Histoire du département de Vaucluse

histoire du département français de Vaucluse
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Même si le département français de Vaucluse ne fut créé que le [1], l'histoire du territoire qu'il recouvre est riche et beaucoup plus ancienne.

Le blason de Vaucluse

Le plus vieux village du (futur) territoire français est le site de Courthézon, daté de 4560 av. J.-C. environ.

Atelier de taille de silex
  • −300 000 ans : sites acheuléens ou abbevilliens à Saignon (site de plein air de « La Barre »), et à Cheval-Blanc (abri de la Baùmo doù Luce).
  • −128 000 ans : à Murs, début de l’occupation du site de Bérigoule. Cette station a fourni du matériel lithique en silex (30 000 pièces recensées dont 800 outils)[2],[3],[4].
  • −100 000 à −90 000 ans : à Bédoin, Caromb, Malaucène et Mormoiron, bifaces en silex de type acheuléen.
  • −57 000 ans : dans le massif du Luberon, à Bonnieux, occupation moustérienne de l’abri du Pont de la Combette[5].
  • −50 000 ans : à Buoux, dans la vallée de l’Aiguebrun, industrie lithique de type moustérien dans la baume des Peyrards.
  • −35 000 ans : à Lacoste, occupation de type Paléolithique supérieur dans la grotte de la Combe Buisson, ainsi qu’à Ménerbes, dans l’Abri Soubeyras. Silex taillés en forme de burins, grattoirs, lamelles et pointes à dos, etc. avec outillage d’os, sagaies, baguettes demi-rondes, etc.
  • −22 000 ans : à Lacoste, site solutréen de plein air de la Font Pourquière. Son utilisation sera effective durant quatre millénaires.
  • −9 000 ans : à Apt, le site des Agnels, près du ruisseau de la Mauragne, est fréquenté par les chasseurs-cueilleurs (aurochs, cerfs, sangliers, lapins, etc.). Cette station de dépeçage qui sera utilisée pendant 3 000 ans a livré 5 000 pièces de silex taillés de 8 types différents.
  • −9 000 à −6 000 ans : à Lacoste, le site épipaléolithique de la grotte de la Combe Buisson, à « ambiance mésolithique », a livré des restes importants de microlithes.
  • −8 000 ans : la Durance qui se jetait directement dans la Méditerranée par la Crau est capturée par le Rhône.
Le plus ancien site néolithique de France entre Courthézon et Châteauneuf-du-Pape
Développement de la céramique cardiale et de la civilisation de Lagozza
  • - 5 400 ans : dans la moyenne vallée du Rhône, pour la période du Néolithique ancien, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis en évidence une implantation sur le site des Petites Bâties, à Lamotte-du-Rhône. Les mêmes fouilles ont mis au jour des vestiges isolés sur les sites de Juilléras et de Pont-de-Pierre 2 nord à Bollène.
  • - 4 650 ans : à Courthézon, le plus ancien site néolithique de France a été découvert en 1971 au « Mourre de Pradel » sur le site du Baratin. Il a été daté du VIe millénaire avant notre ère et est situé en bordure ouest de la plaine de l'Ouvèze, entre le massif collinaire de Châteauneuf-du-Pape à l'est où il constitue « une zone en forme de doigt pénétrant le massif » et les terrasses molassiques de Carpentras à l'ouest. Les premières fouilles sur ce site ont eu lieu de 1970 à 1972 sous la direction de Jean Courtin. Après une interruption de dix-neuf ans, elles ont été reprises en 1991 sous la direction d'Ingrid Sénépart. Pour la première fois, ses habitants, qui ont quitté grottes et abris pour s'installer en plaine et construire des cabanes, pratiquent l'élevage et l'agriculture. Leurs poteries décorées avec un petit coquillage se rattachent à la « civilisation cardiale », leurs pratiques pastorales et agricoles aux chasséens, culture autochtone du Midi de la France. Ce groupe qui consommait de 30 à 40 % de viande de chasse, marque le passage de la civilisation cardiale à celle des Chasséens, agriculteurs à 90 %[6].
  • - 3 500 ans : dans la moyenne vallée du Rhône, sur le site de Julliéras, à Mondragon, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis au jour deux monuments mégalithiques du Néolithique récent.
  • - 3 400 ans : dans la vallée du Calavon, à Bonnieux, village du Néolithique final aux Fabrys (20 hect).
  • - 3 000 ans : dans la moyenne vallée du Rhône, près de Bollène, sur le site de "Pont-de-Pierre 2 sud", les fouilles sur le tracé du TGV ont identifié sur 270 m2 des 2 500 m2 du chantier une occupation au Néolithique moyen avec sépulture, tessons de poteries, fragments lithiques et deux structures de pierres chauffantes de type « fours polynésiens » attribuables au Chasséen récent. Le corps d'un adulte avait été déposé sur une cuvette de 10 cm de profondeur et inhumé dans un espace vide, mais non rigide (mauvais état de conservation). Il était en position fléchie plus ou moins contractée, les mains jointes ramenées près de la tête ou à la base du cou (inhumation en décubitus). Aux abords de la sépulture 20 artefacts en silex dont 4 pièces typiques du Chasséen récent : 2 fragments de lame à talon lisse et 2 lamelles à encoche transversale.
Tertre funéraire
  • - 3 000 ans : à Goult, sur les bords du Calavon, est édifié un tertre funéraire de 15 m de diamètre. Sa salle est constituée par une dalle dolménique reposant sur deux murets de pierres sèches. Il sert de lieu d'inhumation à 30 corps dont une majorité d'enfants.
  • - 3 000 / - 2 800 ans : en Provence, des stèles anthropomorphes (Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, L'Isle-sur-la-Sorgue, Avignon) rattachées à la « civilisation de Lagozza ». L'agriculture devient prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance.
  • - 2 600 ans : habitat de la Balance à Avignon.
  • - 2 500 ans : à Ménerbes, édification du dolmen de la Pichouno qui comporte une grande dalle montée sur des murets de pierres sèches.
  • - 2 300 ans : à La Roque-sur-Pernes, premiers dépôts de corps dans l'hypogée de la Sanguinouse. Ce cimetière chalcolithique, qui est utilisé pendant 400 ans, contient soixante corps sur 10 m2.
  • - 2 200 à - 1 600 ans : dans la moyenne vallée du Rhône, sur le site de Julliéras, à Mondragon, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis au jour un ensemble funéraire du Bronze ancien comprenant 9 sépultures en fosse.
  • -2 090 ans (± 140 ans) : la vallée du Rhône, pendant l'âge du bronze, est devenue la grande voie de passage Nord / Sud de l’étain, venu d'Armorique et de Cornouailles. La route de l'étain commençait à l'estuaire de la Loire et remontait le fleuve afin de rejoindre le Rhône[7]. Ce trajet est attesté par Diodore de Sicile qui, au Ier siècle avant notre ère, parlait d'un périple de trente jours pour atteindre l'embouchure du Rhône[8]. Certains suggèrent un passage par Roanne[7], d'autres par la route du Puy-en-Velay et le col du Roux[9], près de Saint-Cirgues-en-Montagne[8]. Trafic qui n'était pas sans risque comme en témoigne l’hypogée de Roaix, au bord de l’Ouvèze, qui est daté de la fin du Chalcolithique. Situé au quartier des Crottes, dominant l’emplacement des anciens marais, il contenait 30 corps, hommes, femmes ou nouveau-nés, qui tous portaient des traces de blessures ou de traumatismes mortels puisque certains présentaient des pointes de flèches fichées dans les os du bassin ou au milieu du thorax. C'est probablement le résultat d'une guerre locale liée au trafic de l'étain. Il s'agit de l'une des plus anciennes preuves d'inhumation collective à la suite d'un massacre et de l'un des premiers témoignages de guerre[10].
  • - 2 000 ans : dans les Dentelles de Montmirail, occupation des grottes d’Ambrosi. Culte solaire et « pierres à bassin » pour sacrifices humains et d’animaux à l'oppidum de Courens.
  • - 850 : la technique du travail du fer pénètre en Europe en remontant la vallée du Danube. Ce premier âge du fer est connu sous le nom de « civilisation de Hallstatt » du nom de la nécropole d’une station autrichienne du Salzkammergut, à 60 km de Salzbourg, où ont été fouillées 1 300 tombes. La richesse des « seigneurs » de Hallstatt est basée sur l’exploitation des mines de sel. Cette civilisation va s’étendre de la Haute vallée du Danube à celle du Rhin moyen et de l’axe Saône-Rhône avec d’importantes agglomérations tous les 50 à 100 km. Sur ce territoire on exporte vers le bassin méditerranéen de l’étain, des bois, des peaux, des salaisons et des esclaves. L’exportation fournit des vases précieux, du vin et des parures.
  • - 830 à - 800 : dans la basse vallée du Rhône, sur le site de Pont-de-Pierre 2 nord à Bollène, au bord du Lauzon, les fouilles TGV ont mis en évidence une des rares inhumations sous tumulus en Provence. Celui-ci avait été tronqué par le débordement du Lauzon jusqu’à 40 cm. Ce qui n’a pas empêché les archéologues de retrouver, sur plus de 50 m2 autour du corps, les traces de plusieurs anneaux de terre constituant un cercle de 12 mètres de diamètre. Le tertre central était recouvert par trois autres tertres concentriques successifs, le dernier étant matérialisé par des galets rhodaniens calibrés placés en périphérie. Un fossé bordait l’ensemble. Le corps, celui d’un adulte masculin, reposait sur un fin dépôt charbonneux recouvert de 10 cm de terre. Le seul mobilier funéraire était une grande jarre posée contre la jambe droite du défunt (typique du Bronze final 3b) et fracturée intentionnellement sur place. Cette constatation a permis de mettre en exergue un rite funéraire avec fracturation et prélèvement de certains fragments d’un vase d’accompagnement, rite considéré comme inédit au Bronze final 3b.
  • - 755 à - 700 : dans la basse vallée du Rhône, sur le site de la Bâtie à Lamotte-du-Rhône, les fouilles TGV ont mis au jour une inhumation du début de l’âge du fer et permis la fouille de deux sépultures éloignées l’une de l’autre de 2,60 m. Elles contenaient chacune un adulte déposé en décubitus dorsal. Pour la première, le mobilier funéraire était composé d’un vase (jarre non tournée en céramique fine décorée de cannelures) et d’objets de parure (petites perles d’ambre et six bracelets de bronze). Pour la seconde, le mobilier comprenait deux vases : l'un était identique à celui de la tombe voisine, et l'autre était une jatte en céramique fine non tournée à panse à profil surbaissé décorée de cannelures. Une jarre isolée, à une trentaine de mètres des deux tombes, a laissé supposer l’existence d’une troisième sépulture détruite lors du creusement d’un fossé gallo-romain.
  • - 740 : les Grecs de Rhodes s’installent à Marseilleveyre, Arles, Saint-Blaise, La Valette, Cavalaire et Monaco. Ils donnent leur nom au Rhône (Rhodano). L’œnoché (cruche) et le kylis (coupe à vin) de Pertuis sont datés de cette période.
Vases vinaires pseudo-ioniens (VIe siècle avant notre ère)
  • - 594 : fondation de Massalia par les Phocéens, sur les bords du Lacydon. La tradition veut que les Grecs de Phocée aient enseigné aux populations autochtones l’art de greffer (enter) l’oléastre (olivier sauvage) et les lambrusques (vignes sauvages).
  • - 550 : développement du premier port de Roquemaure, sur le Rhône, qui rayonne sur Avignon et dessert les itinéraires cévenols.
  • - 539 : Avenio, la capitale de la tribu des Cavares, devient un comptoir (emporion) des Phocéens.
  • - 500 : les Phocéens de Massalia fondent les comptoirs de Trets (Tresia), Cavaillon (Caballion) et Vindalion (Mourre du Sève, près de Sorgues). Les cultivateurs du Pègue aménage des greniers à blé dont l’importance atteste des relations commerciales et culturelles avec Massalia (vaisselle de luxe attique à figures noires, amphores à vin, céramique grecque d’imitation locale).
  • - 500 : effondrement des « résidences princières » de la civilisation de Hallstatt en Bohème, Hongrie, Allemagne du sud, Autriche, Suisse et le quart N.E. de la France.

Civilisation laténienne

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Influence en Europe occidentale de la civilisation de Hallstat et de La Tène
  • - 500 / - 480 : à la Tène, sur les rives du Lac de Neuchâtel, apparition du second âge du fer (civilisation laténienne).
Hannibal traversant le Rhône à la hauteur de Caderousse
  • - 300 : dans tout le bassin méditerranéen les températures redeviennent à nouveau plus clémentes. Cette phase appelée « douceur romaine » va durer un siècle et demi.
  • - 218 : lors de la deuxième guerre punique, après avoir évité d'attaquer aux villes grecques de Catalogne, Hannibal Barca pénétra en Gaule. On pense que, après avoir franchi les Pyrénées au col du Perthus et établi son campement près de la ville d’Illibéris[11] — actuelle Elne à proximité de Perpignan — il se dirigea sans encombre jusqu’au Rhône, où il arriva en septembre -218 avant que les Romains ne puissent empêcher son passage, à la tête de quelque 38 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 37 éléphants de guerre[12]. Hannibal campe à Roquemaure, une des cités des Volques Arécomices, et pour éviter d’être pris à revers par les tribus gauloises hostiles, ordonne à Hannon le Grand, fils de Bonicar, de faire diversion vers Bourg-Saint-Andéol. L'hypothèse la plus probable est qu'il fit traverser son armée à la hauteur de Caderousse où se situaient les Insulae Furianae selon de relevé C des cadastres d'Orange[13]. Après avoir évité les populations locales, dont les Voconces qui tentaient d’arrêter sa progression, Hannibal échappa aux légions romaines venant de la côte méditerranéenne en remontant la vallée du Rhône[14]. Rome venant de conquérir la Gaule cisalpine, Hannibal espérait, après avoir traversé les Alpes, trouver un renfort chez les Gaulois du nord de l'Italie[15]. Il fit étape à Lioux[16]
  • - 150 : La « douceur romaine » qui régnait sur les pays méditerranéens s’estompe pour laisser place, pendant un demi-siècle, à des températures plus fraîches[réf. nécessaire].
  • - 124 / - 123 : à la demande des marchands de Massilia, en butte aux tracasseries des Salyens, les légions romaines commandées par Marcus Flavius Flaccus, passent le col de Larche, soumettent cette tribu et leurs alliés, les Voconces.
  • - 121 / - 120 : une autre expédition, dirigée par Gnaeus Domitius Ahenobarbus – barbe couleur d’airain – et Quintus Fabius Maximus Allobrogicus, parachève la conquête. Les Allobroges et les Voconces se heurtent aux légions romaines de Ænobarbus à Vindalium (le Mourre du Sève, entre Sorgues et Vedène). Cneius Domitius Ænobarbus fait construire deux tours pour célébrer sa victoire contre ces tribus. Ce lieu prend le nom de Biturritæ (Bédarrides). C’est une insulte aux vaincus car : « Nunquam enim populus Romanus hostibus domitis suam victoriam exprobavit » (Jamais le peuple romain n’avait reproché aux vaincus leur défaite).
Carte de la voie Domitia
  • - 120 : construction, en trois ans, de la voie Domitienne (Via Domitia) qui relie Milan à Cadix en passant par le Mont Genèvre (Mons Jani). Dans le futur département de Vaucluse, elle relie Aptam Juliam (Apt) à Cabellionem (Cavaillon).
  • - 105 : le , les Teutons, alliés aux Cimbres, aux Ambrons et aux Helvètes écrasent les légions romaines du consul Mallius Maximus et de Servilius Cæpio lors de la bataille d'Orange devant Arausio (Orange). Le trésor des Volques de Toulouse est jeté dans le Rhône par les vainqueurs. « Ils jettent dans le fleuve l’or, l’argent, les armes, les cuirasses, les vases même après les avoir brisés, les vêtements des cadavres sont lacérés et les chevaux encore vivants précipités dans un gouffre » (Orose).
  • - 104 : Apollodore le grammairien, fils d’Asclépiades, qui a été le disciple d’Aristarque le grammairien et du philosophe Panœtius, rédige ses « Chroniques » et dans son Livre IV, il cite la mythique cité d’Aéria dans la vallée du Rhône.
  • - 100 : la « douceur romaine » reprend tout autour de la Méditerranée, elle va durer 330 ans.
  • - 78 : la rapacité de Fonteius provoque la révolte des Voconces.
  • - 69 : fondation en une décennie de Vaison-la-Romaine (Vasio). C’est la première cité gallo-romaine à obtenir le statut de cité fédérée (Civitas Foederata) qui en fait l’alliée de Rome.
  • - 50 : fin de la période de la Tène qui avait été marquée par l’influence romaine et le renouveau de l’art archaïque celte (chaudron de Gundestrup).

La Provincia romaine

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  • - 50 : naissance du vaisonnais Trogue-Pompée. Il deviendra le premier historien gaulois de langue latine.
  • - 50 / - 30 : la cité de Vaison s’entoure de « villæ » qui sont parmi les plus grandes connues (2 000 à 5 000 m2).
  • - 46 : le gouverneur de la Gaule, Tiberius Claudius Nero, père du futur empereur Tibère, change le nom de Carpentoracte (Carpentras) en Forum Neronis. Cette cité gauloise tirait son nom premier du celte « carpentum » : voiture à deux roues munies d’une capote.
  • - 43 : alors qu’au confluent de la Saône et du Rhône une colonie romaine est fondée près de la cité gauloise de Condate et prend le nom de Copia (la Colonie de l’Abondance) avant de devenir Lugdunum (Lyon), la vieille cité celto-grecque d’Aouénion (Avignon) acquiert le statut de colonie latine.
  • - 42 : Cavaillon (Cabellio) devient « Colonia Augusta Cabellio ».
  • - 40 / - 30 : à Mazan, un potier, venu d’Italie, fabrique les premières amphores gréco-italiques connues en Gaule. Ce sont les premières traces archéologiques des vins produits sur le terroir viticole des Ventoux (AOC). Les fouilles menées, au lieu-dit le Jonquier, sous la direction de Dominique Carru ont permis de mettre au jour l’atelier d’un potier. Il a été daté par les archéologues du Ier siècle avant notre ère[17].
  • - 35 : sur le territoire des Tricastinii, membres de la confédération des Cavares, fondation d’une cité romaine d’Arausio (Orange) où sont installés les vétérans de la Légio II Gallica. Orange devient la « Colonia Julia Secundanorum Arausio ».
  • - 35 : à Cavaillon, cité des Cavares, l’oppidum Saint-Jacques renforce ses fortifications.
  • - 20 : construction de l’Arc de Triomphe d’Orange à 80 m en avant des fortifications de la cité. Il adopte une thématique trinaire avec ses trois registres horizontaux, ses trois divisions verticales et ses trois ouvertures. Il est orné, pour célébrer les exploits des vétérans de la Legio II Gallica d’armes gauloises, de dépouilles navales, sur l’attique supérieur d’une « frise des combattants » et sur les 4 faces de scènes représentants les Gaulois vaincus par Rome.
Pont Julien
  • - 20 : un « magus », marché gallo-romain, est installé au pied de l’oppidum de Vindasca (Venasque).
  • - 14 : Auguste confère à Carpentras le titre de « Colonia Julia Méminorum » et lui octroie le droit latin.
  • - 10 : édification de l’Arc de Triomphe de Cavaillon.
  • - 3 : réfection de la Via Domitia. Un certain nombre de bornes milliaires sont alors marquées au nom d’Auguste. Près d’Apt, construction du Pont Julien actuel sur le Calavon. Il comporte 3 arches et mesure 68 m de long sur 4,25 de large et 14 m dans sa plus grande hauteur.

Les tribus celto-ligures

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Avant l'arrivée de Jules César, le territoire est occupé par plusieurs tribus celto-ligures. On retrouve des traces de Cavares, Voconces et Méminiens… mais aussi de Dexsiviates, Menlini, Tricastini, Vordenses et Vulgientes.

Les Voconces, comme d'autres peuples gaulois du secteur, sont romanisés entre 125 et 118 av. J.-C. lors de la conquête de la province de Narbonnaise. Ce peuple occupait un territoire important (plusieurs départements actuels) avec une présence sur les contreforts du Ventoux et l'actuelle Vaison-la-Romaine comme l'un de leurs chefs-lieux.

Dans le courant du Ier siècle av. J.-C., les Voconces signèrent avec Rome un traité d'amitié (foedus) qui leur permit de garder une certaine autonomie et leurs institutions traditionnelles.

Période romaine

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Empire Romain
Cadastres d'Orange

Le territoire qui formera le futur département de Vaucluse a de nombreuses traces de l'occupation romaine (Théâtre antique d'Orange, etc.).[précision nécessaire]

C'est à cette époque que vont être créées les futures villes d'Avignon, Orange, Carpentras, Cavaillon, Apt, Vaison-la-Romaine… Orange est fondée en 35 av. J.-C. par les vétérans de la deuxième légion gallique sous le nom de Colonia Julia Secundanorum Arausio dans le territoire de la tribu gauloise des Tricastins (Tricastini). L'empereur romain Vespasien (69-79 apr. J.-C.) fabrique un « cadastre » d'Orange et transforme la ville.

Entre le IIe et IIIe siècles, la ville de Vaison prend son indépendance et se sépare de la cité des Voconces avec Gap et Sisteron.

Réseau routier

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Proche de l'Italie, le futur Vaucluse va bénéficier de la création de plusieurs voies (routes) permettant de faciliter les déplacements. La plus ancienne est la Via Domitia, (voie de Domitien), par Cavaillon, le pont Julien et Apt. Son rôle est principalement stratégique, acheminer rapidement des troupes de l'Italia (Italie) à l'Hispania (Espagne). Une autre route romaine passera par le Vaucluse, la Via Agrippa (voie d'Agrippa), sur un axe nord-sud, d'Arles à Lyon.

Agriculture et économie

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La première représentation connue de tonneaux se trouve sur un bas-relief découvert à Cabrières-d'Aigues, commune au sud de l'actuel département de Vaucluse. La scène montre le halage d'une barque sur la Durance. Cette stèle a été érigée à la gloire d'un négociant spécialisé dans le transport des vins par voie d'eau et ayant vécu au début de la période augustéenne. De même, l'atelier du potier de Ménerbes est daté de la même époque. On a retrouvé autour de son four les mêmes types de récipients vinaires que sur la stèle de Cabrières, et ceux ne sont pas les seules preuves de l'existence d'une importante viticulture gallo-romaine. Le « Trésor d'Apt », déposé au Musée Calvet d'Avignon, est le plus bel ensemble connu de bronzes vinaires (du IIe et IIIe siècles) après ceux de Pompéi.

Avec les invasions Celtes, tour à tour envahisseurs et pillards redoutés, les plantations sont malmenées. Heureusement, la vigne subsiste sur quelques coteaux permettant ainsi de conserver la variété présente sur le secteur[18].

Pays en plein essor jusqu'au milieu du IIIe siècle[pas clair]. La grande industrie régionale est celle du fer avec des sols riches sur Roussillon, Gargas, Rustrel, etc. On trouve des fourneaux artisanaux de Fontaine-de-Vaucluse à Simiane-la-Rotonde.

Moyen Âge et Renaissance : guerres et religion

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Vers la fin du IIIe siècle, l’Empire romain se désagrège. Le christianisme apparaît et se propage en même temps que son clergé s'organise.

Vers la fin du Ve siècle, le Vaucluse est le théâtre d’invasions « barbares » comme les Wisigoths.

En l'an 500, Gondebaud, roi des Burgondes, s’empare d'Avignon et s’y défend contre Clovis Ier. Le territoire est intégré au royaume Burgonde. Par la suite, la ville est la proie des Goths, et enfin des Francs sous Thierry Ier, roi d’Austrasie, en 612.

En 574, les Lombards ravagent le secteur.

Extension de l'empire carolingien sous Charlemagne.
  • à la mort de Pépin le Bref 768
  • Conquêtes de Charlemagne (768-814)
  • Royaumes versant un tribut

Les troupes arabo-musulmanes prennent Avignon en 735 puis attaquent le Bourgogne. Beaucoup de seigneurs bourguignons « pactisent » alors avec les Berbères mais Charles Martel parvint à les refouler dans le sud de la vallée du Rhône en 736. En 737, il reprend Avignon avec son demi-frère Childebrand. Il s'allie aux Lombards pour reprendre la Provence en 739. L'éviction définitive des troupes arabo-musulmanes du secteur (dont le Var) ne sera faite qu'en fin 976 par Guillaume le Libérateur.

Le comté d'Orange est fondé par Charlemagne.

XIIe et XIIIe siècles, mouvements de renaissance spirituelle et religieuse. Création d'abbayes, églises, couvents, chapelles romanes…

Vers 1136, les Templiers fondent de puissantes commanderies [Où ?].

Le comté d'Orange devient principauté d'Orange en 1181.

En 1229, avec le traité de Meaux, Raymond VII abandonne aux Papes tout ce qu'il possède sur la rive gauche du Rhône. En 1274, Philippe le Hardi met les Papes en possession du Comtat Venaissin.

Architecture

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XIe siècle, création des « Castrum » (fortifications perchées autour desquelles se sont développés des villages) du Luberon et des Monts de Vaucluse.

Le , l'abbaye de Sénanque est fondée sur le territoire de Gordes.

Agriculture et économie

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Forte économie autour de l'olive (huile, etc.)

Le XIVe siècle

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Carte de diffusion de la peste noire de 1347

En 1317, Jean XXII agrandit le territoire pontifical en faisant l'acquisition de Valréas et de son terroir. On dit que c'est par amour du bon vin qu'il fit cet achat à Jean II, Dauphin du Viennois[19].

En 1347 et jusqu'en 1351, l'Europe est touchée par une très importante épidémie de peste noire. La Provence (1347), puis le Comtat Venaissin (1348) sont touchés dans les premiers.

Politique

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Les Papes à Avignon : De 1309 à 1376, sept papes français vont siéger à Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI.

Pour plus de détails sur la papauté à Avignon, voir : Avignon et Papauté d'Avignon

1394, expulsion des juifs du royaume de France. Nombre d'entre eux se réfugient alors dans le jeune Comtat Venaissin, état pontifical tolérant à leur égard.

Vue sur le palais.

Architecture

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Le Palais des papes d'Avignon est construit entre 1335 et 1352 sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, surplombant le Rhône, sous les pontificats de Benoît XII et Clément VI.

1367, début de la construction de la synagogue de Carpentras.

Agriculture et économie

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La venue des Papes à Avignon introduit la culture de la soie dans la région. Peu à peu se développera la culture du murier dont les feuilles servent de nourriture aux vers.

Le XVe siècle

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Politique

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État de la France en 1477
  • Mort du roi René en 1480. 1481, le comté de Provence est incorporé au royaume de France sous l'appellation de "province royale française".
  • avril 1481 - guerre civile de Provence
  • 1498, Charles VIII exclut les Juifs de Provence.
Village abandonné de Rocca Sparviera

L'histoire des Vaudois dans la région du Luberon (sud de la France) illustre les tensions religieuses qui secouent le monde chrétien au Moyen Âge et à la Renaissance.

L'installation de Vaudois dans la région du Luberon commence en 1399 : Louis II de Provence, à la suite d'une longue campagne militaire en Italie, a besoin d'argent. Il met en vente des terres de peu de valeur, qui lui sont achetées par les seigneurs de Boulier-Cental et de Rocca-Sparviera. Ceux-ci, qui ont des possessions dans le Piémont, installent dans ces terres nouvellement acquises une centaine de familles de paysans piémontais, de religion vaudoise : à Mérindol, Vaugines, Cabrière d'Aygues.

Les témoignages du temps décrivent ces Vaudois comme de gros travailleurs, intègres, payant leurs dettes, d'une grande pureté de mœurs. Grâce à leur labeur, les terres produisent de plus en plus, et leurs seigneurs voient leurs dividendes passer « de quatre écus à huit cents ».

Par accroissement naturel, et par la venue de nouveaux Piémontais, ils s'installent dans d'autres villages de l'autre côté du Luberon : Cabrières-d'Avignon, Gordes, Goult, Lacoste.

Architecture

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Agriculture et économie

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Tomates, fraises et melons de Vaucluse
Vignes et cerisiers au pied des monts de Vaucluse

L'agriculture a toujours un rôle important et un fort impact économique sur le territoire que couvre aujourd'hui le Vaucluse. Durant la période romaine, élaboration de "villae" pour la mise en œuvre agricole. On recherche des terres facilement irrigables. Sont ainsi exploitées les plaines entre le Rhône et les Monts de Vaucluse, la plaine de la Durance et celle du Calavon. La venue des Papes à Avignon introduit la culture de la soie dans la région. Celle-ci va se développer avec un large essor en Provence aux XVIIIe et XIXe siècles et perdurera jusqu'à la Première Guerre mondiale. Avec Viens, La Bastide-des-Jourdans fut l'une des communes du Luberon qui en tira le plus de bénéfices grâce à des plantations de mûriers aujourd'hui disparues. Le travail à domicile, les opérations de filage et de traitement de la soie occupèrent de nombreuses personnes et offrirent un revenu d'appoint aux paysans. Au XIXe, développement de la culture de garance, d'abord autour des Sorgues puis sur tout le Vaucluse (De 1855 à 1870, un tiers des Vauclusiens travaille la garance). Mais aussi culture de pastel à Cucuron et à Cavaillon, indigotier et polygonum à L'Isle-sur-la-Sorgue

Avec en moyenne 300 jours de soleil par an, les terres de Vaucluse bénéficient d'un très bon ensoleillement. Les terres sont une alternance de montagnes et collines plus ou moins calcaires et de plaines alluvionnaires creusées par des cours d'eau qui ont permis une irrigation importante. Tout cela a permis le développement de cultures variées (lavandes sur les plateaux du massif des Baronies et des Monts de Vaucluse, fraises ou encore arbres fruitiers dans les plaines, vignes, etc.). L'activité agricole s'articule autour de trois productions majeures : vins, fruits et légumes qui assurent 90 % du chiffre d'affaires[20]. Le Vaucluse est le premier producteur de cerise, pomme golden et de raisin de table et le deuxième de tomate et de melon[20]. Importante production viticole avec plusieurs appellations d'origine contrôlée (Côtes-du-Rhône, Ventoux (AOC), Luberon (AOC)). L'agriculture, l'industrie agro-alimentaire et les activités induites représentent plus de 20 % des emplois[20]. Cette activité connait une certaine saisonnalité et permet à des familles issues des gens du voyage de venir travailler au ramassage de mai à septembre. Marchés d'intérêt national sur Avignon et Cavaillon.

Le XVIe siècle

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Politique

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Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le royaume de France est ravagé par les guerres de religion où s’opposent catholiques et protestants.

En 1590, Henri IV crée à Pertuis un Parlement rival de celui d’Aix (puisque celui-ci ne le reconnaît pas pour roi).

Les Vaudois, suite

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Jusque vers 1528, ils semblent vivre en bonne intelligence avec leurs voisins catholiques.

La radicalisation
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En 1528, l'évêque d'Apt, Jean Nicolaï, commence à lancer des procès en hérésie. Vers 1530, Jean de Roma, un dominicain, assemble une troupe et commence massacres, viols, tortures, pillages, avant de devoir s’enfuir au Comtat Venaissin : le roi de France, inquiet de ces pillages, avait saisi contre lui le Parlement d'Aix. Il meurt quelques années plus tard.

C'est l'époque de l'installation du calvinisme à Genève. En 1530, les Vaudois du Piémont y envoient quelques émissaires. Calvin leur montre leurs similitudes de doctrine.

En 1532, le mouvement vaudois se rattache officiellement au protestantisme.

Le début de la répression
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Dans le Comtat Venaissin, appartenant au pape, le vice légat confisque des terres de Vaudois et les redistribue à des catholiques. Le pape Clément VII demande au roi de France François Ier d'agir de même sur le versant français du Lubéron.
Or, après l'élection de Charles Quint en 1519 comme empereur d'Allemagne, François Ier se sent encerclé car Charles Quint possède l'Espagne, les Pays-Bas et une partie de l'Italie. En réaction, François Ier s'allie avec l'empire ottoman de Soliman le Magnifique, par un traité du 4 février 1536 dit « des capitulations ». Cette alliance avec un pays musulman faisant scandale, François Ier ne peut plus se permettre une attitude tolérante en France envers des hérétiques.
Le parlement d'Aix-en-Provence condamne en 1532 sept personnalités vaudoises, et demande aux seigneurs locaux de confisquer les terres des Vaudois. Ceux-ci prennent les armes, et s'emparent de Mérindol, de Lacoste et de Cabrières-d'Avignon.
En 1534, de nouvelles condamnations frappent des Vaudois, qui sont libérés des prisons d'Apt, de Cavaillon, et de Roussillon par leurs coreligionnaires en armes.
La politique internationale interfère une fois de plus avec la question vaudoise : En novembre 1535, François Ier réclame de nouveau le duché de Milan.
Il envahit la Savoie dès le début de 1536.
Charles Quint prend alors en personne la tête de son armée pour envahir la Provence en franchissant le Var le , et s'empare de Toulon, qui est occupée du 10 août au 15 septembre. Son armée en proie aux épidémies, Charles Quint renonce à assiéger Marseille et rebrousse chemin en septembre.
François Ier cherche alors à calmer la situation en Lubéron, et le 15 juillet 1535, il accorde le pardon aux Vaudois à condition que ceux-ci abjurent leur religion dans les six mois.

En 1544, les Vaudois incendient le monastère de Sénanque (Gordes).

La persécution de 1545
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Après l'avoir obtenu de manière sournoise (le roi ne lit pas l’édit de Mérindol), les Vaudois sont condamnés.[pas clair]

En avril 1545, la persécution commence, avec comme chefs militaires Paulin de La Garde et Joseph d'Agoult, sous la direction du premier président du Parlement d’Aix, Jean Maynier, baron d’Oppède. Les villages vaudois sont pillés, les hommes massacrés ou envoyés aux galères, les femmes violées avant d’être tuées. Certains sont vendus en esclavage. Les terres sont confisquées. Les biens pillés sont bradés au dixième de leur prix, pour payer les soldats. Les violences débordent, les villages alentour les subissent aussi. Au total, 24 villages sont détruits, 3000 personnes sont massacrées, 670 hommes sont envoyés aux galères. De plus, le passage des soldats empêche les cultures, les troupeaux sont tués, et un nombre indéterminé de paysans meurent de faim. À la mort de François Ier, un procès est ouvert par les seigneurs de la région, qui ont perdu gros. Mais les soudards, comme les parlementaires qui se sont enrichis, sont tous acquittés.

NB : Source / page des Vaudois du Lubéron

Architecture

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Agriculture et économie

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Le XVIIe siècle

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Le Comtat Venaissin

Politique

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La communauté juive du Comtat, appelés Juifs du Pape ou encore Juifs comtadins,

Architecture

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Agriculture et économie

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Le XVIIIe siècle

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1709, plusieurs documents attestent d'un hiver très rude qui va fortement pénaliser la population en détruisant récoltes (dont oliviers), pots de stockage, cuves en pierre…

Politique

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La Grande Peste

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En 1720, la peste commence à remonter de Marseille à travers toute la Provence.

Pour protéger le Comtat Venaissin des pestiférés de Provence, les communes de la région commencent alors la construction d'un mur sur 27 kilomètres, le « mur de la peste ». Il s’agit d’une muraille en pierre sèche gardée. Même si le fléau est très ralenti par le dispositif, cela ne l’empêche malheureusement pas de se répandre au-delà. En réaction, certaines villes décident de s’approvisionner de manière à tenir le plus longtemps possible et de fermer leurs portes. À Pernes, toutes les portes des remparts sont fermées sauf la porte Notre-Dame, qui sera néanmoins solidement gardée. Enfin, on met en place des lieux de quarantaine tels que la « grange de l’Espérance ». Grâce à toutes ces dispositions, le registre paroissial dénombre seulement 122 décès en 1721 alors que d’autres villes perdent quasiment le quart de leurs habitants.

L’épidémie, réduite en 1722, prend fin en 1723.


  • concordat de 1734
  • le Vaucluse et la Révolution française

La création du département

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Carte du département des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse en 1790

Précédemment possessions pontificales, Avignon et le Comtat Venaissin furent rattachés à la France le . Ce rattachement fut voté dans l'église de Bédarrides[21]. Le , ces territoires formèrent deux nouveaux districts, Vaucluse dans les Bouches-du-Rhône et Ouvèze ou Louvèze dans la Drôme.

À la suite du décret du [22], fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange qui faisaient partie des Bouches-du-Rhône (celui d'Orange avait été d'abord été placé dans la Drôme mais n'y resta que deux mois en 1790), ainsi que du canton de Sault qui se trouvait dans les Basses-Alpes. Il n'en demeure pas moins que le Vaucluse est plus petit que tous les départements voisins.

1800 - modification des limites départementales : Suze-la-Rousse est rattachée à la Drôme, ce qui eut pour conséquence l'enclavement du canton vauclusien de Valréas (dite l'Enclave des Papes).

Carte du département du Vaucluse en 1800

De 1791 à 1793, les 4 districts (Apt, Avignon[23], Carpentras[24] et Orange) du département de Vaucluse fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.

Architecture

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Agriculture et économie

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La sériciculture se développe en Provence, notamment dans le Luberon.

Le XIXe siècle

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Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Fin XIXe, début XXe, plusieurs tremblements de terre se produisent en Luberon dont celui du [réf. souhaitée].

Politique

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Par la loi du , le département devient juridiquement une collectivité territoriale et le Conseil général reçoit une compétence globale pour régler les affaires d'intérêt départemental.

Architecture

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Agriculture et économie

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La sériciculture connut un large essor en Provence au XIXe siècle (comme au XVIIIe siècle) et perdurera jusqu'à la Première Guerre mondiale. Avec Viens, La Bastide-des-Jourdans fut l'une des communes du Luberon qui en tira le plus de bénéfices grâce à des plantations de mûriers aujourd'hui disparues. Le travail à domicile, les opérations de filage et de traitement de la soie occupèrent de nombreuses personnes et offrirent un revenu d'appoint aux paysans.

En parallèle, développement de la culture de garance, d'abord autour des Sorgues puis sur tout le Vaucluse (de 1855 à 1870, un tiers des Vauclusiens travaille la garance [réf. souhaitée]). Mais aussi culture de pastel à Cucuron et à Cavaillon, indigotier et polygonum à L'Isle-sur-la-Sorgue

Le XXe siècle

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Un département de garnisons

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La cour d'honneur du Palais des Papes au temps de son utilisation comme « caserne Duprat », vers 1900.
La « caserne Chabran » du 58e RI et du 7e RG, construite en 1906, actuelle préfecture de Vaucluse.
La cité administrative d'Avignon, ancienne « caserne d'Hautpoul » du 7e RG, construite en 1865.

À la veille de la Première Guerre mondiale, le département de Vaucluse est marqué par une forte présence militaire, en particulier autour de ses deux principales villes de garnison[25]. À Avignon, plusieurs casernes accueillent des unités d’infanterie, du génie et des troupes de passage, réunissant jusqu’à environ 12 000 soldats et 3 000 chevaux[26]. Ces implantations, développées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, visent notamment à libérer le Palais des papes, utilisé comme caserne depuis la Révolution:

  • Caserne Duprat (actuel Palais des Papes)[27]: la caserne du palais gothique est nommée en 1881 en l'honneur du général d'Empire Jean Étienne Benoît Duprat, originaire d'Avignon. Elle accueille alors le 58e régiment d'infanterie (58e RI) jusqu'en 1906, date de son départ pour la nouvelle caserne Chabran extra-muros;
  • Caserne d'Hautpoul (actuelle cité administrative)[28]: construite en 1865 sous le Second Empire, elle est nommée en l’honneur du général d’Empire Jean Joseph Ange d'Hautpoul. Elle accueille les pontonniers du 7e régiment du génie (7e RG) qui ont quitté le Palais des Papes où le génie militaire avait son cantonnement depuis la Révolution;
  • Caserne Chabran (actuelle préfecture)[29]: construite extra-muros en 1906 à la demande de la ville pour libérer la caserne Duprat du Palais des Papes, elle est nommée en hommage au général d'Empire Joseph Chabran, originaire de Cavaillon. Elle accueille le 58e RI ainsi que des éléments du 7e RG;
  • Caserne des Passagers (ancien « Clos des Arts » et ancienne aumônerie générale)[30]: rachetée par la ville en 1845, elle est transformée en lieu de cantonnement pour les troupes de passage. Elle accueille notamment des réservistes du 258e régiment d'infanterie (258e RI) ainsi que des territoriaux du 118e régiment d'infanterie territoriale (118e RIT);
  • Caserne Saint-Roch (ancien hôpital Saint-Roch pour pestiférés, actuel hôtel de Police)[31]: l'ancien hôpital extra-muros du XVe siècle est réaménagé au XIXe siècle comme caserne pour la Garde nationale vauclusienne, dont le corps de sapeurs-pompiers qui lui ait rattaché avec ses pompes et son matériel. A partir des années 1870, la Garde nationale est remplacée par l'armée territoriale avec en Vaucluse le 118e RIT. La caserne sert également d'entrepôt pour le matériel des pontonniers du 7e RG.
  • Dépôt du Génie (près de l'ancienne gare du Pontet)[32]: des infrastructures militaires et logistiques sont implantées en complément au Pontet avec plusieurs entrepôts du 7e RG situés à proximité de la gare aujourd'hui disparue.

Enfin à Orange, la deuxième ville de garnison du département accueille d'autres importantes structures avec les unités du train, de l’artillerie et même le premier aérodrome du département :

  • Quartier Deloye (actuel Quartier Geille de l'armée de l'air)[33]: construit en 1912, il est nommé en hommage au général Denis François Félix Deloye, originaire de Sérignan du Comtat, créateur du canon de 75 et seul militaire de son rang à avoir témoigné en faveur du capitaine Dreyfus. Il accueille une partie du 55e régiment d’artillerie de campagne (55e RAC);
  • Quartier Bonnet-d’Honnières (actuel cercle-mess militaire et groupement de gendarmerie)[33]: construit en 1848 sous la monarchie de Juillet, il est nommé en référence au général de l’Empire Joseph Alphonse de Bonnet d'Honnières, originaire de Valréas. Il abrite le 15e escadron du train des équipages (15e ETE);
  • Terrain d'atterrissage (actuel stand de tir et d'entrainement de l'armée) : signalé avant 1914 et établi sur un champ de manœuvres de l'armée à 2 km au sud-est d'Orange, en bordure de la route d'Avignon, c'est le premier terrain d'aviation de l'histoire du Vaucluse[34].
Des pontonniers du 7e RG s'entraînent sur le Rhône, vers 1900.

Au-delà de leur rôle militaire, les garnisons participent activement à la vie économique, patriotique et sociale du Vaucluse. Dans le contexte de la conscription universelle, le service militaire contribue à diffuser les valeurs républicaines et l'esprit revanchard de la « nation en armes ». À Avignon, les démonstrations des pontonniers sur le Rhône, les manœuvres d'infanterie aux allées de l’Oulle et les concerts des musiques militaires sur la place du Palais des Papes rythment ainsi le quotidien des habitants qui y assistent comme à la fête. Les soldats sont également mobilisés lors des crues du Rhône pour porter secours à la population et prennent part aux célébrations votives locales, renforçant ainsi les liens entre l'armée et la société civile à la veille de la Grande Guerre[26].

Le département pendant la Première Guerre mondiale

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Les Vauclusiens mobilisés pour le front

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Manœuvres sur le Rhône des pontonniers du 7e RG avant la guerre

À l’appel du tocsin le 1er août 1914 annonçant la mobilisation générale pour le 2 août, les conscrits et réservistes vauclusiens rejoignent leurs casernes d’affectation[25],[35],[36],[37]: le 58e RI[38] à la « caserne Chabran » (actuelle préfecture), les 258e RI[39] de réserve à la « caserne de passage » (ancienne école des Beaux-arts), le 7e RG[40] à la « caserne d'Hautpoul » (actuelle cité administrative) et à la « caserne Saint-Roch » (actuel hôtel de police) à Avignon et enfin le dépôt du 55e RAC[41] au « quartier Deloye » et le 15e ETE[42] au « quartier Bonnet-d’Honnières » (actuels quartier Geille) à Orange. Face à l’afflux de troupes, l’ancienne « caserne Duprat » du Palais des papes, l’opéra municipal et l'hôtel de ville d'Avignon sont réquisitionnés afin d’accueillir les réservistes du 118e RIT et les soldats de passage, tandis que les allées de l’Oulle et le pourtour des remparts servent de campements improvisés aux troupes coloniales[36]. À Avignon, l’annonce de la mobilisation est applaudie et provoque d’importants rassemblements festifs patriotiques. Toutefois, dans les campagnes vauclusiennes domine surtout un sentiment de résignation et de devoir[25],[36]. Le 3 août 1914, la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France confirme l’entrée du pays dans le conflit dans une ambiance de nationalisme exalté.

Peppino Garibaldi entouré d'officiers italiens du 4e RM du 1er RE, 1915.

Le 5 août 1914, les soldats du 58e RI quittent Avignon en train sous les acclamations de la foule pour rejoindre le front en Lorraine[25]. Intégrés au XVe corps d’armée composé en grande partie de Provençaux, ils participent aux offensives françaises de la bataille des Frontières, notamment lors des combats de Lagarde, Dieuze et Morhange entre le 10 et le 20 août 1914[36],[43],[44]. Les pertes sont extrêmement lourdes parmi les régiments méridionaux : plus de 4 000 Provençaux sont tués durant ces premiers combats, dont environ 270 Vauclusiens. Après l’échec de l’offensive française, une partie de la presse parisienne accuse les « soldats du Midi » de lâcheté, donnant naissance à la « légende noire du XVe corps »[43],[44],[45],[46]. Les historiens ont depuis montré que ces accusations servaient surtout à masquer les erreurs stratégiques du haut commandement français[25]. Malgré cette polémique, les soldats vauclusiens combattent durant toute la guerre sur plusieurs fronts, notamment dans le nord et l’est de la France, mais aussi aux Dardanelles, à Salonique et sur le front d’Orient[25]. Le conflit entraîne également l’engagement de nombreux italiens installés dans le département: dès août 1914, la communauté italienne d’Avignon annonce dans la presse locale sa volonté de former un corps de volontaires pour combattre aux côtés de la France[25],[47]. Cette unité, connue sous le nom de « légion garibaldienne » et officiellement créée en novembre 1914 sous le nom de 4e RM du 1er RE, est cantonnée au Palais des papes avant son départ pour le front[47],[48].

Le Vaucluse, un département de l’arrière

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Affiche du 2e emprunt de la Défense nationale, comme on pouvait en voir affichées dans les rues des villes du Vaucluse en 1916.

Comme l’ensemble des départements éloignés du front, le Vaucluse devient un territoire de l’arrière profondément transformé par la guerre. L’absence d’environ 45 000 hommes vauclusiens mobilisés entre 1914 et 1918, sur une population de 240 000 habitants en 1914, soit près de 19 % de la population, bouleverse profondément la vie économique et sociale du département, tandis que les femmes remplacent progressivement les mobilisés dans les exploitations agricoles, les ateliers et certains services publics[25],[36]. Les pénuries, l’inflation, le contrôle des prix et les difficultés de transport désorganisent le quotidien tandis que les restrictions, les impôts, les emprunts et réquisitions se multiplient[25]. Toutefois, de nombreux hommes sont temporairement renvoyés dans le département afin de soutenir l’effort de guerre, notamment des territoriaux âgés, des ouvriers spécialisés ou des agriculteurs bénéficiant de « permissions agricoles »[25]. Le département accueille rapidement beaucoup de blessés comme à Avignon où les soldats sont soignés à l'hôpital Sainte-Marthe (actuelle université)[25]. Mais dès fin 1914, la préfecture exige 2000 lits supplémentaires obtenus en réquisitionnant écoles et bâtiments publics[36]: le collège de jeunes filles (actuel lycée Aubanel), l'école supérieure (actuel Petit Palais), Saint-Joseph ou encore Champfleury sont transformés en hôpitaux auxiliaires. Des réfugiés venus de Belgique et des régions envahies du nord et de l’est de la France transitent également par le département.

Des prisonniers allemands construisent leurs baraquements au camp de prisonniers de Serres-Carpentras, avril 1916.

La captivité des soldats vauclusiens constitue également une préoccupation importante pour les familles[25],[36]. Des œuvres caritatives et comités de secours comme le « Petit paquet vauclusien », organisent l’envoi de colis aux soldats prisonniers ou combattant au front pour améliorer leur quotidien. En 1915, on compte déjà plus de 1 600 soldats vauclusiens recensés comme prisonniers de guerre[36]. Les listes publiées dans les journaux sont toutefois censurées après cette date afin de préserver le moral de l’arrière. Enfin, un camp de prisonniers de guerre est installé à Serres-Carpentras à partir de 1915[36]. Les prisonniers des Empires centraux qui y sont internés participent à l’aménagement du camp puis sont employés comme main-d’œuvre agricole dans les exploitations du département afin de compenser le manque de bras provoqué par la mobilisation[49],[50]. Les prisonniers morts en captivité ont été enterrés au cimetière Saint-Véran d’Avignon dans un ossuaire accueillant également des soldats allemands, austro-hongrois, russes, serbes et bulgares décédés dans les hôpitaux militaires ou les autres camps de la région[36].

Une mobilisation économique pour l'effort de guerre

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Des femmes aux vendanges au château de Courtine à Avignon.

L’économie vauclusienne, essentiellement agricole, est profondément affectée par la mobilisation des hommes et la réquisition des chevaux. Le département participe activement au ravitaillement de l’armée française, apparaissant comme une véritable « corne d’abondance » agricole grâce à ses productions de céréales, de fruits et surtout de vin destinées au front[25]. Afin de maintenir la production, les autorités recourent aux « permissions agricoles », aux prisonniers de guerre, à une importante main-d’œuvre coloniale ainsi qu'aux travailleurs étrangers italiens[36]. Au premier semestre 1914, le Vaucluse compte seulement 10 792 étrangers sur une population d’environ 240 000 habitants, soit environ 4,5 % de la population, dont 9 194 Italiens, représentant plus de 85 % de la population étrangère[47]. Les Italiens constituent ainsi la principale communauté étrangère du département et sont utilisés dans l’agriculture, les carrières et certaines industries locales. Mais l’entrée en guerre de l’Italie en 1915 entraîne toutefois le rappel sous les drapeaux de nombreux immigrés italiens[47].

Distillerie d'absinthe Jules Pernod à Montfavet où sera produit à partir de 1918 l'Anis Pernod.

Le vignoble vauclusien, essentiel à l'effort de guerre, profite de ce contexte, mais souffre du manque de bras et des difficultés de transport, tandis que les pénuries de verre, de bois, de soufre ou de cuivre perturbent durablement la production. Malgré cela, la guerre favorise la diffusion massive du « pinard » auprès de tous les soldats français pour maintenir leur moral[25],[36]. Paradoxalement, en mars 1915, l’absinthe est interdite par le gouvernement par inquiétudes pour la santé des soldats. À Montfavet, les établissements Pernod développent alors de nouvelles boissons anisées pour contourner la loi: en 1918, Jules-Félix Pernod commercialise l’« Anis Pernod », considéré comme le premier apéritif anisé industriel produit en France[36],[51],[52]. Enfin, le Vaucluse participe également à l’industrie de guerre avec la création en 1915 d'une poudrerie nationale à Sorgues[36],[53]. Spécialisée dans la fabrication d’explosifs, la poudrerie de Sorgues emploie jusqu’à 6 000 ouvriers, parmi lesquels des « munitionnettes », des travailleurs coloniaux, notamment indochinois[54], et des ouvriers spécialisés démobilisés[36]. C’est un véritable choc démographique et économique pour la commune qui comptait 4 300 habitants en 1914.

La société vauclusienne sous surveillance

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La préfecture de Vaucluse à Avignon exerce une étroite surveillance de la population vauclusienne tout au long du conflit.

Le conflit renforce les dispositifs de contrôle et de surveillance dans le département. Sur ordre du ministère de l’Intérieur, le préfet de Vaucluse rédige durant toute la guerre des rapports réguliers sur « l’état de l’opinion » dans les villes et campagnes du département[25],[36]. Les autorités surveillent particulièrement les étrangers, les ouvriers des usines de la poudrerie de Sorgues, les cheminots de la PLM et les correspondances de la population dans un contexte marqué par la peur de l’espionnage, des grèves et des troubles sociaux socialistes[25]. Après l’entrée en guerre de l’Italie en 1915, l’importante communauté immigrée italienne du Vaucluse, déjà surveillée, fait l’objet de contrôles renforcés par les autorités franco-italiennes qui recherchent les déserteurs et tous ceux refusant la mobilisation dans l’armée italienne[47]. L'État ordonne également la censure des journaux, courriers ou cartes postales jugés susceptibles de démoraliser l’arrière et les soldats[25]. À mesure que la guerre s’enlise, les rapports préfectoraux du Vaucluse signalent une progression du défaitisme, des critiques contre le conflit et des refus de mobilisation, en particulier en 1917, l'année des mutineries[25],[36]. Alors qu'en août 1914, un seul Vauclusien refuse d'être mobilisé et se défenestre au Petit Palais, la situation est tout autre en 1917[36]: plusieurs Vauclusiens refusent d'être mobilisés et doivent être enfermés dans une pièce aménagée en cellule donnant dans l'escalier d'honneur du Palais des papes où ils attendent leur sort (plusieurs graffiti demeurent encore visibles).

« Vive le pinard qui ravigote ! »

Dans les villes de garnison comme Avignon et Orange, la présence de nombreux soldats en permission perturbe régulièrement l’ordre public en raison de l’alcoolisation des troupes[25],[36]. Le « pinard » est devenu en effet indispensable au « poilu » : la ration quotidienne distribuée aux soldats passe d’un quart de litre en 1914 à près d’un litre en 1918 afin de soutenir leur moral. En revanche, l’absinthe, très consommée avant-guerre et produite notamment par les établissements Pernod de Montfavet, est interdite en 1915 par le gouvernement, qui la juge paradoxalement dangereuse pour la santé des soldats[36]. Enfin, sur le front, plusieurs Vauclusiens sont condamnés par la justice militaire durant le conflit: les historiens ont identifié sept soldats originaires du département fusillés, certains « pour l’exemple »[25],[36]. Le cas de Julien Lançon, né à La Bastide-des-Jourdans, demeure l’un des plus connus : fusillé en octobre 1916 à l'âge de 23 ans pour s'être baigné dans un canal après avoir refusé de retourner immédiatement au front à la suite d'intenses combats, il a fait l’objet d’une réinhumation sur sa terre natale pour une réhabilitation symbolique en 2016[55],[56].

Un département meurtri par la Grande Guerre

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Le vauclusien Albert Roche et le maréchal Foch acclamés par la foule à Strasbourg, novembre 1918

Le 11 novembre 1918, l’annonce de l’armistice provoque d’importantes manifestations de joie dans tout le département. Dès le matin, la nouvelle circule déjà dans les villes vauclusiennes, mais la censure interdit encore de l’annoncer officiellement avant l’heure fixée par le gouvernement[36]. Les autorités préfectorales demandent néanmoins aux communes de se tenir prêtes à faire sonner les cloches « à toute volée » dès l'heure officielle. À 11 heures, les habitants descendent dans les rues d’Avignon et des principales villes du département pour célébrer la fin des combats tandis que les journaux locaux, contraints de respecter la censure militaire, doivent publier dans l’urgence une seconde édition annonçant enfin l’armistice[36]. Certaines unités françaises demeurent toutefois encore engagées en Orient jusqu’en 1919 et la démobilisation ne s’effectuera pas immédiatement. Fin novembre 1918, le vauclusien Albert Roche, soldats français les plus décorés du conflit, est mis à l’honneur par le maréchal Foch, lors de la libération de Strasbourg, comme « le premier soldat de France »[36],[57].

Le monument aux morts d'Avignon, élevé en 1924 au Rocher des Doms.

La Première Guerre mondiale provoque de lourdes pertes humaines dans le département. Environ 45 000 Vauclusiens, dont 10 000 avignonnais[25], sont mobilisés entre 1914 et 1918 et plus de 8 000 meurent au cours du conflit, soit environ 5,5 % des hommes du département, un taux cependant inférieur à la moyenne nationale[36]. Entre 20 000 et 25 000 autres reviennent blessés, mutilés ou invalides[25],[36]. La guerre laisse également entre 2 500 et 3 000 veuves ainsi que près de 5 000 à 6 000 orphelins dans le Vaucluse[36]. Certaines communes sont particulièrement touchées, comme Savoillan où plus de 21 % des hommes mobilisés trouvent la mort, tandis que Brantes figure parmi les villages les moins touchés avec environ 5 % de pertes[36]. Comme dans le reste de la France, les communes vauclusiennes entreprennent après-guerre l’édification de monuments aux morts afin d’honorer les disparus[25]. Les débats autour de leur emplacement, de leur esthétique ou des inscriptions provoquent parfois d’importantes tensions municipales: plusieurs communes, dont Mornas et Saint-Pantaléon, choisissent ainsi d’inscrire les dates « 1914-1919 » afin de rappeler la poursuite des opérations militaires après l’armistice[36]. Au total, 317 monuments et plaques commémoratives sont recensés dans le département, tandis que cinq communes — Auribeau, La Roque-Alric, Puget, Sivergues et Vitrolles-en-Lubéron — n’en possèdent pas, n'ayant eu aucun morts recensés durant le conflit[36]. Enfin, le souvenir de la guerre demeure également marqué par l’« affaire du XVe corps », longtemps vécue en Provence comme une injustice faite aux soldats méridionaux. La mort de Marius Estratat en 2003, à l'âge de 106 ans (né à Caumont-sur-Durance en 1897), marque la disparition du dernier « poilu » du Vaucluse et, avec elle, la fin de la mémoire vivante du conflit[58].

Le département pendant la Seconde Guerre mondiale

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Le Vaucluse en guerre (1939-1940)

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La caserne Chabran du 7e RG et du 27e RTA à Avignon.

À la déclaration de guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, le Vaucluse se mobilise à Avignon avec le 7e RG et le 27e RTA aux « casernes Chabran », « d’Hautpoul » et « de Salles-Saint-Roch » (actuelles préfecture, cité administrative et hôtel de police) et à Orange avec le 10ᵉ RD et ses GRDI aux « quartiers Deloye » et « Bonnet d'Honnières » (actuel quartier Geille)[59],[60],[61],[62],[63]. Les terrains d’aviation militaire d’Avignon-Caumont, d’Orange-Caritat et d'Orange-Plan-de-Dieu accueillent de nombreuses unités aériennes françaises en route vers le front[64],[65]. Les usines sont également mises à contribution, notamment la poudrerie nationale de Sorgues, fondée en 1915, où des travailleurs indochinois compensent le départ des mobilisés[66],[67]. Même si le front demeure éloigné durant la « drôle de guerre », l’inquiétude grandit face aux menaces aériennes : exercices d’alerte, construction d’abris antiaériens et black-out nocturne transforment le quotidien[59],[60],[68]. Mais partout la mobilisation et les restrictions sont acceptées avec calme et détermination, dans le souvenir très présent de la Grande Guerre et de figures politiques et héroïques locales comme Edouard Daladier et Albert Roche[60].

Edouard Daladier, ancien président du conseil originaire de Carpentras et surnommé le « taureau de Vaucluse ».

Le département accueille également de nombreux réfugiés venus des zones frontalières menacées du nord et de l’est, en particulier d'Alsace-Lorraine ainsi que des soldats polonais qui ont pu s'échapper de leur pays envahi[69],[70]. Hôpitaux, écoles et bâtiments publics sont réquisitionnés pour loger civils déplacés et blessés militaires, tandis que l’économie locale souffre rapidement des restrictions[59],[60],[68]. Dans le même temps, le climat politique se tend avec les lois et décrets permettant d'arrêter et d'interner les « indésirables » et les « ennemis »: les tziganes, les réfugiés et exilés espagnols, allemands et autrichiens, y compris de nombreux antinazis, sont internés au camp des Milles ou dans des "Compagnies de Travailleurs Étrangers" réparties dans les usines du département[59],[60],[68],[70]. Ils y rejoignent des militants communistes dont beaucoup, après l’interdiction du PCF en septembre 1939, sont placés sous surveillance ou arrêtés[70]. Ainsi en avril 1940 on dénombre près de « 11 000 perquisitions, 3 400 arrestations, 1 500 condamnations déjà prononcées, 555 suspects arrêtés, 700 fonctionnaires épurés, 3 500 radiations d’affectations spéciales, 300 conseils municipaux suspendus, 2 718 élus communistes frappés de déchéance »[71]. L’entrée en guerre de l’Italie le 10 juin 1940 replace le Sud-Est en « zone des armées » et ravive les craintes d’une offensive dans les Alpes ainsi que les tensions xénophobes envers les immigrés italiens présents dans la région[59],[60],[72]. L’effondrement militaire français du printemps 1940 provoque un profond choc dans le département[61].

Le département en « zone libre » (1940-1942)

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Affiche éditée par le centre de propagande de la Révolution nationale d'Avignon en 1941 ou 1942[73].

Après la défaite française de juin 1940 et la signature de l'Armistice, le département de Vaucluse se retrouve intégré à la « zone libre » administrée par le régime de Vichy[70],[74]. Situé au sud de la ligne de démarcation, le département demeure jusqu’en novembre 1942 sous l’autorité du nouvel État français dirigé depuis Vichy par le maréchal Philippe Pétain[74]. Avignon devient le poste de commandement du 1er GDM (groupe de division militaire) de l'armée d'armistice tandis que le 12e RC prend garnison à Orange[75]. L'exode de 1940 puis l'occupation de la « zone nord » augmentent à plus de 6 000 le nombre de réfugiés dans le département[76]. Comme dans une grande partie du pays, la population, profondément marquée par le traumatisme de la défaite, manifeste d’abord un large soutien au maréchal Pétain et à son gouvernement, perçus comme un rempart face au chaos et à l’occupation allemande dans la zone nord[59],[60],[61],[74]. En 1941, c'est à Avignon, au café « Mon Bar » que le chansonnier André Montagard compose les paroles du chant Maréchal, nous voilà ![77]. Le 10 octobre 1942, le maréchal Pétain effectue une visite officielle à Avignon et au Palais des Papes où il est accueilli par une foule nombreuse venue l’acclamer, illustrant encore l’importance du soutien populaire dont bénéficie alors le régime dans une partie de la population[61],[68],[78]. A cette occasion la rue de la République est renommée avenue du Maréchal Pétain[79].

Affiche d'appel à la manifestation du 14 juillet 1942 par le Front Patriotique de la Jeunesse de Vaucluse.
Manifestation du 14 juillet 1942 à Avignon, place de l'Horloge.

Cette période est marquée par les restrictions économiques, le rationnement, le marché noir et la mise en place progressive de la Révolution nationale et de la collaboration économique[74],[73]. Un « Centre de Propagande de la Révolution nationale » ouvre à Avignon rue Carnot et plusieurs Chantiers de jeunesse français sont implantés dans le département dont certains participent à l’exploitation forestière du Ventoux pour produire du charbon de bois[80],[81]. Dès octobre 1940, le régime de Vichy promulgue les premières lois antisémites avec le « statut des Juifs », mesures discriminatoires qui sont progressivement appliquées dans le département, notamment à Avignon où se trouve la majorité de la communauté des descendants des « Juifs du Pape »[70],[82]. Avant guerre, le département compte moins d'un millier de juifs, auquel s'ajoute 500 juifs réfugiés comptabilisés lors du recensement du Commissariat général aux questions juives de 1941[76]. Puis, à partir de 1941, la surveillance politique et policière s’intensifie avec la création de la Police nationale et du Groupe mobile de réserve « Comtat » stationné caserne de Salles[59],[60],[83],[84]. La préfecture procède dès août 1942 aux premières arrestations de juifs étrangers du département[70],[85],[86]. Mais malgré le contrôle du régime et l'approbation de la population, des premiers réseaux de résistance apparaissent, notamment autour des milieux ouvriers communistes, des officiers de l'Armée d'armistice, des républicains et socialistes et des anciens combattants[59],[60],[87],[88]. En 1942, le déboulonnage des statues, afin d'être fondues pour soutenir l'effort de guerre allemand, est très mal perçu par la population vauclusienne. Le 14 juillet 1942, en réponse à des appels de la Résistance contre ces déboulonnages, des manifestations républicaines éclatent dans plusieurs communes du département, notamment à Vaison-la-Romaine, Carpentras, Lourmarin et Avignon[60]. Les forces de police dispersent les manifestants et, à Avignon, les militants du SOL interviennent place de l’Horloge au chant de « Maréchal, nous voilà »[60].

L’occupation italienne et les maquis (1942-1943)

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Carte de l'occupation italienne en France de 1942 à 1943.

À la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, l’opération Anton déclenchée le 11 novembre 1942 entraîne l’invasion de la « zone libre » par les forces de l’Axe[60],[61],[72]. Le département de Vaucluse passe alors sous occupation italienne jusqu’en septembre 1943. Seule la ville d’Avignon, en raison de son importance stratégique comme nœud ferroviaire et routier dans la basse vallée du Rhône, est occupée directement par les forces allemandes qui s'installent dans les casernes et aérodromes[60],[72]. La Milice (71 rue Joseph Vernet), la LVF (2 place de l'Horloge) et l'Office de placement allemand (8 rue de la République) installent également leur siège départemental à Avignon[61]. De leur côté, les troupes italiennes de la 4e armée tiennent garnison à Carpentras et à Orange, y font fermer les aérodromes et s'en tiennent à contrôler les grands axes de communication, leur présence demeurant très limitée dans les zones rurales et montagneuses[72]. Mal ravitaillées, certaines unités italiennes s'adonnent aux menus larcins et rapines pour subvenir à leurs besoins[72]. La zone d’occupation italienne devient aussi un refuge pour de nombreux juifs, les rares autorités italiennes présentes appliquant avec beaucoup plus de réticence les politiques antisémites[89],[90],[91],[92],[93].

Deux maquisards de la Lance au camp FTP de La Roche-Saint-Secret, au nord de Valréas, en mai 1943.

L’instauration du Service du travail obligatoire (STO) en 1943 pousse de nombreux jeunes réfractaires vauclusiens à rejoindre les FTPF ou l'Armée secrète des premiers maquis du Ventoux, du Luberon et des monts de Vaucluse[87],[88],[94],[95]. Profitant d’une occupation italienne relativement peu répressive, la Résistance s’organise progressivement autour de caches d’armes, de filières clandestines et d’actions de sabotage, notamment au sein du maquis Ventoux[60],[96],[97],[98],[99]. Ce dernier va regrouper jusqu'à en moyenne 400 hommes, dans des conditions difficiles et souvent divisées en petits groupes[100]. Des parachutages alliés commencent également à alimenter les groupes résistants des Mouvements unis de la Résistance dans les secteurs montagneux, notamment celles de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP) du plateau de Sault et d'Albion[96],[97]. Après l’armistice de Cassibile du 8 septembre 1943, les troupes italiennes abandonnent rapidement leurs positions d'occupation et se retirent. Mais celles qui n'ont pu se replier à temps sont arrêtées et maltraitées par les forces allemandes qui les remplacent. Elles imposent alors une occupation beaucoup plus brutale et répressive que celles des « Badoglio » (surnom de traitre donné aux italiens par les Allemands en rapport au maréchal Badoglio)[59],[60],[72].

L'occupation allemande et la répression (1943-1944)

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Arrestation par la Milice des maquisards d'Izon la Bruisse le 22 février 1944.

L'occupation allemande du département à partir de septembre 1943 entraine une intensification de la traque des résistants, des réfractaires au STO et des juifs. L’état-major de la 19e armée allemande, chargée du secteur sud-est au sein du groupe d’armées B, est installé à Avignon à l'« hôtel Dominion » (22 boulevard Raspail)[61],[101]. La Gestapo établit ses services à l’« hôtel de la Cigale » (11 rue de la Bancasse) ainsi que dans une villa appartenant à une famille juive comtadine (2 rue rempart de la Ligne) tandis que le SD prend possession d'une villa à Monclar (32 Avenue Monclar)[76]. La répression se durcit rapidement avec le soutien de quelque 700 à 800 collaborateurs vauclusiens actifs, membres de la Milice française, du Parti populaire français (PPF) ou d'autres organisations locales[76],[83]. Le 1er janvier 1944, une école départementale de la Milice ouvre à la « caserne de Salles » d'Avignon[102]. Une unité allemande spécialisée dans la lutte anti-partisans de la division Brandenburg est également envoyée en renfort et s'installe à Villeneuve[103],[104]. De 1942 à 1944, plusieurs rafles sont organisées, notamment à Avignon et 422 juifs sont ainsi déportés du Vaucluse vers les camps nazis, soit environ 20 à 25% de la population juive (française et étrangère) recensée dans le département en 1941[76],[83],[85]. Cependant, de nombreux autres juifs sont cachés et sauvés et, après la guerre, 31 vauclusiens sont reconnus justes parmi les nations[70]. La population civile doit aussi vivre dans la peur des bombardements alliés qui, en préparation des débarquements, ciblent nœuds ferroviaires, ponts, dépôts d'essence et aérodromes: le 27 mai 1944 Avignon est lourdement bombardée, notamment les quartiers de Champfleury et Saint-Roch, causant la mort de près de 525 civils[59],[60],[61],[105]. La ville va connaître jusqu'en août 1944 au moins 37 bombardements alliés de haute altitude et raids aériens de chasseurs bombardiers visant ponts et infrastructures ferroviaires: au total près de 600 civils vont périr et 800 autres seront blessés[61],[105],[106],[107]. Le 24 juin 1944, l'hôtel Dominion où réside la kommandantur à Avignon est détruit par l'un de ces raids, tandis que l'état-major allemand choisit de déménager à Villeneuve par sécurité[106].

Le Vaucluse dans la région R2 de l'organisation géographique de la Résistance française.

Le Vaucluse devient aussi un important foyer de résistance armée: les maquis multiplient sabotages, embuscades et attaques contre les voies ferrées ou les convois allemands. Malgré leurs divisions politiques, les maquisards s'unifient pour former en 1944 les Forces françaises libres, créant deux « bataillons de Vaucluse » rattachés au maquis Ventoux[60],[96],[97],[98],[99]. Le SAP développe des pistes d'atterrissages homologuées par les alliés pour armer la résistance, notamment à Sault et au plateau d'Albion. Les combats de Sainte-Croix et Vaison-la-Romaine en mars 1944 illustrent la violence croissante des affrontements avec l'occupant[96],[97]. Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, les actions de la Résistance s’intensifient fortement sur ordre de Londres[108],[109]. Plusieurs secteurs connaissent de véritables soulèvements dès le 8 et 9 juin, notamment dans le Haut-Vaucluse à Vaison-la-Romaine ou dans l’Enclave des papes à Valréas, tous durement réprimés par des massacres[96],[97],[104],[110]. On estime qu’entre juin et août 1944, au moins 175 hommes et femmes furent exécutés lors de plusieurs tragédies qui marquèrent le département : massacres de Villelaure, Sarrians, Sault, Saint-Saturnin-d'Apt ou encore de Barbarenque[104],[111].

La Libération du Vaucluse (août 1944)

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La libération du Vaucluse du 20 au 27 août 1944 sur une carte américaine de l'opération Dragoon.

Le débarquement de Provence du 15 août 1944 entraîne l’effondrement rapide des défenses allemandes. Dans le sud-Luberon, plusieurs communes sont libérées le jour même par les FFI, notamment Pertuis où un « Comité de Libération Nationale » s’organise[112]. Le 18 août, la 19e armée allemande reçoit l’ordre de repli général du sud-est de la France afin d’éviter l’encerclement. Les colonnes allemandes en retraite réquisitionnent et pillent tout ce qu’elles trouvent chez les habitants et qui peut servir au transport : chevaux, mules, vélos, charrettes, brouettes[61]. La 11e Panzerdivision, envoyée en renfort depuis la région de Toulouse, est partiellement bloquée aux Angles en raison de la destruction des ponts sur le Rhône et de la domination aérienne alliée[113]. De même, les ponts sur la Durance sont ciblés par les bombardements alliés et par des actions de sabotage de la Résistance, notamment à Pertuis et Bonpas, afin de ralentir la retraite allemande[112]. Le 18 août, la destruction de ces ponts contraint les quelques 700 déportés du « Train fantôme » à marcher dans des conditions terribles de Roquemaure jusqu’à la gare de Sorgues[85],[114]. Plusieurs éléments de la 11e Panzerdivision parviennent à franchir le Rhône et rejoignent une fragile ligne de défense entre Apt, Cavaillon et Salon-de-Provence pour tenter de stopper l'inexorable progression américaine[113]. Mais le 20 août, des éléments de la 45e division d’infanterie (45th ID) américaine franchissent la Durance à Pertuis et progressent vers Apt, libérée le 22 août, assurant ainsi le contrôle du Luberon[112],[115],[116],[117]. Au même moment, la 36e division d’infanterie (36th ID) américaine contourne les défenses allemandes par les Alpes et menace directement Montélimar, nœud stratégique dans la vallée du Rhône pour le repli allemand[113]. La 19e armée allemande évacue alors sa ligne de défense et concentre tous ses efforts sur la bataille de Montélimar, tandis que les derniers convois allemands retardataires évacuent progressivement le sud du Vaucluse entre le 22 et le 24 août, harcelés par l’aviation alliée et les attaques des FFI[113]. Témoignant de l'engagement de la Résistance dans le département, on dénombre près de 353 résistants du maquis Ventoux tués durant la guerre[100].

Une ambulance américaine au milieu de carcasses de véhicules allemands détruits pendant leur retraite sur Montélimar, août 1944.

Le 23 août, des groupes de résistants s’infiltrent dans Avignon et le lendemain 24 août, il ne reste plus un seul Allemand en ville, cependant la population reste prudente[61]. En effet, les forces allemandes en retraite commettent encore des exactions en représailles aux attaques des FFI, notamment à L’Isle-sur-la-Sorgue, à Gordes et aux Beaumettes[111]. Ils détruisent aussi leurs dépôts d'essence comme au Pontet le 24 août, ou de munitions comme à Châteauneuf-du-Pape où le château est endommagé le 20 août[59],[60],[61],[107]. Le 25 août, la 3e division d’infanterie (3rd ID) américaine traverse à son tour la Durance vers Orgon et libère successivement Cavaillon, Avignon vers midi puis Carpentras en fin de journée[59],[61],[118],[119]. Ces libérations donnent lieu à une forte liesse populaire, avec l’accueil des soldats américains, puis dans les heures et jours suivants celui des unités françaises de la 1re division blindée[59],[60],[61]. Toutefois, ces célébrations sont aussi marquées par des épisodes d’épuration sauvage, durant lesquels des femmes accusées de « collaboration horizontale » sont tondues, et un nombre indéterminés d'hommes soupçonnés de collaboration sont exécutés lors de règlements de comptes[61]. Les Américains de la 3rd ID libèrent Orange le 26 août 1944, puis Valréas le lendemain 27 août, marquant ainsi en une semaine seulement la libération de l'ensemble du département[118],[120],[121]. Puis, une fois le temps de l'épuration légale venu avec le rétablissement de l'ordre républicain du GPRF, les collaborateurs, suspectés ou avérés, sont internés à partir de décembre 1944 au « Camp Poinsard », un « Centre de séjour surveillé » établi à Sorgues[122]: en tout, près de 400 personnes comparaissent en procès devant la cour de justice d'Avignon pour collaboration ou dénonciation, plusieurs sont condamnés ou marqués d'indignité nationale[76].

Communes décorées de la Croix de guerre

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Le monument aux morts de Gordes.

Communes décorées de la Croix de guerre 1939-1945 en Vaucluse par décret du [123]:

  • Apt - Croix de Guerre;
  • Avignon - Croix de Guerre avec citation à l'ordre de la division (étoile d'argent) au titre de « Ville Martyre »;
  • Cadenet - Croix de Guerre;
  • Gordes - Croix de guerre avec citation à l'ordre de la division (étoile d'argent);
  • Sault - Croix de guerre avec citation à l'ordre du corps d'armée (étoile de vermeil);
  • Valréas - Croix de Guerre.

L'après-guerre

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Développement du tourisme.

Années 1990 - L'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras fait beaucoup de bruit.

Le site nucléaire du Plateau d'Albion

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Avril 1965, en raison de sa faible densité humaine et de son sol, le plateau d'Albion est choisi pour l'implantation de silos nucléaires. Seuls 18 silos et 2 postes de conduite de tir (PCT) seront construits (restriction de budget) sur les 27 silos et 3 postes de conduite de tir initialement prévus (début 1966). base aérienne (BA200) nommée1reGMS (Groupement de Missiles Strategiques).

1971 - Fin des travaux

Septembre 1996, le Président Jacques Chirac annonce la fermeture et le démantèlement des installations d'Albion, en raison de l'évolution de la géostratégie européenne (chute du bloc de l'est) et du vieillissement des missiles trop coûteux en entretien et ne valant pas la peine d'être modernisés.

Plus de détails sur la page : Plateau d'Albion


1982 - lois de décentralisation (France). Suppression de la tutelle préfectorale. Le Président du Conseil général de Vaucluse détient le pouvoir exécutif et assure la préparation et la mise en œuvre du budget.

Le XXIe siècle

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2004 - Acte II de la décentralisation (France).

Sources

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  3. Texier, P.-J. et Francisco-Ortega, I. (1995) - « Main technological and typological characteristics of the lithic assemblage from level I at Bérigoule, Murs-Vaucluse, France », in: The definition and interpretation of Levallois technology, Dibble, H.L. et Bar-Yosef, O., (Éds.), Philadelphie, Monographs in World Archaeology no 23, Prehistory Press, p. 213-226.
  4. Richter, D., Mercier, N., Valladas, H., Jaubert, J., Texier, P.-J., Brugal, J.-Ph., Kervazo, B., Reyss, J.-L., Joron, J.-L. et Wagner, G.A. (2007) - « Thermoluminescence dating of heated flint from the Mousterian site of Bérigoule, Murs, Vaucluse, France », Journal of Archaeological Science, vol. 34, 4, p. 532-539.
  5. Texier, P.-J., Brugal, J-P., Lemorini, C. et Wilson, L. (1998) - « Fonction d'un site du Paléolithique moyen en marge d'un territoire : l'abri de La Combette (Bonnieux, Vaucluse) », in: Économie préhistorique : les comportements de subsistance au Paléolithique, Brugal, J-P., Meignen, L. et Patou-Mathis, M., (Éds.), Sophia-Antipolis, Éd. ADPCA, XVIIIèmes Rencontres Internationales d'Archéologie et d'Histoire d'Antibes, p. 325-348.
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  7. 1 2 La route de l'étain
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  9. Entre les communes du Roux et de Saint-Cirgues-en-Montagne, la route départementale D160 emprunte aujourd'hui le tunnel du Roux
  10. Jean Gagnepain, Préhistoire du Verdon : Alpes de Haute-Provence et Var, des origines à la conquête romaine, Édisud et Parc naturel du Verdon, Aix-en-Provence, 2002. (ISBN 2-7449-0347-7), p. 76.
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  13. Philippe Leveau, Le franchissement du Rhône par Hannibal : le chenal et la navigation fluviale à la fin de l'âge de fer, PUF, Revue archéologique, no 35, 2003, p. 25 à 50.
  14. (fr) Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXI, 32
  15. (fr) Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXI, 29
  16. les Armes de Lioux se blasonnent avec un éléphant pour rappeler le passage d'Hannibal
  17. Saltarelli 2000, p. 22.
  18. AOC muscat Beaumes-de-venise sur beaumesdevenise-aoc.fr
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  20. 1 2 3 Page de présentation du département
  21. Notice no PA00081964, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Voir la Collection complète des lois de 1788 à 1830, Volume 5, p.  358 (25 juin 1793. — Décret relatif à la formation d'un 87e département sous la dénomination de département de Vaucluse.) sur Google Livres
  23. Le district d'Avignon est d'abord rattaché aux Bouches-du-Rhône en 1791 avant de constituer le nouveau département du Vaucluse en 1793
  24. Le district de Carpentras est d'abord rattaché à la Drôme en 1791 avant d'intégrer le département du Vaucluse
  25. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 Archives municipales d’Avignon, « Avignon 14-18 - Exposition numérique des Archives d'Avignon », sur archives.avignon.fr, (consulté le )
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    « Il était naturellement beaucoup plus facile de cacher des Juifs dans le midi de la France que dans le ghetto d'Amsterdam par exemple. […] Il n'en reste pas moins qu'en 1943 ce furent les Alpes occupées par les Italiens qui offrirent le refuge refusé par Vichy. »
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    « […] Nice ne cessait d'accueillir des réfugiés juifs qui fuyaient le Nord de la France […] phénomène qui s'accentua encore avec l'occupation du Midi par les troupes italiennes, fin 1942. […] Il convient de souligner que les Italiens avaient une attitude de tolérance à l'égard des Juifs français. Paradoxalement ils se montraient plus libéraux à notre égard que les autorités de notre pays ne l'avaient été. Les Allemands […] ne tardèrent d'ailleurs pas à condamner la relative bienveillance des Italiens, mais en pure perte. De sorte que, jusqu'à l'été 1943, le Sud-Est de la France constitua un refuge pour les Juifs […]. Nice vit ainsi sa population s'accroître de près de trente mille habitants en quelques mois seulement. […] Après le chute de Mussolini, dans l'été 1943, les Italiens […] quittèrent la région. On entra dans la tragédie. Le 9 septembre 1943, la Gestapo débarquait en force à Nice, avant même les troupes allemandes. […] Les arrestations massives commencèrent aussitôt. Elles étaient conduites par Alois Brunner […] »
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Annexes

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Bibliographie

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  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique des communes du département de Vaucluse, Avignon, Seguin Ainé, (1re éd. 1857), 400 p. (lire en ligne)
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  • René Moulinas, « La composition et l'évolution du pays légal dans le Vaucluse, sous la Monarchie de Juillet », dans Provence historique, 1956, tome 6, fascicule 26, p. 55-83 (lire en ligne).
  • Yvonne Burgues, Les États provinciaux face à l’autorité pontificale dans Avignon et le Comtat Venaissin, Rencontres, no 34. 1961.
  • Aimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Aubanel, Avignon, 1965, .
  • Pierre Le Roy de Boiseaumarié, Histoire de l'appellation Côtes du Rhône, Éd. Reflets Méditerranées, Avignon, 1978.
  • René Pillorget, Les monnaies comtadines (XIVe – XVIIe siècle), Rencontres, no 118, 1980.
  • Henri Dubled, Histoire du Comtat Venaissin, Carpentras, 1981.
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  • René Moulinas, Histoire de la Révolution d'Avignon, Éd. Aubanel, Coll. Les gens du Sud, Avignon, 1986.
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  • Guy Jacquemont et Patrick Galant, Le Grand Livre des Côtes-du-Rhône, Éd. du Chêne, Paris, 1988.
  • Jacques Galas, sous la direction de, Les Carnets du Ventoux, Dossier : La Révolution dans le Comtat, p. 7 à 114, Éd. Alain Barthélemy, Avignon, juillet 1989.
  • Claude Arnoux, Maquis Ventoux, Résistance et répression en Provence pendant la IIe Guerre mondiale, Éd. Aubanel, Avignon, 1994.
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, Avignon, Éd. A. Barthélemy, (ISBN 2-87923-041-1).

Articles connexes

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Liens externes

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