Grizzly de Californie
Ursus arctos californicus
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EX : Éteint
Le Grizzly de Californie (Ursus arctos californicus) est une sous-espèce éteinte de l’Ours brun, un mammifère carnivore de la famille des Ursidés.
Décrit scientifiquement en 1896 par le zoologiste Clinton Hart Merriam d'après des crânes côtiers, il présentait un crâne plus long et des dents plus développées que les formes voisines du sud-ouest nord-américain. Souvent dépeint dans les chroniques pionnières comme un colosse légendaire dépassant 450 kg, les analyses biométriques muséales modernes indiquent une corpulence moyenne comprise entre 100 et 250 kg, comparable aux autres populations de grizzlis continentaux. Sa toison, réputée pour ses reflets brun doré, lui a valu le surnom d'« ours doré de Californie » (en anglais : California golden bear). Les données génomiques récentes le rattachent au clade des grizzlis des États-Unis contigus, montrant une étroite proximité avec la population du parc national de Yellowstone, dont il a divergé il y a environ 10 000 ans.
Autrefois abondant à travers une grande variété de milieux californiens, notamment le chaparral, les chênaies et les vallées littorales, cet ours omnivore et opportuniste exploitait aussi bien les glands et les baies que les saumons ou les carcasses marines. Son aire a été bouleversée par l'expansion pastorale hispano-mexicaine puis américaine : d'abord attiré par le bétail, il a été intensément combattu par les éleveurs au moyen de pièges, d'empoisonnements à la strychnine et de battues tarifées, tout en étant capturé pour des combats de foire face à des taureaux. Persécuté sans relâche après la ruée vers l'or, le dernier spécimen chassé a été abattu en 1922, et la toute dernière observation confirmée remonte à 1924 dans le parc national de Sequoia. Devenu un puissant symbole culturel, il figure au centre du drapeau de la Californie, orne le sceau de l'État et sert d'emblème à plusieurs universités majeures.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Ursus arctos californicus (Merriam, 1896) selon ITIS ()[1] ;
- Synonymes :
- Ursus horribilis californicus C. H. Merriam, 1896 (Protonyme) [2] [3] [4]
- Ursus colusus C. H. Merriam, 1914 [2] [3] [4]
- Ursus henshawi C. H. Merriam, 1914 [2] [3] [4]
- Ursus klamathensis C. H. Merriam, 1914 [2] [3] [4]
- Ursus magister C. H. Merriam, 1914 [2] [3] [4]
- Ursus californicus tularensis C. H. Merriam, 1914 [2] [3] [4]
- Ursus mendocinensis C. H. Merriam, 1916 [2] [3] [4]
- Ursus californicus G. S. Miller, 1924 [2]
- Ursus tularensis G. S. Miller, 1924 [2]
- Ursus arctos californicus Wozencraft, 2005 [2]
- Nom normalisé anglais : California grizzly bear ;
- Nom vulgaire typique en français : Grizzly de Californie ;
- Noms vernaculaires : Grizzly (parfois orthographié Grizzli), Ours brun, Ours.
Taxonomie
modifierLe Grizzly de Californie a été décrit scientifiquement en 1896 par le zoologiste américain Clinton Hart Merriam comme une sous-espèce distincte sous le nom de Ursus horribilis californicus[5]. La description repose sur l'examen de crânes provenant de la côte et du sud de la Californie, en particulier des spécimens collectés à Monterey et à l'ancien Fort Tejon[5]. Dès sa diagnose originale, Merriam alertait déjà sur la situation précaire de ce grand ours, soulignant qu'il approche alors rapidement de l'extinction[5]. Dans son étude morphologique et comparative, Merriam isole le taxon californien de celui de l’Ours de la Sonora (Ursus horribilis var. horriaeus) : l'animal est plus grand, son crâne est en moyenne plus long et sa denture se compose de dents de dimensions supérieures[5]. Sur le plan craniométrique, la longueur basilaire moyenne de six crânes de Monterey et de Fort Tejon atteint 336 mm, contre seulement 310 mm chez deux mâles adultes du Nouveau-Mexique et 316 mm chez quatre grizzlys mâles adultes des montagnes Rocheuses septentrionales[5]. Bien qu'il n'ait pas pu comparer directement les peaux, Merriam rapporte les observations de Spencer Fullerton Baird : le pelage du grizzly de Californie présente des bandes ou des rayures de couleur absentes chez la forme du Sonora, et ses oreilles sont deux fois plus longues que la queue, alors qu'elles sont courtes et de longueur équivalente chez la forme de Sonora[5].
En 1953, le chercheur Robert L. Rausch déclare : « Le statut spécifique des ours bruns nord-américains (ou grizzlis) constitue l'un des problèmes les plus complexes de la taxonomie des mammifères. La difficulté découle directement des travaux de Merriam (1918), qui a conclu à l'existence de 86 formes de grizzlis (et d'ours bruns) en Amérique du Nord »[6].
Phylogénie et évolution
modifierLes ours bruns nord-américains ont d'abord été regroupés sur le plan taxonomique en tant qu'espèces distinctes des autres ours, jusqu'à ce que des analyses ADN ne révèlent qu'ils devaient être rattachés à la même espèce que les autres ours bruns[7]. Les grizzlis vivant en Californie avaient été classés par Merriam en un grand nombre de sous-espèces[8],[9]. Au fil du temps, celles-ci ont toutes été mises en synonymie sous une seule et même sous-espèce, Ursus arctos californicus[10]. Une étude fondée sur l'ADN mitochondrial suggère que le seul ensemble de grizzlis présentant une anomalie génétique est celui de l'ours brun de Sitka, ce qui implique que les désignations antérieures de sous-espèces de grizzlis ne sont pas justifiées[7]. Cependant, aucune synonymie taxonomique formelle n'a été établie, et l'introgression mitochondriale est reconnue comme une problématique fréquente chez les ours bruns[11],[12]. Dans l'attente de résolutions taxonomiques plus approfondies, la sous-espèce est provisoirement admise comme distincte[12],[13].
Une étude génomique récente a positionné le grizzly de Californie au sein d'un clade de grizzlis présent dans les États-Unis contigus. La population de grizzlis du parc national de Yellowstone a été identifiée comme la plus étroitement apparentée au grizzly de Californie, avec une divergence de la population californienne survenue il y a environ 10 000 ans[13]. Les plus anciens vestiges fossiles de grizzlis en Californie ont été découverts dans les La Brea Tar Pits[14],[15],[16]. Ce spécimen fossile, pesant aux alentours de 455 kg[17], remonte à l'étage Groenlandien, il y a plus de 7 500 ans[12].
Au niveau phylogéographique global, le Grizzly de Californie (†Ursus arctos californicus) s'inscrit au sein du Clade 4, qui rassemble les populations continentales d'ours bruns nord-américains (Canada, Rocheuses, Californie et Mexique) ainsi que la lignée méridionale de l'ours brun d'Ézo à Hokkaidō[18],[19] :
| Ursus arctos |
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Description
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Historiquement, le grizzly de Californie était considéré comme un ours de taille gigantesque. Le père Pedro Font, l'un des premiers missionnaires espagnols, décrivit ainsi les grizzlis locaux : « Il était horrible, féroce, grand et gras »[20]. Au cours du XIXe siècle, de multiples récits parus dans les journaux mentionnaient des ours pesant bien plus d’environ 450 kg ; la patte postérieure d'un mâle adulte en particulier mesurait environ 30 cm sur environ 20 cm de large et les griffes atteignaient fréquemment environ 5 cm de large pour 9 cm de long[21]. Cependant, les mensurations effectuées sur les spécimens de musée démontrent que cet ours n'était pas plus grand que ceux présents dans le reste de l'Amérique du Nord, les estimations de sa masse corporelle moyenne oscillant entre 104 et 252 kg selon les méthodes d'analyse employées[12].
La fourrure du grizzly de Californie a souvent été décrite comme étant brun doré[22], ce qui lui a valu l'appellation occasionnelle d'« ours doré de Californie » (California golden bear). L'individu captif « Monarch » présentait en revanche une livrée brun foncé, presque noire[23],[24].
Distribution et habitat
modifierAvant la colonisation espagnole durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, on estime que 10 000 grizzlis vivaient sur le territoire de l'actuelle Californie[25],[26]. On pense que ces ours occupaient la quasi-totalité de l'État, à l'exception de ses extrémités sud-est et nord-est[27],[28]. Les mentions les plus méridionales attribuées à cette sous-espèce proviennent vraisemblablement de la Sierra de Juárez, au cours du XVIIIe siècle[27]. L'ours était particulièrement abondant dans le chaparral, les chênaies et les forêts de feuillus[27].
Comportement et régime alimentaire
modifierLe régime alimentaire du grizzly de Californie était diversifié, comprenant aussi bien des ressources végétales comme des graminées, des graines, des baies et des glands, que des proies et autres aliments d'origine animale tels que le wapiti, les odocoïlées, les saumon, la truite arc-en-ciel anadrome et les charognes[29],[30],[20]. L'analyse isotopique indique que l'essentiel de sa nourriture était constitué de matières végétales, à l'instar des autres populations de grizzlis[12]. Des témoignages historiques d'explorateurs espagnols rapportent également des cas de grizzlis de Californie se nourrissant de carcasses de baleines échouées sur le littoral[27],[31]. Après l'introduction du bétail européen, les ours ont progressivement incorporé les bovins à leur régime alimentaire[12]. Le grizzly de Californie menait une existence principalement solitaire, à l'exception des mères accompagnées de leurs oursons, bien que des regroupements opportunistes d'alimentation comptant jusqu'à 40 individus aient été documentés[29],[32].
Relations avec l'être humain
modifierContacts avec les colons
modifierLa première observation documentée d'un grizzly en Californie a lieu en 1603, lorsqu'un explorateur espagnol relate, près de Monterey, comment des ours descendaient sur le rivage pour se repaître d'une carcasse de baleine échouée. Ces écrits n'ayant fait l'objet que d'une très faible diffusion, l'existence des grizzlis en Californie demeure largement méconnue des Européens jusqu'au XVIIIe siècle[27].
Les premières rencontres largement documentées entre les colons ouest-européens et le grizzly de Californie figurent dans les journaux de bord de plusieurs membres de l'expédition Portolá de 1769, première exploration terrestre européenne de l'actuel État de Californie. Plusieurs toponymes intégrant le terme espagnol désignant l'ours (oso) trouvent leur origine dans cette première expédition terrestre (par exemple Los Osos). À mesure que la frontière de colonisation de la Nouvelle-Espagne s'étend vers le nord, les colons s'implantent en Californie et développent de grands troupeaux de bovins, qui constituent l'activité économique dominante. Ce bétail représente une proie facile pour ces ours au régime omnivore et opportuniste répartis sur l'ensemble du territoire. En conséquence, les populations de grizzlis augmentent à proximité des établissements humains[27]. En s'attaquant à leurs moyens de subsistance et en suscitant la crainte, les grizzlis deviennent les ennemis jurés des éleveurs (les rancheros). Les vaqueros les chassent, souvent en les capturant vivants au lasso afin de les opposer à d'autres animaux lors de combats[27].
En 1866, un grizzly dont le poids aurait atteint jusqu'à 998 kg est abattu sur le site de l'actuelle localité de Valley Center, dans le centre-nord du comté de San Diego. Cet événement est rapporté en 1932 par Catherine E. Lovett Smith, qui a assisté à la mort de l'animal dans le ranch familial alors qu'elle n'avait que six ans. Si ces mensurations s'avèrent exactes, cet individu constituerait le plus grand ours jamais recensé en Californie et l'un des plus massifs spécimens d'ursidés jamais enregistrés (d'autres sources corroborent le récit de Lovett Smith, mais divergent quant au poids réel de l'animal). Ce témoignage fait partie intégrante de la mémoire orale de « Bear Valley », nom originel de Valley Center[26]. Cet ours était également très présent dans la région côtière de Big Sur. Frank Post, né en 1859 au ranch Soberanes à Big Sur, se souvenait de la période où sa famille vivait le long de Soberanes Creek pendant la guerre de Sécession, évoquant les « grands ours de Sur » (Great Sur Bears)[20]. Occupant la majorité de l'État, aussi bien dans les terres que sur le littoral, il est probable que l'aire de répartition la plus méridionale du grizzly de Californie ait chevauché celle du Grizzly mexicain (Ursus arctos nelsoni), aujourd'hui lui aussi éteint.
Extinction
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À la fin des années 1700, les éleveurs espagnols confectionnent des appâts empoisonnés faits de suif ou d'entrailles de porc farcis d'une dose mortelle de strychnine, qu'ils suspendent aux branches d'arbres afin qu'ils soient accessibles aux ours mais hors de portée des chiens et des enfants[20],[33]. Les colons mexicains capturent quant à eux les ours pour approvisionner les arènes de combats opposant ours et taureaux, et revendent leurs peaux aux navires marchands pour une somme de 6 à 10 pesos. Bear Trap Canyon, près de Bixby Creek, constitue l'un de leurs sites de piégeage de prédilection le long du littoral central de la Californie[34],[35]. Les dépouilles de ces ours sont même transformées en mobilier, à l'instar d'un fauteuil d'apparat offert au président Andrew Johnson en 1865[36],[37].
Les combats d'animaux, appelés bear-baiting, deviennent des spectacles très populaires dans la Californie du XIXe siècle[38]. Les affrontements sanglants opposant des ours à des taureaux[27] suscitent de nombreux paris quant à l'issue du duel. Une légende urbaine tenace, mais étymologiquement infondée[39], attribue la terminologie boursière moderne des marchés « baissier » (bear market) et « haussier » (bull market) au célèbre journaliste du XIXe siècle Horace Greeley. Alors qu'il visitait la région, Greeley aurait assisté à l'un de ces combats et forgé la métaphore boursière d'après le style d'attaque des bêtes : le coup de patte de l'ours porté de haut en bas, et le coup de cornes du taureau asséné de bas en haut. En réalité, l'origine de cette expression financière précède le voyage de Greeley en Californie en 1859[40], bien que le mythe liant cette genèse à la Californie persiste.

Le journal The Monterey County Herald rapporte le :
« Lundi dernier, le capitaine A. Smith, résidant à une quinzaine de kilomètres de la ville, dans la vallée de Carmel, est parvenu à empoisonner un grand grizzly. L'ours tourmentait le voisinage depuis plusieurs années en s'attaquant au bétail, et tous les efforts déployés pour l'exterminer avaient semblé vains. D'une façon ou d'une autre, il a néanmoins fini par goûter au « breuvage fatal » que le capitaine avait préparé à son intention. Il y a peu de chances qu'il réitère l'expérience[20]. »
Au début et au milieu du XIXe siècle, le bétail des grands domaines d'élevage apporte une manne alimentaire considérable aux ours, permettant à la population de prédateurs de croître rapidement. Cependant, les effectifs du cheptel bovin s'effondrent à la suite d'épisodes extrêmes de sécheresses et d'inondations dans les années 1860 et 1870, entraînant une diminution corrélative du nombre de grizzlis[41]. Cette raréfaction coïncide avec un engouement croissant pour la chasse à l'ours, menée tant à des fins sportives que commerciales. La viande de grizzly devient alors courante sur les menus des restaurants du secteur de la vallée de San Gabriel ; selon l'historien Mike Davis, « les pattes d'ours adultes et la chair des jeunes oursons étaient considérées comme des mets de choix »[41].
Les colons européens financent des primes à l'abattage pour traquer les spécimens prédateurs d'animaux d'élevage jusqu'au début du XXe siècle[42],[43]. Absolom (Rocky) Beasley traque les grizzlis à travers la chaîne Santa Lucia et revendique la prise de 139 ours au cours de sa vie[44]. Le célèbre « coureur des bois » (mountain man) de Californie Seth Kinman affirme en avoir tué plus de 800 en l'espace de vingt ans sur le territoire de l'actuel comté de Humboldt. En Californie du Sud, un prospecteur nommé William F. Holcomb (surnommé « Grizzly Bill ») s'est particulièrement illustré en traquant le grand fauve dans ce qui forme aujourd'hui le comté de San Bernardino.
En septembre 1897, dans les montagnes situées entre Inwood et le pic Lassen (dans le comté de Shasta), un jeune homme de 21 ans, Elias Weigart, et son chien se retrouvent face à un immense grizzly dont l'empreinte avant mesure 28 cm et la trace arrière 48 cm. L'ours succombe après que Weigart a vidé son fusil Winchester de calibre .38-55 sur l'animal à bout portant[45].
En 1920, la région de Shuteye Peak dans le comté de Madera abrite l'un des ultimes rescapés, surnommé « Two Toes » (« Deux-Doigts »), qui avait perdu une partie de sa patte avant dans un piège et déjouait la surveillance des chasseurs depuis de nombreuses années[46],[47].
Le dernier grizzly chassé en Californie est abattu dans le comté de Tulare en , bien qu'aucune dépouille, squelette ou fourrure n'ait été conservé. Moins de 75 ans après la découverte des premiers filons d'or en 1848, la quasi-totalité des grizzlis de l'État a été traquée et exterminée. En 1924, ce qui semble être un individu isolé est observé dans le parc national de Sequoia pour la toute dernière fois ; plus aucun grizzly sauvage n'a été aperçu en Californie par la suite[26],[48],[32],[49].
Projets de réintroduction
modifierLe soutien en faveur d'une réintroduction du grizzly au sein de l'État suscite un intérêt grandissant[50]. Bien que la Californie héberge l'une des plus denses populations d'ours noirs du pays, elle possède toujours des habitats naturels susceptibles d'accueillir environ 500 individus ; les défenseurs du projet estiment par ailleurs que le retour d'un grand carnassier dominant pourrait réguler la surpopulation d'ours noirs, une espèce fréquemment impliquée dans des conflits de voisinage lorsqu'elle s'approche des zones résidentielles en quête de nourriture ou d'ordures ménagères[25]. En 2014, le Service de la pêche et de la faune sauvage des États-Unis reçoit une pétition demandant la réintroduction du grizzly en Californie, démarche qu'il rejette[51],[52]. En 2015, le Center for Biological Diversity transmet une initiative similaire aux législateurs de l'État[53],[54],[55].
Dans la perspective du centenaire de 2024 commémorant la dernière observation d'un ours sauvage dans l'État, un consortium réunissant des scientifiques affiliés au Research Network, des dirigeants de tribus amérindiennes locales et des ONG environnementales donne naissance à la « California Grizzly Alliance »[56].
En dépit de ces démarches, l'idée d'un retour du prédateur demeure très controversée. Les détracteurs soulignent les risques d'attaques physiques corporelles, potentiellement mortelles pour les humains. Les opposants refusant toute augmentation du danger pour la sécurité publique considèrent qu'une telle réintroduction ferait peser une menace inacceptable, quel que soit le niveau réel de risque statistique calculé[50].
Symbolisme
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Le grizzly de Californie constitue l'un des emblèmes historiques les plus familiers et pérennes de l'État, figurant à la fois sur son drapeau et sur son sceau officiel. Le drapeau à l'ours (Bear Flag) a flotté pour la première fois en 1846 en tant qu'insigne de la brève République de Californie. Une seconde mouture a été formellement officialisée comme drapeau de l'État par l'Assemblée législative en 1911[57]. La silhouette du mammifère a été intégrée au grand sceau officiel de la Californie dès 1849[58]. L'animal est devenu officiellement l'animal symbole de l'État en 1953[59],[60]. Le grizzly sert également de mascotte et d'identité visuelle aux clubs sportifs de l'Université de Californie à Berkeley (les Golden Bears de Californie), de l'Université de Californie à Los Angeles (les Bruins d'UCLA) et de l'Université de Californie à Riverside (les Highlanders de l'UC Riverside). Le navire-école de la California Maritime Academy est en outre baptisé TS Golden Bear.
Le toponyme « Yosemite » découle très probablement du vocable désignant le grizzly en langue autochtone ahwahneechee (« Oo-soo-mah-ty » ou « Yo-hem-ah-ty »)[61]. James M. Hutchings, promoteur du tourisme dans le secteur du parc national de Yosemite, a par ailleurs baptisé le grand séquoia géant Grizzly Giant[62] afin d'évoquer la carrure colossale, la force et la fière indépendance incarnées par le grand ours californien[63].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « California grizzly bear » (voir la liste des auteurs).
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- ↑ (en) Richard J. Hartesveldt, Yosemite Valley Place Names, (lire en ligne)
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- ↑ (en) James M. Hutchings, « The Berenda Route to Yo Semite », dans In the Heart of the Sierras, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- [Merriam 1896] (en) Clinton Hart Merriam, « Preliminary Synopsis of the American Bears », Proceedings of the Biological Society of Washington, Washington, vol. 10, , p. 65-83 (ISSN 0006-324X, OCLC 1536434, lire en ligne).

Liens externes
modifier- Ressources relatives au vivant :
- (en) Catalogue of Life : Ursus arctos californicus Merriam, 1896
- (fr + en) EOL : Ursus arctos californicus Merriam, 1896
- (fr + en) GBIF : Ursus arctos californicus Merriam, 1896
- (fr + en) ITIS : Ursus arctos californicus Merriam, 1896
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Ursus arctos californicus Merriam, 1896