Circé

déesse de la magie, ou enchanteresse dans la mythologie grecque
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Circé (en grec ancien Κίρκη / Kirkê) est une puissante magicienne de la mythologie grecque, parfois considérée comme une déesse ou une nymphe. Principalement décrite comme la fille du dieu Hélios et de l'Océanide Persé, Circé est reconnue pour sa grande expertise des potions et des métamorphoses.

Circé
Magicienne de la mythologie grecque
Détail d'un lécythe à fond blanc, vers 490-480 av. J.-C., musée national archéologique d'Athènes.
Détail d'un lécythe à fond blanc, vers 490-480 av. J.-C., musée national archéologique d'Athènes.
Caractéristiques
Nom Κίρκη / Kirkê
Fonction principale Magicienne
Résidence Ééa
Lieu d'origine Grèce antique
Période d'origine Grèce archaïque / Antiquité grecque
Culte
Mentionné dans Théogonie d'Hésiode
Odyssée d'Homère
Bibliothèque d'Apollodore
Argonautiques d'Apollonios de Rhodes
Métamorphoses d'Ovide
Famille
Père Hélios ou Éétès
Mère Persé ou Hécate
Fratrie Pasiphaé, Éétès et Persès, ou Médée
Premier conjoint Ulysse
• Enfant(s) Agrios, Latinos et Télégonos
Deuxième conjoint Télémaque

Son mythe le plus connu se trouve dans l'Odyssée d'Homère, quand Ulysse, de retour de Troie, accoste sur l'île d'Ééa, où elle réside. Après l'avoir convaincue de rendre leur forme humaine à son équipage, qu'elle a changé en porcs, il vit un an avec elle. Ses talents de métamorphose sont également illustrés dans les mythes de Picus et de Scylla.

John William Waterhouse, Circe Invidiosa, 1892, huile sur toile, 179 x 85 cm, Galerie d'art d'Australie-Méridionale (Adélaïde). La toile représente la métamorphose de Scylla par Circé.

Famille et attributs

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Elle est souvent considérée comme la fille du dieu Hélios et de l'Océanide Persé[1.1],[2.1],[3.1],[4]. Dans les Argonautiques orphiques, sa mère est nommée Astérope[5]. Elle est la sœur d'Éétès, gardien de la Toison d'or et père de Médée, de Pasiphaé, femme de Minos et mère du Minotaure, et de Persès[4]. D'autres versions, comme celles de Denys de Milet et Diodore de Sicile, en font la fille d'Éétès et Hécate et la sœur de Médée[6]. Circé, par ses changements de comportement et de personnalité et son association avec Ulysse, est souvent confondue avec Calypso[7].

Circé vit sur Ééa. Bien qu'Homère soit vague sur la localisation de l'île, Apollonios de Rhodes, dans les Argonautiques, la situe au sud de l'île d'Elbe, donnant sur la mer Tyrrhénienne ; dans le même poème, il explique que Circé y a été déposée par son frère Éétès à l'aide du char solaire de leur père[3.2]. Caius Valerius Flaccus, un auteur latin, quant à lui, la fait arriver sur l'île grâce à des dragons[8]. Les poètes romains associent Circé au mythe fondateur du Latium et lui élisent domicile sur le mont Circé[9].

Homère décrit Circé comme une « vénérable déesse » à la « belle chevelure » et à la « voix mélodieuse »[1.1]. Apollonios de Rhodes et les Argonautiques orphiques la présente, comme tout descendant d'Hélios, avec les cheveux, le visage et les yeux éclatants[3.3],[5]. Ovide, dans Remèdes à l'amour, implique que Circé aurait appris l'art des potions de sa mère[10].

Avant l'Odyssée

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Dans les Argonautiques, Apollonios de Rhodes raconte que les Argonautes rendent visite à Circé afin de se purifier du meurtre d'Absyrte, le frère de Médée, et la trouve en pleine baignade avec des créatures monstrueuses dont le corps est un « bizarre assemblage de l'homme et de la bête ». En sacrifiant un pourceau, Circé accepte de les purifier malgré sa désapprobation envers cet acte, puis leur promet de ne pas être un obstacle de leur voyage et leur ordonne de partir[3.4].

Ovide, dans les Métamorphoses, raconte que Glaucos, une divinité marine, demande un philtre d'amour à Circé afin de faire tomber Scylla amoureuse de lui. Circé, éprise de Glaucos, le demande en mariage, ce qu'il refuse. Enragée, Circé utilise son expertise pour se venger ; elle découvre le lieu de baignade de Scylla et en empoisonne l'eau ; alors qu'elle vient s'y baigner, Scylla se transforme alors en monstre marin[11]. Une histoire similaire implique Picus, fils de Saturne et roi du Latium, mariée à la nymphe Canens. Alors qu'il chasse le sanglier, Circé s'éprend de lui et lui déclare son amour. Quand Picus la rejette et reste fidèle à Canens, Circé, furieuse, change Picus en pivert. Canens le cherche ensuite pendant six jours avant de s'évaporer de fatigue[12].

Pendant la Gigantomachie, Picolous, l'un des Géants, fuit la bataille et se réfugie à Ééa. Il tente de fuir Circé mais est tué par Hélios, père et allié de cette dernière. De son sang naît la moly, une plante à la fleur blanche comme les rayons du Soleil. Cette plante, que les mortels ne peuvent cueillir, sera plus tard utilisée par Ulysse, avec l'aide d'Hermès, afin de vaincre Circé[1.2].

Dans l'Odyssée

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John William Waterhouse, Circé offrant la coupe à Ulysse, 1891, huile sur toile, 149 x 92 cm, Gallery Oldham (Oldham).

Dans l'Odyssée d'Homère, Circé est décrit comme une déesse vivant dans un palais isolé sur l'île d'Ééa, au milieu d'une forêt dense habitée par des lions et des loups. De sa voix mélodieuse, elle attire quiconque accoste son île en s'affairant sur un métier à tisser avant de les droguer pour les métamorphoser[1.3]. Il lui donne l'épithête πολυφάρμακος / polyphármakos, « experte en potions et enchantements ».

Circé invite l'équipage d'Ulysse à déguster du cycéon, un mets à base de gruau d'orge, de fromage et de miel lié avec du vin, auquel elle ajoute une potion qui les change en porcs. Euryloque, seul homme à douter de Circé, n'entre pas, puis va annoncer à Ulysse le destin funeste de leurs compagnons[1.4]. Ulysse reçoit la visite d'Hermès, envoyé par Athéna, qui lui offre le moly pour le protéger de la magie de l'enchanteresse[1.2]. Il lui conseille ensuite de faire mine de l'attaquer, puis de refuser ses avances avant qu'elle ne jure sur les dieux de défaire son sortilège. En suivant ses conseils, Ulysse réussit à sauver son équipage[1.5].

Ulysse et son équipage restent un an à Ééa, au cours duquel Ulysse s'unit à Circé. Cette dernière dit à Ulysse qu'il doit repartir vers les Enfers afin de consulter Tirésias et le conseille sur la route à prendre et les protections nécessaires[1.6].

Après l'Odyssée

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Hésiode, dans la Théogonie, raconte que Circé a trois enfants d'Ulysse : Agrios, Latinos et Télégonos, roi des Étrusques, dont l'histoire est narrée dans la Télégonie, épopée désormais perdue[2.2]. Circé révèle l'identité de son père à Télégonos et lui donne une lance empoisonnée. Télégonos arrive à Ithaque alors qu'Ulysse est absent en Épire et commence à ravager l'île. Quand Ulysse revient défendre sa terre, Télégonos le tue, ignorant qu'il s'agit de son père. Il ramène son corps, ainsi que Pénélope et Télémaque, à Ééa, où Circé enterre Ulysse et rend immortel le reste de sa famille. Circé se marie à Télémaque et Pénélope à Télégonos, sous les conseils d'Athéna[13].

Denys d'Halicarnasse cite Xenagoras et dit que Circé et Ulysse ont trois autres fils, Rhomos, Anteias et Ardeias, qui fondent respectivement trois villes portant leur nom : Rome, Antium et Ardea. Dans les Dionysiaques, Nonnos de Panopolis mentionne Faunus comme fils de Circé avec Neptune[14],[15].

Autres sources antiques

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Trois anciennes pièces de théâtre perdues ont comme protagoniste Circé : une tragédie d'Eschyle et deux comédies d'Éphippe d'Athènes et d'Anaxilas d'Athènes. La première raconte la rencontre entre Ulysse et Circé : des céramiques d'époque semblent suggérer que les compagnons transformés d'Ulysse forment le chœur à la place des habituels satyres. Des fragments de la pièce d'Anaxilas mentionnent la métamorphose d'un des compagnons, qui se plaindrait de l'impossibilité de se gratter le visage[16].

Dans ses Passions amoureuses, Parthénios de Nicée raconte que pendant le séjour d'Ulysse, Calchus, roi des Dauniens, fit tant d'avances à Circé qu'elle le métamorphosa en porc de dépit. Elle défait son sortilège quand une armée vient le récupérer, à condition qu'il ne revienne jamais sur son île[17].

Virgile, dans l'Énéide, raconte le voyage d'Énée près du mont Circé, où l'enchanteresse a élu domicile et a transformé de nombreux hommes en plus d'animaux que de simples cochons[9].

Dans les Œuvres morales de Plutarque se trouve un passage qui inspirera de nombreux autres auteurs, « Que les bêtes ont l'usage de la raison », où Circé autorise Ulysse à dialoguer avec un grec changé en porc, qui l'informe que son existence est préférable à celle d'un humain, suivi d'un dialogue philosophique où les valeurs humaines sont remises en question[18].

Interprétations tardives

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Circé et Ulysse dans une illustration d'une édition de 1474 de De mulieribus claris de Boccace.

Le poète et romancier italien Boccace écrit un condensé des connaissances sur Circé au Moyen Âge dans De mulieribus claris[19].

John Gower, dans son poème didactique Confessio Amantis, représente Ulysse comme plus expert en sorcellerie et plus intelligent que Circé, ce qui explique qu'il parvient à la quitter, alors enceinte de Télégonos. La morale de l'histoire, par la quête de ce dernier et le meurtre accidentel de son père, serait que seul le mal peut naître de la sorcellerie[20].

L'histoire d'Ulysse et Circé est également racontée dans un épisode du poème Froschmeuseler Les Grenouilles et les Souris ») de Georg Rollenhagen, en 1595, puis dans le recueil La Circe – con otras rimas y prosas de Lope de Vega, en 1624[21],[22].

Nathaniel Hawthorne interprète la version homérique du mythe dans la troisième partie de Le Second Livre des merveilles, une collection d'histoires inspirées de la mythologie grecque. Picus apparaît dans cette version, essayant de prévenir Ulysse, puis Euryloque, cette fois-ci transformé lui aussi, qui parvient à retrouver forme humaine après avoir prévenu Ulysse[23].

Dans son essai Transformations of Circe, publié en 1994, Judith Yarnall commente l'évolution de la vision de cette figure, apparaissant d'abord comme une déesse mineure à l'origine incertaine : « Ce que nous connaissons de source sûre, du moins ce que la littérature occidentale atteste, c'est son remarquable pouvoir. Trois versions différentes du mythe de Circé peuvent être vues comme des miroirs, plus ou moins nets, des fantasmes des cultures qui les ont produites. (...) Circé elle-même, avec les changements de son histoire à travers les siècles, a connu bien plus de métamorphoses que celles infligées aux compagnons d'Ulysse[24]. »

Les animaux doués de raison

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Giovanni Battista Trotti, Circé redonnant forme humaine aux compagnons d'Ulysse, c. 1610, fresque, Palais du Jardin (Parme).

L'un des thèmes les plus persistants du mythe de Circé est sa capacité à changer les hommes en animaux : la philosophie se demande alors si la conscience humaine s'en trouve changée et si ce changement est bénéfique. Le dialogue de Gryllus dans les Œuvres morales de Plutarque est interprété par Giambattista Gelli dans La Circe, en 1549, une série de dix dialogues moraux et philosophiques entre Ulysse et son équipage, changé en animaux de toutes sortes, allant de l'huître à l'éléphant, dans lesquels Circé prend parfois la parole[25]. La majorité refuse de reprendre forme humaine ; seul celui qui était philosophe le souhaite. En 1590, Edmund Spenser y fera également référence à la fin du deuxième livre de La Reine des fées [26].

Deux auteurs italiens écrivent des versions différentes du mythe, centrées sur la partie animale de l'Homme : d'abord, Nicolas Machiavel dans son poème satirique inachevé, L'Âne, en 1516, puis Giordano Bruno, poète ésotérique qui écrite Cantus Circaeus L'Incantation de Circé ») en latin en 1582, dans lequel Circé explique comment les métamorphoses qu'elle exécute représente le caractère des hommes transformés[27].

Lors des Lumières, les auteurs français vont également s'emparer du mythe de Circé : Montfleury fils, dans Les Bêtes raisonnables, en 1661 ; Jean de la Fontaine, dans Les Compagnons d'Ulysse, dans le douzième livre de ses Fables ; puis Louis Fuzelier et Marc-Antoine Legrand dans leur opéra-comique de 1718 Les animaux raisonnables, mis en musique par Jacques Aubert[28],[29].

Politique et sexualité

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Dosso Dossi, Circé et ses amoureux dans un paysage, 1525, huile sur toile, 100,8 x 136,1 cm, National Gallery of Art (Washington).

À la Renaissance, des courants de pensées commencent à interpréter la raison de la transformation des hommes par Circé au-delà de la simple sorcellerie. Alors qu'à l'époque classique, Socrate écrit que la gourmandise dépasse leur contrôle d'eux-mêmes, pour André Alciat, il s'agit de leur indécence[30]. Ainsi, dans l'emblème 76, intitulé Cavendum a meretricibus Méfiez-vous des prostituées») dans la deuxième édition de son Emblematum liber, Circé devient une prostituée dont Picus, Scylla et les compagnons d'Ulysse sont les victimes[31] :

Circé, née du Soleil, possède un pouvoir si grand
Qu'elle aurait transformé bien des hommes en monstres.
Le cavalier Picus en est témoin, tout comme la perfide Scylla,
Et les porcs d'Ithaque après avoir bu son vin.
Circé, par son fameux nom, désigne une prostituée,
Et quiconque l'aimera en perdra la raison.

Au XIXe siècle, Circé cesse d'être une figure mythique dans la poésie : Albert Glatigny, dans Les vignes folles, en 1857, en fait la vision d'un rêve causé par l'opium, où elle est la manifestation de fantasmes masochistes ; en 1876, Louis Ménard, dans un sonnet de Rêveries d'un païen mystique, la décrit comme à l'apparence enchanteresse qui dissimule sa réalité cruelle[32],[33]. En 1909, dans un poème de T. S. Eliot, publié alors qu'il est encore étudiant, Circé n'apparaît pas mais devient une menace castratrice à travers les animaux qui « nous regardent avec les yeux d'hommes que nous avons connu il y a longtemps »[34].

Des poétesses, quant à elles, utilisent la figure de Circé pour faire entendre sa voix en tant que femme. Augusta Webster, qui explore la condition féminine dans son œuvre, écrit un monologue intitulé Circe dans son recueil Portraits, en 1870, dans lequel la magicienne déclare qu'elle ne change pas les hommes en porcs, mais ne fait qu'enlever le déguisement qui les fait paraître humains[35]. Le caractère mythologique du personnage permet de faire passer, à partir de l'époque victorienne, des messages sur la sexualité féminine, le désir féminin et des critiques sur le rôle donné aux femmes en politique[36],[37],[38].

Parallèles avec d'autres œuvres

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Plusieurs œuvres épiques de la Renaissance présentent des sorcières inspirées de la figure de Circé, vivant généralement dans un lieu isolé, dédié au plaisir, où les amants sont attirés et changés en animaux, comme Alcina dans Orlando furioso de L'Arioste en 1516, Filidia dans Il Tancredi d'Ascanio Grandi en 1632, Armida dans La Jérusalem délivrée de Le Tasse en 1580 et Acrasia dans La Reine des fées d'Edmund Spenser[39],[40].

Des historiens associent plus tardivement des éléments du mythe de Circé et de Médée au développement de la fée Morgane dans la légende arthurienne[41]. De plus, Titania, personnage de la pièce de théâtre Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, publiée en 1600, semble être une inversion de Circé : Titania (« fille des Titans ») était un épiclèse de Circé à l'époque classique[42]. Dans ce cas particulier, les rôles sont inversés : Titania, reine des fées, tombe amoureuse d'un âne, qui est en réalité un homme transformé pour dévoiler sa véritable forme.

Interprétations scientifiques

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Les plantes du genre Circaea tiennent leur nom de l'enchanteresse : selon les botanistes du XVIe siècle, il s'agirait de l'herbe utilisée par Circé pour ensorceler les compagnons d'Ulysse[43]. Les historiens de la médecine interprètent la transformation en porcs par une intoxication anticholinergique à la plante Datura stramonium, dont les symptômes incluent l'amnésie et des hallucinations[44]. La moly est inspirée du perce-neige, fleur contenant de la galantamine, qui est un puissant anticholinestérasique[45].

Autres influences

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Circé dans la culture populaire

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Arts plastiques

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Théâtre

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Musique

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Roman et nouvelles

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  • Elpénor, de Jean Giraudoux, 1919, réécriture humoristique de l'épisode homérique.
  • Ulysse, de James Joyce, 1922, chapitre XV.
  • Naissance de l'Odyssée, de Jean Giono, 1930, où l'auteur désacralise les héros d'Homère, y compris Circé, qui n'y utilise plus que des charmes de femme.
  • Paix à Ithaque!, de Sándor Márai, 1952, qui raconte, entre autres, la mort d'Ulysse, tué par le fils qu'il eut avec Circé, Télégonos.
  • Petite Circé, 1966, nouvelle de Dino Buzzati où une enchanteresse moderne transforme son amant en chien.
  • Circé, de Madeline Miller, 2018, récit féministe de l’histoire de Circé[46].
  • « Circé », Julio Cortázar, 1951, nouvelle publiée dans le recueil Bestiaire.
  • « L’Oiseau de proie », de Salomé Frisch, 2021, nouvelle récompensée par le Prix de l’Afpeah.
  • « Fabula veneficae Circes », de Yann Sandona, 2021, nouvelle récompensée par le Prix de l’Afpeah.

Littérature

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Bande dessinée

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Cinéma et télévision

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Jeux vidéo

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Références

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  1. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne].
    1. 1 2 Chant X, v. 135 : « Bientôt nous arrivons à l'île d'Éa, où habite Circé à la belle chevelure ; Circé, vénérable déesse à la voix mélodieuse : Circé, sœur du puissant Éétès. — Circé et Éétès naquirent tous deux du Soleil, qui donne la lumière aux hommes, et de Persée, fille de l'Océan. »
    2. 1 2 Chant X, v. 302 : « En disant ces mots, Mercure me donne une plante qu'il vient d'arracher du sein de la terre, et il m'en fait connaître la nature ; sa racine était noire, mais sa couleur était blanche comme le lait : les dieux la nomment moly. Les hommes ne peuvent arracher cette plante, mais tout est possible aux immortels. »
    3. Chant X, v. 212 : « Ces guerriers découvrent, au sein d'un vallon, les palais de Circé bâtis en pierres polies et situés sur un tertre élevé. Autour de cette demeure étaient des loups sauvages et des lions que la déesse avait domptés en leur donnant de funestes breuvages. (...) Circé, qui, dans l'intérieur du palais, chante d'une voix mélodieuse en tissant une toile immense et divine, une toile semblable aux magnifiques travaux délicats et éblouissants des divinités célestes. »
    4. Chant X, v. 231 : « Euryloque, soupçonnant quelque embûche, reste seul sous les portiques. Circé les introduit, et les fait asseoir sur des trônes et sur des sièges ; puis elle môle du fromage, de la farine d'orge et du miel nouveau avec du vin de Pramne, et elle ajoute ensuite à cette préparation des plantes funestes afin que mes compagnons perdent entièrement le souvenir de leur patrie. Quand elle leur a donné ce breuvage, qu'ils boivent avec avidité, elle les frappe de sa baguette et les enferme dans l'étable ; car mes guerriers étaient alors semblables à des porcs par la tête, la voix, les poils et le corps, mais leur esprit conserva toujours la même force. (...) Après l'avoir interrogé plusieurs fois, Euryloque nous raconte enfin le malheur de nos compagnons : »
    5. Chant X, v. 336 : « Circé, comment oses-tu m'ordonner de calmer ma colère ! Tu as changé mes compagnons en porcs, et maintenant tu veux que je reste dans ta demeure, que je partage ta couche pour m'enlever à la fois mes forces et mon courage lorsque tu m'auras désarmé ! Non, je ne veux point m'unir à toi, déesse perfide, à moins que tu ne me jures de ne point méditer contre moi quelque mauvais dessein. » À ces mots elle me fait le serment que je lui demande, et je consens alors à partager la belle couche de la divine Circé. »
    6. Chant X, v. 486 : « Généreux fils de Laërte, ingénieux Ulysse, toi et tes guerriers vous ne resterez point malgré vous dans ma demeure. Mais vous avez encore un autre voyage à faire. Il faut que vous descendiez dans les sombres demeures de Pluton et de la terrible Proserpine pour y consulter l'âme du Thébain Tirésias, de ce devin aveugle dont l'intelligence est encore dans toute sa force. »
  2. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne].
    1. v. 956 : « La glorieuse fille de l'Océan, Perseïs donna au Soleil infatigable Circé et le monarque Éétés. »
    2. v. 1011 : « Circé, fille du Soleil, né d'Hypérion, unie au patient Ulysse, engendra Agrius et l'irréprochable, le vigoureux Latinus ; elle enfanta encore Télégonus, grâce à Vénus à la parure d'or ; et ces héros, dans la retraite lointaine des îles sacrées, régnèrent sur tous les illustres Tyrrhéniens. »
  3. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne].
    1. Chant IV, v. 591 : « Dans le même temps, cette poutre merveilleuse (...) leur annonça qu'ils ne pourraient se soustraire à la fureur des flots et des tempêtes avant que Circé, fille du Soleil et de Persé, ne les eût purifiés du meurtre d'Absyrte [...]. »
    2. Chant III, v. 309-313 : « J'avais cependant appris moi-même à le connaître lorsque je traversai la voûte azurée monté sur le char du Soleil mon père, qui transportait dans l'Hespérie ma soeur Circé ; nous nous arrêtâmes aux rivages des Tyrrhéniens, où ma soeur habite encore, séparée de la Colchide par un immense intervalle. »
    3. Chant IV, v. 727 : « Circé fit asseoir ses hôtes sur des sièges, s'assit elle-même devant eux, et se rappelant le songe qu'elle avait eu, voulut savoir ce qui les concernait, et désira même d'entendre parler la princesse, dont elle soupçonna l'origine aussitôt qu'elle lui vit lever les yeux, car les descendants du Soleil étaient remarquables par l'éclat et la vivacité de leurs regards. »
    4. Chant IV, v. 662-752 : « Ils aperçurent sur le rivage Circé, occupée d'une cérémonie religieuse, qui se purifiait dans les eaux de la mer. (...) Mille monstres différents marchaient sur ses pas comme un troupeau qui suit son pasteur. Leurs corps, bizarre assemblage de l'homme et de la bête, ressemblaient à ceux qui sortirent autrefois du limon de la terre lorsqu'elle n'avait pas encore été comprimée par l'air ni desséchée par les rayons du soleil, et que les espèces, distinguées depuis par le temps, étaient encore confondues. (...) A cette vue, Circé comprenant le sujet de leur arrivée, adora la justice de Jupiter qui déteste le meurtre, mais se laisse fléchir aux prières des suppliants. Aussitôt elle commença les cérémonies usitées dans ces occasions, pour purifier les criminels. Elle étendit d'abord sur l'autel un jeune pourceau qui têtait encore sa mère, et l'ayant égorgé, elle teignit de son sang les mains des deux coupables. (...) Elle [Médée] ne lui parla point du meurtre d'Absyrte, mais Circé pénétra facilement ce mystère et ne put néanmoins s'empêcher d'avoir pitié des pleurs de sa nièce : « (...) Sortez de mon palais et suivez l'inconnu pour lequel vous avez abandonné votre père, mais n'embrassez pas mes genoux et n'implorez plus mon secours. Aux dieux ne plaise que je veuille favoriser vos honteux desseins ! »
  4. 1 2 Pseudo-Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], livre I, chapitre IX, paragraphe 9 : « Phrixus arriva à Colchos où régnait alors Æétes, fils du Soleil, et de Perséïs ; frère de Circé et de Pasiphaé, femme de Minos. »
  5. 1 2 Argonautiques orphiques [détail des éditions] [lire en ligne], l. 1217 : « Comme ils faisaient tranquillement la route, se présenta devant eux la sœur du magnanime Éète, fille du Soleil, fille de sa mère Astérope et de l'illustre Hypérion, on l'appelle Circé ; elle se dirigea vers le navire. Tous les héros furent fort étonnés en la voyant, car sa tête était couverte de cheveux semblables à des rayons ardents. Son beau visage brillait d'un magnifique éclat ; elle jetait autour d'elle toute la splendeur d'une flamme. »
  6. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], livre IV, chapitre XLV, l. 1 : « Persès eut une fille appelée Hécate, encore plus cruelle et plus méchante que son père. (...) Aeétès, qui l'épousa, eu eut deux filles, Circé et Médée, et un fils appelée Aegialée. »
  7. Bell, Robert E., Women of classical mythology: a biographical dictionary, New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0195079777, OCLC 26255961)
  8. Caius Valerius Flaccus, Argonautiques, livre VII, v. 120 : « Tantôt elle reste seule à pleurer sur sa couche, tantôt se réfugie dans les bras de sa soeur, veut lui parler et se tait : puis elle s'éloigne un peu, et lui demande l'histoire de l'arrivée de Phrixus en Colchide, et de Circé traînée par des dragons ailés. »
  9. 1 2 Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], chant VII, v. 10 : « La flotte rase les côtes toutes proches de la terre de Circé. (...) De ce lieu montaient les gémissements furieux de lions (...) ; des sangliers velus et des ours (...) et des loups (...) ; Circé, la cruelle déesse, avec ses herbes puissantes, avait donné à des figures humaines une tête et une échine de bête sauvage. »
  10. Ovide, Remèdes à l'amour, v. 415 : « Princesse de Colchos, à quoi t'ont servi les plantes du Phase, quand tu voulais rester dans le palais de tes pères ? Et toi, Circé, quels secours as-tu tiré de celles dont Persée t'enseigna l'usage, lorsque les vaisseaux d'Ulysse, poussés par un vent favorable, voguaient vers Ithaque ? »
  11. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], livre XIV, l. 1-75.
  12. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], livre XIV, l. 320-440.
  13. Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], v. 127.
  14. (en) Timothy Peter Wiseman, Remus: A Roman Myth, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-48366-7, lire en ligne)
  15. Nonnos de Panopolis, Dionysiaques [détail des éditions] [lire en ligne], chant XIII, v. 328 : « Avec eux vient Phaunos. Il a quitté cette prodigieuse plaine de l'Italie, dominée par un double sommet que stigmatise le feu. Circé, unie au roi des mers, fils de Saturne, le mit au monde. »
  16. (en) John E. Thorburn, The Facts on File Companion to Classical Drama, Infobase Publishing, (ISBN 978-0-8160-7498-3, lire en ligne)
  17. Parthénios de Nicée, Passions amoureuses, chapitre XII.
  18. Plutarque, Œuvres morales, tome IV, « Que les bêtes ont l'usage de la raison ».
  19. (en) Giovanni Boccaccio, Famous Women, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-01130-4, lire en ligne)
  20. (en) John Gower, Confessio Amantis, Oxford, Clarendon Press, 1899-1902, 667 p. (lire en ligne), p. 204
  21. (de) Georg Rollenhagen, Froschmeuseler, Bayerische Staatsbibliothek, Dörfer, (lire en ligne)
  22. (es) Lope de Vega, La CIrce con otras rimas y prosas, Université complutense de Madrid, , 472 p. (lire en ligne), p. 1-69
  23. (en) Nathaniel Hawthorne, « Circe's Palace », dans Le Second Livre des merveilles, (lire en ligne)
  24. Judith Yarnall, Transformations of Circe, University of Illinois, (ISBN 978-0-252-06356-5, lire en ligne), p. 1–2
  25. Giambattista Gelli, La Circé, Brigitte Garnier, , 433 p. (lire en ligne)
  26. Edmund Spenser, La Reine des fées (lire en ligne)
  27. Nicolas Machiavel, Œuvres complètes, vol. 10, Paris, Louis-Gabriel Michaud, , 522 p. (lire en ligne), p. 401–453
  28. Brigitte Urbani, Vaut-il “mieux mille fois être ânes qu’être hommes”? Quelques réécritures de La Circe de Giovan Battista Gelli, (lire en ligne)
  29. Jean de la Fontaine, « Les Compagnons d'Ulysse », dans Fables choisies, mises en vers, vol. XII, Claude Barbin, (lire en ligne), p. 1-9
  30. Xénophon, Mémorables, livre I, chapitre III, v. 36 : « Il disait en plaisantant que, selon lui, c'était en leur servant en abondance de pareils mets que Circé changeait les hommes en pourceaux et que, si Ulysse avait échappé à la métamorphose, c'est parce que, averti par Hermès et tempérant par nature, il s'était abstenu de dépasser la satiété dans l'usage de ces mets. »
  31. « Alciato at Glasgow: Emblem Page », sur Glasgow University Emblem Website (consulté le )
  32. « Albert Glatigny - Les vignes folles (1860) -Circé », sur Méditerranées (consulté le )
  33. « Louis Ménard - Rêveries d'un païen mystique (1876) - Circé », sur Méditerranées (consulté le )
  34. (en) James E. Miller Jr, T. S. Eliot: The Making of an American Poet, 1888–1922, Penn State Press, (ISBN 978-0-271-04547-4, lire en ligne)
  35. (en) « Circe - Poem by Augusta Davies Webster », sur Poem Hunter, (consulté le )
  36. (en) Christine Sutphin, « The representation of women's heterosexual desire in Augusta Webster's “Circe” and “Medea in Athens” », dans Women's Writing, vol. 5, (lire en ligne), p. 373-393
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Annexes

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Sources antiques

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Bibliographie

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  • M. Bettini et C. Franco, Le mythe de Circé, Paris, Belin, 2013
  • (en) Irad Malkin, The Returns of Odysseus. Colonization and ethnicity, University of California Press, Berkeley-Los Angeles-London, 1998
  • D. Philips, Odysseus in Italy, The Journal of Hellenic Studies, vol. LXXIII, 1953, p. 53-67.
  • Jean Cuisenier, Le périple d'Ulysse, Paris, Fayard, 2003 (chap. XXII, p. 277 à 304) (ISBN 9-782213-615943)

Liens externes

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