Cévennes (IGP)

région viticole

Un cévennes[note 2], appelé vin de pays des Cévennes jusqu'en 2011, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays).

Cévennes
Image illustrative de l’article Cévennes (IGP)
Vin de pays des Cévennes (IGP cévennes).

Type d'appellation(s) IGP de zone
Reconnue depuis 1992 (VDP) et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) coteaux du Languedoc
Localisation nord-ouest du Gard et sud-est de la Lozère
Saison deux sèches (hiver et été) et deux pluvieuses (automne et printemps)
Climat méditerranéen
Cépages dominants grenache N[note 1], carignan N, syrah N, cinsault N, chardonnay B, sauvignon B, viognier B, vermentino B, etc.
Vins produits rouges, rosés et blancs
Rendement moyen à l'hectare maximum 90 hl/ha[1]

Histoire

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Chabrot dans les Cévennes.

Au milieu du XXe siècle, une partie importante de la production viticole du département du Gard était vendue dans la catégorie des « vins de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics créent en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique[2], d'où la création en 1981 du « vin de pays des coteaux cévenols » (aire de 24 communes, rendement maximum de 80 hl/ha, pour des vins titrant 10,5° d'alcool en rouge ou blanc et 11° en rosé)[3], puis en le « vin de pays des Cévennes », sur une aire vaste mais un peu plus restreinte qu'aujourd'hui (132 communes)[4].

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[5] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[6] ; le vin de pays des Cévennes devient donc le l'IGP « Cévennes »[7]. Le cahier des charges est publié en (extension de l'aire ; 88 cépages autorisés ; rendement maximum à 90 hl/ha ; possibilité de faire du vin mousseux)[8], puis modifié en (abandon du mousseux ; 97 cépages autorisés)[9] et en (extension à 40 communes de la Lozère)[1].

Vignoble

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Aire de production

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Image externe
Carte des communes concernées
Vignoble de Montclus.
Vignoble de Saint-André-de-Roquepertuis.

Selon le site de la Confédération des vins IGP de France, le cévennes est une IGP de zone (il existe sept IGP régionales, 29 départementales et 38 de zone)[10], qui peut être produite sur 227 communes de deux départements :

Géologie

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Climatologie

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Le climat de ce terroir viticole est méditerranéen, Il se caractérise par des hivers doux, une sécheresse estivale et de fortes précipitations aux équinoxes. Les orages d'automne peuvent y causer des crues violentes lors de ce que l'on appelle un épisode cévenol. Ces pluies diluviennes accompagnées d'orages très localisés se concentrent sur quelques heures, voire quelques jours. Elles sont principalement dues à la rencontre entre l'air froid venant de l'océan Atlantique qui remonte sur les sommets des Cévennes et l'air chaud remontant de la mer Méditerranée. Par sa proximité avec le massif de l'Aigoual, les chutes de neige, parfois importantes, n'y sont pas rares mais elles sont en général de courte durée. De ce fait nombre de communes sont considérées comme exposée au risque naturel d'inondation[11]. Elles ont fait l'objet de plusieurs arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle[12]. La moyenne des précipitations annuelles est comprise entre 1 300 et 1 500 mm( Chiffres Météo France Gard)

Données météorologiques du terroir cévenol de 2006 à 2009[13]
MoisJanFévMarAvrMaiJuiJuiAoûSepOctNovDécAnnée
Températures minimales (°C) 1,5 2,2 4,3 7,6 10,8 13,4 15,7 15,0 11,6 8,9 4,3 0,8 8,0
Températures maximales (°C) 11,5 12,7 15,3 19,7 22,2 26,8 30,1 27,1 24,7 19,7 14,6 10,4 19,6
Températures moyennes (°C) 8,0 6,9 7,6 13,6 16,4 19,9 22,8 21,1 17,9 13,7 9,0 4,7 13,5
Pluviométrie (mm) 120,3 106,4 26,4 89,9 103,5 56,9 24,5 26,5 110,1 153,9 180,1 94,2 1 092,7
Gel (jour) 12 7 2,5 0,7 6,3 15 43,5

Ces dernières années, la température la plus froide a été relevée le avec −6,9 °C et la plus chaude le avec 37,4 °C. La journée la plus pluvieuse a été le avec 133 mm de pluie. Le vent le plus fort a été mesuré le avec une rafale à 88,5 km/h. Le mois de a été particulièrement pluvieux avec plus de 300 mm de pluie.

Encépagement

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Les 47 cépages autorisés pour produire du cévennes sont : alicante Henri Bouschet N[note 1], alphonse lavallée N, altesse B, alvarinho B, aramon blanc B, aramon gris G, aramon N, aranel B, arinarnoa N, artaban N, arvine B, aubun N, bourboulenc B, brun argenté N, cabernet blanc B, cabernet cortis N, cabernet franc N, cabernet sauvignon N, caladoc N, cardinal Rg, carignan blanc B, carignan N, carménère N, chardonnay B, chasan B, chasselas B, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, colombard B, côt N, couderc noir N, counoise N, danlas B, egiodola N, floréal B, gamay N, gamay de Chaudenay N, gewurztraminer Rs, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gros manseng B, lival N, lledoner pelut N, macabeu B, maréchal Foch N, marsanne B, marselan N, mauzac B, merlot N, mondeuse N, morrastel N, mourvèdre N, muscaris B, muscat à petits grains blancs B, muscat à petits grains rouges Rg, muscat à petits grains Rosés Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat de Hambourg N, négrette N, nielluccio N, petit manseng B, petit verdot N, pinot noir N, pinot gris G, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, portan N, riesling B, rivairenc N, roussanne B, sauvignon B, sauvignon gris G, sciaccarello N, sémillon B, servant B, soreli B, souvignier gris G, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, ugni blanc B, verdelho B, vermentino B, vidoc N, viognier B, villard blanc B, villard noir N et voltis B[1].

Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom de cévennes la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que de vins de raisins surmûris ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que par la mention « primeur » ou « nouveau »[1].

Vinification

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C'est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) et à l'élaboration du vin. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).

Vinification en rouge

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IGP cévennes, Domaine de Gournier à Boucoiran-et-Nozières.

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[14].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[14]. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[15].

Vinification en blanc

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Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. C'est le cas du Champagne. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[16].

L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédées par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évitées par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[16]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toutes particules en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20 °C et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[17].

Vinification en rosé

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La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc (sauf pour le Champagne). Deux principes différents sont utilisés :

  • Le premier consiste à extraire par écoulement une partie du jus dès l'encuvage lors de la vinification en rouge ; c'est la saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - au maximum entre 20 et 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. Cette méthode produit des vins rosés à la robe soutenue, et la quantité potentielle produite dépend de la concentration recherchée pour le vin rouge produit.
  • Le second principe est le pressurage direct, qui consiste à extraire le jus en plusieurs fois, au cours de la macération, qui dure quelques heures. Les jus successivement extraits sont progressivement plus chargés en tanins provenant des peaux, et peuvent ensuite être assemblés. Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[17].

La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[18].

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « CÉVENNES » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  2. ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
  3. ↑ « Décret du 16 novembre 1981 définissant les conditions de production de divers vins de pays », publié au JORF no 0272 du numéro complémentaire.
  4. ↑ « Décret du 27 août 1992 définissant les conditions de production des vins de pays des Cévennes », publié au JORF no 203 du .
  5. ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
  6. ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
  7. ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
  8. ↑ « Arrêté du 2 novembre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Cévennes » », publié au JORF no 0266 du .
  9. ↑ « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « CÉVENNES » » [PDF], modifié par l’arrêté du publié au JORF du .
  10. ↑ « IGP de zone », sur vinigp.fr (consulté le ).
  11. ↑ (fr) Site INSEE
  12. ↑ Prim.net Portail de la prévention des risques majeurs
  13. ↑ Station Météo de la cité scolaire André-Chamson du Vigan
  14. 1 2 Navarre 1988, p. 131.
  15. ↑ Navarre 1988, p. 132.
  16. 1 2 Berger 1986, p. 76.
  17. 1 2 Berger 1986, p. 77.
  18. ↑ Berger 1986, p. 78.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jean-Luc Berger, « Les filières de la vinification » (hors série de Science et Vie), La Vigne et le Vin, no 155,‎ , p. 72-79.
  • Colette Navarre, L'Œnologie, Paris, Baillière/Technique et documentation Lavoisier, (ISBN 2-8520-6431-6).
  • Matthieu Pibarot, « Panorama des cépages en Cévennes », Annales de l'Académie cévenole, no XXIX,‎ , p. 27-35.

Liens externes

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Articles connexes

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