Selle français

registre généalogique de chevaux de sport français

Le Selle français (SF) est un registre généalogique (stud-book) de chevaux de sport français principalement issus du Pur-sang et sélectionnés sur leurs aptitudes ainsi que sur leurs performances sportives. Il résulte de la fusion en 1958 de l'ensemble des chevaux dits de « demi-sang ». D'origine particulièrement composite et dépourvu de standard fixe, ce cheval ne répond pas à la notion de race. Il est caractérisé par une grande taille, un modèle harmonieux et robuste, ainsi que par sa force et sa réactivité. Le Selle français est élevé sur l'ensemble du territoire français et dans de nombreux pays, notamment grâce à l'utilisation de l'insémination artificielle. Depuis 2002, sa sélection est gérée par l'Association nationale du selle français (ANSF), qui assure sa promotion et son amélioration génétique en prenant la suite des Haras nationaux.

Selle français (SF)
Noblesse des Tess, jument Selle français, lors d'une compétition internationale de saut d'obstacles.
Noblesse des Tess, jument Selle français, lors d'une compétition internationale de saut d'obstacles.
Région d’origine
Région Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de sport
Taille 1,55 à 1,80 m
Poids 525 à 600 kg
Robe Généralement bai ou alezan
Caractère Tranquille mais énergique
Autre
Utilisation Principalement saut d'obstacles et concours complet. Plus rarement dressage, attelage, voltige et TREC

Le Selle français est un cheval de sport polyvalent, qui permet la pratique de nombreuses disciplines équestres en compétition comme en loisir. Il est réputé pour être la meilleure monture au monde en saut d'obstacles, avec de nombreux succès olympiques. Il peut aussi s'illustrer en concours complet d'équitation de haut niveau sur la scène internationale. Des chevaux comme Galoubet A, Flambeau C, Jappeloup, Quito de Baussy, Rochet Rouge, Espoir de la Mare ou encore Donatello d'Auge, parmi de nombreux autres, ont largement contribué à sa renommée. Avec plus de 200 000 individus recensés en France, le Selle français constitue une part économique importante de l'élevage équin, ainsi que l'élevage de chevaux le plus réputé de ce pays.

Dénomination et définition

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L'appellation actuelle du Selle français a été adoptée en 1958. À l'origine, elle désigne tous les chevaux du territoire français destinés à être montés[1],[2]. L'appellation « Cheval de selle français » est aussi employée[S 1]. Le sigle est « SF »[3].

Pour la majorité des spécialistes, le Selle français ne répond pas à la définition d'une race. L'auteur Daniel Babo et la journaliste équestre Emmanuelle Brengard l'assimilent à une appellation[4],[2], les auteurs Bernard et al. et la docteure en médecine vétérinaire Ludivine Vu Phuong à un « label »[5],[S 2], le journaliste équestre autrichien Martin Haller à une « population diversifiée »[6], et la journaliste équestre française Fanny Lattach à une « marque made in France »[P 1]. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) classe cependant le SF parmi les races de chevaux[W 1] ; localement, l'institut français du cheval et de l'équitation considère aussi le SF comme l'une des races françaises de chevaux de selle[S 3].

Histoire

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L'histoire du Selle français en tant que tel est récente, puisqu'elle ne débute réellement qu'après 1945[7]. Comme tous les warmblood, il est extrêmement composite[8]. Il résulte de nombreux croisements, principalement issus des différentes races de demi-sang françaises, et du Pur-sang[8],[9]. Son statut officiel n'a toutefois été défini qu'en décembre 1958, lors de la fusion de toutes les races dites de demi-sang en une seule[8].

Origines

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Dessin au trait d'un cheval vu de profil.
L'Anglo-normand est l'une des races demi-sang souches du Selle français.

Les origines du Selle français sont militaires[10],[11],[3],[S 4], et peuvent être tracées au début du XIXe siècle[12],[13],[8],[S 4]. Pour Babo, il n'est pas possible de parler d'un berceau d'origine pour ces chevaux, puisque se trouvent des origines d'un peu partout en France[4] ; Bernard et al. estiment au contraire que la Normandie est le berceau du SF[11].

En Normandie, des juments autochtones sont alors croisées avec des étalons anglais, Pur-sang et trotteur Norfolk[8],[11]. Ce dernier exerce une forte influence entre 1834 et 1860[14]. L'étalon Young Rattler (1811), importé d'Angleterre, est un Norfolk considéré comme l'ancêtre commun du Trotteur français et du Selle français[15]. Les souches normandes commencent à se spécialiser en chevaux de course au trot, qui deviendront les Trotteurs français, en chevaux de traction, qui deviendront les Cob normands, et en chevaux de selle, qui deviendront les Anglo-normands, prototypes du Selle français actuel[12],[10],[13],[7],[8]. La motorisation progressive des transports pousse des éleveurs à se tourner vers le cheval de cavalerie[16]. Entre 1850 et 1900, le département de la Manche devient « une usine à fabriquer des chevaux de guerre »[S 5].

En 1914, le croisement entre une jument autochtone à orientation carrossière ou militaire et un étalon Pur-sang est reconnu sous le nom de « demi-sang »[17],[18]. Ces chevaux demi-sang se retrouvent dans de nombreuses régions françaises, dont ils tirent généralement leur nom[17]. Bataille et Tsaag Valren considèrent les trois races souches du Selle français comme étant l'Anglo-normand (autour de Caen), le demi-sang du Centre (autour de Cluny) et le Vendéen (autour de La Roche-sur-Yon)[18]. CAB International (CABI) y ajoute le Charolais, le Bigourdan, le Limousin et le Tarbais[19]. L'autrice anglaise Caroline Silver estime que le Selle français est la continuation logique de l'Anglo-normand[20], une analyse que rejoignent Bernard et al., dans la mesure où les haras normands se spécialisent dans le cheval de concours hippique, notamment de saut d'obstacles[11].

Les chevaux de guerre commencent leur déclin après 1914[S 6], puis les derniers régiments de cavalerie disparaissent dans les années 1940[11]. La Seconde Guerre mondiale touche durement l'élevage normand[14],[8],[S 7], mais les éleveurs parviennent à conserver des chevaux de bonne condition[8]. La moitié des équidés du haras national de Saint-Lô ont péri[21]. C'est à cette époque que le Pur-sang Furioso (1939-1967), acheté en Angleterre en 1946, s'impose progressivement comme un chef de race de l'Anglo-normand, puis du Selle français[8],[S 8], en figurant dans la généalogie de nombreux chevaux de sport réputés, dont Lutteur B[S 8]. Le haras national du Pin et celui de Saint-Lô jouent le plus grand rôle dans la sélection[22],[10]. Le cheval n'étant plus un animal de luxe et l'équitation de loisir commençant à se développer, plusieurs éleveurs utilisent le Cob normand en croisement[14]. Le croisement typique s'effectue entre une jument de traction et un étalon Pur-sang[S 2]. La mise en œuvre du plan Marshall, à partir de 1947, a aussi des répercussions considérables sur l'orientation prise par les éleveurs, en les dissuadant de poursuivre l'élevage du cheval de trait[14]. De nouveaux concours d'élevage de chevaux sont organisés[23], tandis que les meilleures juments sont situées dans les haras d'Isigny, Bayeux et Trévières[23].

La création du stud-book de l'Anglo-normand, en 1950, coïncide avec les premiers résultats sportifs internationaux en saut d'obstacles[18],[24].

Fusion des demi-sangs français

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Au début du XXe siècle, les zootechniciens identifient de nombreuses variétés de demi-sangs, dont le Vendéen, le Charentais, le demi-sang du Centre (comprenant le Charolais, le Mâconnais et le Limousin), et surtout l'Anglo-normand[12]. En 1958, sur arrêté ministériel et par application des Haras nationaux, l'ensemble de ces races dites « demi-sang » est fusionné sous le nom de « Selle français »[12],[10],[5],[9],[3],[S 9]. Pour l'auteur italien Gianni Ravazzi, cette décision vise à faciliter le commerce de ces chevaux hors de France, en les rendant plus facilement identifiables[25]. L'autrice américaine Bonnie Lou Hendricks (université de l'Oklahoma) estime cette décision de fusion logique, car les différentes races régionales de demi-sang, toutes influencées par le Pur-sang, se ressemblaient de plus en plus entre elles[9]. D'autres races locales sont intégrées dans cette fusion, notamment le cheval de Corlay et l'Angevin[4]. Les anciennes associations d'éleveurs de races locales perdent leur indépendance dans ce processus, et se regroupent dans la seule association du Selle français[7]. Dès lors, des éleveurs de la Vendée et de l'Ain concurrencent ceux de la Normandie[5].

Le stud-book SF est ouvert à l'inscription des chevaux en 1963[12],[7],[2],[26],[S 10]. Selon ses critères initiaux, il accepte aussi tout cheval demi-sang ayant moins de 25 % d'origines Pur-sang, Trotteur français ou Anglo-arabe[12]. Quelques Barbes ont peut-être fait partie de ces croisements initiaux[13]. L'Arrêté du , premier texte définissant ce qu'est un SF, stipule que :

« Recevront désormais la dénomination de cheval de selle français tous les actuels demi‐sang, type selle. La descendance de deux auteurs ainsi définis conservera cette même appellation. En lignée mâle, la qualification a été fixée par le service des Haras : Tous les produits nés en France d’étalons de demi­‐sang type selle ou d’étalon de cheval de selle français reçoivent la dénomination « cheval de selle français » »

 Arrêté du [S 11]

L'année suivante, une distinction est établie entre le Selle français (SF) et le cheval de selle (CS), le premier étant soumis à une sélection sportive qui ne concerne pas le second ; le règlement interdit aussi à tout cheval de moins d'1,52 m d'entrer au registre SF[S 12].

Les premiers sujets SF sont peu homogènes[17], et le restent jusque dans les années 1970[26]. Ils offrent une grande diversité génétique qui est par la suite complétée par des croisements avec des chevaux Pur-sang, Anglo-arabe et Trotteur français[8]. Les origines normandes sont les plus représentées[27],[10],[18], les étalons Anglo-normands ayant sailli sur l'ensemble du territoire français[12].

Les fils de Furioso (Lutteur B et Pomone B), ainsi que l'étalon Almé (né en 1966), construisent la réputation du SF[7],[S 13]. Le Pur-sang Rantzau (1946 - 1971) est aussi un important fondateur[6]. Selon Emmanuelle Brengard, « cinq étalons peuvent être considérés comme les pères du Selle français » : Furioso, Fra Diavolo, Rantzau, Ultimate et Orange Peel[28] ; Vu Phuong reprend cette même liste en y ajoutant le Pur-sang de croisement plus tardif Laudanum[S 2]. C'est cependant l'étalon Ibrahim, né en 1952, descendant d'Orange Peel et père d'Almé, qui est le premier pilier de l'élevage du SF[P 2],[S 14], à l'origine de la plupart des champions sportifs[13],[28]. L'éleveur Germain Levallois témoigne qu'il n'est pas rare, dans les concours d'élevage des années 1960 et 1970, que quinze pouliches filles d'Ibrahim se classent aux quinze premières places[P 2]. Ibrahim est le père de plus de cinquante étalons SF[P 2].

Du milieu du XXe siècle au début des années 2000

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Photographie en noir et blanc d'un cheval monté sautant un obstacle.
L'étalon SF Galoubet A en 1981.

Avec la création du registre généalogique (stud-book), le SF est sélectionné uniquement pour les sports équestres, de nombreux arrêtés subséquents limitant les inscriptions au stud-book aux animaux capables de bonnes performances sportives[S 15]. Depuis les années 1960 jusqu'à nos jours, il est présent sur la scène sportive internationale avec succès. Dans les années 1970, le SF a la réputation d'être un grand cheval peu élégant avec un profil busqué, et trottant mal[P 3],[26]. Il existe de grandes divergences entre les chevaux, ceux provenant des Anglo-normands étant généralement plus massifs que les autres[P 4]. Dans les années 1980, l'INRA et les Haras nationaux mettent en place le BLUP, un indice génétique pour estimer la valeur des chevaux de sport français[P 5]. L'informatisation de ces données de performances permet « de faire de grands progrès dans l'amélioration » du SF[6]. Cette tutelle des organismes publics suscite certaines critiques d'éleveurs, mais elle permet de moderniser l'élevage, avec notamment l'introduction de l'insémination artificielle[P 4], plus précoce en France que dans d'autres pays[7]. Le stud-book SF limite longtemps les croisements autorisés à quatre races : Pur-sang, Arabe, Anglo-arabe et Trotteur français[29],[26]. Puis, les sujets se sont homogénéisés et affinés pour devenir des chevaux de sport alliant force et sang chaud[17],[26]. L'arrivée de l'insémination artificielle dans les années 1980 et 1990, suivie de la création de la World Breeding Federation for Sport Horses (WBFSH), entraînent une ouverture accrue du stud-book et un recours fréquent à des reproducteurs issus d'autres pays européens, notamment allemands, belges, néerlandais et anglais[26],[S 16]. Les éleveurs peuvent ainsi renouveler les courants de sang et éviter l'usage répétitif des mêmes reproducteurs[S 16]. Le transfert d'embryon est aussi introduit plus tôt pour le SF que dans d'autres pays d'Europe[7]. Entre 1974 et 2002, 6 000 à 10 000 poulains SF naissent chaque année en France[S 17]. Entre 1976 et 1999, les nouvelles naissances progressent de plus de 38 %, démontrant l'intérêt suscité parmi les éleveurs[30]. Jusqu'au milieu des années 1990, seuls les croisements du Pur-sang, de l'Anglo-arabe, du Trotteur français, de l'Arabe et des chevaux labellisés par les Haras nationaux sont autorisés à porter l'appellation de Selle français[2]. En 1992, l'un des parents doit porter l'appellation pour que son poulain puisse la porter à son tour[2]. En 1995, des limitations sont introduites à l'inscription des chevaux ayant un seul parent SF[S 18].

Depuis les années 1990, les organismes publics français se sont progressivement désengagés de la gestion du SF[P 4],[S 19]. En 1999, un tiers des étalons SF appartiennent aux Haras nationaux[30]. En , un transfert de compétences s'opère entre les Haras nationaux et l'Association nationale du selle français (ANSF) qui est depuis le seul organisme habilité à le gérer, mettant fin à une exception française au regard de l'élevage des chevaux de sport[P 6]. Le nombre d'étalons approuvés pour la reproduction en SF triple entre les années 1990 et 2000[5].

Internationalisation et crise identitaire

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Cheval marron et noir vu de profil monté sautant un obstacle.
Présentation de l'étalon national Hurlevent de Brekka au haras national de Cluny en 2011.

En 2003 ou 2005[2], le stud-book SF est divisé en deux parties : la section A pour les SF « purs », issus de deux parents Selle français, et la section B pour les chevaux de croisement, nés d'un seul parent SF[17],[31], l'autre parent pouvant ne pas être évalué en France[2]. Cette distinction est abandonnée le pour mieux répondre aux critères du classement de la WBFSH[P 7], les deux sections sont refondues dans le seul stud-book Selle français, permettant à des chevaux sans origines génétiques SF de se voir apposer la « marque » SF[32]. L'ouverture du stud-book aux courants de sang étrangers transforme le modèle, favorisant des têtes jugées plus élégantes et des encolures mieux attachées[P 8]. Cela provoque aussi la disparition d'anciennes spécificités[P 8],[26]. De nombreux éleveurs s'opposent à cette orientation de la sélection[2], en particulier Fernand Leredde[33]. Les évolutions du marché du cheval de sport rendraient toutefois difficile une fermeture à ces croisements[28].

Selon Fanny Lattach, depuis lors, la définition même de race ne peut plus s'appliquer au Selle français, qui s'apparente à une « marque made in France »[P 1]. Pour Amélie Tsaag Valren, le Selle français a perdu son identité et n'est qu'à peine distinct des autres chevaux de sport européens[26]. En effet, un cheval issu d'un même croisement (par exemple Baloubet du Rouet x jument par Kannan) peut être inscrit comme SF ou comme BWP au choix de ses éleveurs, et être autorisés à se reproduire dans un très grand nombre de stud-books européens[S 20]. De plus, l'ouverture aux croisements mène à ce que de jeunes chevaux sans origines génétiques SF soient élus « champions de race »[32]. L'un des exemples est Tobago Chevrier, élu champion des trois ans mâles aux « Journées du Selle Français » à Saint-Lô en 2010 alors que son père est le Holsteiner Clinton et sa mère une jument Hanovrienne passée au stud-book SF[P 9].

Le stud-book SF traverse une crise identitaire depuis cette ouverture aux chevaux étrangers, notamment en ce qui concerne le risque de perdre les spécificités (mental...) propres aux chevaux génétiquement SF[P 10],[P 4]. Interrogée par la journaliste Fanny Lattach, l'ANSF répond que cette tendance suit la demande du marché des chevaux de saut d'obstacles[P 1]. Certains éleveurs réfractaires à ces changements se sont séparés du stud-book SF pour recréer celui de l'Anglo-normand[S 20]. En 2013, un label « selle français originel » est créé pour répondre au désir de protéger les lignées purement françaises[P 5],[S 21]. Ainsi, seul le Selle français portant ce label originel conserve l'identité de la race[S 21].

Durant les années 2010, les éleveurs de SF rencontrent des difficultés dans leur activité avec la disparition des primes d'état et la crise économique[P 7],[S 22], mais ils parviennent à vendre environ 70 % de leurs chevaux à l'étranger[P 7]. La fin de l'étalonnage public des Haras nationaux en 2010 entraîne une baisse notable des étalons en activité, surtout marquée en 2012 et 2013[S 23]. Entre 2010 et 2013, environ 2 000 élevages disparaissent[S 3]. Au milieu des années 2020, des tensions portent sur l'approbation des candidats étalons, dont le nombre a augmenté à environ 130 chaque année, ce que certains éleveurs déplorent en jugeant ce nombre trop important[P 11].

Description

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Une jument marron foncé avec sa pouliche vues de profil
La poulinière Rita la Rouge avec la pouliche Myrtille Paulois, en 2000.

Le Selle français non-originel n'est plus considéré comme une race distincte depuis l'ouverture de son registre généalogique (stud-book) aux chevaux d'origines non-françaises, et l'inclusion de chevaux sans origines génétiques SF à ce registre[S 24]. Il s'agit plutôt d'une marque de chevaux de sport[P 1],[P 12], ou d'un « amalgame » de races et de types[13],[7],[19], comparable aux autres chevaux de sport européens[S 20].

Taille et poids

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Il peut être de toute taille, avec un large éventail allant de 1,55 à 1,80 m[34], mais il est généralement de grande taille[6],[9],[35], de nombreux sujets dépassant 1,72 m[9]. La sélection sur le saut d'obstacles a en effet eu pour conséquence d'augmenter la taille[5]. La souche anglo-normande est historiquement la plus grande, rarement moins de 1,60 m et jusqu'à 1,80 m[12].

L'autrice allemande Jessica Bunjes cite une fourchette de 1,66 à 1,75 m[7], et Emmanuelle Bengard 1,60 à 1,75 m[36]. Edwards indique en 2016 une taille toujours supérieure à 1,63 m[8] ; l'encyclopédie de CABI (édition de 2016) indique 1,54 à 1,73 m[19]. Plusieurs encyclopédies donnent 1,65 à 1,70 m[3],[26] ; le dictionnaire Belin annonçant une moyenne beaucoup plus élevée, soit 1,78 m[37].

Le poids va de 525 à 600 kg[26].

Morphologie

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Cheval marron et noir vu de profil sur fond blanc
Hongre Selle français au modèle.

Le type est médio-longiligne[15],[34] et généralement imposant, doté d'une grande masse musculaire[36]. En raison de la diversité de ses origines et de la variabilité de sa conformation, le Selle français n'a pas de standard de race[P 13],[38],[9],[35],[26]. Il est athlétique et doté d'un modèle équilibré, harmonieux et puissant[38],[9],[26], avec une bonne conformation musculaire[22]. Il ressemble surtout au Pur-sang, et secondairement au Trotteur français[22]. Historiquement, le SF a souvent été dénigré pour son modèle, accusé de manquer de distinction au niveau de la tête, et de manquer d’homogénéité[P 14].

La tête est parfois longue et lourde[39],[9],[26], petite selon Bongianni[15] et Edwards[40], de taille moyenne selon Martin Haller[6],[11]. Elle est large[41],[42],[10],[36], avec un profil rectiligne ou convexe[42],[15],[40],[34],[36],[3]. D'après Haller, elle est le plus souvent légèrement busquée (convexe)[6]. Elle est devenue plus fine que celle de la souche anglo-normande d'origine[40], sa forme s'affinant au niveau des naseaux[41]. D'après Elwyn Hartley Edwards, elle présente cependant une réminiscence de l'influence du Trotteur français[43]. Le front est large[40],[3]. Les oreilles sont longues[41],[15],[42],[34],[3],[40],[26] et mobiles[40],[42],[10].

Les yeux, historiquement petits[26], sont enfoncés dans leur orbite[15],[40],[34],[26] et écartés l'un de l'autre[41],[40],[10]. Les joues sont sèches[40] et les ganaches prononcées[15],[40],[34],[36],[26].

Le corps est cylindrique[13]. L'encolure est longue[41],[15],[42],[9],[36],[43],[26] mais forte et puissante[41],[42],[6],[3],[26], fonctionnelle[6] et musclée[10], dégageant d'après Edwards une certaine élégance[43] qui différencie le Selle français du Trotteur français[40]. Elle est bien attachée au garrot qui, lui, est plutôt saillant[15],[40],[6],[3],[26] et long[15],[40],[34],[26], soit très avancé dans le dos[6]. D'après le Dr Jacques Sevestre, certains chevaux influencés par le Cob normand avaient hérité d'un garrot plus plat[42].

L'épaule est longue et inclinée[15],[40],[6],[34],[3],[26], forte[42] et massive[36], la sélection ayant éliminé les épaules droites caractéristiques de certains Anglo-normands[40]. La poitrine est profonde[42],[43] et le poitrail large et ouvert[41],[42],[36], le thorax ample et profond[15]. Le passage de sangle est profond[41]. Le dos est droit[15],[3],[10],[26] et plutôt long[41],[42],[10],[36]. Le rein est à l'inverse assez court[42],[36], mais puissant[6]. La croupe est musclée[26], allongée et légèrement oblique selon une majorité d'auteurs[15],[34],[3],[26], ou bien horizontale selon Sevestre et Rosier[42]. Elle est généralement longue et large[6], la largeur et la puissance de l'arrière-main étant un excellent atout pour le saut d'obstacles[43].

Membres et crins

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Les membres sont plutôt longs[42], solides et musclés[15],[34],[3]. L'avant-bras est puissant[43]. Les jarrets puissants indiquent là aussi une aptitude au saut[43]. Les genoux ont été recherchés plus larges avec la sélection[40],[43], les articulations sont sèches[15],[34] et puissantes[6], et les tendons détachés[15]. Le canon est court[15],[6], et fin[15],[34], mais selon Edwards, son diamètre est rarement inférieur à 20 cm[40],[43]. Le paturon est incliné[43]. Le pied est solide et dur[15],[34],[26]. Les chevaux élevés uniquement en pâturage ou dans un marais ont une corne moins solide[42].

Les crins de la queue sont clairsemés[10].

Le Selle français présente généralement une robe baie sous toutes les nuances (la plus fréquente[P 15]) ou alezane[9],[38],[36], cette dernière étant l'héritage de ses origines Anglo-normandes[38], considérée comme la robe la plus typique et commune par Edwards[8] et Kholová[10]. Jusque dans les années 1990, l'alezan était majoritaire[44]. Les chevaux de robe baie se vendent généralement plus facilement que les alezans, bien qu'il n'existe aucune relation connue entre couleur de robe et performances[P 16]. Le bai-brun est également bien représenté[38],[22], avec environ 14 % de chevaux SF portant cette robe[P 15],[44]. La robe grise est beaucoup plus rare[42],[38],[7],[3], et trouve son origine dans des croisements avec le Pur-sang, l'Anglo-arabe, ou des races non-françaises qui en ont augmenté récemment la fréquence[44]. Les marques blanches, comme les balzanes, sont également assez fréquentes[38],[3], et héritées ici encore des souches normandes[38],[44].

Toutes les robes sont autorisées[10],[39]. Contrairement à une erreur répandue, certains gènes de couleur existent chez le SF, notamment le gène Crème présent chez une trentaine de sujets inscrits au registre généalogique (en 2018), et les robes pie[P 16]. Certains éleveurs tentent de développer ces lignées[P 15],[P 16],[44]. L'aubère est également représenté[15],[22],[11], de même que le rouan[9]. Par contre, la génétique de la robe blanche a été perdue pour le SF en raison de la castration de Habiblanc d'Auvers, le seul SF blanc connu[P 15].

Tempérament, entretien et allures

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Cheval roux vu de face.
Hongre selle français dans son pré.

Le tempérament est très variable d'un cheval à l'autre[45],[35]. Cette caractéristique est liée à la sélection des reproducteurs depuis la création de la race[45]. Le Selle français n'a longtemps été sélectionné que sur ses qualités sportives[3],[45],[35] et son modèle, au contraire des chevaux américains sélectionnés sur leur mental[45],[35]. Il est réputé plus énergique que les autres demi-sangs sportifs[22]. Une démarche sur la qualité du mental a été entreprise par l'ANSF et les éleveurs durant les années 2000 afin d'orienter la sélection dans l'élevage[45],[35]. Le mental délicat ne se limite qu'à certaines lignées[45], notamment celle de Rantzau, dont les poulains sont réputés pour ce caractère difficile[P 17]. La grande majorité des Selle français est dotée d'un bon tempérament[41],[10],[13],[9],[25],[45],[35]. Tranquille mais énergique[15],[10],[34], c'est un cheval réputé patient, gentil et proche de l'humain[45]. Il est connu pour son intelligence[7],[3] et naturellement doté d'une bonne capacité d'apprentissage[35].

Le Selle français demande une alimentation riche et abondante, ainsi qu'un apport en minéraux[42].

Les allures sont souples et vigoureuses, caractérisées par des foulées très longues[22],[10] et énergiques[6].

Génétique

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L'analyse de la structure génétique de l'ADN mitochondrial du SF démontre une forte influence du Pur-sang ainsi que des origines européennes, vraisemblablement des races locales françaises[S 25]. C'est de très loin le Pur-sang qui est le principal ancêtre du SF, à 46 %[S 26],[S 27] : il est à la base de tous les warmbloods européens et le SF n'y fait pas exception[S 28]. Matchem, Herod et Eclipse figurent ainsi dans la généalogie de nombreux SF actuels[7],[P 17],[S 29]. Dans les générations plus proches, toutes les lignées réputées de SF comptent au moins un Pur-sang dans leurs origines, comme Furioso, Rantzau, Ultimate, Le Mioche ou Laudanum[P 17]. Ibrahim, Almé et Jalisco B appartiennent à la même lignée, celle d'Orange Peel[S 14].

Certains chevaux SF se rapprochent aussi génétiquement de l'Arabe[S 30]. La contribution génétique du Barbe a été elle aussi démontrée pour la population SF d'Algérie[S 31].

Sélection

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Logo bleu blanc et rouge avec des têtes de chevaux stylisées et Selle Français écrit dedans
Logo de l'Association nationale du selle français.

La sélection du SF est gérée par l'Association nationale du selle français (ANSF), association à but non lucratif agréée officiellement le comme organisme de sélection[W 2],[S 32]. Elle assure un rôle de représentation auprès des intervenants et interlocuteurs du monde équin ainsi que du public, et veille aussi à l'orientation de la sélection génétique du SF[W 3],[W 2].

Un grand nombre de croisements sont possibles[5]. En 1987[15], avant l’ouverture aux croisements avec des chevaux nés hors de France, environ 45 % des SF étaient engendrés par un étalon SF, 33 % par un Pur-sang, 20 % par un Anglo-arabe et % par un Trotteur français[15],[19]. En 2002, 30 % des saillies en Anglo-arabe étaient destinés au SF[46]. Les autorisations de croisement mettent le SF en harmonie avec les directives européennes, et ont permis de faire baisser sa consanguinité de 4 % à 1,5 %[P 1]. Le stud-book détermine ainsi que pour être inscrit comme SF, il faut que les deux parents soient Selle français ou bien inscrits à un stud-book reconnu par la WBFSH, l'étalon devant être reconnu « facteur de SF »[W 4],[W 5]. Dans les années 2010, quatre reproducteurs sont particulièrement représentés : Baloubet du Rouet, Quick Star, Diamant de Semilly et Quidam de Revel[S 33].

Les mâles doivent suivre le cycle de sélection des candidats étalons pour pouvoir se reproduire en SF[W 6],[S 34]. Ils passent devant une commission d’approbation, qui exige des critères spécifiques[W 6], avec un testage de dix jours[W 7] ou d'une semaine, près de Saint-Lô[S 35]. Les critères de qualification sont basés sur l’ascendance, le modèle, les allures, les performances et les indices de performances (ISO, et autrefois BLUP)[7]. D'après CABI, l'aptitude au saut compte pour 30 % de l'évaluation, le modèle compte pour 40 %, et le mouvement compte pour les 30 % restants[19]. Chaque année, la commission voit passer environ 250 candidats étalons de deux ans, et 150 de trois ans[W 6].

Marque en forme d'hexagone avec les lettres SF au centre
Marque au fer du selle français.

Les juments facteur de SF ont plusieurs origines. Les juments Pur-sang, AQPS, Anglo-arabe pur ou de croisement, et Trotteur français, sont considérées comme facteur de Selle français originel[W 4]. Les juments appartenant à une race étrangère de chevaux de selle reconnue par l’Union européenne ou bien origines constatées et approuvées, sont aussi considérées comme facteur de SF[W 4]. Les juments arabe, demi-sang arabe, cheval de selle ou origines constatées ayant obtenu un indice individuel en compétitions équestres (CSO, CCE ou dressage) supérieur ou égal à 110 le sont également[W 4].

La Grande semaine de Fontainebleau est une étape importante dans le processus de sélection des SF. Cette compétition de saut d'obstacles accueille plus d'un millier de jeunes chevaux âgés de 4 à 7 ans, qui se voient décerner des mentions selon leurs performances : Très bon, excellent ou élite. La compétition attire de nombreux marchands de chevaux depuis toute l'Europe, désireux d'acquérir un cheval de Grand Prix[P 18]. L'insémination artificielle en sperme congelé est la technique de reproduction majoritaire chez le Selle français, la monte naturelle en main étant de moins en moins utilisée[S 36]. Le transfert d'embryon vers une jument porteuse est également autorisé[S 37].

Comme tous les chevaux d'obstacles, le SF qui pratique ce sport est soumis à une forte tension ostéo-articulaire qui peut provoquer de l'arthrose[47]. Les sujets les plus lourds sont également prédisposés à la maladie naviculaire et aux maladies des pieds[42]. Le SF fait l'objet du suivi sanitaire typique des chevaux de sport susceptibles de sortir en compétition internationale, avec dépistage de l'anémie infectieuse équine, de la métrite, de l'artérite virale équine, de la grippe équine et de la rhinopneumonie[47].

Les maladies génétiques présentes chez le SF ont fait l'objet d'une analyse scientifique publiée en 2022, basée sur 91 chevaux sélectionnés aléatoirement en France, en Algérie et en Pologne[S 27]. Ses résultats prouvent la présence des allèles responsables de la myopathie à stockage de polysaccharides chez 4 % des sujets testés, dans la version hétérozygote[S 38]. Environ 6 % des SF sont porteurs sains hétérozygotes de la mutation responsable du syndrome du poulain fragile, mortelle chez les sujets homozygotes[S 39]. Ces analyses concluent à l'absence des gènes responsables de l'abiotrophie cérébelleuse[S 40].

Utilisations

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Le Selle français est un cheval de sport[48],[7], et secondairement de loisirs[7]. Il est reconnu comme l'un des meilleurs chevaux au monde en saut d'obstacles (CSO) et concours complet d'équitation (CCE)[3],[22],[49],[47]. Grâce à ces qualités, le SF fait partie d'équipes internationales dans ces deux disciplines, en France et dans d'autres pays[50]. Depuis les années 2000, il est parmi les leaders mondiaux, tant en CSO qu’en CCE, en figurant toujours parmi les cinq meilleurs stud-books au classement de la WBFSH de CSO[47], et parmi les sept meilleurs en CCE[51]. Le SF est le stud-book le plus représenté aux Jeux équestres mondiaux de 2002 à Jerez, et aussi le plus titré lors de cette échéance sportive[P 19]. Il fait face à une très rude concurrence d'autres stud-books à orientation sportive, notamment allemands[P 14]. Les SF sont généralement formés après 3 ans révolus[S 41]. Les prix de vente des chevaux sont déterminés par leur degré d'expertise, leur âge, et la discipline équestre dans laquelle ils sont spécialisés[S 42]. Un SF de saut d'obstacles de niveau professionnel se négocie plus de 40 000  en 2013, alors qu'un cheval d'amateur peut se trouver à partir de 4 000  la même année[S 42]. La plupart des éleveurs visent le commerce de chevaux d'élite[S 43]. Il faut généralement vendre un cheval de six ans formé à une discipline sportive plus de 20 000  pour que ses éleveurs et propriétaires rentrent dans leurs frais (pension, formation, maréchalerie, soins, etc)[S 44]. La majorité des ventes se font à l'amiable, parfois en passant par un marchand de chevaux[S 45]. Il existe aussi des ventes aux enchères spécialisées, comme les ventes Fences[S 46].

Il existait un élevage sélectif de Selle français très influencé par le Pur-sang, pour les courses d'obstacles[4],[50],[52]. Ils entrent depuis 2006 dans le registre généalogique de l'Autre que Pur-sang (AQPS)[53].

Saut d'obstacles

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Le Selle français est majoritairement sélectionné et réputé pour ses aptitudes au saut d'obstacles[15],[4],[6],[3],[8],[18],[S 47], ce qui inclut l’équitation hunter[51]. Sa morphologie et son mental sont adaptés aux sauts[13],[51]. Sur les parcours de saut d'obstacles, il déploie beaucoup d'effet de bascule, accompagné de mouvements rapides des antérieurs[7]. Des témoignages anecdotiques d'éleveurs et de cavaliers font valoir que ces chevaux adorent sauter, et franchissent de leur plein gré des obstacles en liberté[35]. En 2006, plus de 19 000 SF sont engagés en compétition de CSO en France[5]. Les compétitions organisées sur le territoire français sont très nombreuses et offrent de multiples opportunités aux éleveurs pour valoriser leurs jeunes chevaux[S 48]. De 2023 à 2025, le SF est le premier stud-book au classement mondial WBFSH en CSO[W 8] ; aussi, le SF est réputé être le meilleur cheval d'obstacles au monde[11].

Galoubet A (1972-2005), médaille d'or par équipe aux championnats du monde[54] de 1982 monté par Gilles Bertrán de Balanda, est un étalon qui a brillé tant par sa carrière sportive[47] que par la qualité de ses descendants[S 49]. Il est ainsi le père de Baloubet du Rouet, né en 1989, champion olympique aux Jeux olympiques d'Athènes de 2004 et triple vainqueur consécutif de la Coupe du monde de saut d'obstacles sous la selle de Rodrigo Pessoa[P 20],[S 50],[13]. Jalisco B (né en 1975) est également un étalon performer, qui a participé aux Jeux olympiques d'été de 1988 à Séoul et eu plus de 500 descendants[S 51].

Flambeau C, né en 1971, est devenu l'un des piliers de l'équipe de France de CSO des années 1980 sous la selle de Frédéric Cottier et a participé notamment aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles, où il termine 7e en individuel[55], et aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul, où il remporte la médaille de bronze par équipe[56]. Les années 1980 sont également marquées par l'incroyable parcours de Jappeloup (1975-1991), petit cheval noir au physique atypique et aux allures peu avantageuses[54],[57]. Doté d'un coup de saut impressionnant, il a remporté deux titres de champion de France en 1982 et 1986, un titre de champion d'Europe en 1987, plusieurs médailles par équipe aux championnats d'Europe et du Monde, et une médaille d'or aux Jeux olympiques d'été de 1988 à Séoul avec son cavalier Pierre Durand[57]. Dans les années 1990, plusieurs SF s'illustrent dans les compétitions internationales : Quidam de Revel, né en 1982, médaille de bronze par équipe aux Jeux olympiques d'été de 1992 à Barcelone, sous la selle d'Hervé Godignon[P 21],[P 19] ; Quito de Baussy, né en 1982, champion du monde, champion d'Europe, médaille de bronze par équipe aux Jeux olympiques d'été de 1992 à Barcelone sous la selle d'Éric Navet[P 22], Rochet Rouge (1983-2008), champion d'Europe en 1999 à Hickstead et médaillé de Bronze aux Jeux olympiques d'été de 1996 à Atlanta en individuel avec Alexandra Ledermann[58], et Atout d'Isigny (1988-2011), vice-champion du monde en 1998 avec Éric Navet[59].

Quatre étalons SF, Crocus Graverie, Dollar de la Pierre, Dollar du Mûrier et Diamant de Semilly, sont champions du monde de saut d'obstacles en 2002 à Jerez de la Frontera, un évènement qui bénéficie à l'élevage français[P 23],[13].

Les années 2010 sont marquées par les succès d'Orient Express[P 24], Mylord Carthago[47], Nino des Buissonnets[P 25], Mic Mac du Tillard[W 9], Quickly de Kreisker[P 26], Myrtille Paulois[S 52] ou encore Ryan des Hayettes[P 27]. Durant les années 2020, les Selle français originels Blood Diamond du Pont et Donatello d'Auge figurent parmi les meilleurs chevaux de CSO[W 10],[W 8], aux côtés de Dexter de Kerglenn, d'Ermitage Kalone, de Dynastie de Beaufour et de Fleur d’Oz[W 8].

Le SF s'illustre aussi sous couleurs étrangères[S 53]. En 2013, parmi les 100 meilleurs chevaux de CSO mondiaux, 17 sont des SF[S 53]. Ainsi aux Jeux Olympiques de 2012 à Londres, le cavalier suisse Steve Guerdat décroche la médaille d'or individuelle en saut d'obstacles en montant Nino des Buissonnets[43],[P 28]. Le cavalier autrichien Christian Rhomberg a gagné de très nombreuses places au classement international de saut d'obstacles en 2017 et 2018 en montant le hongre SF Saphyr des Lacs[P 29]. Un certain nombre de ventes se font à l'issue du cycle classique, des acheteurs français ou non venant rencontrer les propriétaires du cheval pour savoir si celui-ci est à vendre[S 54].

Les étalons SF sont parmi les mieux classés en reproducteurs pour le CSO ; en 2013, 3 SF sont parmi les 5 meilleurs reproducteurs[S 55].

Concours complet d'équitation

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Lorsqu'il est près du sang, le SF est aussi très compétitif en concours complet[60]. Sa vitesse et sa vigueur, héritées du Pur-sang, lui permettent d'assurer tout au long des trois épreuves imposées par la discipline[60]. Par comparaison au saut d'obstacle, il est cependant peu présent sur le marché étranger[S 56]. De plus, les cavaliers de complet français ne sont pas parmi les mieux classés sur la durée[S 56], les meilleurs cavaliers étant anglais[S 57]. Moins de 10 % des SF sont destinés au concours complet[S 56]. Néanmoins, le SF représente de loin la majorité des engagements en compétition de complet en France[S 56]. L'élevage pour cette discipline est de plus en plus spécialisé[S 58]. La majorité des chevaux de concours au niveau amateur sont polyvalents, sortant en compétition de saut d'obstacles en plus des compétitions de complet[S 59].

En 2011, le SF est le meilleur stud-book au classement mondial de cette discipline[S 56]. Il recule en 4e position l'année suivante, puis à la 6e place en 2013[S 59]. Depuis 2004, il se classe régulièrement 2e ou 3e stud-book mondial[S 59].

En 2002, Espoir de la Mare est médaille d'or individuelle de la discipline et médaille d'argent par équipes, laquelle équipe de France comporte deux autres SF : Free Style et Fine Merveille[P 30]. L’équipe championne olympique en CCE à Athènes en 2004 est uniquement composée de SF : Espoir de la Mare, Galan de Sauvagère, Expo du Moulin et Fine Merveille[61]. La cavalière allemande Sandra Auffarth devient championne du monde lors des Jeux olympiques de 2012[P 31] puis double médaille d'or des jeux équestres mondiaux de 2014 avec le Selle français Opgun Louvo, né en Normandie[P 32].

Dressage et équitation de tradition française

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En dressage, le SF est moins réputé en raison d'une absence de sélection[P 30],[7],[62],[51]. Il peut manquer de l'amplitude dans ses allures et de la grâce nécessaire aux bons classements[51]. Il fait face à la rude concurrence des chevaux d'Europe du Nord, qui ont généralement davantage d'amplitude[63]. De plus, les éleveurs français orientent leurs chevaux vers le saut d'obstacles, discipline plus populaire et plus rapidement rentable, ce qui prive parfois le circuit dressage de bons chevaux[P 30],[63]. Les raisons en sont aussi culturelles, le dressage étant une discipline équestre peu valorisée en France[P 30],[62], les élevages spécialisés sont rares[51],[S 60] et ne disposent pas de chevaux bien indicés en compétition[S 60]. En 2006, environ 2 000 SF participent à des compétitions de dressage en France, ce qui représente la moitié des engagements en compétition[5]. Ainsi, environ 10 % des SF sont destinés au dressage, essentiellement pour une pratique en amateur[S 61]. Les cavaliers de dressage français de haut niveau font plutôt appel à des chevaux néerlandais ou allemands, voire au Pure race espagnole[P 33]. Ainsi, plus le niveau de compétition de dressage est élevé, plus la proportion de SF diminue[S 62].

En 2015, le SF est au vingtième rang mondial de la discipline, soit loin derrière des stud-books tels que le KWPN néerlandais et le Hanovrien d'Allemagne[51]. Il oscille entre la 19e et la 29e place mondiale entre 2010 et 2014[S 63].

Le Cadre noir utilise une cavalerie majoritairement composée de SF[P 34]. L'École nationale d'équitation (ENE) achète des SF âgés de 3 ans, qui sont orientés vers une discipline particulière l'année suivante en fonction de leurs aptitudes[W 11].

Attelage, TREC et voltige

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Le SF est également un excellent cheval d'attelage[64],[51], de voltige et de Techniques de randonnée équestre de compétition (TREC)[48],[51], disciplines dans lesquelles il est présent sur la scène internationale[65]. Galant du Centaure a été sacré champion du monde de TREC en 2002 avec Tristan Gracient[P 30]. Farceur Brécéen est pour sa part le champion du monde de voltige de 2002 avec Matthias Lang[P 30].

Le SF est aussi monté en compétitions d'endurance, mais il n'est pas prédisposé à cette discipline[S 64].

Loisirs, instruction et enseignement

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Jument rousse vue de profil portant une selle, un licol et une bride.
Jument Selle français, Kaline de Faye (Saivres, France), harnachée pour une pratique de sport-loisir amateur.

Bien que l'objectif initial des éleveurs de SF soit de faire naître des champions de concours[P 30], dans les faits, plus de la moitié des SF qui naissent ne sortent jamais en concours de leur vie[P 35],[62]. Un grand nombre de ces chevaux sont vendus à des cavaliers amateurs, et servent essentiellement de montures de loisir[P 35],[62] et de chevaux de famille[P 35], leur résistance à l'effort en extérieur étant appréciée[51]. Néanmoins, cet usage doit tenir compte de la puissance potentielle de tels chevaux[35]. De plus, le SF n'a pas la réputation d'être un bon cheval de loisir[P 35]. Il n'est pas rentable pour les éleveurs de faire naître des chevaux sélectionnés spécifiquement pour les loisirs[P 35].

Le SF est aussi un cheval d’instruction, les sujets de moindre qualité sportive constituant une grande partie de la cavalerie des centres équestres[4],[P 35],[48],[35],[65],[3]. Sa polyvalence y est appréciée[65].

Il peut enfin être monté pour des missions de surveillance[39]. Une majorité de la cavalerie de la Garde républicaine est composée de SF[35].

Croisements

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Le Selle français a une grande influence sur d'autres stud-books de chevaux[6],[49],[S 65], surtout les chevaux de sport européens[7],[26]. Cor de la Bryère influence ainsi le Holsteiner, Almé le Zangersheide, Furioso l'Oldenbourg, et Quidam de Revel s'est diffusé au Danemark[66],[S 40], en Allemagne et en Belgique[S 66]. Cor de la Bryère est probablement l'étalon le plus récurrent dans la généalogie de l'élite mondiale du saut d'obstacles[S 67]. Il figure comme ancêtre de 70 % des Holsteiner, et a aussi influencé l'Oldenbourg[S 65].

Le président de l'ANSF Eric Chauvin estime que 40 % des chevaux de sport allemands ont au moins un parent SF en troisième génération[67]. Il est aussi entré dans la généalogie du cheval de sport belge[68] et du KWPN[69].

Diffusion de l'élevage

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La FAO considère le Selle français comme une race transfrontière à diffusion internationale, sur laquelle ne pèse aucune menace d'extinction (2010)[W 1]. C'est l'un des chevaux les plus répandus en France[3]. L'utilisation de l'insémination artificielle joue un rôle important dans sa diffusion[70].

En France

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Jument marron et noire vue de trois quart arrière, avec un gros ventre.
Jument Selle français gestante.

Localement, l'institut français du cheval et de l'équitation considère le SF comme l'une des races françaises de chevaux de selle[S 3]. L'élevage en est très présent en Normandie du fait des souches normandes liées à ses origines[70],[65]. C'est de très loin le département de la Manche qui compte le plus grand nombre d'élevages, soit plus d'un millier en 1999[30]. Le haras de Saint-Lô reste l'un des hauts lieux du Selle français[30],[7]. Les haras nationaux du Pin et de Cluny sont deux autres lieux historiques d'élevage[7].

On dénombre cependant des élevages partout sur le territoire français, dans chaque région[30],[65], le Selle français représentant une part importante de l'économie de l'élevage chevalin en France, avec des prix de vente qui ont fortement progressé à la fin des années 1990[30]. Le Nord, la Picardie et la Bourgogne sont les régions d’élevage principales après la Normandie[30]. Un repli est constaté au début des années 2010[65],[S 68], le nombre de juments saillies étant passé de 2 777 en 2000 à 1 415 en 2013[S 68], et les naissances de poulains ayant constamment diminué[S 69]. Le Selle français compte pour 40 % des chevaux de selle élevés en France entre 2008 et 2013[S 70].

La très grande majorité des éleveurs ont des effectifs réduits, les trois quarts n'ayant qu'une seule poulinière[S 70]. Une centaine d'éleveurs ont plus de dix chevaux (en 1999)[30].

Effectifs du Selle français en France
Année Effectif total Étalons en service Naissances / an Nombre d'élevages[Note 1]
1983 10 453[W 12]
1990 14 435[W 12]
1999 ~ 630[30] > 8 200[30]
2006 506[70] ~7 264[71] 8 237[71]
2012 ~ 700[72] > 7 000[72]
2013 467[65] 6 222[65] ~5 700[65]
2018 201 541[Note 2],[W 12]
2020 208 810[W 12]

Dans le reste du monde

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Le Selle français est exporté vers de nombreux pays[25],[3],[S 71] et s'est diffusé dans toute l'Europe[15],[7].

L'ANSF possède également des annexes dans plusieurs pays. C'est ainsi le cas au Royaume-Uni avec Equicours, qui a permis l'ouverture d'un stud-book britannique du Selle français en 2004[P 36]. Il en est de même aux États-Unis, où l'ANSF-US gère le registre généalogique (stud-book) du selle français nord-américain et assure sa promotion[W 13]. Le Brésil, l'Argentine, le Maroc et l'Algérie élèvent aussi des SF[S 18].

Dans la culture

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Le Selle français est le stud-book de chevaux le plus réputé de l'élevage français[18], et a acquis une grande notoriété à l'international grâce à ses reproducteurs[5], ce qui en fait un « ambassadeur de France »[P 37]. Il est devenu un patrimoine de l'élevage équin dans ce pays[S 72].

Le hongre de la Garde républicaine Vésuve de Brekka a été offert par Emmanuel Macron à son homologue chinois Xi Jinping en , geste que l'Élysée qualifie de « diplomatie du cheval inédite »[P 38].

Notes et références

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  1. Toute personne détenant au moins une jument mise à la reproduction est comptée comme gérant un élevage.
  2. Les chiffres à partir de 2018 se basent sur le nombre de chevaux enregistrés par l'IFCE.

Références

modifier
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Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : Ouvrage utilisé pour la rédaction de cet article

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Articles

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Thèses et travaux universitaires

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Encyclopédies

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