Ours brun de la Stikine

sous-espèce de mammifère
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Ursus arctos stikeenensis

Ursus arctos stikeenensis
Description de cette image, également commentée ci-après
Un ours brun rôde à l'embouchure de la rivière Mussel, en Colombie-Britannique
0.050–0 Ma
Classification ITIS
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertébrés
Classe Mammifère
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Genre Ursus
Espèce Ursus arctos

Sous-espèce

Ursus arctos stikeenensis
C.H. Merriam, 1914

Statut de conservation UICN

(LC)(LC)
LC : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Aire de répartition de l'Ours brun de la Stikine (Ursus arctos stikeenensis) :
  • Présence actuelle
  • Présence historique (vers 1890–1910)

L'Ours brun de la Stikine (Ursus arctos stikeenensis) est une sous-espèce de l’Ours brun, un mammifère carnivore de la famille des Ursidés. Son aire de répartition s’étend le long de la côte Pacifique, du sud-est de l’Alaska jusqu’aux monts Siskiyou dans l'Oregon[1].

Dénominations

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Taxonomie

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Première description

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L'Ours brun de la Stikine a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1914 par le zoologiste américain Clinton Hart Merriam sous le nom binominal d'Ursus stikeenensis[5]. La localité type correspond au lac Tatletuey, situé près des sources de la rivière Skeena, dans le nord de la Colombie-Britannique au Canada[5],[6]. Le spécimen type (mâle adulte no 202794, collection du Biological Survey au musée national des États-Unis) a été collecté le 23 septembre 1913 par Charles R. Cross, Jr. et Edward Alexander Preble[5].

Dans la même publication, Merriam décrit également deux autres taxons étroitement apparentés issus de la même région géographique :

  • Ursus tahltanicus, collecté au ruisseau Klappan (affluent de la rivière Stikine) en Colombie-Britannique par G. Frederick Norton (spécimen type : mâle âgé no 179928)[7],[6] ;
  • Ursus pervagor, collecté au lac Pemberton (lac Lillooet) au bord de la bande côtière humide de Colombie-Britannique par John Fannin en mai 1883 (spécimen type : mâle adulte no 187887)[8],[6].

Merriam décrira par la suite d'autres formes de la région rattachées plus tard à cette sous-espèce : Ursus chelan (1916, comté de Chelan, Washington), Ursus hoots (1916, Clearwater Creek, Colombie-Britannique), Ursus kwakiutl (1916, Jervis Inlet, Colombie-Britannique), Ursus kwakiutl warburtoni (1916, rivière Atnarko, Colombie-Britannique), Ursus chelidonias (1918, Jervis Inlet, Colombie-Britannique), Ursus atnarko (1918, lac Lonesome, Colombie-Britannique) et Ursus crassodon (1918, Klappan Creek, Colombie-Britannique)[6].

Lors de la révision systématique des ours bruns nord-américains par E. Raymond Hall en 1984, l'ensemble de ces taxons décrits par Merriam dans la région côtière et intérieure de la Colombie-Britannique et des zones adjacentes ont été regroupés sous la sous-espèce unique Ursus arctos stikeenensis[6]. Hall relève notamment un témoignage du biologiste Ernest P. Walker expliquant la prolifération artificielle des taxons créés par Merriam : les négociants en fourrures et chasseurs autochtones indiquaient souvent à la demande les localités voulues (comme l'île de l'Amirauté ou le continent) pour vendre leurs crânes, introduisant d'importants biais géographiques dans l'échantillonnage de Merriam[6].

Sur le plan morphologique et géographique, Hall compare U. a. stikeenensis à trois autres sous-espèces adjacentes : le grizzly de Californie (Ursus arctos californicus) au sud, le grizzly continental (Ursus arctos horribilis) à l'est et l'Ours brun de Sitka (Ursus arctos sitkensis) sur la côte nord-ouest[6].

Phylogénie et évolution

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L'Ours brun de la Stikine désigne les populations d'ours bruns inféodées aux vallées intérieures et aux bassins forestiers drainés par le fleuve Stikine, à la frontière entre le nord de la Colombie-Britannique et le sud-est de l'Alaska. Sur le plan de la génétique mitochondriale, cette population continentale s'intègre au Clade 4 (parfois désigné sous le terme de clade continental nord-américain)[9][10].

Les études phylogéographiques mondiales fondées sur le séquençage complet de l'ADN mitochondrial montrent que le Clade 4 rassemble les différentes formes continentales de grizzlis nord-américains (Canada, États-Unis contigus et Mexique) ainsi que la lignée méridionale de l'ours brun d'Ézo sur l'île d'Hokkaidō au Japon[11][10]. Cette proximité témoigne d'une dispersion commune à travers le pont terrestre de la Béringie au cours du Pléistocène supérieur, isolant nettement ces ours des populations côtières et insulaires d'Alaska appartenant au Clade 2a (îles ABC) ou au Clade 3a1 (péninsule d'Alaska et île Kodiak)[9][10] :

Ursus arctos
Clade VI / Lignée d'Afrique du Nord

U. a. crowtheri (Ours de l'Atlas (grottes de Takouatz & El-Ksiba))


Lignée himalayenne & d'Asie centrale basale

U. a. isabellinus (Ours brun Isabelle)



U. a. gobiensis (Ours de Gobi)




Lignée occidentale
Clade 1 (Europe occidentale & méridionale)

U. a. pyrenaicus (Ours brun des Asturies)



U. a. marsicanus (Ours brun Marsicain)



U. a. crowtheri (Ours de l'Atlas (population nord-africaine récente d'Akouker)



Clade 2 (Océanique & côtier nord-américain)
Clade 2a

U. a. sitkensis (Ours brun de Sitka)


Clade 2b

Ursus maritimus (Ours blanc — intra-clade mitochondrial)




Lignée orientale
Clade 5 (Plateau tibétain)

U. a. pruinosus (Ours bleu du Tibet)



Clade 4 (Amérique du Nord continentale & Sud d'Hokkaidō)

U. a. horribilis (Grizzli)



U. a. californicus (Grizzly de Californie)



U. a. nelsoni (Grizzly du Mexique)



U. a. dalli (Ours brun de l'île Dall)



U. a. stikeenensis (Ours brun de la Stikine)



U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée du sud d'Hokkaidō))



Clade 3 (Nord de l'Eurasie, Béringie & Est/Centre d'Hokkaidō)
Clade 3a (Eurasie, Béringie, Proche-Orient & Centre d'Hokkaidō)
Clade 3a1

U. a. arctos (Ours brun d'Eurasie (populations du Nord/Est))



U. a. collaris (Ours brun de Sibérie orientale)



U. a. alascensis (Ours brun d'Alaska)



U. a. middendorffi (Ours kodiak)



U. a. gyas (Ours brun de la péninsule)



U. a. syriacus (Ours brun de Syrie)



Clade 3a2

U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée du centre d'Hokkaidō))



Clade 3b (Extrême-Orient, Kouriles & Est d'Hokkaidō)

U. a. beringianus (Ours brun du Kamtchatka)



U. a. lasiotus (Ours brun de l'Oussouri (Souche continentale & des îles Kouriles)



U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée de l'est d'Hokkaidō))








Description

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Un adulte mâle pèse entre 135 kg, et 390 kg, et une femelle adulte entre 95 kg et 205 kg. Son envergure aux épaules est comprise entre 90 cm et 110 cm et leur taille varie en fonction de leur nutrition[12].

Le crâne de l'ours brun de la Stikine est en moyenne plus petit que celui d'autres espèces similaires, comme l'Ours brun de Sitka ou encore le grizzly de Californie, aujourd'hui disparu[1].

L'animal présente des conformations similaires à celles des autres sous-espèces d’ours bruns, de longues griffes sur les pattes antérieures antérieures, la bosse distinctive sur les épaules, ainsi que le pelage brun, avec différentes nuances allant du beige au noirâtre[1].


Répartition géographique

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Aire de répartition d'Ursus arctos stikeenensis :
  • Présence actuelle
  • Présence historique (vers 1890–1910)

Distribution générale

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L'Ours brun de la Stikine est originaire de l'Ouest du Canada, principalement dans l'Ouest de la Colombie-Britannique ainsi qu'en bordure de l'Alberta[6],[13]. Historiquement, son aire de répartition s'étendait également vers le sud dans le Nord-Ouest des États-Unis, occupant l'Ouest de l'État de Washington et l'Oregon où la sous-espèce est aujourd'hui considérée comme éteinte ou disparue[6],[13].

Localités et enregistrements marginaux

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D'après la révision systématique et cartographique menée par E. Raymond Hall en 1984, plusieurs enregistrements marginaux documentent les limites historiques et géographiques de l'aire de distribution[6]. En Colombie-Britannique, la présence de l'animal est attestée le long de la rivière Dease dans la chaîne Cassiar, au lac Tatletuey près des sources de la rivière Skeena, aux lac et rivière Bear, au lac Tacla, à Big Creek dans la région de Cariboo, à Kamloops, sur la rivière Nass, dans le secteur de Groundhog Basin à environ 8 miles au sud de l'embouchure de la Stikine, le long du cours et du bassin du fleuve Stikine à 1 et 50 miles de la frontière, sur la rivière Shesley à 45 miles au nord de Telegraph Creek, sur la rivière Taku et le ruisseau Zohini au nord-est de Tulsequah, ainsi qu'au lac Tagish à Ben My Chree et dans les environs d'Atlin[6]. En Alaska, des mentions marginales existent pour la baie Burroughs près du fleuve Unuk et pour le canal Bradfield[6]. Aux États-Unis continentaux, les relevés incluent le col Holman le long du ruisseau Holman et de la rivière Pasayton ainsi que le comté de Chelan dans la forêt nationale de Wenatchee, complétés par une présence côtière historique continue présumée de l'Oregon jusqu'en Colombie-Britannique[6]. L'espèce est enfin marginalement documentée dans l'extrême Ouest de l'Alberta limitrophe[6].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 Hall, « Geographic variation among brown and grizzly bears (Ursus arctos) in North America », Special Publication of the Museum of Natural History, University of Kansas, vol. 13, , p. 1–16 (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  5. 1 2 3 Merriam 1914, p. 178
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Hall, « Geographic variation among brown and grizzly bears (Ursus arctos) in North America », Special Publication of the Museum of Natural History, University of Kansas, vol. 13, , p. 1–16 (lire en ligne)
  7. Merriam 1914, p. 181
  8. Merriam 1914, p. 186
  9. 1 2 (en) Lisette P. Waits, Sandra L. Talbot, R. H. Ward et Gerald F. Shields, « Mitochondrial DNA Phylogeography of the North American Brown Bear and Implications for Conservation », Conservation Biology, vol. 12, no 2, , p. 408–417 (DOI 10.1046/j.1523-1739.1998.96351.x)
  10. 1 2 3 (en) Daisuke Hirata, Tsutomu Mano, Alexei V. Abramov, Gennady F. Baryshnikov, Pavel A. Kosintsev, Alexandr A. Vorobiev, Evgeny G. Raichev, Hiroshi Tsunoda, Yayoi Kaneko, Koichi Murata, Daisuke Fukui et Ryuichi Masuda, « Molecular Phylogeography of the Brown Bear (Ursus arctos) in Northeastern Asia Based on Analyses of Complete Mitochondrial DNA Sequences », Molecular Biology and Evolution, vol. 30, no 7, , p. 1644–1652 (DOI 10.1093/molbev/mst077)
  11. Tamako Matsuhashi, Ryuichi Masuda, Tsutomu Mano, Koichi Murata et Awirmed Aiurzaniin, « Phylogenetic Relationships among Worldwide Populations of the Brown Bear Ursus arctos », Zoological Science, vol. 18, no 8, , p. 1137–1143 (DOI 10.2108/zsj.18.1137, lire en ligne)
  12. (en-GB) « Stickeen brown bear », Bear Conservation (consulté le )
  13. 1 2 (en) « Ursus arctos stikeenensis Merriam 1914 », American Museum of Natural History (AMW), sur treatment.plazi.org, Plazi (consulté le )

Bibliographie

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Document original

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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