'Entre-deux-guerres.

Seiz Breur
Image illustrative de l’article Seiz Breur
Monogramme des Seiz Breur
Période 1923 à 1947

Il s'agit d'une union par cooptation lancée en 1923 par Jeanne Malivel avec l'aide de René-Yves Creston et de son épouse Suzanne Creston se donnant pour mission de renouveler l'art populaire breton.

Parmi les membres de ce groupe, qui a compté en tout une soixantaine d'artistes (des peintres, des sculpteurs, des graveurs, des ébénistes, des céramistes, des brodeurs, etc.), les plus connus sont Xavier de Langlais, André Batillat, les époux René-Yves Creston et Suzanne Candré-Creston, Jeanne Malivel, Pierre Péron et Joseph Savina.

Historique

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Origine du mouvement

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La Bretagne de demain, par Jeanne Malivel.

En 1923, alors que se prépare l'exposition universelle de Paris de 1925, consacrée aux arts appliqués, Jeanne Malivel crée avec René-Yves Creston, sa femme Suzanne Creston et quelques amis la fraternité des Seiz Breur (Sept frères)[1],[2].

Ils se donnent pour mission de renouveler l'art populaire breton[3].

Ils sont soutenus pas l’abbé Le Diouron, professeur de théologie au grand séminaire de Saint-Brieuc :

Pourquoi nos artistes religieux seraient-ils condamnés à refaire indéfiniment du roman et du gothique, comme si pour prier, il nous fallait feindre d’être contemporains de saint Louis ? (...) Ce serait la mort de l’art, qui consiste, non pas à reproduire et à pasticher, mais à inventer »[4].

L'Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925

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L'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris de 1925 est vue comme l'occasion de proclamer le renouveau breton. Ils essaient de convaincre artistes et artisans de participer à la réalisation d'un pavillon de la Bretagne et souhaitent former un "groupe fraternel d'artistes et d'artisans bretons". Il s'agit de former le goût du public en proposant des œuvres nouvelles qui ne soient pas des copies du passé mais l'alliance de la modernité et de la tradition. Ils développent leurs recherches dans le mobilier, la vaisselle en faïence et les tissus[5].

Le début du conte Les sept frères (Ar Seiz Breur), collecté par Jeanne Malivel.

Les motifs les plus représentatifs dans l'art des Seiz Breur sont des dents-de-scies, spirales, triskels, hermines, palettes et plumes de paon[6].

Leur devise est :

« Netra na den ne vir ouzimp kerzout war-du ar pal
Avel a-dreñv, avel a-benn, Seiz Breur, war-eeun !
 »

« Rien ni personne ne nous empêcheront de marcher vers le but
Vent arrière, vent debout, Seiz Breur, tout droit ! »

Le groupe dépose un projet le auprès du comité de l'exposition, quelques semaines après la fondation du mouvement au Folgoët, dans le Finistère. A ce projet est préféré celui de Jean-Julien Lemordant, directeur d'un Comité des arts bretons, qui prévoit la création d'un pavillon nommé le Ty Breiz édifié avenue Dutuit, près du Petit Palais. Les Seiz Breur obtiennent la décoration et l'aménagement de la salle principale dénommée salle de l'Osté, représentant le pays du Trégor et son patrimoine (mobilier, vaisselle, linge...). Ils doivent composer avec les réticences du Comité, à la vision artistique plus traditionaliste[7].

Ils s'inspirent de motifs traditionnels avec une sensibilité proche de l'art déco. Dans le pavillon de la Bretagne l'ensemble du mobilier obtient une médaille d'or[5].

L'aménagement de cet espace comprend du mobilier aux formes modernistes (bonnetière, grand buffet, table, bancs, chaises, crédence), des ustensiles ménagers réalisés par la Faïencerie Henriot de Quimper, des vitraux, des tentures murales, des statuettes et des pichets de René Quillivic, qui accompagna les Seiz Breur sans en faire partie. Deux tissus de Jeanne Malivel, nommés "Fond de feuillage" et "Méandres", devaient être présentés mais ne sont pas réalisés à temps : seuls subsistent les cylindres d'impression de ces œuvres à Loudéac, où elle vécut[7].

La médaille d'or est attribuée par le jury de l'Exposition au groupe et Jeanne Malivel reçoit un diplôme d'honneur pour des céramiques[8].

Le décès de Jeanne Malivel en 1926 interrompt l'élan du groupe[2].

L'Exposition universelle de 1937

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L'Exposition universelle de 1937 relance la seconde génération du groupe avec René-Yves Creston à sa tête[5].

Vue sur la façade de l’entrée du pavillon de la Bretagne.
Montage de trois photographies sur la salle d’art religieux du pavillon de la Bretagne.

Seconde Guerre mondiale

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L'année 1939 est marquée par la mobilisation de nombreux membres pour la Seconde Guerre mondiale. Il y a la rédaction en 1940 d'un manifeste en treize points[9].

La revue Kornog

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La revue Kornog est une revue d’art bilingue (français-breton) publiée à Brest entre 1928 et 1930 initiée par les Seiz Breur[10].

La première page du premier numéro de la revue Kornog, revue du mouvement Seiz Breur, en 1928.

Le groupe est dissout en 1947[11].

Postérité

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Une exposition consacrée aux Seiz Breur a lieu, en 2000 au musée de Bretagne à Rennes[12].

Controverse

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Plusieurs chroniques à caractère antisémite sont publiés dans la revue Ar Seiz(h) Avel. Elles ne semblent pas avoir été écrites par Xavier de Langlais selon Glenn Gouthe[13]. L’entièreté des chroniques rédigées par Xavier de Langlais ont été publiées dans un ouvrage en 2013[14].

Après avoir été exclu de la direction de l'Institut celtique de Bretagne et des Seiz Breur, René-Yves Creston dénonce à la Libération treize membres des Seiz Breur comme ayant été coupables de faits de collaboration[15].

Une partie des artistes passent du « Ni rouge, ni blanc, Breton seulement » au nationalisme breton, puis à la collaboration, espérant que les Allemands leur donneraient l’indépendance[16].

Membres notoires

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Notes et références

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    Références

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    1. 1 2 « Jeanne Malivel, l’artiste des Seiz Breur oubliée de Vitré », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    2. 1 2 « l'Ouest en mémoire - Une identité culturelle bretonne qui s'affirme par l'art - Ina.fr », sur l'Ouest en mémoire (consulté le )
    3. Pierre-Yves Collinet, Le XXe siècle en Bretagne et dans le monde : 1929. Ar Seiz Breur renouvelle l'art populaire breton, Le Télégramme, , page 69.
    4. Philippe Bonnet, « Églises du XXe siècle en Bretagne, de la loi de Séparation à Vatican II (1905-1962), dans Bibliothèque de l'École des chartes », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 163, no 1, , p. 79–116 (DOI 10.3406/bec.2005.463611, lire en ligne, consulté le )
    5. 1 2 3 « l'Ouest en mémoire - Les Seiz breur - Ina.fr », sur l'Ouest en mémoire (consulté le )
    6. Les plumes de paon sont un motif traditionnel de l'art bigouden.
    7. 1 2 René-Paul Lanon, « Elle fut l'une des fondatrices des Seiz Breur, des tissus de Jeanne Malivel redécouverts », ArMen, , p. 50-55
    8. J. J. Rotté, Ar Seiz Breur, p.42-43
    9. 1 2 « Cent ans des Seiz Breur : qu’est-ce que ce mouvement artistique breton ? », sur Le Télégramme, (consulté le )
    10. CRBC, « Kornog – Occident, revue illustrée des arts bretons », sur Bibliothèque Yves-Le-Gallo (CRBC), (consulté le )
    11. aeliance, « Les SEIZ BREUR 1923-1947 - L' Association PEVARZEK », PEVARZEK - Arts de Bretagne, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    12. « l'Ouest en mémoire - Les Seiz breur - Ina.fr », sur l'Ouest en mémoire (consulté le )
    13. Glenn Gouthe, « Xavier de Langlais et la langue bretonne : création, sauvegarde, transmission : étude de la place du breton dans la vie d’une personnalité bretonne du XXe siècle », theses.hal.science, Université Rennes 2, (lire en ligne, consulté le )
    14. Xavier de Langlais, Skignet d'ar seizh avel, Moul. Hor yezh, (ISBN 978-2-86863-169-5)
    15. Le Couédic 2000, p. 203.
    16. « Ar Seiz Breur Retour sur un mouvement culturel breton - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
    17. « Pierre Abadie-Landel | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    18. N. H. U. Bretagne, « Seiz Breur, le mouvement artistique breton avant gardiste qui marqua l'Europe pendant 25 ans, fête son premier centenaire. », sur NHU | Votre Média Breton, (consulté le )
    19. Denis-Michel Boëll, « La Bretagne, terrain d’enquêtes du musée national des Arts et Traditions populaires (1939-1945) : acteurs, enjeux, engagements », dans Du folklore à l'ethnologie, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « Hors collection », , 177–190 p. (ISBN 978-2-7351-1849-6, lire en ligne)
    20. « Portrait d'André Batillat », sur archives.saintnazaire.fr (consulté le )
    21. Archives départementales des Côtes-d'Armor, « James Bouillé. Une certaine idée du régionalisme (1894-1945) », sur FranceArchives (consulté le )
    22. Jean-Marc PINSON, « REPORTAGE. Des trésors du Seiz Breur refont surface à Quimper », Ouest-France, (lire en ligne Accès payant)
    23. « Jules-Charles Le Bozec, un sculpteur tourné vers Dieu | Gazette Drouot », gazette-drouot.com, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    24. « PORTRAIT. René-Yves Creston, ethnologue et grand frère du mouvement des artistes Seiz Breur », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    25. « Suzanne Candré Creston (1899-1979) : à la source des Seiz Breur », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
    26. « Youenn Drezen | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    27. « Le parcours de Jean Fréour, sculpteur breton et artiste batzien | Presse Océan », Ouest-France, (lire en ligne Accès payant)
    28. (en-GB) Douglas Johnson, « Yann Goulet », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
    29. 1 2 Musique classique bretonne, p. 50
    30. « André Dezarrois, l’historien de l’art », sur Becedia, (consulté le )
    31. Glenn Gouthe, « Xavier de Langlais et la langue bretonne : création, sauvegarde, transmission : étude de la place du breton dans la vie d’une personnalité bretonne du XXe siècle », theses.hal.science, Université Rennes 2, (lire en ligne, consulté le )
    32. « Le Louët Marcel - L'ex voto », sur Galerie Stephan (consulté le )
    33. « Edouard MAHÉ | Commune de Retiers », sur www.retiers.fr, (consulté le )
    34. Le Couëdic 1989, p. 20.
    35. « Statuette - Orphée », sur musee-breton.finistere.fr (consulté le )
    36. « Micheau-Vernez | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    37. « Ar Seiz Breur, l’art moderne à la bretonne », sur Le Télégramme, (consulté le )
    38. « Jef Le Penven et le chant populaire breton » Accès libre
    39. « Pierre Péron | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    40. « Francis Renaud, un artiste parmi les artistes », sur Le Télégramme, (consulté le )
    41. « Jakez Riou | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    42. « l'Ouest en mémoire - L'exposition Savina - Ina.fr », sur l'Ouest en mémoire (consulté le )
    43. « Ébéniste et patron de PME, l’aîné des Seiz Breur était né à Saint-Brieuc », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    44. « Yann Sohier | Amis du Musée et de la Faïence de QuimperAmis du Musée et de la Faïence de Quimper », (consulté le )
    45. « Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville », sur ActuaLitté.com (consulté le )
    46. « PORTRAIT. À Ploërmel, Dorig Le Voyer, le pionnier de la bombarde était luthier », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
    47. « Robert Yan (1901-1994) (Seiz Breur), Avant... | Lithographies: enchères », sur drouot.com (consulté le )

    Voir aussi

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    Bibliographie

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    Rue des Seiz Breur, à Rennes.

    Articles connexes

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    Liens externes

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