Corse (AOC)

région viticole

Un corse[note 2], ou un vin de Corse, est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur l'ensemble du vignoble de Corse. Le nom de l'appellation peut être suivi des dénominations géographiques complémentaires « Calvi », « coteaux du cap Corse », « Figari », « Porto-Vecchio » et « Sartène ».

Corse ou
vin de corse
Image illustrative de l’article Corse (AOC)
Carte du vignoble corse ; l'AOC « vin de Corse » en couvre la totalité.

Désignation(s) Corse ou
vin de corse
Appellation(s) principale(s) comprend cinq DGC : calvi, coteaux-du-cap-corse, figari, porto-vecchio, sartène
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1976
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Corse
Localisation Haute-Corse et Corse-du-Sud
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 539 heures (à Solenzara)[1]
Superficie plantée 1 567 hectares (en 2024)[2]
Nombre de domaines viticoles 4 coopératives et 26 vignerons
Cépages dominants grenache N[note 1], nielluccio N, sciaccarello N et vermentino B
Vins produits 73 % rosés, 14 % blancs et 13 % rouges (en 2024)[2]
Production 69 826 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 46 hl/ha en rosé, 47 en blanc et 37 en rouge (en 2024)[2]

Histoire

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La vigne fait partie des cultures vivrières traditionnelles en milieu méditerranéen, au côté du blé et de l'olivier ; l'implantation de la viticulture en Corse est habituellement attribuée aux Grecs, qui installent comptoirs et colonies (notamment Alalia) à partir du VIe siècle av. J.-C.. La Corse devient française en 1768 par le traité de Versailles. Au XIXe siècle, l'île exporte une partie de son vin vers le port de Sète, à partir duquel il est transporté plus au nord par chemin de fer, parmi les vins du Midi. En 1962, l'arrivée sur l'île de 17 000 pieds-noirs rapatriés d'Afrique du Nord transforme la viticulture corse, apportant main-d'œuvre et nouvelles techniques, lançant une production de masse notamment sur la plaine d'Aléria ; la surface du vignoble dépasse rapidement les 30 000 hectares.

La consommation de vin de table s'effondrant, cette viticulture entre rapidement en crise de surproduction, d'où la volonté de monter en gamme. Les premières appellations reconnues en Corse furent en le sartène ou « Vins du Sartenais » (comme un VDQS)[4] et le patrimonio (comme une appellation d'origine contrôlée, AOC)[5]. Le « Vin de Corse » est reconnu comme une AOC par le décret du , pour des vins rouges, rosés et blanc titrant au moins 11,5° d'alcool ; est autorisé de rajouter à la suite « une des appellations locales « Patrimonio », « Coteaux d'Ajaccio » ou « Ajaccio », « Sartène », « Calvi », « Coteaux du Cap Corse », « Figari » et « Porto-Vecchio » » ; la densité de plantation doit être au moins de 3 000 pieds/ha tandis que le rendement est limité à 50 hl/ha, 45 pour les dénominations géographiques[6]. De 1976 à 1989, d'importantes campagnes d'arrachage (motivées par une prime de la part de l'État) réduisent le vignoble à moins de 10 000 ha. En 1984, l'ajaccio[7] et le patrimonio[8] deviennent des appellation spécifiques. En 1991, le titre minimum est abaissé à 11° d'alcool[9]. En 1997, d'une part le muscat du cap Corse est créé comme nouvelle AOC, d'autre part le « vin de corse » peut désormais avoir pour autre nom le « corse »[10].

Le cahier des charges de l'appellation est publié en (la densité passe à 4 000 pieds/ha minimum ; le titre remonte à 11,5° pour les rouges ; le rendement butoir est fixé à 55 hl/ha, 50 pour les dénominations)[11], puis modifié en [12], en (rajout des aires parcellaires)[13] et en [3].

Étymologie

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Vignoble

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Aire d'appellation

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Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation
Réserve du Président à Tallone.

Le vignoble s'étend sur un total de 182 communes, dont :

Orographie et géologie

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Les coteaux de la partie occidentale de l'île sont sur des sous-sols granitiques avec des sols d'arène, ou schisteux.

La plaine orientale, la principale de l'île, s'étend du sud de Bastia à Solenzara sur près de 80 kilomètres : il s'agit là d'alluvions récentes, de marnes sableuses, de tuf et de dépôts du Quaternaire.

Climatologie

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Il s'agit d'un climat méditerranéen : chaud et sec en été, doux et pluvieux en hiver. Ces caractéristiques sont davantage affirmées en Corse qu'en Provence, car elle est à la latitude de la Catalogne et du Latium. La station météorologique de Ventiseri-Solenzara (sur la BA 126, à 12 mètres d'altitude : 41° 55′ 19″ N, 9° 24′ 03″ E)[14] est représentative de la plaine d'Aléria.

Relevés à Solenzara de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 13,7 14,1 16,2 18,6 22,5 26,6 29,5 29,9 26,3 22,1 17,6 14,5 21
Moyenne 9,9 9,9 11,9 14,2 17,9 21,9 24,8 25,2 21,9 18,1 13,9 10,9 16,7
Minimale moyenne 6,2 5,8 7,7 9,8 13,3 17,1 20,1 20,5 17,4 14,1 10,3 7,3 12,5
Nombre de jours avec gel 0,3 0,7 0,1 0 0 0 0 0 0 0 0 0,4 1,5
Précipitations
Hauteur (mm) 79,1 64 69,4 67 47,6 21,7 10,7 18,9 90,6 119,2 112 98,5 798,7
Ensoleillement
Heures 133,1 143,7 193 211,8 257,1 299,6 335,8 306,4 229,1 174,1 127,4 128,7 2 539,7
13,7
6,2
79,1
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
14,1
5,8
64
fév.
16,2
7,7
69,4
mars
18,6
9,8
67
avril
22,5
13,3
47,6
mai
26,6
17,1
21,7
juin
29,5
20,1
10,7
jui.
29,9
20,5
18,9
août
26,3
17,4
90,6
sep.
22,1
14,1
119,2
oct.
17,6
10,3
112
nov.
14,5
7,3
98,5
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Vin de Corse.

Pour faire du vin de Corse rouge, les cépages principaux (qui doivent être supérieur à 50 % de l'encépagement) sont le grenache N[note 1], le nielluccio N (c'est le sangiovese) et le sciaccarello N (ces deux derniers au moins le tiers de l'encépagement), complétés accessoirement par le carignan N (limité à 20 %), le vermentino B (appelé la malvoisie de Corse, limité à 20 %), le mourvèdre N, la syrah N, le cinsault N, le barbaroux N (ou barbarossa), l'aleatico N, le carcajolo nero N et le minustello N (c'est la morrastel), ces trois derniers limités à 10 %.

En blanc, le cépage principal est le vermentino B (malvoisie de Corse, au moins 75 % de l'encépagement), complété accessoirement par l'ugni blanc B (le trebbiano alias rossola, limité à 25 %), le biancu gentile B, le codivarta B et le genovèse B (ces trois derniers sont limités à 10 %)[3].

Méthodes culturales

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C'est sur la plaine d'Aléria que depuis 1960 ont été créés de vastes vignobles aux cépages très productifs. Ces vins pour lesquels les rendements pouvaient atteindre 200 hl/ha étant devenus sans grand intérêt pour le négoce, c'est là aussi qu'on a arraché le plus et que les plans de restructuration furent les plus ambitieux. De grandes coopératives traitent la vendange et vinifient selon des méthodes modernes grâce à des équipements technologiquement avancés. C'est ici, qu'au début des années 1970, furent réalisés les premiers essais en conditions réelles de la machine à vendanger (marque Féménia).

L'irrigation est interdite par le cahier des charges[3].

L'appellation « vin de Corse », qui se décline en rouge, en rosé comme en blanc, est l'appellation régionale du vignoble de Corse. Sur son aire d'appellation, les vignerons peuvent aussi produire deux « appellations cru » que sont le patrimonio et l'ajaccio, cinq « appellations village » qui sont les dénominations géographiques complémentaires au sein de l'appellation régionale (corse Calvi, corse coteaux du cap Corse, corse Figari, corse Porto-Vecchio et corse Sartène), une appellation de vin doux naturel qu'est le muscat du cap Corse, deux indications géographiques protégées (IGP méditerranée et île-de-beauté) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

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Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[2], sans y compter les dénominations géographiques complémentaires (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :

Annéecorse rosé corse rouge corse blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221 11752 9184728810 4113621910 15046
20231 14459 212522679 816371999 25546
20241 11551 061462398 869372129 89547

Gastronomie

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Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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  1. 1 2 « Fiche 20342001 Solenzara » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'appellation d’origine contrôlée « VIN DE CORSE » ou « CORSE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  4. « Conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Sartène » ou « Vins du Sartenais » », publié au JORF du .
  5. « Décret n" 68-229 du 13 mars 1968 concernant la définition de l'appellation contrôlée « Patrimonio » », publié au JORF du .
  6. « Décret du 2 avril 1976 définissant l'appellation d'origine contrôlée « Vin de Corse » », publié au JORF du .
  7. « Décret du 3 avril 1984 définissant l'appellation d'origine contrôlée « Ajaccio » », publié au JORF du .
  8. « Décret du 23 octobre 1984 relatif aux conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Patrimonio » », publié au JORF du .
  9. « Décret du 25 mars 1991 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Vin de Corse » et « Patrimonio » », publié au JORF no 76 du .
  10. « Décret du 19 novembre 1997 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Vin de Corse » ou « Corse » », publié au JORF no 270 du .
  11. « Décret n° 2009-1197 du 7 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Château-Chalon », « Vin de Corse » ou « Corse », « Ajaccio », « Patrimonio », « Médoc », « Haut-Médoc » et « Pessac-Léognan » », publié au JORF no 0234 du .
  12. « Décret n° 2011-1084 du 8 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Vin de Corse » ou « Corse » », publié au JORF no 0210 du .
  13. « Arrêté du 30 mars 2017 modifiant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Vin de Corse » ou « Corse » homologué par décret n° 2011-1084 du 8 septembre 2011 », publié au JORF no 0083 du .
  14. « 20342001 – SOLENZARA – BASE SOLENZARA » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).

Voir aussi

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Liens externes

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Articles connexes

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