Utilisateur:Groupir !/Gérard Oury
ERIC ROHMER / JEAN-PIERRE MOCKY
http://encinematheque.fr/real/R30/index.asp
http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20010514.OBS4292/le-festival-rend-hommage-a-gerard-oury.html
http://www.dhnet.be/medias/livresbd/gerard-oury-en-vadrouille-51b7d84be4b0de6db9916d2b
http://www.lemonde.fr/culture/portfolio/2006/07/20/gerard-oury-dernier-clap_797084_3246.html
https://www.ladepeche.fr/article/2006/07/21/66448-gerard-oury-le-clap-de-fin.html
http://www.academie-des-beaux-arts.fr/membres/actuel/cinema/Oury/fiche.htm
Collaboration entre Gérard Oury et Louis de Funès
http://www.ina.fr/video/5614200_001_040
https://www.ina.fr/video/CPF86601612/gerard-oury-video.html
Radioscopie - Gérard Oury (1988)
https://www.cinematheque.fr/cycle/gerard-oury-569.html
http://www.avantscenecinema.com/numero-671-672-la-grande-vadrouille-gerard-oury/
[vidéo] « Masterclass de Danièle Thompson (Gérard Oury, Mon père, l'As des As) », sur YouTube, 2019.
Jérôme Lachasse, « Gérard Oury vu par sa fille, Danièle Thompson : “C'était un avaleur de cinéma” », sur people.bfmtv.com, BFM TV, .
name="SACEM" Vincent Dégremont, « Gérard Oury 1919-2006 », sur musee.sacem.fr, SACEM (consulté le ).
Ève Curie, "Il est poli d'être gai"
Pierre Durin : Wikidata : Q95813198 ? https://www.imdb.com/name/nm0244142 ? note : non crédité sur la fiche du film https://www.imdb.com/title/tt0069747 donc il faudrait trouver une source permettant le recoupement (avec « Madame de… » (1953) mentionné sur https://www.filmportal.de/person/pierre-durin_8a2b45be08614a56866c50d4a33fa978 par exemple) puis suivant le cas, ajouter à la fiche Wikidata le lien vers IMDB voire d’autres bases de données ; ou alors créer une fiche Wikidata distincte en cas d’homonymie, ce qui me semble assez fort peu probable…
Intro
modifier| Nom de naissance | Max-Gérard Houry Tannenbaum |
|---|---|
| Surnom | ? |
| Naissance |
Paris (France) |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 87 ans) Saint-Tropez (France) |
| Profession |
réalisateur scénariste acteur |
| Films notables |
Le Corniaud La Grande Vadrouille Le Cerveau La Folie des grandeurs Les Aventures de Rabbi Jacob L'As des as |
Max-Gérard Houry Tannenbaum, dit Gérard Oury, est un réalisateur, scénariste, metteur en scène et acteur français, né le à Paris et mort le à Saint-Tropez.
Après une enfance dorée à Montmartre où il côtoie de grands artistes comme ..., Gérard Oury se lance dans une carrière de comédien à l'âge de 17 ans, suit le cours Simon, puis entre en 1938 au conservatoire de Paris et obtient son premier rôle à la Comédie-Française un an plus tard dans Britannicus. Durant la Seconde Guerre mondiale, il part en zone libre puis à Monaco et enfin à Genève, pour fuir les lois instaurées par Vicky sur le statut des Juifs ; dans son exil, il poursuit sa carrière théâtrale et fait ses premières apparitions au cinéma. De retour en France à la fin du conflit,
s'intéresse par la suite à l'écriture
Après trois premières réalisations dramatiques passées inaperçues, Gérard Oury
La Grande Vadrouille (sa plus grande réussite commerciale et un des succès commerciaux majeurs de l'histoire du cinéma français)
Brouillé avec de Funès après les déboires du film inachevé Le Crocodile, il confie les rôles principaux de ses films suivants à d'autres acteurs très populaires tels que Pierre Richard, Jean-Paul Belmondo, Coluche ou Christian Clavier mais peine à retrouver l'étoffe et les résultats de ses précédents succès.
L'humour de son cinéma se base sur la bouffonnerie des « comédies à l'italienne » et le rythme des comédies burlesques américaines. Les sujets de ses films sont pour la plupart des sujets graves qu'ils réussit à transformer en sujet comique (pour exemple, La Folie des grandeurs est adapté d'un drame romantique de Victor Hugo).
Longtemps boudé par la critique, Gérard Oury est vu différemment à la fin de sa carrière puisqu'il reçoit un César d'honneur en 1993, devient Commandeur de la Légion d'honneur en 1991, membre de l'Académie des beaux-arts en 1998 et Grand officier de l'Ordre national du Mérite en 2002 et qu'une rétrospective lui est consacrée au festival de Cannes 2001. Il réalise son dernier film, Le Schpountz (remake du film du même nom de Marcel Pagnol), à l'âge de 80 ans.
Gérard Oury demeure l'un des réalisateurs majeurs du cinéma comique français tout comme Claude Zidi ou encore Francis Veber.
Plan
modifier- Biographie
- Enfance au milieu d'artistes
- Origines familiales
- Débuts de comédien interrompus par la guerre (1939-1945)
- envie d'être acteur, conservatoire
- retour en France
- Un acteur insatisfait (1945-1958)
- de la sortie de guerre a avant écriture de premiers scénarios, variétés des rôles et des engagements, toujours des rôles de méchants
- Transition vers l'écriture et la réalisation (1958-1965)
- Le Miroir à deux faces
- Babette s'en va-t-en guerre
Le Crime ne paie pas
Le Cargo de la colère
- L'ère des triomphes (1965-1973)
- Le Corniaud
- La Grande Vadrouille
- Le Cerveau
- La Folie des grandeurs
- Rabbi Jacob
Projets inaboutis et théâtre (1974-1977)
Le Crocodile
L'entourloupe
Arrête ton cinema
Nouveaux comédiens et nouveaux succès (1978-1987)
La carapate
Le Crocodile avec Sellers
Le Coup du parapluie
L'As des as
La Vengeance du serpent à plumes
Lévy et goliath
Popularité déclinante, reconnaissance tardive (1987-2000)
vanille fraise
première autobiographie
la soif de l'or
César d'honneur
reportage en Israël
fantome avec chauffeur
schpountz
académie des beaux-arts
- Dernières années (1999-2006)
- dépression
- festival Cannes
- projection Grande Vadrouille
- Il est poli d'être gai
- Légion d'honneur
dernier rôle
remake Le Corniaud
comédie musicale Rabbi Jacob
Mort et hommages
fin de vie
funérailles
vente aux enchères
succession Académie
place à Paris
hommage de sa fille
vente de sa villa
- Vie privée
- mère et grand-mère très proche
- Jacqueline Roman et Danièle
- Michèle Morgan, leur mode de vie particulier
- Enfance au milieu d'artistes
- Analyse de l'œuvre
- Principes comiques, thèmes, inspirations
- Des sujets sérieux sources de comédie
- ~ Un mélange d'influences et de ressorts comiques ~
- Des interprètes fameux, souvent en duo (acteurs, actrices)
Place des femmes
inspiration des actualités- plus rarement, inspiration de l'Histoire (et joue du décalage, de l'anachronisme et de l'anticipation)
- Méthodes de travail, ampleur et esthétique des films
Une longue préparation- Du comique-spectacle à grands moyens (manque images)
- Des collaborations de renom (peut-être encore des noms)
- Des comédies à l'image léchée (phrase d'intro sur le désir de beauté de ces comédies)
- Principes comiques, thèmes, inspirations
- Hommages
Biographie
modifierEnfance au milieu d'artistes (1919- )
modifierhttps://www.leparisien.fr/oury-portrait-d-un-inconnu-c-l-bre-07-05-1999-2000610660.php
- Origines familiales
Fils d'un violoniste juif d'origine russe, Serge Tenenbaum, et de Marcelle Houry (1894-1980), critique d'art au journal Paris-Soir, résidant au 24 ou au 26, rue de la Tour (immeubles de dimensions différentes et de même architecte anonyme) à Paris, elle-même juive mais non pratiquante[1], Max Gérard Tenenbaum prend ensuite officiellement, en 1950, le nom de jeune fille de sa mère, devenant Max Gérard Houry[2].
est l'enfant adultérin de Marcelle Tenenbaum, née Houry, et de l'aviateur chilien José Luis Sanchez Besa de Avila. Mariée au violoniste russe Serge Tenenbaum, Marcelle rencontre l'aventurier lors d'une réception chez sa sœur Hélène Houry et entame une brève liaison. De Avila, issu d'une famille riche et puissante, a dû fuir le Chili pour meurtre ; pionnier de l'aviation, à la fois pilote et constructeur, il est un héros de la Première Guerre mondiale.
Marie-Claude Rœsch-Lalance, Dans l'intimité de la communauté artistique de Bourron-Marlotte : si les maisons racontaient…, Association des amis de Bourron-Marlotte, , 260 p. (ISBN 9782307445746, lire en ligne), p. 77.
https://gw.geneanet.org/wikifrat?lang=fr&n=tenenbaum&p=serge
Serge Tenenbaum, bien que conscient de l'illégitimité de l'enfant, le reconnaît comme le sien mais divorce de Marcelle trois ans plus tard ; il assume ce rôle de père dès que nécessaire. Gérard n'apprend la vérité qu'a l'âge de dix ans. Il n'a que très peu de contacts avec son père biologique, qui a entretemps fondé une famille. Marcelle sollicite notamment De Avila pour amener Gerard dans une maison close à son adolescence, pour lui faire perdre sa virginité, selon une tradition bourgeoise de l'époque.
https://www.lesechos.fr/2009/04/dufy-ou-le-jardin-secret-de-gerard-oury-453573
Débuts d'acteurs et Seconde Guerre mondiale
modifierL'immédiat après-guerre
modifier
Acteur : https://archive.org/details/lecinmapolicierf0000fran/page/207/mode/1up?q=%22de+funes%22 : "Il a mal servi la Série B (La Main chaude, d'après Jean-Charles Pichon, La Menace, d'après Frédéric Dard), incapable de conférer à ses interprètes ce que lui-même possédait en tant qu'acteur : une silhouette inquiétante, un jeu subtil et émouvant {Le Dos au mur). Le crime ne paie pas fut son premier film « cher ». Rien à dire de ce produit standard sinon que le dernier sketch partait d'une idée amusante. Le Corniaud, médiocre comédie policière reprenant le personnage du « pigeon » à qui l’on fait passer de l'or à la frontière sans qu'il le sache a, depuis lors, lancé Oury sur la voie du succès et des machines de plus en plus coûteuses, que le réalisateur n'arrive pas souvent à dominer." Le Cinéma policier français, 1983 de François Guérif
Sur Jean Girault : "La comédie policière dans ce qu'elle a de plus sinistre. Girault est le réalisateur qui a le plus contribué à répandre l'image des forces de l’ordre bon enfant avec sa série des Gendarmes de Saint-Tropez" Le Cinéma policier français, 1983 de François Guérif
...
modifierPremières réalisations, derniers rôles
modifierTransition vers l'écriture et la réalisation (1958-1965)
modifierGérard Oury avait déjà coécrit une comédie : Babette s'en va-t-en guerre (1959) de Christian-Jaque[a].
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/frederic-dard-et-le-cinema_1216132
Pour sa troisième réalisation, Gérard Oury adapte la bande dessinée Le crime ne paie pas de Paul Gordeaux, populaire rubrique du journal France-Soir[3],[b],[c]. Il réalise un film à sketchs, principe alors à la mode dans le cinéma français (mais d'habitude partagé entre plusieurs réalisateurs)[3]. Chaque segment s'amuse des hasards qui mettent à mal les plans des crimes parfaits les mieux conçus[4]. Oury chapeaute le scénario global avec Tacchella et Gordeaux et confie chaque sketch à des scénaristes de renom : le premier intitulé Le Masque sur Lucrèce Borgia scénarisé par Aurenche-Bost, le deuxième titré L'Affaire Hugues sur Clovis et Jeanne Hugues par Henri Jeanson et René Wheeler, le troisième sur l'affaire Fenayrou par Boileau-Narcejac[b]. Frédéric Dard écrit un quatrième sketch, L'Homme de l'avenue, sur une histoire originale[4]. Oury rassemble une pléiade de comédiens connus : François Périer, Edwige Feuillère, Philippe Noiret, Annie Girardot, Pierre Brasseur, Danielle Darrieux, Richard Todd et Michèle Morgan[b]. Bien qu'il s'agisse de drames, le quatrième sketch comporte un rôle comique, tenu par son ami Louis de Funès, alors comédien de second plan[5],[d]. Lors du tournage de sa scène, ce dernier remarque le plaisir pris par Oury à tourner de la comédie, à voir un acteur provoquer le rire et à le diriger pour en améliorer l'effet et lui dit le voir réaliser plutôt des comédies : « Tu es un auteur comique et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là »[6],[7],[e],[f],[cit. 1]. Oury cite cette déclaration comme un pas important dans sa décision de tourner des films comiques[g],[f]. Il n'est, de toute manière, pas satisfait de sa situation : « Je suis assis le cul entre deux chaises : plus tout à fait acteur, pas encore metteur en scène consacré, ma carrière flottaille »[7],[h]. Film de clôture du festival de Cannes de 1962, présenté hors-compétition, Le crime ne paie pas, ensuite sorti en , obtient un succès d'estime avec 1,3 million d'entrées[8],[3],[i]. Ce résultat vient surtout des nombreuses têtes d'affiche et de la notoriété de la bande dessinée adaptée[c]. La critique est assassine[3].
- Genèse et développement
Au début des années 1960, l'acteur Gérard Oury s'oriente vers la réalisation après l'écriture de plusieurs scénarios[a]. Il raconte plus tard avoir décidé de changer de voie pour impressionner l'actrice Michèle Morgan, avec qui il entretient une liaison alors secrète[j],[k]. Il met en scène d'abord deux films passés inaperçus, La Main chaude (1960) et La Menace (1961)[7],[5],[e],[l],[c]. Pour sa troisième réalisation, il adapte la bande dessinée Le crime ne paie pas de Paul Gordeaux, populaire rubrique du journal à grand tirage France-Soir[3],[b],[c]. Le principe du film à sketchs est alors à la mode dans le cinéma français, mais il est d'habitude partagé entre plusieurs réalisateurs[3]. Chaque segment s'amuse des hasards qui mettent à mal les plans des crimes parfaits les mieux conçus[4].
Oury chapeaute le scénario global avec son complice habituel Jean-Charles Tacchella et l'auteur Paul Gordeaux et confie chaque sketch à des scénaristes de renom : le premier intitulé Le Masque sur Lucrèce Borgia scénarisé par Aurenche-Bost, le deuxième titré L'Affaire Hugues sur Clovis et Jeanne Hugues par Henri Jeanson et René Wheeler, le troisième sur l'affaire Fenayrou par Boileau-Narcejac[b]. Le premier sketch est inspiré d'une nouvelle des Chroniques italiennes de Stendhal[9]. Frédéric Dard écrit un quatrième sketch, L'Homme de l'avenue, sur une histoire originale ; il avait déjà coécrit le précédent film d'Oury, La Menace, adapté d'un de ses romans[4].
Oury rassemble une pléiade de comédiens connus : François Périer, Edwige Feuillère, Philippe Noiret, Annie Girardot, Pierre Brasseur, Danielle Darrieux, Richard Todd et Michèle Morgan[b]. Pour la première et seule de sa carrière de réalisateur, Oury dirige sa compagne Michèle Morgan, l'une des actrices les réputées de son temps, avec une certaine appréhension[10]. Bien qu'il s'agisse de drames, le quatrième sketch comporte un rôle comique, tenu par son ami Louis de Funès, alors comédien de second plan[5],[d]. À l'époque, déjà fort d'une centaine d'apparitions au cinéma, Louis de Funès est sollicité par des réalisateurs dramatiques pour « faire son numéro » le temps d'une scène, créer son « film dans le film »[e],[f].
- Tournage
Le tournage du Crime ne paie pas se déroule du au , principalement aux studios de Billancourt[11]. Oury, encore comédien en parallèle, a le droit exceptionnel pour partir réaliser son film de quitter la pièce Ruy Blas qu'il jouait à la Comédie-Française, contrevenant ainsi au décret de Moscou[12]. Le sketch sur Lucrèce Borgia est tourné à Venise[9]. À cause de récents tournages aux techniciens indélicats, qui ont endommagé des œuvres d'art anciennes, les palais et églises retirent au dernier moment leurs autorisations de prises de vues[9]. Le décorateur Georges Wakhévitch batit à la hâte des reconstitutions de ces décors dans des hangars ou des palais abandonnés[9]. Ce tournage est également perturbé par les rackets fréquents des différents mafieux locaux[9].
Bien qu'il s'agisse de drames, le quatrième sketch de ce dernier film comporte un rôle comique, tenu par son ami Louis de Funès, alors comédien de second plan[5],[d]. Son passage ne prend qu'un jour de tournage, le [e],[d]. L'acteur expérimenté remarque le plaisir pris par Oury à tourner de la comédie, à voir un acteur provoquer le rire et à le diriger pour en améliorer l'effet[5],[f].
Au cours du repas à la pause, Louis de Funès lui dit le voir plutôt derrière des comédies[5],[f]. Il demande : « Mais quel film es-tu donc en train de faire ? Je te pose la question : crois-tu être un metteur en scène de films dramatiques ou réalistes ? Si c'est le cas, tu te fourres le doigt dans l'œil ! »[g],[e],[f]. Son argument est que le réalisateur s'est laissé rire de la scène : « Tu as ri, c'est très rare. — C'est rare un réalisateur qui rit ? — Exceptionnel même ! — S'il suffisait de se tordre pour être capable de faire rire les autres, où irions-nous ? — Vers un monde meilleur. Sais-tu que personne n'a jamais commis une mauvaise action en riant de bon cœur ? Quant à toi, tu es un auteur comique et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là »[13],[g],[e],[f]. Oury cite cette déclaration comme un pas important dans sa décision de tourner des films comiques[g],[f],[note 1]. Il n'était, de toute manière, pas satisfait de sa situation : « Je suis assis le cul entre deux chaises : plus tout à fait acteur, pas encore metteur en scène consacré, ma carrière flottaille »[13],[h].
- Exploitation et accueil
Le crime ne paie pas est présenté hors-compétition lors du festival de Cannes de 1962, en tant que film de clôture, le [14],[15]. Le film sort ensuite en salles le et obtient un succès d'estime avec 1 327 403 entrées[3],[8],[15]. Le film se maintient tout au long de l'été en tête du box-office hebdomadaire[3]. À Paris, il récolte 302 896 entrées au cours de sa première exclusivité et, au total, 430 617 entrées parisiennes toutes exploitations confondues[3]. Ce résultat viendrait surtout des nombreuses têtes d'affiche et de la notoriété de la bande dessinée adaptée, publiée dans l'un des quotidiens les plus lus en France[16]. Gérard Oury connaît par la suite une fructueuse carrière au box-office dès ses films suivants, Le Corniaud et La Grande Vadrouille[3].
Si l'accueil cannois est positif, les critiques à la sortie générale sont assassines[3],[17]. Louis Chauvet, dans Le Figaro, estime que « Gérard Oury se montre un metteur en scène plus attentif, plus appliqué, mieux inspiré dans l'acharnement à bien faire qu'il ne le fut dans ses deux films précédents. Il inscrit entre deux séquences anonymes quelques heureuses trouvailles. Notons le progrès. Oury devrait néanmoins songer qu’il importe de savoir “imposer un rythme” (de préférence plus rapide) et “faire court” »[17],[18]. Pour Michel Capdenac des Lettres françaises, « Ce cinéma démodé mais qui cherche, malgré ses rides, à séduire, n'a même pas ici l'excuse de l’humour, de la finesse, de l'intelligence psychologique. Des rôles caricaturaux ont trouvé leur emploi, auteurs et acteurs s'en donnent à cœur joie »[17],[19].
Gérard Oury planche ensuite sur quelques synopsis de comédies à mettre en scène[k].
Son principal projet suivant est cependant un nouveau drame, tiré des aventures du navire HMS Fidelity pendant la Seconde Guerre mondiale et de son truculent lieutenant commander français qui fait d'un navire marchand un vaisseau corsaire au service des Alliés[7],[m],[n],[o],[p],[cit. 2]. À la suite de la défection surprise d'un premier producteur, son ami Alain Poiré de la Gaumont accepte de le produire, après avoir financé sa deuxième réalisation, La Menace[m],[q]. Ce film intitulé Le Cargo de la colère n'est finalement jamais tourné[7],[m],[q]. Ce projet avorté lui permet néanmoins de rencontrer Marcel Jullian, auteur d'un roman sur le sujet, qui demeure son partenaire d'écriture sur ses idées ultérieures[7],[m],[h],[o].
rencontre avec Marcel Jullian
jusqu'au Corniaud
L'ère des triomphes (1965-1973)
modifier
Le Cerveau. « Gérard Oury (Le Cerveau) » [vidéo], sur ina.fr, émission À propos de Michel Droit, ORTF, .
Gérard Oury est sollicité par Alain Poiré pour trouver un sujet pseudo-noir dans la veine des polars parodiques de Georges Lautner[20],[r]. La Gaumont produit alors Les Tontons flingueurs (1963)[r]. Un fait divers lié à la French Connection donne l'inspiration à Oury pour une comédie : l'arrestation à New York en d'un présentateur-vedette de la télévision française, Jacques Angelvin, par des agents du Bureau des narcotiques[s],[k],[t],[u]. En voyage d'agrément aux États-Unis, Angelvin a fait acheminer par paquebot depuis la France une Buick Invicta récemment acquise[5],[21],[v],[u]. Après la filature et l'interpellation de trafiquants français et américano-italiens, la police détermine que la voiture a pu dissimuler, grâce à une cache sous le siège arrière et des caissons soudés dans les ailes, environ 52 kg d'héroïne, dont seulement une partie est retrouvée dans la ville[5],[21],[v]. Le réseau comptait sur la célébrité de l'animateur de Paris-Club — première émission populaire des débuts de la télévision — pour déjouer tout soupçon à la douane[5],[22],[u].
Angelvin clame son innocence en prétendant avoir été dupé[5],[21],[u]. Condamné à six ans de prison, il soutient avoir plaidé coupable uniquement pour bénéficier de la clémence des juges et abréger sa peine[5],[22],[w],[u],[note 2]. Au vu de la notoriété de l'inculpé, le fait divers fait alors grand bruit[5],[22]. Sans forcément croire à la version d'Angelvin, Oury imagine le sujet d'une « mule » innocente, utilisée à son insu pour faire passer une frontière à une voiture cachant divers trafics[5],[x],[cit. 3]. Le souvenir d'un voyage en Italie avec son épouse Jacqueline Roman et François Reichenbach à bord d'une Chevrolet de location lui donne le cadre et des idées de péripéties[5],[y],[r],[z]. Il envisage dès le début de confronter Bourvil à Louis de Funès, bâtissant les deux personnages sur leurs caractères habituels[aa],[ab]. Il leur propose le sujet à la fin de l’été 1963[x].
« Et ras-le-bol les productions comiques bon marché, moches et vulgaires. Je tournerai dans des sites magnifiques. »
— Gérard Oury se remémorant son état d'esprit à la création du film, 1988[23],[ac].

Gérard Oury souhaite se départir des standards de la production comique française[5],[23],[24],[z]. En France, la comédie ne bénéficie alors que de faibles moyens, l'essentiel étant de faire rire, sans chercher de qualité formelle particulière[5],[24],[ad],[ae]. Ces films sont ainsi cantonnés à de modestes budgets, au noir et blanc, à quelques lieux (un appartement, un village…), à l'écriture et au tournage rapides, reposant sur une économie maximale, n'offrant au spectateur que le rire comme unique attrait[5],[23],[24],[ad]. Les vedettes comiques bâtissent leur notoriété sur une accumulation de petits films plutôt que de grandes productions marquantes (Jean Richard et ses sept films annuels, par exemple)[5],[23]. Dans le pire des cas, « des comédies s'écrivent en quinze jours parce qu'un producteur a mis la main à bon prix sur quelques semaines de location de studio — et Louis de Funès en a tourné beaucoup ! », rappelle son biographe Bertrand Dicale[af]. À l'inverse, à Hollywood, le comique est considéré comme un genre à part entière et bénéficie des mêmes conditions de production qu'un film d'un autre registre[ag],[ae]. Seule exception, Oury a été impressionné par la richesse de La Belle Américaine (1961) des Branquignols[25].
Oury exige une certaine ambition pour sa première comédie, au-delà de l'intrigue et des comédiens[23],[ad]. Il compte engager les meilleurs techniciens du moment[23],[ag]. En premier lieu, le film doit être en couleurs, encore un luxe à l'époque[5],[23],[ag]. Il doit aligner des décors naturels spectaculaires[ac],[ag]. Il serait essentiellement tourné en extérieurs plutôt qu'en studios[ag]. Cette volonté de s'éloigner des studios rejoint d'ailleurs celle initiée par la Nouvelle Vague au même moment[ah]. Il désire ainsi filmer « entièrement sur des voitures en marche », à l'aide de plateformes mobiles et de voitures travelling, au lieu de la traditionnelle technique de la transparence en studio[ac],[ad]. Sur le même principe, il veut capter en son direct les scènes, procédé plus onéreux et moins confortable que la postsynchronisation[ai]. Il demande enfin qu'on lui laisse tout le temps nécessaire pour perfectionner le scénario[aj].
Alain Poiré de Gaumont est réticent à l'idée de produire Le Corniaud selon les conditions réclamées par le réalisateur[5],[26],[ad]. Avec son approche plus classique de la comédie, il lui propose de déplacer l'intrigue en Espagne, destination moins coûteuse, et de tourner en noir et blanc[5],[27],[ad]. Quoique découragé, Oury refuse de dénaturer son projet[5]. Bourvil le soutient dans ses exigences[27]. Poiré se consacre à la place au polar comique Les Barbouzes (1964), nouvel Audiard-Lautner après Les Tontons flingueurs (1963)[r]. Le producteur indépendant Robert Dorfmann découvre par hasard Le Corniaud en passe d'être abandonné : connu pour ses prises de risques, il rachète le projet à la Gaumont et consent à produire la comédie en respectant les vues d'Oury, malgré le lourd investissement nécessaire[27],[ad],[ag],[note 3]. Dorfmann professe : « Il y a une désaffection certaine du cinéma. S'il n'y a pas de qualité, il n'y a pas de spectateurs »[aj].
Un devis de 3,5 millions de francs (soit 5,7 millions d'euros de 2025[28]) est établi[ak],[al]. Autre luxe, Dorfmann accorde à Oury un an d'écriture et neuf mois de préparation technique[aj]. Il prévoit douze semaines de tournage, alors que le cinéma comique le plus riche — les films de Fernandel — ne profite au mieux que de huit semaines[ai]. Aux sceptiques du métier, Dorfmann rétorque que Charlie Chaplin a ébranlé Hollywood en investissant quatre ans de sa vie et deux millions de dollars dans Les Temps modernes (1936)[aj]. Oury ne reçoit pas de cachet : le producteur lui octroie de quoi vivre durant la préparation et le tournage, puis il recevra la moitié des bénéfices une fois le film amorti[ac],[al]. Il peut engager des techniciens et artistes réputés, passés par le cinéma le plus exigeant, comme Henri Decaë à l'image, Georges Delerue à la musique ou Albert Jurgenson au montage[5],[ad]. Decaë est le directeur de la photographie de Jean-Pierre Melville et de films fondateurs de la Nouvelle Vague[29]. Jurgenson est le monteur d'Alain Resnais[30]. Pionnier du son direct, Antoine Bonfanti a perfectionné sa technique en extérieurs avec la Nouvelle Vague[31].
L'écriture du scénario par Gérard Oury et Marcel Jullian commence en [am], dans l'appartement d'Oury[o]. Danièle Thompson suit ces séances d'écriture en retrait, comme depuis son enfance où elle a vu passer de nombreux scénaristes chez son père ; pour la première fois, elle participe sporadiquement aux échanges d'idées, apportant notamment celle du téléphone dans la Cadillac, rareté pour l'époque, propice aux gags[o]. Jullian raconte avoir dîné avec Jacques Angelvin la veille de son départ aux États-Unis, qui lui aurait même présenté la « belle américaine » garée sur l'esplanade des Invalides[an]. Il explique avoir adapté le fait-divers « en ignorant toujours le fin mot de son histoire », tant de versions contradictoires du délit ayant été émises par la presse[an].
Gérard Oury prône de longues et pointilleuses séances d'écriture pour parfaire le scénario et épuiser toutes les idées[ao]. Jullian décrit le travail consciencieux imposé par Oury, à l'opposé de la légèreté supposément associée à une comédie : « Gérard est un inquiet, génial et perfectionniste ; quand il s'attelle à un scénario, on dirait presque qu'il se condamne à être triste pour ne pas cesser d'être sérieux. [Il] entrait dans le comique, comme dans tout ce qu'il entreprenait, avec l'état d'esprit d'un trappiste. Il y avait des phrases inscrites sur les murs pour maintenir le moral de nos séances […], des supplications et d'amicales gronderies ; puis, quand on insistait, il finissait par rire, lui aussi, peut-être plus par amitié que par conviction »[ap]. La création des dialogues est ensuite confiée aux frères Georges et André Tabet[ad],[aq]. Les fantaisistes Grosso et Modo officient ponctuellement en tant que gagmen[ar]. Les repérages en Italie et en France ont lieu en [am]. Le scénario est terminé en juillet-[am]. Le titre use d'un mot d'argot, « corniaud », désignant péjorativement un chien bâtard et également employé pour parler d'une personne niaise[32].
Bien que Le Corniaud soit un triomphe et s'achève sur une fin ouverte, Gérard Oury écarte l'idée de donner une suite au film (après y avoir un temps songé[33]), à contre-courant du procédé éprouvé par Le Gendarme de Saint-Tropez, Fantomas ou Don Camillo ; Dorfmann et les deux acteurs approuvent son choix[as],[at],[au],[av]. Il désire créer une intrigue réunissant Bourvil et Louis de Funès tout le film, à l'inverse du Corniaud[av]. Il leur avait justement raconté, lors du tournage à Carcassonne, une idée de film abandonnée quelques années auparavant : deux jumelles sauvant des aviateurs anglais pendant la Seconde Guerre mondiale et les conduisant en zone libre[av],[aw].
À nouveau aidé de Marcel Jullian et Danièle Thompson, Oury transforme ce synopsis de départ en La Grande Vadrouille, adaptant les rôles de jumelles à ses comiques vedettes[ax]. Il élabore un second road movie, une traversée de la France occupée par deux Français que tout oppose[ax]. Superproduction complexe, mais tournée dans de meilleures conditions que Le Corniaud, La Grande Vadrouille sort en et dépasse à la stupeur de tous son prédécesseur avec plus de 17 millions de spectateurs dans les salles, ainsi que d'excellents résultats à l'étranger[ay]. Le film demeure pendant trente ans le plus grand succès cinématographique sur le territoire français, toutes nationalités confondues[ay].

Après ce triomphe, Gérard Oury prépare ses deux prochains films pour les quatre années à venir[az]. Préservant son duo-fétiche, il associe d'abord Bourvil à Jean-Paul Belmondo dans une farce internationale évoquant l'attaque du train postal Glasgow-Londres : Le Cerveau (1969) amasse 5 millions d'entrées[ba]. Une adaptation parodique de la pièce de théâtre Ruy Blas de Victor Hugo doit marquer les retrouvailles attendues de Bourvil / de Funès[ba]. Oury et ses collaborateurs persévèrent à mener ce projet coûteux tout en sachant Bourvil gravement malade[bb]. Le comique normand meurt en 1970, des mois avant le tournage ; Yves Montand le remplace dans le rôle de Blaze[bc]. La Folie des grandeurs (1971) est encore une réussite commerciale, malgré l'absence de Bourvil[bd]. Gérard Oury conçoit ensuite un film avec Louis de Funès comme seule tête d'affiche, Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), dernier triomphe avec 7 millions d'entrées[be]. Il prévoit enfin Le Crocodile, dans lequel Louis de Funès jouerait un dictateur, un projet annulé lorsque l'acteur subit deux infarctus successifs en [34],[bf],[bg]. Oury et de Funès ne tournent plus jamais ensemble[bg].
https://www.telerama.fr/cinema/films/le-cerveau,4442.php
Le Cerveau
modifier- Emmanuel Berretta, « Le Cerveau : quand Bourvil ignorait encore qu'il était malade », sur lepoint.fr, Le Point, .
https://www.dvdclassik.com/critique/le-cerveau-oury
Fort de ses deux derniers triomphes, Oury ...
Il revient pour la production à son ami Alain Poiré de Gaumont qui, au vu du sujet, en fait un film internationale avec le soutien de Paramount et la présence de vedettes d'Hollywood. Le scénario doit être réécrit pour faire de la place aux rôles du « Cerveau » et du mafieux italien, attribué à David Niven et Eli Wallach.
En , alors que les étudiants s'attaquaient aux pavés parisiens, Gérard Oury, lui, s'inquiétait de savoir s'il allait pouvoir tourner son sixième long métrage, Le Cerveau. C'est l'histoire de deux gagne-petit du crime (Bourvil et Jean-Paul Belmondo) qui veulent attaquer un train transférant les fonds de l'OTAN, alors qu'un as britannique du braquage surnommé le Cerveau est déjà sur le coup. « Un film plein d'idées chères », comme le dit aujourd'hui la fille de Gérard Oury, coscénariste du film. Mais le roi du rire est riche de ses deux précédents succès. Aussi peut-il s'offrir le luxe de faire un film en scope avec des stars françaises, mais aussi anglo-saxonnes — David Niven (dans le rôle-titre) et Eli Wallach (un parrain de la mafia italienne) —, une séquence animée, des effets spéciaux, des cascades, des milliers de figurants, une copie de la statue de la Liberté, et même des images de la vraie, filmées à New York du pont du paquebot France. Pour financer cette folie des grandeurs, la Gaumont s'est associée à la Paramount, qui compte sortir ce film à dimension internationale aux États-Unis. Cela oblige dans un premier temps les scénaristes, Danièle Thompson et Marcel Jullian, à équilibrer l'importance des rôles entre vedettes locales et étrangères, puis Gérard Oury à filmer en même temps une version en français et une autre en anglais… Fin , les étudiants sont rangés des barricades et le tournage du Cerveau commence enfin. Il dure trente semaines. Mais dans la bonne humeur. Un jour qu'Alain Poiré est de passage sur le plateau, Oury lui dit : « C'est fou ce que je m'amuse ». Ce à quoi le producteur lui répond : « Tu as des amusements coûteux ». Ils rapportent aussi. Sorti en France le , Le Cerveau est un carton avec plus de 5,5 millions de spectateurs. Rien de tel aux États-Unis. Déstabilisée par l'échec de La Kermesse de l'Ouest, une comédie musicale avec Clint Eastwood, la Paramount sort The Brain dans une version amputée, sans y croire. C'est l'échec.
Nouveaux acteurs et nouveaux succès ... déclinants (1978-1987)
modifierGérard Oury se renouvelle avec l'une des principales vedettes comiques de la nouvelle génération : Pierre Richard[35],[36]. Il écrit avec Danièle Thompson une comédie prenant place en mai 68, intitulée Y a pas de mai ! : dans la confusion des grèves, pénuries et manifestations, un avocat traverse la France avec un client condamné à mort évadé, dans l'espoir d'obtenir la grâce présidentielle auprès du général de Gaulle[35],[36]. Oury n'avait suivi la période que de loin, trop préoccupé par ses répercussions sur Le Cerveau[37]. Face au « grand blond » dans le rôle de l'avocat, celui du taulard est prévu pour Patrick Dewaere mais ce dernier, quoique séduit d'être choisi par le réalisateur, refuse finalement le film, déçu par le scénario et son traitement trop léger du moment historique[35]. Oury attribue alors le rôle à Victor Lanoux, sans savoir qu'il formait avec Pierre Richard un duo d'humoristes au cabaret dans les années 1960[35],[37]. Oury revient auprès d'Alain Poiré et la Gaumont pour la production[37]. Il confie la musique à Philippe-Gérard, ancien camarade d'exil en Suisse, depuis devenu un compositeur de chansons à succès[37]. Outre de rares archives couleur, les scènes de barricades et manifestations de mai 68 sont reconstituées[37]. À peine dix ans après les évènements, les autorités s'opposent à filmer les affrontements au Quartier latin sur place, ni boulevard Pereire dans des rues similaires et les décors sont donc reproduits aux studios d'Épinay[35],[37]. Cela n'empêche pas les étudiants engagés dans la figuration de se déchaîner sur les vraies ou fausses forces de l'ordres en face d'eux[35],[37]. Gérard Oury et Pierre Richard amorcent une excellente entente, riant de leurs malchances respectives[37]. Retitré La Carapate sur insistance du producteur[35], le film, sorti en , totalise près de trois millions d'entrées, un gros succès mais marquant une perte de vitesse du cinéaste en comparaison avec ses précédents films[37].
Dix ans après, Mai 68 n’est pas tout à fait enterré. Gérard prend un malin plaisir à faire revivre aussi authentiquement que possible quelques moments de ces événements qu’il a suivis d’un peu loin à l’époque, trop obsédé alors par la menace pesant sur le tournage du Cerveau — il a quand même participé à une ou deux assemblées générales des « professionnels de la profession », oùilaentendu cette phrase « Il n’y a pas de raison que ce soient toujours les mêmes qui aient du talent » qui l’a fait mourir de rire et laissé sans voix.
Gérard Oury le dirige une seconde fois dans Le Coup du parapluie (1980), où il retrouve Valérie Mairesse[38].
https://www.critique-film.fr/test-blu-ray-levy-et-goliath/
https://www.critique-film.fr/las-des-as/
http://www.fabula.org/acta/document8280.php#bodyftn19 La filmographie de Gérard Oury s’empêtre après 1973, répétant la formule des succès précédents sans arriver à établir un terrain commun avec des acteurs et un public d’une autre génération19. La tendance à l’emphase ronge déjà Le Cerveau (1968) : Bourvil et Jean‑Paul Belmondo restent souvent à la lisière d’un film dont ils sont en théorie les vedettes pour laisser de la place aux têtes d’affiche internationales, à une panthère, à une séquence en dessin animé et à des gags très préparés mais à l’exécution parfois poussive, comme celui des fauteuils gonflables. / 19 Le nadir est atteint avec La Soif de l’or (1993), où Christian Clavier reproduit laborieusement les tics de Louis de Funès dans La Folie des grandeurs sur un sujet repris d’une intrigue secondaire de La Carapate, déjà transposition à Mai 68 de La Grande Vadrouille.
« Jusqu'aux années 80, j'ai travaillé dans l’ombre de mon père, Gérard Oury. J’apprenais mon métier, ça me passionnait. Oubliée mon année en fac de droit où je m’ennuyais, pensant devenir avocate ! Après Le Corniaud et La grande Vadrouille, petit à petit, j’ai eu envie de travailler avec d’autres metteurs en scène. Mais il a fallu du temps avant que le téléphone sonne et qu’on arrête de me considérer simplement comme “la scribe de son père”. Etre la fille de Gérard Oury, ça ne voulait pas dire grand chose. On avait une grande complicité, une grande liberté, nous formions une sorte d’équipe, comme une fille de boulanger ou d’ébéniste qui apprend le métier sur place. Je n‘ai pas fait d’école de cinéma ou de scénariste, j’ai été immédiatement propulsée dans l’écriture. Nous écrivions ensemble, travaillant autant, j’étais traitée d’égale à égale, mais nous étions les trois seuls à le savoir ! Il est vrai qu’étant une jeune femme et de surcroît la fille de Gérard Oury, je suis restée longtemps invisible. Puis, un jour, Edouard Molinaro m’a appelée pour me proposer d’adapter, pour la télévision, les Claudine de Colette. »
https://musee.sacem.fr/index.php/ExhibitionCMS/Chroniques/SimpleExhibitions?id=1071
L'As des as
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Oury se démènene face aux financiers pour maintenir les coûteuses premières scènes des tranchées de 14-18 (Oury 1989).
Oury et Belmondo entretiennent une profonde amitié[bh]
L'As des as revêt une certaine dimension autobiographique[41]. Le réalisateur confère au petit Simon sa fascination pour les débuts de l'aviation de guerre qu'il avait dans son enfance[41]. De même, Gabrielle a des similitudes avec sa mère, Marcelle Houry, journaliste et femme indépendante des années 1930 (elle aussi tombée amoureuse d'un aviateur)[41].
[42], avec la collaboration de Jean Salis, pilote et collectionneur d'avions anciens. Deux répliques de Royal Aircraft Factory SE5 réalisées à partir de cellule de Stampe, sont construites pour les besoins du film[43].
En 1982, Gérard Oury exploite la fibre comique de Jean-Paul Belmondo pour la deuxième fois dans L'As des as.
La Vengeance du serpent à plumes
modifierhttps://onsefaituncine.com/la-vengeance-du-serpent-a-plumes-les-bodins-au-mexique/
« INTERVIEW. Luis Rego : “Le tournage a failli virer à la cata” », sur telestar.fr, Télé Star, (consulté le ). Voir [vidéo] Coluche : Luis Rego nous raconte les coulisses du tournage de la Vengeance du serpent à plumes sur Dailymotion, .
https://www.dailymotion.com/video/ /
https://www.avoir-alire.com/la-vengeance-du-serpent-a-plumes-la-critique-du-film
« Si j'analyse aujourd'hui le film avec lucidité — cette lucidité qu'on n'a pas lorsqu’on est en plein travail — je pense que c'était une erreur de partir au Mexique. Cela a beaucoup augmenté le budget. Les voyages, les défraiements, la reconstitution de la fête des Morts dans cet immense décor du cimetière, cette scène tout droit sortie d'un western… De belles scènes de cinéma que mon père a pris grand plaisir à tourner, mais qui n'étaient plus vraiment drôles. Comme si le film soudain était aspiré par ce surréalisme mexicain, où la mort n’est jamais bien loin. C'est un film un peu bancal, et c'est beaucoup à cause du scénario. C'est bien sûr de notre faute. Là, le réflexe « Attention à Albi ! » [voir La Grande Vadrouille] n'a pas fonctionné. Nous en avons souvent parlé ensemble dans les années qui ont suivi et on était d’accord tous les deux sur cette analyse. »
— Danièle Thompson, 2019[44].
Il reconnaît a posteriori que Le Cerveau et La Vengeance du serpent à plumes pâtissent d'un certain excès de moyens [trouver source pour Le Cerveau][44].
analyse : Des personnages principaux généralement gentils voire naïfs[45]. Antoine Maréchal dans Le Corniaud[45]. De même, Coluche dans La Vengeance du serpent à plumes campe « plus [le personnage] qu'il a imposé au cinéma que le phénomène public qu'il est devenu. Rond, naïf, n'ayant certes pas la langue dans sa poche mais fondamentalement gentil, plutôt que provocateur, sarcastique et outrancier »[45].
Lévy et Goliath
modifieranalyse : Lévy et Goliath met directement au centre de l'action un juif ultra-orthodoxe, fin talmudiste, soudainement confronté au monde extérieur, à la vue des femmes, à la violence, au racisme, à la sexualité, aux trafics de drogue et aux travestis[bi]. Ce troisième film reproduit la veine « œcuménique » en mêlant deux frères juifs, l'un éloigné de la religion et désormais marié à une non-juive et l'autre, intégriste, qui tombe amoureux d'une musulmane[bj]. Si le réalisateur rapproche ce dernier film de Rabbi Jacob, le critique Mickaël Lanoye l'associe plutôt au succès récent de la comédie communautaire Black Mic-Mac (1986), ainsi qu'à une vague de « comédies juives » des années 1980 telles La Baraka, Rock and Torah ou Yiddish Connection[46]. Les Aventures de Rabbi Jacob fait figure de « grand ancêtre » de la comédie communautaire à la française[47],[bk].
analyse : (section inspiration par le cinéma) Imprégné par les polars du moment, Lévy et Goliath montre un Paris poisseux, nocturne, dangereux et marginal, peuplé de « loubards », à l'image de La Balance (1982) ou L'Arbalète (1984), ou même de comédies comme Les Frères Pétard (1986), Les Keufs (1987) ou Les Ripoux (1984)[46].
Vanille Fraise
modifieranalyse : mélange à la fois le film d’espionnage, la comédie d’aventure, le burlesque et le vaudeville[bl]
https://www.20minutes.fr/culture/99146-20060720-culture-gerard-oury-realisateur-comique-malgre-lui
https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-fantome-avec-chauffeur-realise-par-gerard-oury/
Fin de carrière en demi-teinte et reconnaissance tardive (1988-1999)
modifierFantôme avec chauffeur box-office : http://lumiere.obs.coe.int/web/film_info/?id=209
La Soif de l'or
modifiername="MondeSoifOr" « La Soif de l'or de Gérard Oury, gags en lingots : une peinture burlesque de la cupidité de la société moderne », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
name="CoppermannSoifOr"Annie Coppermann, « La grande vadrouille des lingots », Les Échos, (lire en ligne, consulté le ).
Après la défection de sa fille, Gérard Oury rencontre divers scénaristes, jeunes auteurs de théâtre ou de télévision[bm]. Il s'adjoint pourtant finalement du partenaire d'écriture de ses débuts, Marcel Jullian[bm]. Ils élaborent une idée longtemps envisagée par Oury, une comédie sur l'avarice : La Soif de l'or[bm]. Le film est porté par Christian Clavier, qui signe avec eux les dialogues, ainsi que Tsilla Chelton, Catherine Jacob et Philippe Khorsand[bn]. Clavier interprète Urbain Donnadieu, PDG résolument avare, élevé par sa grand-mère Zézette dans le culte du profit et qui tente de transférer en Suisse une partie de sa fortune, sous forme de lingots d'or ; son ex-épouse, Fleurette, et son meilleur ami, amant de celle-ci, contrecarrent ses plans[bn]. Le rôle principal rappelle ceux tenus par Louis de Funès[bn], jusque dans le jeu adopté par Clavier[bo]. Oury regrette a posteriori de ne pas avoir inséré de personnage « à la Bourvil » pour contrebalancer cet ensemble d'individus cupides et malhonnêtes[bn]. La Soif de l'or, sorti fin , réunit un million et demi d'entrées[bn]. Oury en espérait davantage, au vu du triomphe de Clavier dans Les Visiteurs au même moment[bn].
analyse :
Le Schpountz
modifierLors d'un entretien, le réalisateur a déclaré que : « Le Schpountz de Marcel Pagnol est la réhabilitation du rire et quelquefois, c'est une œuvre tenue à mépris ».
Dans ces Années folles, le quartier du Montparnasse supplante Montmartre en devenant le nouveau cœur artistique de Paris, investi par des artistes attirés par les loyers modiques et les cafés bon marché[48].
Vie privée : habitude comme sa mère de vivre au dessus de ses moyens, flambeur au casino, Quand il atteint enfin la stabilité financière avec ses succès des années 1960, il se fait interdire de casino pour ne plus être tenté de gaspiller cette nouvelle fortune
Dernières années (1999-2006)
modifier
Dans la foulée des récompenses reçues dans les années 1990, Gérard Oury continue d'être honoré pour son œuvre durant les années 2000.
name="ObsèquesFR3"[49]
name="ObsèquesLaLibre"[50]
name="RéactionsMort"« Les réactions », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Obs, (consulté le ).
hors des duos, offre des films one-man-show à de Funès dans Rabbi Jacob et Belmondo dans L'As des as[49]
vente maison, et enchère en 2019 : http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/a-saint-tropez-daniele-thompson-vend-les-meubles-de-la-maison-de-famille-20190911 | https://www.varmatin.com/arts/photos-161-pieces-de-mobilier-et-dart-de-lex-villa-de-gerard-oury-a-saint-tropez-aux-encheres-414152
https://www.artcurial.com/fr/vente-4003-chez-daniele-thompson-saint-tropez
- dépression
D'un naturel joyeux jusqu'alors, capable de s'amuser même lors d'épreuves dures, Gérard Oury est brutalement miné par la perte de sa vue et l'arrêt de sa carrière, il perd sa tenace joie de vivre pourtant tenace[bp]. Fidèle à sa devise « Il est poli d'être gai », empruntée à Ève Curie, il fait croire le contraire dans ses apparitions publiques[bp].
Les honneurs accordés à la fin de sa vie sont autant de réconforts.
documentaire
- rétrospective au festival de Cannes
- après
Son fauteuil à l'Académie des beaux-arts est occupé depuis 2007 par Jean-Jacques Annaud, qui lui rend hommage selon la tradition[51]. En 2009, la collection d'œuvres d'art de Gérard Oury, en particulier une soixantaine de toiles et dessins de Raoul Dufy, est dispersée lors d'une vente aux enchères, pour un montant final de six millions et demi d'euros[52]. Dans le 8e arrondissement de Paris, près de son ancien domicile, une place Gérard-Oury est inaugurée en 2011 en présence de sa famille et Roman Polanski, à l'intersection des rue de Courcelles, rue Rembrandt et rue de Monceau, ancien emplacement de la place du Pérou déplacée dès 2005[53]. À l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Gérard Oury, en 2019, sa fille Danièle Thompson lui consacre un livre, Gérard Oury, mon père, l'as des as, avec le journaliste cinéma Jean-Pierre Lavoignat[54]. Elle y révèle notamment la vérité sur le père biologique du cinéaste, histoire tenue secrète de son vivant[bq]. La même année, à Saint-Tropez, Thompson se sépare de la villa Les Oliviers et son mobilier[55],[56].
Vie privée
modifierTLp30 : bordel de la rue de Hanovre, amené par Avila
avec Michèle Morgan, vivent séparément
Son autre histoire d'amour est avec l'actrice Michèle Morgan. Il la croise d'abord en 1939 au cours Simon, lorsqu'elle revient voir son ancien professeur après sa révélation dans Quai des Brumes. Il partage une scène avec elle dans La Belle que voilà (1955), où il doit l'agresser dans un ascenseur ; il est effrayé par l'acte et ne réussit à l'embrasser qu'une fois encouragé par sa partenaire. Il lui écrit plus tard le scénario du Miroir à deux faces. Lors du préparation du film, en 1957, la vedette et l'acteur-scénariste se rapprochent, même si chacun est marié de son côté. Ils entament pendant deux ans une liaison des plus secrètes, une bouffée d'air frais pour Michèle Morgan, accablée par l'addiction à la drogue de son époux Henri Vidal. Devinant ces rendez-vous clandestins, Jacqueline quitte Gérard Oury. A la mort de Vidal d'une overdose en décembre 1959, Morgan, comme culpabilisée, rompt avec Oury. Elle le revoit un an après à la première de Ruy Blas. Ils commencent une relation désormais au grand jour, pour le reste de leur vie, avec comme particularité de ne pas vivre sous le même toit : chacun son appartement, ils se retrouvent beaucoup lors de sorties. Ils
Jacqueline Roman épouse ensuite un ... américain, Herbert Haskell, en 1962 (https://sortedbyname.com/letter_h/haskell/index_96.html)
enterré aux côtés de sa mère Marcelle et de son ex-épouse Jacqueline Roman (morte à New York en 1981). Michèle Morgan le rejoint en 2016[57].
Analyse de son œuvre
modifierarticles et entretiens consacrés à lui : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/imprime/imprime.php?pk=10309
- Luc Moullet, « Gérard Oury, une vision du monde », Cahiers du cinéma, no 615, .
Principes comiques, thèmes, inspirations
modifierDes sujets sérieux sources de comédie
modifierPrendre des histoires qui auraient pu donner des drames pour en tirer une comédie
https://www.academiedesbeauxarts.fr/gerard-oury :
« Évoquant la dimension distractive du cinéma, Gérard Oury nous livre sa pensée : « Je désire avant tout divertir et s'il y a quelque chose à transmettre, il me semble que c'est un message social que de faire oublier leurs soucis aux gens préoccupés par les problèmes de ce Temps, de les faire rire avec des éléments exempts de bassesse, de violence ou de vulgarité ». La Comédie populaire bondissante avec ses gags qui puisent aussi subtilement leurs racines dans le burlesque à l'américaine que dans la Comedia dell'arte provoque l'hilarité.
La Comédie, est une variation en mineur du drame d'un homme projeté dans des circonstances qui le dépassent. C'est pourquoi Gérard Oury aime référencer ses aventures dans un contexte social et culturel précis et puise dans la réalité la matière de ses sujets en brocardant les travers de nos contemporains. La logique du rire, parfaitement maîtrisée repose sur le combat contre l'adversité de personnages pris au piège de situations qui bouleversent non seulement leur vie quotidienne mais également leurs certitudes morales. A l'origine de ses succès, il y a aussi la conscience du cinéaste qui travaille souvent pendant un an ou deux sur un sujet, le sens du comique de situation et de caractères et la parfaite connaissance du jeu du comédien, puisqu'il le fut lui-même et qu'il sait mettre en valeur, convaincre, diriger afin qu'ils donnent le meilleur de leur talent. »
~ Un mélange d'influences et de ressorts comiques ~
modifiername="Le Monde Nécro 2006" group="alpha" Jacques Mandelbaum, « Gérard Oury, la France qui rit au cinéma », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
name="CycleOuryCinémathèque" Adrien Valgalier, « Gérard Oury, la folie des grandeurs », Cycle Gérard Oury, sur cinematheque.fr, Cinémathèque française, (consulté le ).
Fiche ciné-ressources http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=10309
Il glisse un hommage à Harpo Marx, profitant de la ressemblance de Pierre Richard, dans la Carapate
comique mécanique : http://www.dvdclassik.com/critique/les-aventures-de-rabbi-jacob-oury
Idée d'une résurrection des principes de base du muet, burlesque
Pour ses derniers films des années 1980 et 1990, des critiques jugent son comique depassé, moins efficace, sa construction des scénarios plus poussive (name="CoppermannSoifOr")
https://www.lemonde.fr/archives/article/1984/11/26/gerard-oury-par-lui-meme_3018836_1819218.html
inspiré par le vaudeville, Georges Feydeau / « Comme Feydeau, Oury s'impose sans cesse de faire se rencontrer des gens qui ne doivent pas, qui ne peuvent pas se rencontrer. C'est sur cette corde raide d'une méprise sans cesse perpétuée qu'il installe l'équilibre précaire et miraculeux de ses scénarios. »
goût pour le cinéma américain : [vidéo] « Dialogue avec Danièle Thompson (Cinémathèque - Paris - 13 septembre 2020) », sur YouTube (dernière question)
Des interprètes fameux, souvent en duo
modifier- désir d'avoir des champions du box-office, des stars déjà identifiables (le couple Arditi/Azéma), Bourvil est le comique numéro 1, De Funes devient en partie grace a lui le champion du box-office, Belmondo un jeune prometteur puis un roi du box-office, Coluche le nouveau comique numéro 1, pareil pour Clavier et Jugnot dans les années 90
- écriture selon les acteurs, manière de tourner avec eux (son direct, capables d'accepter leurs idées sur le tournage...)
- amitié, relations avec certains comédiens (Bourvil, Belmondo, de Funès). De Funes: Quasi exclusivité de l'un, parmi ses meilleurs films, sentiment de trahison quand Oury confie Le Crocodile à un autre, Oury lui dédie son César d'honneur. Utilise les talents d'acteur et de cascadeur de Belmondo.

Louis de Funès est selon lui « le seul acteur au monde à être... »
Son caractère transparaît encore dans le personnage principal de La Soif de l'or (1993), incarné par Christian Clavier[bn]
Ainsi, l'écrivain Alister l'exclut de son Anthologie des méchants et autres salauds du cinéma français car « Paradoxalement, Louis de Funès réussit toujours à faire de ses personnages les plus odieux des êtres sympathiques, même son Jambier de La Traversée de Paris n'arrive pas vraiment à se faire haïr, même son Harpagon final n'arrive pas à faire peur. C'est pour ça qu'il est exclu de cette anthologie. C'est surtout la preuve de son génie. L'entre deux. »[bt]
Tous deux connaissent leurs plus grands succès ensemble.
Il l'entoure souvent de distributions inhabituelles.

Récurrence du duo, figure qu'il impose dans le cinéma français
Sabine Azéma 03.jpg / Sabine Azéma 01.jpg

Ses comédies sont principalement des films d'hommes[58],[bu]. Les femmes sont reléguées à des rôles secondaires ou mineurs[58]. Suivant un certain air du temps, il explique ne pas estimer qu'une femme puisse être sujet de comédie, la victime d'un gag la ridiculisant, contrairement à un homme[bu]. Toutefois, dans son œuvre, les femmes sont risibles pour leur âge ou leur laideur, de la duègne jetée à l'eau dans La Folie des grandeurs, la sœur virile de Hitler dans L'As des As, à la femme aux horribles gencives dans Fantôme avec chauffeur[58]. L'ex-épouse d'Urbain dans La Soif de l'or est moquée pour sa nymphomanie[58]. Il faut attendre sa septième comédie, Le Coup de parapluie, pour voir une tête d'affiche féminine — Valérie Mairesse — aux côtés du héros, et sa onzième, Vanille Fraise, pour qu'une femme — Sabine Azéma — soit au centre du récit, forte, autonome et douée[58]. Oury n'a d'ailleurs jamais trouvé de place pour sa compagne Michèle Morgan dans son univers filmique, même si les deux auraient voulu travailler ensemble (si ce n'est une scène coupée dans Le Corniaud, dans son propre rôle de vedette)[bu].
le son direct — primordial pour conserver fraîcheur de l'interprétation lors du tournage (ou partie "Interprètes") — son direct Les Aventures de Rabbi Jacob
Méthodes de travail, ampleur et esthétique des films
modifierMoyens
modifierGrands moyens déployés
Décors, paysages : « Le rire "ouryen" a besoin d'espace » (https://www.lexpress.fr/culture/cinema/1969-gerard-oury-n-3-ou-le-systeme-d-contre-le-cerveau_2060223.html)
Thompson Lavoignat : goût pour les scènes finales grandioses, la fuite en planeurs, la rocambolesque scène autour du France au port du Havre avec la réplique de la statue de la Liberté ou l'épilogue dans le désert des barbaresques
Il documente abondamment sur ses sujets, notamment ceux au cadre historique.
Ampleur et esthétique
modifier- gros moyens, technique, longue préparation, budget de taille
décors, paysages importants
quelques détails esthétiques (inspiration de Dufy dans La Grande Vadrouille, recurrence couleur verte, grand soin dans les decors et costumes en particulier pour des films historiques, Velasquez dans La Folie des grandeurs, Berlin dans L'As)- les techniciens réputés / compositeurs notables
Au delà de leur efficacité comique, les films de Gérard Oury sont réhabilités pour leur ambition, l'ampleur de leurs moyens et une certaine qualité esthétique.
comédies bien faites https://books.google.fr/books?id=_UzBCQAAQBAJ&pg=PT165#v=onepage&q&f=false
effets spéciaux : https://www.google.com/search?q=rejane+effets+speciaux+%22oury%22&sca_esv=b78cf8500232fcdc&udm=36&biw=1600&bih=739&sxsrf=ANbL-n6zZiacStehgwt6PMvdBNuQOZxcIA%3A1775081134965&ei=rpbNadzNOvzo7_UPytDjyQ0&ved=0ahUKEwjc3PzD1M2TAxV89LsIHUroONkQ4dUDCBE&uact=5&oq=rejane+effets+speciaux+%22oury%22&gs_lp=EhBnd3Mtd2l6LW1vZGVsZXNzIh1yZWphbmUgZWZmZXRzIHNwZWNpYXV4ICJvdXJ5IjIFECEYoAEyBRAhGKABMgUQIRigATIFECEYoAFI2wtQbVjwCXABeACQAQCYAY0BoAG8BqoBAzEuNrgBA8gBAPgBAZgCCKAClAfCAgsQABiABBiiBBiwA8ICCBAAGIAEGKIEmAMAiAYBkAYDkgcDMS43oAehF7IHAzAuN7gHiQfCBwUyLTUuM8gHNYAIAQ&sclient=gws-wiz-modeless / https://www.google.fr/books/edition/Du_trucage_aux_effets_sp%C3%A9ciaux/g6YfAQAAIAAJ?hl=fr&gbpv=1&bsq=rejane+effets+speciaux+%22oury%22&dq=rejane+effets+speciaux+%22oury%22&printsec=frontcover / https://www.google.fr/books/edition/Peindre_pour_le_cin%C3%A9ma/AId1DQAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=rejane+effets+speciaux+%22oury%22&pg=PA118&printsec=frontcover
« Il avait besoin de faire de grands films. Il prenait toujours de grands artistes pour faire ses films : Claude Renoir comme chef opérateur et Jean André, qui travaillait avec Vadim, comme chef décorateur. Les producteurs de films dramatiques, chiants, merveilleux ou historiques ont quand même un certain respect pour les artistes. Les producteurs de comédies veulent se bourrer les poches. Ils ont un côté vendeurs de caramels, qui n’est pas très plaisant. Oury a bousculé ça. Je m’en suis inspiré. J’ai travaillé avec Catherine Leterrier, qui était la costumière des films de Buñuel et de Resnais, sur Papy fait de la résistance et Les Visiteurs. La comédie doit être faite avec autant de soin que Lawrence d’Arabie. »
— Jean-Marie Poiré, 2018.
Thèmes et inspirations
modifierhttps://www.cinematheque.fr/cycle/gerard-oury-569.html
« les crocodiles »
« Gérard Oury utilise des ressorts classiques issus des comédies de boulevard ou des vaudevilles. La règle demeure immuable : une intrigue fondée sur un enchaînement de quiproquos, propices à l'irruption du rire, une grand liberté laissée aux comédiens, et en contrepoint, un hommage rendu à l'esprit français, dont on sait qu'il est un mélange savoureux de débrouillardises, de sautes d'humeur et de franche camaraderie. Le principe d'opposer deux caractères aux antipodes l'un de l'autre, et qui peu à peu, par la force des chose, deviennent complices, est une base de départ utilisée de manière astucieuse par le cinéaste. »
Catherine Fattebert, « La Folie des grandeurs — Gérard Oury — 1971 », sur www.rts.ch, Travelling, RTS, (consulté le ).
Pas de films « à messages », le rire est une arme : https://www.ina.fr/video/CAB89050281/plateau-gerard-oury-video.html
prendre des Français moyens comme héros, et montrer leur débrouillardise, le système D, et un certain « esprit français »
Cette « tripe tricolore » se voit par exemple dans Le Cerveau, qui se déroule un 14 juillet, et montre le « triomphe du bon sens ingénieux de petits Français jobards et roublards à la fois qui concurrencent avec leurs bouts de ficelle la technologie de leurs adversaires étrangers ».
inspiré par le vaudeville, Georges Feydeau / « Comme Feydeau, Oury s'impose sans cesse de faire se rencontrer des gens qui ne doivent pas, qui ne peuvent pas se rencontrer. C'est sur cette corde raide d'une méprise sans cesse perpétuée qu'il installe l'équilibre précaire et miraculeux de ses scénarios. »
goût pour le cinéma américain : [vidéo] « Dialogue avec Danièle Thompson (Cinémathèque - Paris - 13 septembre 2020) », sur YouTube (dernière question)
Des sujets sérieux
modifierPlusieurs thèmes reviennent dans sa filmographie. intolérance, dénonciation des puissants
Son credo est d'aborder des sujets graves abordé avec légèreté, dans la lignée de grands cinéastes comme ... . Pour lui, plonger des personnages dans un drame est idéal pour créer des situations de comédies.
Différences de classes sociales : le petit employé et le patron mafieux dans Le Corniaud, le chef d'orchestre et le peintre en bâtiment dans La Grande Vadrouille, les petits truands et les criminels internationaux dans Le Cerveau, le Grand d'Espagne et son valet dans La Folie des grandeurs. Fantôme avec chauffeur (1995) prolonge la lutte des classes dans l'au-delà avec ce patron et son chauffeur qui, dans leur errance post-mortem, apprennent à se connaître et tissent des liens qu'ils n'avaient jamais envisagés de leur vivant[bv].
Trilogie sur l'antisémitisme
Gérard Oury considère le film comme le premier volet d'un triptyque consacré à l'intolérance et la communauté juive, avec L'As des as (1982), montrant l'héroïque Jean-Paul Belmondo sauver une famille en fuite dans l'Allemagne nazie des Jeux olympiques de 1936, et Lévy et Goliath (1987), confrontant deux frères juifs aux modes de vie opposés, l'un ultra-orthodoxe et l'autre libéral[59]. + encore des musiques de Vladimir Cosma et des danses d'Ilan Zaoui + un bout d'analyse de Rabbi Jacob (moquer le racisme selon Oury généralement né de l'ignorance, message de fraternité entre les peuples avec la poignée de main Salomon / Slimane « cousins… éloignés »)
analyse de La Grande Vadrouille, son rapport avec de Funès et Bourvil :
« Quand j'étais jeune, il y avait deux réalisateurs de comédie que j'aimais beaucoup pour des raisons absolument opposées. L'un est d'ailleurs plus un cinéaste, c'est Gérard Oury, et l'autre plus un réalisateur, c'est Claude Zidi. Je me réjouissais de la sauvagerie, de la cruauté jubilatoire que j'éprouvais chez Zidi, et j‘étais très sensible à l‘extrême élégance de Gérard Oury, à sa grande tendresse. Chacun a quelque chose de très français qui est pourtant le contraire : la gauloiserie pour Zidi, et le raffinement pour Oury. J'aimais aussi ce côté très bricolé des films de Zidi et le côté magnifiquement fabriqué des films de Oury. […] C'est cette excellence technique [dont le travail du monteur Albert Jurgenson] qu'on aimait dans ses films, alors qu'on trouvait le cinéma français de l'époque […] souvent paresseux.
À chaque fois, je suis frappé par la manière dont [ses films] sont faits. Rabbi Jacob est peut-être par son sujet le plus passionnant, et La Folie des grandeurs peut-être le plus beau. Il y a ce trait de plume très précis, qui n'est pas dans la structure du scénario, qui est vraiment dans le filmage, C'est un film très très bien filmé. Il y aussi ce rapport singulier à l’être humain. Comment il arrive à se moquer de quelqu'un, à le faire tomber par terre, à nous faire rire, sans cruauté. Ce n’est jamais bas. Du coup, j'ai une tendresse pour l'homme, et pour ses films. J'admire son rapport aux êtres humains. Parmi les comédies de ces années-là, il n‘y en a pas beaucoup dans lesquelles on trouve cette attitude-là.
Dans La Grande Vadrouille, son regard sur le personnage de de Funès est très moqueur, mais il y a en même temps l’ac- ceptation de ce qu'est l‘être humain, avec un doux sourire, avec une bienveillance fraternelle. Je pense que l’amitié d'Oury avec Bourvil doit tenir à cela aussi. Jamais il n’a été regardé aussi « bellement », avec autant d’amour. Il à lui- même l’air d'en être surpris. Dans L’As des as, Oury redonne [à Belmondo] une enfance, lui redonne de la jovialité et du panache, comme s‘il le nettoyait de tous ces films policiers un peu relou. Avec toujours cette ex- trême humanité du regard. Cet amour de ce qui est beau chez les gens. Savoir regarder un être humain et lui dire : « Mais Jean-Paul vous êtes bien plus élégant que ça. » Et on revoyait Belmondo se surprendre à retrouver une verve, une lumière qu'il avait perdues. Il était beau à nouveau grâce au regard de Gérard Oury. [...]nC'est ce qui fait que, pour moi, Gérard Oury est un cinéaste. Il à un point de vue sur _ le monde, et même dans les films de la fin qui sont un peu en dessous, il garde cette élégance par rapport aux êtres humains. Il ne peut pas s'empêcher, c'est sa façon de faire de filmer, de placer la caméra, de mesurer la longueur doé ‘ plans, de donner du champ ou un contrechamp à celui-ci j ou à celle-là. On reconnaît tout de suite une hau vue. Une hauteur d’âme plutôt, »
— Arnaud Desplechin, 2019[bw].
Points de vue critiques
modifierreprésentant d'un cinéma français commercial
lettre aux coupeurs de têtes
mais aussi monde sa violence, sans vulgarité, sans sexe : https://musee.sacem.fr/index.php/Detail/objects/84371
Filmographie
modifierhttps://shs.cairn.info/revue-materiaux-pour-l-histoire-de-notre-temps-2007-3-page-107?lang=fr : "Seules les comédies de Gérard Oury sont donc capables de rivaliser avec les grosses productions américaines."
Théâtre
modifierPublications
modifierDistinctions
modifierl'ensemble de sa carrière
Références
modifier- ↑ « Il était une fois… Les Aventures de Rabbi Jacob », sur film-documentaire.fr, .
- ↑ Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "actes" - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Renaud Soyer, « Le crime ne paie pas, 1962 », Box-office Annie Girardot, sur Box-office Story, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "Dard" - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 Le tournage du Corniaud… Tout sauf un long fleuve tranquille !, documentaire de Dominique Maillet, Studiocanal, 82 minutes, 2015.
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<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "Box-office" - 1 2 3 4 5 Oury 1988, p. 202.
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- 1 2 Erreur de référence : Balise
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- ↑ Gérard Oury avait déjà coécrit une comédie : Babette s'en va-t-en guerre (1959) de Christian-Jaque[a].
- ↑ Il est établi que l'homme de télévision a touché dix mille dollars pour le convoi de la drogue[t]. Jacques Angelvin est finalement libéré dès pour bonne conduite[21]. Après son retour en France, il raconte son expérience carcérale dans Mes prisons américaines, paru en 1968[w],[u].
- ↑ Les versions divergent sur la manière dont Robert Dorfmann a découvert le projet : soit lors d'une visite improvisée au bureau de l'agent de Bourvil, soit de la part de Gérard Oury à la sortie du Fouquet's (toutes les maisons de production étant alors massées sur les Champs-Élysées)[27].
- ↑ Discussion entre Louis de Funès et Gérard Oury sur le tournage du sketch L'Homme de l'avenue : « Mais quel film es-tu donc en train de faire ? Je te pose la question : crois-tu être un metteur en scène de films dramatiques ou réalistes ? Si c'est le cas, tu te fourres le doigt dans l'œil ! »[g],[e],[f]. Son argument est que le réalisateur s'est laissé rire de la scène : « Tu as ri, c'est très rare. — C'est rare un réalisateur qui rit ? — Exceptionnel même ! — S'il suffisait de se tordre pour être capable de faire rire les autres, où irions-nous ? — Vers un monde meilleur. Sais-tu que personne n'a jamais commis une mauvaise action en riant de bon cœur ? Quant à toi, tu es un auteur comique et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là »[7],[g],[e],[f].
- ↑ Gérard Oury, 1988 : « Un an auparavant, j'ai rencontré Marcel Jullian. Des copains officiers de marine m'avaient raconté une histoire incroyable mais vraie : celle du lieutenant de vaisseau Costa [en réalité Péri], né moitié corse, moitié viet. Entre 40 et 42, ce mec avait coulé plusieurs sous-marins allemands avant de disparaître corps et biens avec son navire-bordel camouflé en cargo. Je parle du sujet à Alain Poiré. Il accepte de le produire. J'apprends entre-temps qu'un bouquin existe, relatant l'aventure. L'auteur rapplique. Il s'appelle Marcel Jullian. Nous travaillons ensemble mais Le Cargo de la colère reste en rade »[m].
- ↑ Gérard Oury, 1988[m] : « Influencé par l'affaire Angelvin, j'en ai rêvé de cette histoire. Ce présentateur croupit en prison à New York pour avoir emmené par bateau sa voiture américaine en Amérique. Cela a paru louche […] Ou alors le type ne savait rien. C'est ce qu'il prétend, ce corniaud ! ».