Gouvernement de la Défense nationale
Le gouvernement de la Défense nationale, aussi connu sous le nom de gouvernement provisoire de 1870 ou de gouvernement provisoire de Défense nationale, est le gouvernement français formé le à Paris à la suite de la capture par les Prussiens de l'empereur Napoléon III lors de la bataille de Sedan, au cours de la guerre franco-allemande de 1870-1871, de sa déchéance, prononcée sous la pression de la foule par le Corps législatif au palais Bourbon et de la proclamation de la République à l'Hôtel de ville de Paris.
Ce gouvernement, formé à l'initiative de députés républicains de Paris, s'étend des orléanistes à l'extrême gauche (Rochefort) et est placé sous la présidence du général Trochu, qui est orléaniste. La personnalité la plus notable est cependant le républicain Léon Gambetta, nommé ministre de l'Intérieur.
Menacé par la progression des troupes prussiennes, le gouvernement envoie dès le 9 septembre quelques ministres en résidence à Tours (à Bordeaux à partir du 9 décembre). Paris étant assiégé à partir du 19 septembre, un épisode célèbre est le départ de Léon Gambetta pour Tours par la voie aérienne (7 octobre). Il devient alors ministre de la Guerre et s'efforce de redresser la situation militaire.
Mais, à la suite de la capitulation de Bazaine à Metz (28 octobre) et de l'incapacité de l'armée française à rompre le siège de Paris, alors que le roi de Prusse Guillaume Ier a proclamé l'Empire allemand le 18 janvier 1871 au château de Versailles, les ministres résidant à Paris signent avec lui un armistice (28 janvier), ce qui amène Gambetta à démissionner le 6 février.
Le 8 février, les élections législatives donnent la victoire aux monarchistes et aux conservateurs, qui forment un nouveau gouvernement présidé par Adolphe Thiers, signataire par la suite du traité de Francfort (10 mai 1871) après avoir écrasé la Commune de Paris. Cette majorité lance même une commission d'enquête sur les agissements du gouvernement de la Défense nationale et surtout de Gambetta, victime dans les années 1870 d'une sorte de légende noire dans les milieux conservateurs.
Informations essentielles
Troisième République (provisoire)
| Président du gouvernement | Louis Trochu |
|---|---|
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 5 mois et 15 jours |
Contexte
modifierLa défaite française de Froeschwiller (3 août 1870)
modifierLa guerre entre la France et la Prusse qui éclate en tourne rapidement à l'avantage de l'armée prussienne. Moins préparée que celle de son ennemi et inférieure en nombre, l'armée française connaît une véritable déroute[1].
Le , le chef de l'état-major général prussien, Helmuth von Moltke, donne l'ordre à ses troupes de franchir la frontière. Les Français, battus à Frœschwiller-Wœrth (9 août), doivent se replier[2].
Proclamation de la République
modifierLa nouvelle de cette défaite est reçue à Paris avec stupeur et colère. Le , une foule menaçante se presse devant le Corps législatif, mais la majorité des républicains, qui croit encore au sursaut militaire, refuse une révolution qui romprait l'unité nationales et s'apparenterait à une trahison. La défaite est imputée au chef du cabinet de l'empereur Émile Ollivier qui est contraint de démissionner[2].
Les députés rejettent la proposition du républicain Jules Favre de nommer un comité de quinze membres dans une sorte de gouvernement d'union chargé de repousser l'invasion. L'impératrice Eugénie, qui assure la régence, nomme le bonapartiste de tendance autoritaire Charles Cousin-Montauban, comte de Palikao, à la tête du gouvernement[2].
Sébut du siège de Metz (19 août) et désastre de Sedan (2 septembre)
modifierLe maréchal Bazaine, commandant en chef de l'armée du Rhin, est encerclé dans Metz le avec la moitié des troupes françaises.
L'empereur envisage de se replier sur Paris, mais, sous la pression de l'impératrice et du ministre de la Guerre[Qui ?] qui redoutent que cette décision provoque un soulèvement populaire[3], Napoléon III vient au secours de Bazaine avec l'armée de Châlons commandée par le maréchal Mac Mahon[2],[4]. Ses troupes se retrouvent alors elles-mêmes encerclées dans Sedan. Les tentatives de sortie échouent et l'empereur capitule le [2], devenant prisonnier des Prussiens.

Proclamation de la République à Paris (4 septembre 1870)
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Quand la nouvelle parvient à Paris le , un groupe de républicains conduit par Léon Gambetta tente de convaincre Adolphe Thiers de prendre la tête d'un gouvernement d'union et de défense[5].
Le soir même, alors que de nombreux Parisiens se rassemblent devant les grilles du palais Bourbon, où siège le Corps législatif, Gambetta tente de rassurer la foule afin d'empêcher une émeute[6]. Les députés républicains, fidèles à leur volonté de ne prendre le pouvoir que de façon régulière, par la voie des urnes, ne veulent pas d'une révolution qui discréditerait le nouveau régime dès sa naissance[7].
La situation évolue rapidement dans l'après-midi du lorsque la foule envahit le palais Bourbon pendant la séance du Corps législatif. Jules Favre et Léon Gambetta veulent garder le contrôle de la situation et font preuve d'opportunisme[pas clair][8]. Ce dernier monte à la tribune et annonce la chute de l'Empire : « Citoyens, attendu que tout le temps nécessaire a été donné à la représentation nationale pour prononcer la déchéance ; attendu que nous sommes et que nous constituons le pouvoir régulier issu du suffrage universel libre, nous déclarons que Louis-Napoléon Bonaparte et sa dynastie ont à jamais cessé de régner sur la France »[7].
Deux cortèges se dirigent ensuite vers l'hôtel de ville où Léon Gambetta proclame la République devant une foule enthousiaste[7]. En agissant de la sorte, les républicains modérés du Corps législatif devancent les meneurs d'extrême gauche, comme Auguste Blanqui, Jean-Baptiste Millière, Charles Delescluze ou Gustave Flourens, qui pourraient profiter des circonstances pour établir un gouvernement insurrectionnel menaçant l'ordre social. Sans en être les déclencheurs, les députés républicains choisissent de prendre la tête du mouvement révolutionnaire afin de l'endiguer[9].
Formation du gouvernement
modifierAfin d'écarter la perspective d'un gouvernement révolutionnaire, Léon Gambetta et Jules Favre appuient l'idée de Jules Ferry de confier le pouvoir aux députés de Paris, dont l'élection récente (1869) garantirait la légitimité aux yeux du peuple[10].
Prédominance des élus parisiens
modifierAinsi, parmi les membres du nouveau gouvernement, Jules Favre, Jules Ferry, Adolphe Crémieux, Louis-Antoine Garnier-Pagès et Emmanuel Arago sont députés de la capitale depuis 1869 ; Léon Gambetta, Ernest Picard et Jules Simon sont députés d'une circonscription provinciale, mais ont aussi été élus à Paris avant d'opter pour une autre circonscription, les candidatures multiples étant alors autorisées[11].
La nomination du polémiste révolutionnaire Henri Rochefort, député de Paris depuis l'élection partielle consécutive à l'option de Gambetta pour les Bouches-du-Rhône et qui n'a cessé d'attaquer violemment les chefs républicains dans ses articles, leur apparaît comme un moyen de neutraliser l'extrême gauche. Rochefort, tout juste libéré par des militants de la prison Sainte-Pélagie où il était incarcéré depuis plusieurs mois, est porté en triomphe par ses soutiens jusqu'à l'hôtel de ville où il se présente ceint d'une écharpe rouge. D'abord hésitant, il finit par accepter de siéger dans le gouvernement[10],[11].
Présidence du général Trochu
modifierLes députés Alexandre Glais-Bizoin et Daniel Wilson sont envoyés au Louvre pour convaincre le général Trochu d'accepter le ministère de la Guerre, un poste où les républicains veulent placer un militaire à la fois populaire et respecté dans l'armée. Trochu accepte de rejoindre le gouvernement à condition d'être président du Conseil des ministres, en raison de la situation militaire dramatique consécutive à l'invasion prussienne. Il exige également que le gouvernement garantisse la défense de la religion, de la propriété et de la famille[12].
Répartition des ministères (soirée du 4 septembre)
modifierUn « gouvernement de Défense nationale » est ainsi formé. Ses membres se réunissent pour la première fois en conseil le à 22 h 30, sous la présidence du général Trochu, dans l'ancien bureau du préfet de la Seine à l'hôtel de ville, afin de se répartir les différents ministères[13].
Ernest Picard revendique l'Intérieur, un poste sur lequel Léon Gambetta s'est déjà placé de facto dans la soirée en signant plusieurs décrets[13], notamment une circulaire adressée aux préfets pour annoncer la déchéance de l'empereur, la proclamation de la République et la formation du nouveau cabinet[14].
Picard demande un vote à bulletin secret, qui confirme Gambetta à une voix de majorité[13]. Il envisage donc de se retirer, mais sous la pression des autres ministres, accepte finalement le ministère des Finances[13].
Ministre des Affaires étrangères, Jules Favre est désigné comme vice-président du Conseil, tandis qu'Adolphe Crémieux reçoit le ministère de la Justice et Jules Simon celui de l'Instruction publique[14].
Nommé délégué du gouvernement, Jules Ferry s'installe à la préfecture du département de la Seine[14].

Le général Trochu cumulant la présidence du Conseil avec ses fonctions de gouverneur militaire de Paris, il décide de placer au ministère de la Guerre le général Adolphe Le Flô qui, quoique monarchiste, s'était opposé au coup d'État du , ce qui lui avait valu d'être incarcéré et proscrit[13].
Ne disposant pas des compétences requises pour tenir les autres ministères, Emmanuel Arago, Louis-Antoine Garnier-Pagès, Alexandre Glais-Bizoin, Eugène Pelletan et Henri Rochefort sont nommés ministres sans portefeuille pouvant participer aux délibérations, ce qui permet d'ouvrir le gouvernement à des hommes qui ne sont pas députés de Paris[13]. Le vice-amiral Martin Fourichon est ainsi nommé à la Marine et aux Colonies, Joseph Magnin au Commerce et à l'Agriculture, et Pierre-Frédéric Dorian aux Travaux publics, également chargé de l'industrie et de l'armement[13].
De ce fait, toutes les nuances politiques du centre et de la gauche sont représentées dans le gouvernement, à l'exception des bonapartistes libéraux : le conseil des ministres rassemble des hommes allant de l'extrême gauche (Rochefort) à l'orléanisme (Trochu et Le Flô) en passant par les républicains modérés (Picard, Simon) et les républicains intransigeants (Gambetta, Ferry, Crémieux), Jules Favre conciliant ces deux dernières tendances[13].
Débuts (4-9 septembre)
modifierPremières décisions (nuit du 4 au 5 septembre)
modifierDes proclamations aux citoyens de Paris, à la garde nationale et à l'armée sont publiées.
Un décret de dissolution du Corps législatif, préparé dans la soirée par Adolphe Crémieux, est adopté, ainsi qu'un décret prévoyant l'amnistie des condamnés pour crimes et délits politiques et un autre garantissant la liberté du commerce des armes[13].
Plusieurs nominations sont effectuées, notamment celles de Clément Laurier à la direction générale du personnel et du cabinet du ministère de l'Intérieur et d'André Lavertujon à la direction du Journal officiel.
Avant la séparation du Conseil à 2 h du matin, le nouveau préfet de police Émile de Kératry rend compte aux ministres du fait qu'aucun trouble ne s'est produit dans la capitale[13].
Le problème de la défense nationale
modifierDans ses premiers jours d'exercice, le gouvernement se consacre principalement à la mobilisation de tous les hommes en âge de se battre, dans la mesure où les troupes françaises, décimées par la défaite de Sedan et l'encerclement dans Metz de l'armée du Rhin, doivent contenir l'avancée rapide des troupes prussiennes qui menacent Paris dès la mi-[15].
Le gouvernement déclare vouloir consacrer toute l’énergie du pays à sa défense. Dans une proclamation à l’armée, il justifie la destitution du régime impérial, affirmant : « Nous ne sommes pas au pouvoir, mais au combat »[16], et ajoutant deux jours plus tard : « Ne pensez qu’à la guerre et aux mesures qu’elle doit engendrer »[17].
Jules Favre télégraphie aux postes diplomatiques à l'étranger afin de faire connaître la voix de la France : « La dynastie est à terre, la France libre se lève. Le roi de Prusse veut-il continuer une lutte impie qui lui sera au moins aussi fatale qu'à nous ? Libre à lui ! Qu'il assume cette responsabilité devant le monde et devant l'Histoire ! Si c'est un défi, nous l'acceptons. Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de notre forteresse. Fussions-nous seuls, nous ne faiblirons pas »[18].
Mais dans les faits, le gouvernement est divisé. Le général Trochu, Jules Simon, Ernest Picarde et Jules Favre sont favorables à des négociations, d'autant plus que la France, isolée, ne peut attendre aucune aide extérieure. D'autres, comme Gambetta, font référence à la victoire de Valmy pour afficher leur détermination à vaincre l'envahisseur[18].
Le problème du contrôle de la province
modifierEn province, plusieurs villes sont en proie à l'insurrection.
À Lyon, où des militants ont proclamé la république et hissé le drapeau rouge sur l'hôtel de ville dès le matin du , une Commune est instituée[19]. Léon Gambetta y désigne comme préfet son ami Paul Challemel-Lacour, professeur agrégé de philosophie, dont il compte sur l'autorité morale pour rétablir l'ordre et apaiser une situation proche de l'insurrection[20],[21].
Face à un risque de désunion nationale, Léon Gambetta compte s'appuyer sur des hommes de confiance. Avec son collaborateur Arthur Ranc, il révoque les préfets impériaux et nomme à leur place des militants républicains, avocats ou journalistes parfois sans expérience pour de tels postes. En une dizaine de jours, 80 préfets sont nommés[19],[21].
Échec du projet d'élections pour une assemblée constituante (8 septembre)
modifierAcclamé par les Parisiens, mais rejeté par une grande partie de la province, à la tête d'un pays en guerre et partiellement envahi, le gouvernement de la Défense nationale ne peut se prévaloir de la légitimité du suffrage universel et se trouve sur ce point en contradiction avec les principes qu'il proclame[22]. Par décret du , il appelle les citoyens mâles et majeurs aux urnes et prévoit l'élection d'une Assemblée constituante de 750 membres le 2 ou le [19],[23].
Il doit cependant y renoncer : l'occupation de nombreux départements par l'armée prussienne et la mobilisation de nombreux Français rendent impossible la tenue du scrutin.
Par ailleurs, les liaisons ferroviaires entre Paris et la province sont interrompues le [23].
Période du partage du gouvernement entre Paris et Tours (9 septembre-9 décembre)
modifierInstallation de plusieurs ministres à Tours (9 septembre)
modifierDevant la menace d'encerclement de la capitale par l'armée prussienne, le gouvernement envoie une partie de ses services à Tours sous l'autorité du ministre Adolphe Crémieux[24].
Celui-ci y prend ses fonctions le et est rejoint six jours plus tard par deux autres ministres, l'amiral Fourichon et Alexandre Glais-Bizoin[25].
Début du siège de Paris (19 septembre)
modifierDès le , Paris est en état de siège. Répondant aux appels de Gambetta, de nombreux Parisiens s'engagent dans la garde nationale. La capitale est alors défendue par 500 000 hommes mais à peine un sur cinq est un soldat entraîné.
L'unité de l'armée se fait autour du gouvernement qui adresse une proclamation solennelle au pays[26] :
« Nous ne sommes pas le gouvernement d'un parti, nous sommes le gouvernement de la Défense nationale. Nous n'avons qu’un but, une volonté : le salut de la patrie par l'armée et par la nation groupées autour du glorieux symbole qui fit reculer l'Europe il y a quatre-vingts ans. Aujourd'hui comme alors, le nom de République veut dire : union intime de l'armée et du peuple pour la défense de Paris. »
Le gouvernement agit aussi sur le plan diplomatique. Le , à l'initiative de Jules Favre, Adolphe Thiers est envoyé dans les principales capitales européennes pour tenter de convaincre les États neutres de se ranger aux côtés de la France, en vain[24].
Les 19 et , Jules Favre rencontre à sa propre initiative le chancelier prussien Otto von Bismarck qui lui fait part des conditions d'une paix éventuelle : la cession de l'Alsace-Lorraine (avec Strasbourg et Metz) et le versement d'une lourde indemnité de guerre, conditions jugées inacceptables par le gouvernement qui les rejette[24].
Renforcement de la délégation de Tours
modifierLe siège de Paris se renforce. Le , les liaisons télégraphiques entre la capitale et la province sont coupées.
Livrée à elle-même, la délégation de Tours commence la réorganisation de l'armée et de l'artillerie. Elle parvient à organiser une commission d'armement qui réquisitionne des usines et mobilise une première armée de 80 000 hommes en faisant venir notamment d'Algérie plusieurs contingents militaires[27].
Son autorité est cependant contestée et des pouvoirs locaux autoproclamés apparaissent comme à Marseille, où se constitue la Ligue du Midi qui rassemble jusqu'à 17 départements, ou à Toulouse, avec la Ligue du Sud-Ouest[réf. nécessaire].
Pour éviter le risque de division nationale, la délégation de Tours signe le un décret pour provoquer des élections générales le suivant[27].
Départ de Gambetta pour Tours (7 octobre)
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Ce décret est mal reçu par le gouvernement parisien qui désigne Léon Gambetta pour prendre la tête de la délégation avec des pouvoirs élargis et une voix prépondérante en cas de partage des voix en son sein[25]. Il a pour mission de faire exécuter le décret ajournant les élections législatives jusqu'au moment où les circonstances permettront leur tenue. En tant que ministre de l'Intérieur, il est revêtu des pleins pouvoirs pour le recrutement, la réunion et l'armement de toutes les forces nationales[27].
Il n'y a alors pas d'autre moyen de quitter la capitale qu'en ballon. Le , accompagné de son secrétaire Eugène Spuller, Gambetta embarque sur le ballon Armand-Barbès, piloté par Alexandre Trichet. Le décollage a lieu en fin de matinée sur la place Saint-Pierre devant une foule enthousiaste[25],[28]. Malgré des tirs prussiens, il s'éloigne de la capitale et finit par se poser vers 15 h dans le bois de Favières (commune d'Épineuse dans le département de l'Oise). Le maire de la commune conduit les voyageurs jusqu'à Montdidier (Somme), où Gambetta rédige une dépêche annonçant la réussite de l'opération[27]. Il gagne ensuite Amiens puis Rouen par le train et parvient à Tours le , où il reçoit un accueil triomphal[25].
Gambetta ministre de la Guerre (10 octobre)
modifierLe , Léon Gambetta choisit d'assumer la fonction de ministre de la Guerre en remplacement de l'amiral Fourichon. Il s'entoure de collaborateurs fidèles et efficaces comme son chef de cabinet Eugène Spuller, Arthur Ranc, Clément Laurier, ainsi que Charles de Freycinet, un polytechnicien dont il fait son chef d'état-major[29]. Dans les jours qui suivent, le cabinet s'élargit avec les arrivées d'Émile de Kératry, Antonin Dubost et Alexandre Ribot.
Les communications avec Paris sont renforcées par le lancement réguliers de ballons depuis la capitale et l'envoi de pigeons voyageurs depuis Tours, dont la gestion est confiée au directeur des Postes François-Frédéric Steenackers.
Du fait des nombreuses pertes, l'action de Gambetta est menée le plus souvent en dehors du contrôle effectif du gouvernement[29]. Il effectue de nombreux voyages à travers la France, à la fois pour affirmer l'autorité du gouvernement et « pour faire entendre la voix d'une France combattante ». Dans le même temps l'action des préfets et des sous-préfets dont Gambetta renforce les prérogatives réduit peu à peu au silence les ligues républicaines dissidentes[29].
Nouvelles mesures de défense nationale (14 octobre)
modifierUn décret du ordonne la mobilisation comme gardes mobiles des hommes de 20 à 40 ans, célibataires et veufs sans enfants, et la création de onze camps régionaux pour former ces recrues et leur permettre de s'intégrer aux armées régulières en formation.
Pour répondre aux besoins en armement, le travail des arsenaux et des manufactures nationales est réorganisé et plusieurs contrats sont passés avec des établissements privés. Le gouvernement achète massivement des armes aux États-Unis, qui disposent d'importants stocks accumulés lors de la guerre de Sécession[30].
De nouvelles armées sont formées : l'armée du Nord, l'armée de Bretagne, l'armée des Vosges placée sous les ordres du volontaire italien Giuseppe Garibaldi, et l'armée de la Loire, dont il confie le commandement au général d'Aurelle de Paladines avec la mission de délivrer la capitale.
À Belfort, qui résiste encore malgré l'occupation du reste de l'Alsace, Gambetta nomme le colonel Denfert-Rochereau gouverneur de la ville[30].
Capitulation de Bazaine à Metz (28 octobre) et soulèvement de Paris (31 octobre)
modifierÀ Metz, assiégée depuis deux mois, le maréchal Bazaine décide de déposer les armes le , livrant près de 150 000 soldats français à l'ennemi et permettant aux Prussiens de transférer des troupes vers l'ouest pour renforcer le siège de Paris[30].
Cette reddition inattendue de Bazaine est vécue comme une trahison et les tensions augmentent entre l'extrême gauche parisienne et le commandement militaire accusé de ne pas vouloir se battre.
Le , plusieurs leaders révolutionnaires comme Auguste Blanqui, Charles Delescluze, Gustave Flourens et Félix Pyat appellent à la mobilisation des Parisiens. Un soulèvement populaire né dans les quartiers de l'Est se dirige vers l'hôtel de ville qui est pris d'assaut par des gardes nationaux. Édouard Vaillant occupe le bureau du préfet de police tandis que les ministres Ernest Picard, Jules Ferry et le général Trochu parviennent à s'enfuir et réunir des troupes fidèles pour assurer la défense du gouvernement. Les émeutiers négocient finalement leur sortie et obtiennent la promesse d'élections municipales dans les arrondissements[30].
Le gouvernement parvient à s'assurer du soutien de Paris par un plébiscite tenu le (voir infra), et organise deux jours plus tard des élections municipales.
Échecs militaires (octobre 1870-janvier 1871)
modifierMalgré le succès de l'armée de la Loire conduite par le général d'Aurelle de Paladines à Coulmiers et la reprise d'Orléans le , les opérations militaires tournent dans l'ensemble à l'avantage des Prussiens. Le choix de concentrer les efforts militaires sur la capitale apparaît finalement comme une erreur stratégique[31].
Les désaccords entre Gambetta et d'Aurelle de Paladines entraînent la destitution de ce dernier et la nomination du général Chanzy à la tête des armées[31], mais les efforts déployés par le ministre et ses collaborateurs ne suffisent pas à contrer la supériorité numérique et matérielle de l'ennemi[32].
La situation militaire se dégrade et les défaites se succèdent pour l'armée française, notamment faute d'un équipement adapté aux conditions météorologiques hivernales. Le général Trochu est également critiqué pour son manque d'initiative et son choix de n'opérer aucune attaque de diversion.
Une offensive de la garnison de Paris dans le but de percer les lignes ennemies et d'opérer une jonction avec l'armée de la Loire débute le et s'achève trois jours plus tard avec un bilan de 6 000 morts. La tentative de l'armée de l'Est de couper les lignes allemandes échoue elle aussi, entraînant le départ vers la Suisse de près de 100 000 soldats[33].
Une deuxième tentative de lever le siège de la capitale, impliquant des troupes de la Garde Nationale, échoue le lors de la deuxième bataille de Buzenval.
Période du partage du gouvernement entre Paris et Bordeaux (9 décembre-8 février)
modifierRepli de la délégation de Tours à Bordeaux (9 décembre)
modifierEn raison de la progression de l'armée prussienne et notamment de la perte d'Orléans, la délégation doit quitter Tours, directement menacée. Elle s'installe à Bordeaux le . Gambetta la rejoint deux jours plus tard mais, conservant l'espoir d'une victoire française, il multiplie les déplacements pour réorganiser les armées, notamment à Bourges, Lyon, Laval, et même à Lille, où il se rend par la voie maritime.
Les efforts de l'armée du Nord et de l'armée de l'Est ne permettent cependant pas de rompre le siège de la capitale, où les Parisiens meurent de froid et de faim. L'optimisme de Gambetta se heurte désormais à une aspiration à la paix devenue majoritaire dans la plupart des régions[34].
Situation tragique de Paris assiégée et éviction du général Trochu (22 janvier)
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Il est désormais évident que Paris va tomber tôt ou tard. La nourriture, déjà rare en décembre, commence à manquer dans certains quartiers et bien que les tirs d'artillerie ennemis soient curieusement inefficaces[réf. nécessaire], leur impact sur le moral des Parisiens est dramatique.
Le gouvernement limoge le général Trochu le , sans cependant lui donner formellement de successeur en tant que chef du gouvernement, mais nommant comme gouverneur militaire de Paris le général Vinoy.
Jules Favre, qui a toujours la confiance des gardes nationaux, s'impose dans ces dernières semaines comme le véritable chef du gouvernement : il parvient notamment à réprimer par la force un début d'émeute le .
Armistice de Paris (28 janvier 1871) et démission de Gambetta (6 février)
modifierLe 28, Jules Favre signe avec Bismarck une convention d’armistice stipulant outre la reddition de Paris diverses mesures humiliantes, notamment le versement sous quinzaine d'une amende d'un montant de 200 millions de francs, plus de 5 milliards de francs de réparations de guerre et l'abandon à l'ennemi de tous les forts entourant la capitale.
Depuis Bordeaux, Gambetta apprend cette reddition le par télégramme. Bien qu'il veuille poursuivre la lutte en province, une délégation gouvernementale conduite par Jules Simon, venue en train de Paris le , finit par le convaincre de cesser le combat. Il démissionne le .
Certains Parisiens se sentent trahis[35], comme l'indique le jeune Clemenceau, nommé en septembre 1870 maire du XVIIIe arrondissement de Paris, qui avait fait placarder le sur les murs de Paris[36] :
« La municipalité du XVIIIe arrondissement proteste avec indignation contre un armistice que le Gouvernement ne saurait accepter sans trahison[37]. »
Victor Hugo écrit le : « Un nain qui veut faire un enfant à une géante. C’est là toute l’histoire du gouvernement de la Défense nationale. Avortement[38]. »
Élection d'une assemblée nationale conservatrice (8 février 1871) et fin du gouvernement de défense nationale
modifierLes termes de l'armistice prévoient la tenue de nouvelles élections générales pour former une assemblée qui puisse investir un gouvernement à la légitimité claire.
Dans des délais très brefs, les électeurs résidant dans les parties non occupées du territoire national sont appelés aux urnes le .
L'Assemblée nationale issue de ces élections, dominées par le poids du vote rural et bourgeois, est majoritairement conservatrice et monarchiste. Elle met fin au gouvernement de la Défense nationale et élit le Adolphe Thiers comme chef du gouvernement (avec Jules Dufaure comme vice-président), en remplacement du général Trochu.
Le nouveau gouvernement fait une priorité du départ de l'armée d'occupation, que Bismarck conditionne au paiement des réparations, officiellement fixées par le traité de Francfort du 10 mai 1871. Entre-temps, ce gouvernement est confronté à partir de mars 1871 au soulèvement parisien de la Commune.
Annexe : le plébiscite parisien du 3 novembre 1870
modifierContexte
modifierLe , à la suite de l'annonce de la défaite du Bourget survenue la veille, la population parisienne se soulève. L'Hôtel de ville de Paris, siège du gouvernement provisoire, ainsi que la préfecture de police sont occupés par des activistes d'extrême-gauche. La tentative de mise en place d'un Comité de Salut Public par Gustave Flourens avec Auguste Blanqui et Charles Delescluze est tenue en échec par l'emploi de la Garde nationale et de la Garde mobile composée de Bretons. En réaction à cette contestation de sa légitimité et de son autorité, le , le gouvernement de la Défense nationale, qui a failli être renversé[39], se soumet dans la foulée à un plébiscite local le . Ce vote a pour but de faire ratifier la proclamation de fait et non de jure du gouvernement provisoire le , par « le Peuple de Paris »; à défaut de réellement consulter le peuple français, chose qui n'interviendra pas avant 1871 avec les législatives de février et les municipales d'octobre.
Gambetta, Ministre de l'Intérieur, s'oppose catégoriquement à la tenue du plébiscite estimant que « l'acclamation » du est selon lui suffisante[39]. Il écrit à Jules Favre pour protester[39].
Deux jours plus tard ont lieu les élections municipales de Paris. Treize maires sur vingt (dont Clemenceau) sont reconduits. Cinq nouveaux sont des modérés. Seuls Delescluze (XIXe) et Ranvier (XXe) représentent le parti révolutionnaire.
Le plébiscite
modifierLa question posée est : « La population de Paris maintient-elle OUI ou NON les pouvoirs du Gouvernement de la Défense Nationale ? »[40]
Résultats :
- 557 996[40] (ou 330 000 selon les sources)[41] répondent « OUI ».
- 61 638[40] (ou 52 000 selon les sources)[41] répondent « NON ».
- Un certain nombre[Combien ?] s'abstient.
Chronologie
modifier- : à Paris, proclamation de la République et formation du gouvernement.
- : Paris est encerclé par les Allemands, début du siège de la capitale
- 19 et : entrevue de Ferrières entre Favre et Bismarck.
- : Léon Gambetta, quitte Paris en ballon pour aller organiser la guerre en province
- : après l'échec du Bourget, insurrection à Paris contre le gouvernement
- : plébiscite à Paris uniquement à la suite de la proclamation du gouvernement provisoire le et en réaction au soulèvement populaire du . Gambetta est contre la tenue du plébiscite
- - : échec de la sortie militaire du général Ducrot vers Champigny
- : échec de la sortie militaire de Buzenval
- : échec de la manifestation parisienne contre le gouvernement. Démission de Trochu
- : signature de l'armistice franco-allemand, fin des bombardements de Paris
- : Léon Gambetta démissionne du gouvernement
- : élections à l'Assemblée nationale, succès des conservateurs pacifistes
- : l'Assemblée nationale élit Adolphe Thiers comme « chef du pouvoir exécutif »
- : Adolphe Thiers présente le gouvernement avec Jules Dufaure comme vice-président du conseil
Liste des ministres
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- Président : Louis Jules Trochu (orléaniste)
- Vice-président : Jules Favre (également ministre des Affaires étrangères) (Gauche)
- Ministres :
- Ministres de l'Intérieur :
- Léon Gambetta (Extrême gauche)
- Emmanuel Arago (à partir du ) (Gauche)
- Ministre de la Guerre : Adolphe Le Flô (orléaniste)
- Ministre des Travaux publics : Pierre-Frédéric Dorian (Extrême gauche)
- Ministres de la Justice :
- Adolphe Crémieux (jusqu’au ) (Gauche)
- Emmanuel Arago (par intérim) (jusqu’au ) (Gauche)
- Adolphe Crémieux (à partir du ) (Gauche)
- Ministre de la Marine et des Colonies : Martin Fourichon (Centre droit)
- Ministres de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts :
- Jules Simon (jusqu’au ) (Gauche)
- Eugène Pelletan (jusqu’au ) (Extrême gauche)
- Pierre-Frédéric Dorian (par intérim) (à partir du ) (Extrême gauche)
- Ministre de l'Agriculture et du Commerce : Pierre Magnin (Gauche)
- Ministre des Finances : Ernest Picard (Centre gauche)
- Ministres sans portefeuille :
- Alexandre Glais-Bizoin (Gauche)
- Louis-Antoine Garnier-Pagès (Gauche)
- Eugène Pelletan (jusqu’au ) (Extrême gauche)
- Henri Rochefort (jusqu’au ) (Extrême gauche extra-parlementaire)
- Ministres de l'Intérieur :
- Secrétaire du gouvernement : Jules Ferry (Gauche)
Points de vue contemporains (1871-1914) sur la Défense nationale et Gambetta
modifierPoint de vue des monarchistes de l'assemblée de 1871
modifierLa majorité monarchiste et conservatrice issue des élections législatives de 1871 condamne la volonté de Léon Gambetta de mener la guerre à outrance et en fait le responsable de la défaite.
Pour les monarchistes, en renversant l'Empire et en créant le désordre, le gouvernement de la Défense nationale a préparé le terrain des insurgés de la Commune de Paris[42].
Commission d'enquête de 1871
modifierDès son entrée en fonction, la nouvelle Assemblée nationale nomme une commission d'enquête chargée de mettre en lumière les erreurs commises par le gouvernement, mais ses conclusions sont sans effet : quand elle rend son rapport quelques années plus tard, les républicains sont majoritaires à la Chambre des députés et la République plus solidement ancrée par le vote des lois constitutionnelles de 1875[42].
Point de vue des républicains au pouvoir à partir de 1880
modifierPour autant, des années 1880 à la Première Guerre mondiale, l'historiographie républicaine conserve dans l'ensemble une position critique par rapport aux événements du et à l'exercice du pouvoir par le gouvernement de la Défense nationale.
Dans la mesure où de nombreux contemporains sont encore en vie, les récits s'inscrivent dans une « histoire présente, ou dont l'issue engage encore le présent »[43]. Le traitement des événements y est généralement polémique : comme le constate Olivier Le Trocquer, « il s'agit de juger si les protagonistes ont fait une faute, s'ils sont coupables ou non au regard de la morale publique, ou si on doit leur être au contraire reconnaissant d'avoir renversé l'Empire et pris le pouvoir »[43].
Par exemple, dans le premier tome de son Histoire contemporaine (1897), l'historien Samuel Denis se montre particulièrement virulent : « À la vérité, les hommes du se sont rendus coupables d'une usurpation manifeste, que les circonstances périlleuses où l'on était ne suffisent pas à légitimer, en s'emparant révolutionnairement du pouvoir, avec le concours des envahisseurs du Corps législatif et sans l'assentiment des représentants du pays, et ils ont fait de ce pouvoir usurpé un usage compromettant pour les intérêts de la patrie ! Ils ne sauraient, à ce double titre, échapper aux sévérités de l'histoire »[44].
Par son rôle actif dans la poursuite de la guerre, Léon Gambetta cristallise les critiques. Une forme de « légende noire » le présente comme un dictateur assoiffé de pouvoir et d'ambition personnelle. Malgré l'échec de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale à le démontrer, ce jugement négatif perdure. En 1914, deux colonels proches de l'Action française, Frédéric Delebecque et Georges Larpent, livrent une analyse à charge et sans concession, sous le pseudonyme de Henri Dutrait-Crozon[42].
La droite conservatrice n'est pas la seule à se montrer critique : certains républicains plus modérés, comme Jules Grévy, considèrent que la Défense nationale aurait desservi la république en donnant l'image d'un gouvernement brouillon et autoritaire, laissant ainsi le champ libre aux monarchistes. La victoire de ces derniers lors des élections législatives de 1871 est présentée comme un désaveu de la politique de « guerre à outrance » menée par Gambetta, même si les travaux de l'historien Éric Bonhomme cherchent à contredire cet échec électoral[42].
Point de vue des partisans de Gambetta
modifierPoints de vue académiques
modifierPoint de vue de John Patrick Bury sur Gambetta (1937)
modifierL'historien britannique John Patrick Tuer Bury cherche à réhabiliter l'action du tribun dans Gambetta défenseur du territoire, 1870-1871 (1937), sans pour autant cacher ses faiblesses[42].
Thèse de doctorat d'Éric Bonhomme (1996) sur le gouvernement de la Défense nationale
modifierDans sa thèse soutenue en 1996 consacrée à l'exercice du pouvoir par la Défense nationale, élaborée sous la direction de Jean-Marie Mayeur, Éric Bonhomme affirme que la défaite des républicains doit être relativisée dans la mesure où ils passent d'une représentation négligeable dans le Corps législatif des derniers mois de l'Empire (8,5 % des élus) à une situation de forte minorité dans l'Assemblée nationale de 1871, avec 23,2 % des élus. La poussée républicaine est manifeste dans de nombreux départements, ce qui permet de placer cette élection comme une étape significative de la conquête de l'opinion publique par les républicains.
Il contredit par ailleurs l'assertion d'un « Gambetta dictateur » en affirmant qu'il met en place un gouvernement unitaire et libéral, à la fois modéré et pragmatique dans son fonctionnement[42].
Notes et références
modifier- ↑ Jean-Michel Gaillard, « Sedan, 1870 : l'effondrement d'un rêve européen », L'Histoire, no 211 « Faut-il réhabiliter Napoléon III ? », .
- 1 2 3 4 5 Cornut-Gentille 2020, p. 34-36.
- ↑ Xavier Boniface, chap. 1 « De la guerre franco-allemande à la Commune 1870-1871 », dans Hervé Drévillon (dir.) et Olivier Wieviorka (dir.), Histoire militaire de la France, t. II : De 1870 à nos jours, Paris, Éditions Perrin, coll. « Tempus » (no 870), , 958 p. (ISBN 978-2-262-09993-0), p. 17-63.
- ↑ Daniel Hochedez, « La guerre franco-allemande et l'occupation en Argonne (1870-1871) », Horizons d'Argonne, no 87, .
- ↑ Cornut-Gentille 2020, p. 37-45.
- ↑ Cornut-Gentille 2020, p. 84-86.
- 1 2 3 Cornut-Gentille 2020, p. 116-129.
- ↑ Grévy 1998, p. 10.
- ↑ Unger 2022, p. 73-76.
- 1 2 Duclert 2021, p. 49-50.
- 1 2 Cornut-Gentille 2020, p. 149-150.
- ↑ Cornut-Gentille 2020, p. 151-154.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Cornut-Gentille 2020, p. 175-182.
- 1 2 3 Duclert 2021, p. 51-52.
- ↑ Cornut-Gentille 2020, p. 192-194.
- ↑ Journal officiel de la République française, 6 septembre 1870, n° 245, p. 1529, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65801266/f1
- ↑ Journal officiel de la République française, 8 septembre 1870, n° 247, p. 1537, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65801281
- 1 2 Duclert 2021, p. 52.
- 1 2 3 Duclert 2021, p. 53.
- ↑ Bonhomme 2000, p. 323-351.
- 1 2 Cornut-Gentille 2020, p. 185-189.
- ↑ Cornut-Gentille 2020, p. 191.
- 1 2 Cornut-Gentille 2020, p. 194-199.
- 1 2 3 Duclert 2021, p. 54-56.
- 1 2 3 4 Unger 2022, p. 83-88.
- ↑ Duclert 2021, p. 54.
- 1 2 3 4 Duclert 2021, p. 56-58.
- ↑ Victor Hugo, Choses vues, Paris, Gallimard, , 529 p. (ISBN 2-07-036141-1), p. 93-94.
- 1 2 3 Duclert 2021, p. 59-61.
- 1 2 3 4 Duclert 2021, p. 61-64.
- 1 2 Unger 2022, p. 93-99.
- ↑ François Roth, La Guerre de 1870, Fayard, , p. 296.
- ↑ Duclert 2021, p. 64-65.
- ↑ Unger 2022, p. 100-104.
- ↑ (fr) La Commune de Paris-La Guerre de 1870-Il faut en finir par Henri Guillemin 1971
- ↑ Gaston Monnerville, Clemenceau, libr. Arthème Fayard, , 769 p..
- ↑ Michel Winock, Clemenceau, Paris, Perrin, 2007, chap. I, p. 16
- ↑ Hugo 1972, p. 261.
- 1 2 3 Henri Dutrait-Crozon, Gambetta et la défense nationale, 1870-1871, Nouvelles Editions Latines, 1914, Paris, p.320
- 1 2 3 La Grande Histoire de la Commune, Edition du centenaire, 1970.
- 1 2 Pierre Miquel, La Troisième République, Paris, Fayard, 1989, p. 69.
- 1 2 3 4 5 6 7 Grévy 1998, p. 17-20.
- 1 2 Le Trocquer 2006, paragraphe 5.
- ↑ Samuel Denis, Histoire contemporaine, t. I, Paris, Plon, , p. 161-162.
Voir aussi
modifierSources primaires
modifier- Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale [du au ], Paris, Plon, 1871-1875, 3 volumes (en ligne).
Bibliographie
modifier- Éric Bonhomme, « Bordeaux et la Défense nationale », Annales du Midi, Toulouse, Éditions Privat, t. 110, no 223 « Un siècle d'histoire de Bordeaux, 1848-1954 », , p. 319-342 (lire en ligne).
- Éric Bonhomme (préf. Jean-Marie Mayeur), La République improvisée : l'exercice du pouvoir sous la Défense nationale, 4 septembre 1870-8 février 1871, Saint-Pierre-du-Mont, Eurédit, coll. « Passés composés », , 532 p. (ISBN 2-84564-004-8).
- [Cornut-Gentille 2020] Pierre Cornut-Gentille, Le : L'invention de la République, Paris, Éditions Perrin, coll. « Tempus » (no 810), (1re éd. 2017), 237 p., poche (ISBN 978-2-262-08776-0).
- [Duclert 2021] Vincent Duclert, 1870-1914 : La République imaginée, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Folio Histoire », (1re éd. 2010), 1104 p. (ISBN 9782072799433).
- Alain Gouttman, La grande défaite. 1870-1871, Paris, Éditions Perrin, coll. « Pour l'histoire », , 414 p. (ISBN 978-2-262-03245-6).
- Jérôme Grévy, La République des opportunistes (1870-1885), Paris, Éditions Perrin, coll. « Terre d'histoire », , 415 p. (ISBN 2-262-01344-6, présentation en ligne), « Les républicains dans la tourmente », p. 7-28libellé=Grévy 1998.
- Arnaud-Dominique Houte, Le triomphe de la République. 1871-1914, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L'Univers historique », , 461 p. (ISBN 978-2-02-100102-0).
- [Le Trocquer 2006] Olivier Le Trocquer, « Mémoire et interprétation du : Le sens de l'oubli », Temporalités, no 5 « Mémoire et Histoire », (DOI 10.4000/temporalites.283, lire en ligne).
- Jean-Marie Mayeur, La vie politique sous la Troisième République, 1870-1940, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no 73), , 445 p. (ISBN 2-02-006777-3, présentation en ligne).
- Jean-Marie Mayeur, Gambetta, la patrie et la république, Paris, Fayard, , 556 p. (ISBN 978-2-213-60759-7, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
- [Unger 2022] Gérard Unger, Gambetta, Paris, Perrin, coll. « Biographies », , 416 p. (ISBN 978-2-262-07991-8).
- Vincent Wright (texte complété, mis à jour et présenté par Éric Anceau et Sudir Hazareesingh), Les préfets de Gambetta, Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne, coll. « Collection Roland Mousnier » (no 34), , 482 p. (ISBN 978-2-84050-504-4, présentation en ligne).