Khouit II

femme politique

Khouit II est une des épouses de Téti, souverain de la VIe dynastie.

Khouit II
Image illustrative de l’article Khouit II
Pyramides de deux des épouses de Téti, Khouit II et Ipout Ire
Nom en hiéroglyphe
Aa1
D40
G43M17
X1
B7
Transcription Ḫwj.t
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction principale Reine d'Égypte
Famille
Père Ounas (?)
Mère Nebet (?)
Conjoint Téti
Enfant(s) ♀ Ouâtetkhethor Sechséchet (?)
♀ Noubkhetnebty Sechséchet (?)
♂ Nebkaouhor Idou (?)
♀ Sechséchet Idout (?)
♀ Sechséchet Sathor (?)
♀ Sechséchet Shechit (?)
♂ Tétiânkhkhem (?)
Sépulture
Nom Pyramide de Khouit II
Type pyramide
Emplacement Saqqarah
Date de découverte 1897
Découvreur Victor Loret
Fouilles 1897 - 1899
1995 par le CSA
Objets Sarcophage externe en granite rouge d'Assouan

Attestations

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La reine n'est attestée que par son complexe funéraire, ainsi qu'un vase d'albâtre sans origine certaine mais provenant très provenant de cette tombe[1]. Ses titres, conservés et publiés, sont les suivants[1],[2] :

  • « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
  • « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
  • « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
  • « Suivant d'Horus » (ẖt-Ḥrw),
  • « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw),
  • « Maîtresse qui est grandement louées » (nb.t wr.t ḥs.t),
  • « Celle qui se joint [au bien-aimé des Deux Maîtresses] » (smȝw.t[-mry-Nbty]),
  • « Fille du roi » (sȝ.t nsw.t).

Généalogie

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Origines

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Khouit II est peut-être la fille du roi Ounas, prédécesseur de Téti. En effet, un bloc découvert dans le temple funéraire de sa pyramide[3],[note 1] mentionne le titre de « fille du roi ». L'identité de la détentrice de ce titre diffère selon les chercheurs.

En effet, selon le fouilleur Hawass, la fouille du complexe funéraire a montré que le décor insiste sur le statut de fille du roi et d'épouse du roi de Khouit II[4] ; ainsi, plusieurs chercheurs suivent cette position et font donc de cette reine la fille d'Ounas[5],[2], Thierry Stasser soulignant que cette reine semble avoir été la reine la plus importante du règne de Téti, probablement épousée avant son avènement, ce qui aurait appuyé la montée sur le trône de Téti[5]. Si l'hypothèse de Naguib Kanawati faisant de la mère de Téti, Sechséchet Ire, la sœur de la reine Nebet, hypothèse à laquelle Thierry Stasser souscrit[6], alors la mère de Khouit II pourrait être la reine Nebet, ce qui ferait de Khouit II la cousine germaine et Téti[7].

Cependant, Yannis Gourdon doute que ce titre correspondent à la souveraine, il associe plutôt ce titre à une fille de Téti et Khouit, peut-être la « fille aînée du roi de sa chair » Ouâtetkhethor Sechséchet, fille de Téti qui semble déjà être une jeune adulte au début du règne de Téti (il appuie son raisonnement en faisant la comparaison avec une scène similaire du complexe funéraire d'Ânkhésenpépi II qui la représente avec l'une de ses filles)[8].

Époux et enfants

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La position de la pyramide, au plus près de celle du roi, et le fait qu'elle a été pensée comme une pyramide dès le début du chantier, suggèrent qu'il s'agit de l'une des reines les plus importantes de Téti[1],[5].

Plusieurs enfants ont été proposés pour cette reine :

  • le « fils aîné du roi de sa chair » Tétiânkhkhem, dont le mastaba a été découvert entre la pyramide d'Ipout Ire et celle de Neith Ire[9], a été considéré par Hawass, le fouilleur du mastaba, comme un fils de Khouit II[10],[note 2] ; Thierry Stasser réfute cette hypothèse, car un autre « fils aîné du roi de sa chair » Tétiânkhkhem est attesté sur des marques de construction à divers endroits de la pyramide de Pépi Ier (fils et deuxième successeur de Téti) : ainsi, il considère que le fils aîné né de la reine la plus importante de Téti ne peut avoir été encore vivant pendant le règne de son propre frère, nécessairement cadet et il rattache ce prince à la descendance d'une troisième reine[11], peut-être Neith Ire, dont la pyramide se trouve juste à côté,
  • la « fille aînée du roi de sa chair » Sechséchet Shechit, épouse du superintendant Néfersechemptah ; elle est représentée à de nombreuses reprises dans la tombe de son époux, ce qui montrerait son rang de fille aînée d'une épouse principale de Téti[12],[13] ; Kanawati propose se faire de Khouit II la mère de cette princesse[12], tandis que Stasser indique juste que sa mère devait être d'un rang élevé, sans pour autant donné de nom, mais est en désaccord avec la proposition de Kanawati car il identifie une autre « fille aînée du roi de sa chair » comme étant la fille de Khouit II[13],
  • la « fille aînée du roi de sa chair » Ouâtetkhethor Sechséchet, épouse du vizir Mérérouka ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée à de nombreuses reprises et de la même taille que son époux, ce montrerait son rang de fille aînée d'une épouse principale de Téti[14] ; selon Stasser, le fait que la tombe ait été commencée dès le début du règne de Téti, et que la princesse faisait partie du décor dès cette période-là, montre que la reine princesse a été mariée à Mérérouka au tout début du règne, ce qui signifie que sa mère était déjà mariée à Téti avant son avènement sur le trône et en déduit donc que cette mère ne peut être que Khouit II[14] ; Kanawati, ayant déjà donné comme mère à Sechséchet Shechit la reine Khouit II, il privilégie l'hypothèse que la mère d'Ouâtetkhethor Sechséchet serait plutôt Ipout Ire[15],
  • la « fille du roi de sa chair » Noubkhetnebty Sechséchet, épouse du vizir Kagemni ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée en tant que très jeune fille ; son nom rappelle celui d'Ouâtetkhethor, tous deux basés sur la titulature du roi ; ainsi, elle est considérée comme étant née de la même reine qu'Ouâtetkhethor[16],[17] ; en conséquence, selon Kanawati, elle serait la fille de la reine Ipout Ire[16], tandis que selon Stasser, elle serait plus probablement la fille de Khouit II[17],
  • le « fils aîné du roi de sa chair » Nebkaouhor Idou et la « fille du roi de sa chair » Sechséchet Idout, enterrés dans la nécropole d'Ounas, dans deux mastabas voisins, destinés à l'origine respectivement aux vizirs d'Ounas Akhethétep Hemi et Ihy, semble-t-il disgrâciés au début du règne de Téti ; ils semblent être frère et sœur germains, comme le suggèrent les surnoms Idou et Idout ; étant donné que Sechséchet Idout a été enterrée pendant le règne de Téti et qu'elle porte le nom Sechséchet, il s'agit très probablement de deux enfants de Téti[18],[15] ; deux théories sont alors proposées :
    • la localisation de leurs tombes et la manière dont elles ont été réattribuées[note 3] suggèrent qu'ils ont été enterrés au début du règne de Téti, avant que la nécropole de la pyramide ne soit prête à accueillir ces tombes ; en conséquence, Stasser en déduit que leur mère devrait être la première reine de Téti, épousée avant son avènement, à savoir Khouit II[18],
    • Naguib Kanawati considère quant à lui que ces deux enfants seraient nés de la reine Ipout Ire, qu'il considère comme la fille d'Ounas, ce qui justifierait l'enterrement de ces deux enfants royaux dans la nécropole de leur grand-père maternel[15],
  • Sechséchet Sathor, épouse du gouverneur de la province d'Edfou Isi ; aucun titre ne la mentionne comme fille de roi ; cependant, son nom étant Sechséchet, et son surnom, Sathor étant à rapprocher des noms Nebkaouhor et Ouâtetkhethor (les noms basés sur Horus sont assez rares à cette époque), elle est très probablement une fille de Téti, issue de la même mère que ces deux enfants royaux[19],[20], à savoir Ipout Ire pour Kanawati[19] et Khouit II pour Stasser[20].

Sépulture

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Proposition d'élévation de la pyramide de la reine Khouit II, épouse de Téti - Saqqarah - VIe dynastie

Située au nord du complexe funéraire de Téti, sa tombe a été découverte par Victor Loret. Malgré un état de ruine complet, ce tombeau a été exploré lors de différentes campagnes au cours du XXe siècle qui ont permis de dégager peu à peu son monument et d'en comprendre le plan. Ainsi les fouilles menées par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes et dirigées par Zahi Hawass ont permis à partir de 1995 de l'identifier comme étant une pyramide à faces lisses et non un mastaba comme interprété jusqu'alorsHawass 2000, p. 422-430.

Quoi qu'il en soit Khouit reçut le privilège royal d'avoir sa tombe bâtie à proximité de celle de son époux, avec une pyramide et un temple funéraire dans lequel un culte funéraire lui était rendu. Certains indices découverts dans ce complexe semblent démontrer que le culte et la mémoire de la reine se seraient maintenus jusque sous la XIIIe dynastie, comme le suggère la présence d'un graffiti inscrit au nom du roi Sedjéfakarê Kay-Amenemhat[21],[22], à moins qu'il n'ait été réactivé à la suite de la Première Période intermédiaire, comme d'autres cultes funéraires royaux d'autres sites de la nécropole[note 4].

Notes et références

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  1. ↑ Le complexe a été fouillé de manière complète dans les années 1990 par Zahi Hawass (Hawass 2000), qui a publié un rapport préliminaire en 2000, mais n'a toujours pas publié de rapport définitif et complet (Callender 2011, p. 220).
  2. ↑ Il a parfois été suggéré que Khouit II et Tétiânkhkhem auraient été victime, comme Téti, d'un complot, ce qui expliquerait pourquoi Tétiânkhkhem ne succéda pas à son père et qu'on perd toute traces de sa mère. Ce complot est en effet rapporté par Manéthon de Sebennytos qui écrivit pour le compte de Ptolémée Ier Sôter une histoire de l'Égypte antique et dans laquelle il précise ce fait. Pendant longtemps on a pensé qu'il ne s'agissait que d'une légende, comme il en existe beaucoup au sujet des pharaons de l'Ancien Empire, jusqu'à ce que les dernières découvertes faites à Saqqarah apportent quelques crédits à cette hypothèse.
  3. ↑ Si le décor de la tombe d'Ihy a pu être adapté dans une certaine mesure à la princesse Sechséchet Idout, celui de la tombe d'Akhethétep Hemi a été à peine retouché pour pouvoir accueillir le prince Nebkaouhor Idou, ce qui suggère un enterrement précipité (Stasser 2013, p. 34-36 et 45-46).
  4. ↑ En effet, la Mission archéologique française de Saqqâra a découvert des témoignages en ce sens à Saqqarah Sud ; pour plus de détails se reporter à l'étude de Jean Leclant et Catherine Berger, Des confréries religieuses à Saqqâra à la fin de la XIIe dynastie, in Studies in Honor of William Kelly Simpson, p. 499 - 506.

Références

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  1. 1 2 3 Baud 2005, p. 538.
  2. 1 2 Callender 2011, p. 219.
  3. ↑ Hawass 2000, p. 444, fig. 11.
  4. ↑ Hawass 2000, p. 430.
  5. 1 2 3 Stasser 2013, p. 32-33.
  6. ↑ Stasser 2013, p. 24.
  7. ↑ Stasser 2013, p. 97.
  8. ↑ Gourdon 2016, p. 49-51.
  9. ↑ Stasser 2013, p. 6.
  10. ↑ Hawass 2000, p. 430-433.
  11. ↑ Stasser 2013, p. 37-38.
  12. 1 2 Kanawati 2007, p. 20, 32 et 36.
  13. 1 2 Stasser 2013, p. 40-41.
  14. 1 2 Stasser 2013, p. 38-40.
  15. 1 2 3 Kanawati 2007, p. 14, 20 et 50.
  16. 1 2 Kanawati 2007, p. 20, 32 et 50.
  17. 1 2 Stasser 2013, p. 42-43.
  18. 1 2 Stasser 2013, p. 34-36 et 45-46.
  19. 1 2 Kanawati 2007, p. 21-22 et 50.
  20. 1 2 Stasser 2013, p. 46-47.
  21. ↑ Ryholt 1997, p. 341.
  22. ↑ Siesse 2019, p. 378.

Bibliographie

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