Ours brun des Asturies

population d’ours bruns
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L’Ours brun des Pyrénées ou des Asturies, aujourd’hui plus communément désigné sous le nom d’Ours brun cantabrique, est une population indigène d'ours bruns d'Eurasie (Ursus arctos arctos), une sous-espèce de mammifères de l'ordre des carnivores et de la famille des ursidés. Ces ours bruns, autrefois largement répandus dans la péninsule Ibérique, ont connu une diminution drastique de leurs effectifs aboutissant à la disparition de la souche indigène des Pyrénées, où la population actuelle résulte de réintroductions d'individus originaires de Slovénie.

Ours brun des Pyrénées et des Asturies
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Ours brun des Asturies au parc naturel de Cabárceno, en Espagne.
0.140–0 Ma
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Genre Ursus
Espèce Ursus arctos
Sous-espèce Ursus arctos arctos

Sous-espèce

Ursus arctos pyrenaicus (Fischer, 1829) obsolète

Statut de conservation UICN

( EN )( EN )
EN  : En danger

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de répartition des populations vivantes

Synonymes

Dénomination

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  • Nom normalisé anglais : Cantabrian brown bear ;
  • Noms vulgaires typiques en français : Ours brun des Pyrénées[4], Ours brun Cantabrique ;
  • Autres noms vulgaires : Ours brun des Asturies, Ours des Pyrénées[5], Ours des Asturies[5],[4], Ours doré[5] ;
  • Noms vernaculaires : Ours brun, Ours.

En espagnol, cette forme est appelée oso pardo cantábrico (ou simplement oso pardo). Les différentes langues et dialectes de la péninsule Ibérique possèdent également leurs propres désignations vernaculaires : en asturien, l'adulte est nommé osu et l'ourson esbardo (ou osino) ; en galicien, il porte le nom d'urso ; en aragonais, il est désigné sous le terme d'onso ; en catalan, sous celui d'os ; et en basque, sous l'appellation d'artz[3].

Taxonomie

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Illustration d’un petit Ours femelle des Asturies dans Histoire naturelle des mammifères (1824).

L'Ours des Pyrénées et des Asturies a été décrit en septembre 1824 par le naturaliste français Frédéric Cuvier (dans l'ouvrage monumental codirigé avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire) sous le nom en français d'« Ours des Asturies »[4]. Cuvier s'appuie sur l'examen d'un individu vivant capturé dans les montagnes des Asturies, acheminé en France par le général Huber puis offert à la ménagerie royale du Jardin des plantes[4]. Dans son analyse, Cuvier indique que cette population se distingue nettement par les variations du pelage liées à l'âge : alors que l'adulte est uniformément brun sombre, les petits présentent de manière constante une robe d'un beige jaunâtre sur le corps, avec un ton plus foncé sur la tête et des membres noirs, dont seule l'extrémité des poils est plus claire[4]. Il observe que ce caractère de pelage juvénile est commun aux ours de la péninsule Ibérique et des Pyrénées, et suggère expressément en conclusion que si cette forme pyrénéenne venait à être formellement reconnue comme une espèce distincte, elle pourrait recevoir une dénomination latine dérivée du nom de ces montagnes[4], préfigurant ainsi les combinaisons latines ultérieures telles que Ursus Pyreniacus par John Edward Gray en 1825, puis Ursus pyrænaicus par René Primevère Lesson en 1827. Le nom binominal formellement valide est donné en 1829 par le naturaliste Johann Baptist Fischer sous le taxon d'Ursus pyrenaicus, reprenant la localité type des « Asturies, Espagne » de Cuvier[6],[7].

Les spécialistes des ursidés continuent de débattre de la classification scientifique des ours, dont huit espèces sont actuellement reconnues, bien que certains auteurs identifient un plus grand nombre de sous-espèces. Au début du XXe siècle, Cabrera (1914) considérait l'ours brun cantabrique comme une sous-espèce distincte de l'ours brun d'Eurasie (U. a. arctos) et l'a classé sous le nom trinomial d'Ursus arctos pyrenaicus (Fischer, 1829), le caractérisant par la nuance beige ou jaunâtre à la pointe des poils et par des pattes sombres[3].

Évolution

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Lithographie d'un ours brun cantabrique (Ursus arctos pyrenaicus), Musée national des sciences naturelles, également présente dans l’ouvrage Fauna Ibérica : Mamíferos, 1914.

À la suite de révisions systématiques ultérieures, l'ours brun cantabrique a perdu son statut taxonomique autonome : il n'est plus considéré comme une sous-espèce valide (synonyme junior), mais plutôt comme une population régionale au sein d'Ursus arctos arctos[8].

Considéré comme originaire d'Asie, l'ours brun (Ursus arctos, L. 1758) s'est répandu à travers l'hémisphère Nord, colonisant une grande partie de la masse continentale eurasienne ainsi que l'Amérique du Nord[9],[10],[11].

Les analyses en phylogénie moléculaire et sur l'ADN mitochondrial confirment une très grande proximité génétique globale parmi les ours bruns européens et indiquent que les populations se divisent principalement en deux lignées continentales majeures[12],[13] : la première regroupe les populations du sud de la Scandinavie, des Pyrénées et de la cordillère Cantabrique, faisant des ours du sud de la Suède les parents actuels les plus proches de cette population ; la seconde rassemble les populations des Alpes du Sud, des Apennins, des Alpes dinariques, des monts Rila, des monts Rhodopes et du Grand Balkan (Stara Planina). L'ours brun des Pyrénées et des Asturies s'inscrit au sein de ce type occidental, la progression géographique de l'espèce ayant été canalisée lors des glaciations du Pléistocène par les barrières formées par les calottes glaciaires des Alpes et des Balkans, orientant les flux migratoires vers le nord-est d'une part, et vers le sud-ouest d'autre part. À la suite de la recolonisation post-glaciaire consécutive au dernier maximum glaciaire, la séparation génétique entre la population cantabrique et le reste des ours bruns ne s'est produite qu'après le premier tiers de l'Holocène, il y a environ 8 000 ans, et les divergences génétiques demeurent extrêmement faibles[13],[12]. Les premières analyses de l'ours des Pyrénées et des Asturies avaient mis en évidence ces particularités au sein de la lignée occidentale[14], classée sous l'appellation de Clade 1 (ou Clade V)[15],[16] ; plus récemment, les études paléogénomiques ont confirmé une stricte identité haplotypique entre ces ours dorés et des restes historiques d'Afrique du Nord (grotte d'Akouker), suggérant un franchissement maritime ou une introduction tardive à travers le détroit de Gibraltar[17].

Phylogénie

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Phylogénie des clades mitochondriaux et des sous-espèces d'Ours brun (Ursus arctos) basée sur les études phylogéographiques et mitogénomiques mondiales (notamment Matsuhashi et al., 2001[18], Calvignac et al., 2008[17], Hirata et al., 2013[16] et Lan et al., 2017[19]) :

Ursus arctos
Clade VI / Lignée d'Afrique du Nord

U. a. crowtheri (Ours de l'Atlas (grottes de Takouatz & El-Ksiba))


Lignée himalayenne & d'Asie centrale basale

U. a. isabellinus (Ours brun Isabelle)



U. a. gobiensis (Ours de Gobi)




Lignée occidentale
Clade 1 (Europe occidentale & méridionale)

U. a. pyrenaicus (Ours brun des Asturies)



U. a. marsicanus (Ours brun Marsicain)



U. a. crowtheri (Ours de l'Atlas (population nord-africaine récente d'Akouker)



Clade 2 (Océanique & côtier nord-américain)
Clade 2a

U. a. sitkensis (Ours brun de Sitka)


Clade 2b

Ursus maritimus (Ours blanc — intra-clade mitochondrial)




Lignée orientale
Clade 5 (Plateau tibétain)

U. a. pruinosus (Ours bleu du Tibet)



Clade 4 (Amérique du Nord continentale & Sud d'Hokkaidō)

U. a. horribilis (Grizzli)



U. a. californicus (Grizzly de Californie)



U. a. nelsoni (Grizzly du Mexique)



U. a. dalli (Ours brun de l'île Dall)



U. a. stikeenensis (Ours brun de la Stikine)



U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée du sud d'Hokkaidō))



Clade 3 (Nord de l'Eurasie, Béringie & Est/Centre d'Hokkaidō)
Clade 3a (Eurasie, Béringie, Proche-Orient & Centre d'Hokkaidō)
Clade 3a1

U. a. arctos (Ours brun d'Eurasie (populations du Nord/Est))



U. a. collaris (Ours brun de Sibérie orientale)



U. a. alascensis (Ours brun d'Alaska)



U. a. middendorffi (Ours kodiak)



U. a. gyas (Ours brun de la péninsule)



U. a. syriacus (Ours brun de Syrie)



Clade 3a2

U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée du centre d'Hokkaidō))



Clade 3b (Extrême-Orient, Kouriles & Est d'Hokkaidō)

U. a. beringianus (Ours brun du Kamtchatka)



U. a. lasiotus (Ours brun de l'Oussouri (Souche continentale & des îles Kouriles)



U. a. yesoensis (Ours brun d'Ézo (lignée de l'est d'Hokkaidō))









Description

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Illustration du squelette de l'Ours des Asturies (Ursus pyrenaicus) dans l'Ostéographie, par Henri-Marie Ducrotay de Blainville (1839-1864)[20].

L'ours brun des Pyrénées et des Asturies se caractérise par une stature légèrement plus réduite que l'ours brun du nord et de l'est de l'Europe. La longueur totale tête-corps est généralement comprise entre 1,6 et 2 m, pour une hauteur au garrot variant de 0,90 à1 m. Les mensurations corporelles relevées sur un vieux mâle des pics d'Europe indiquent une longueur tête-corps de 1 600 mm, une hauteur au garrot de 930 mm, une queue de 76 mm, une oreille de 118 mm et un pied postérieur de 235 mm[3]. Le dimorphisme sexuel se traduit principalement par la masse corporelle : les femelles pèsent en moyenne 85 kg mais peuvent atteindre jusqu'à 150 kg, tandis que les mâles atteignent une moyenne de 115 kg avec des maxima pouvant atteindre 200 kg.

Le pelage des adultes varie selon les individus du beige isabelle clair au brun sépia plus foncé, les teintes les plus fréquentes étant la terre d'ombre et le brun de Prout (Prout’s brown)[3]. Le poil présente une coloration bicolore diagnostique : la racine est très sombre, presque noire, tandis que l'apex s'éclaircit en une nuance jaunâtre virant à l'ocre ou à l'isabelle[3]. Les pattes se distinguent par une teinte uniformément noire ou brun de clou très foncé dès la racine du membre, tranchant nettement avec le reste du corps[3]. Les jeunes individus arborent un pelage clair d'un blond jaunâtre avec la tête plus foncée, et conservent fréquemment les traces d'un collier blanchâtre qui peut persister de manière estompée chez certains adultes[3].

Sur le plan ostéologique et craniométrique, le crâne se caractérise par un profil bas et peu sinueux, ainsi que par des arcades zygomatiques moins saillantes et moins divergentes que chez la forme type : la largeur zygomatique ne représente que 58 à 65 % de la longueur condylobasale, contre 65 à 75 % chez U. a. arctos[3]. Le crâne du spécimen des pics d'Europe mesure 357 mm de longueur totale (longueur condylobasale : 332 mm), 206 mm de largeur zygomatique, 65,3 mm de largeur interorbitaire et 67 mm de largeur postorbitaire, avec une mandibule de 241 mm et une série dentaire supérieure de 133 mm[3].

Écologie et comportement

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Répartition géographique

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Historiquement présent sur l'ensemble de la péninsule Ibérique, l'ours brun a vu son aire de répartition se restreindre au cours des temps historiques ; dès la fin du XVIe siècle, il subsistait notamment dans les monts de San Martín de Valdeiglesias et la vallée du Lozoya, avant d'être repoussé vers les massifs septentrionaux[3]. Au début du XXe siècle, les populations ibériques se maintenaient encore dans les secteurs pyrénéens d'Aragon et de Catalogne, ainsi que dans la cordillère Cantabrique, notamment dans les montagnes de Santander, les Asturies, le nord des provinces de Palencia et de León (à Cervera et Palacios del Sil) et l'est de la province de Lugo dans la Serra do Courel[3].

En France, à cause d'une pression toujours plus importante de l'Homme sur leur habitat et leur population, le nombre d'ours ne cessa de diminuer. Dans les Pyrénées-Orientales, le dernier individu sauvage du département est tué en 1846, lors d'une battue[21]. L'arrêt de la chasse à l'ours est effectif en 1962, alors qu'il reste environ 60 ours dans les Pyrénées[22],[23]. La dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle, a été abattue par un chasseur le et est aujourd'hui présentée naturalisée au muséum de Toulouse. Son fils Cannellito, né en 2004, est ainsi le dernier ours de souche pyrénéenne encore en vie.

À l'époque contemporaine, l'ours brun des Pyrénées et des Asturies est fragmenté en deux populations isolées occupant un territoire combiné de 5 000 à 7 000 km2 dans le nord de l'Espagne. Le noyau occidental, le plus important (comptant 100 à 140 ours), s'étend sur les Asturies, l'ouest de la province de León et l'est de la province de Lugo en Galice, notamment dans le parc naturel de Somiedo et la réserve de biosphère de Trubia. Le noyau oriental (plus restreint, avec 20 à 30 individus) couvre les zones montagneuses de la province de Palencia, du nord-est de León, de la Cantabrie (notamment le parc naturel de Saja dans la comarque de Campoo-Los Valles près de Reinosa) et l'est des Asturies.

Ces deux noyaux sont séparés par un couloir de 30 à 40 km interrompu par des axes de communication et des activités humaines, bien que des indices de connectivité génétique et des passages d'individus aient été mis en évidence dans le parc naturel de Redes[24]. Des incursions sporadiques sont occasionnellement relevées à proximité des frontières limitrophes : en 2005 et 2019, la présence d'individus erratiques a été confirmée dans le massif de Trevinca et au-delà de la frontière nord du Portugal, région d'où l'espèce avait disparu depuis la fin du XIXe siècle[25].

Comportement et espérance de vie

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L'ours brun cantabrique est un animal solitaire et particulièrement craintif qui fuit systématiquement la présence humaine dans son milieu naturel, rendant les rencontres fortuites avec des promeneurs très rares[26]). L'espérance de vie de l'espèce est estimée entre 25 et 30 ans à l'état sauvage.

Régime alimentaire

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Bien que classé parmi les carnivores, son régime alimentaire est très majoritairement végétarien et opportuniste. Il consomme selon la phénologie des végétaux des glands de chêne, des faînes de hêtre, des châtaignes, diverses baies, des racines, des tubercules et des graminées, pillant à l'occasion les cultures de maïs[3]. Il complète son alimentation par des insectes, des larves et du miel.

Les matières carnées sont principalement consommées sous la forme de charognes de grands ongulés sauvages abandonnées par d'autres prédateurs ou de cadavres d’animaux d’élevage laissés par les éleveurs[27]. Ces sources de protéines et de lipides jouent un rôle vital pour la survie des oursons, pour le rétablissement pondéral des adultes au printemps et pour l'accumulation des réserves de graisse indispensables avant l'entrée en tanière hivernale[28].

Menaces et conservation

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Menaces

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Dans la cordillère Cantabrique, la population orientale, particulièrement réduite, est confrontée à une forte consanguinité entraînant des anomalies congénitales et un ratio des sexes très déséquilibré en faveur des mâles. Cette situation est aggravée par l'extrême philopatrie des femelles, ce qui ralentit considérablement la dispersion naturelle et la colonisation de nouveaux territoires. Le manque de nourriture constitue un autre facteur limitant : les hivers doux réduisent parfois la durée de l'hibernation sans offrir les ressources végétales nécessaires, tandis que les réglementations sanitaires européennes sur l'encéphalopathie spongiforme bovine imposant l'équarrissage systématique privent les animaux des carcasses d'élevage, indispensables pour reconstituer leurs réserves lipidiques au sortir de l'hiver[28].

La fragmentation de l'habitat par les infrastructures humaines (routes, voies ferrées) et les projets d'aménagements touristiques, à l'instar des projets de stations de sports d'hiver au col de San Glorio, entravent les échanges entre les noyaux de population. Par ailleurs, malgré une protection légale stricte prévoyant des amendes pouvant atteindre 300 000 €, la mortalité d'origine anthropique persiste par le biais d'appâts empoisonnés, de tirs illégaux et de collets posés initialement contre les sangliers dans lesquels périssent de jeunes ours inexpérimentés[29],[30].

Dans les Pyrénées, le maintien de l’ours brun ne repose plus sur la population indigène mais sur le renforcement par des individus capturés en Slovénie[31]. La survie de la population indigène est fragilisée par une dérive génétique critique : Cannellito son seul représentant vivant ne s'est encore jamais reproduit et la quasi-totalité des individus nés depuis les réintroductions de 1996 descendent d'un unique mâle dominant d'origine slovène, Pyros[32],[33].

Conservation

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Groupe d’Ours dans le parc naturel de Cabárceno.

La gestion de l'ours fait l'objet d'un « Plan d'action pour la conservation de l'ours brun (Ursus arctos) en Europe » ainsi que de plans régionaux de rétablissement (Plan para la Recuperación del Oso Pardo) coordonnés entre les différentes communautés autonomes espagnoles[34]. Plusieurs aires protégées majeures, comme le parc naturel de Somiedo, le parc naturel de Saja-Besaya et le parc national des pics d'Europe, offrent des zones de refuge suivies sur le terrain par les patrouilles d'organisations non gouvernementales (telles que le FAPAS et la Fundación Oso de Asturias) et par les unités spécialisées du SEPRONA chargées de réprimer le braconnage.

Dans les Asturies, la sensibilisation du public s'appuie notamment sur la Senda del Oso sentier de l'Ours »), un itinéraire de randonnée aménagé sur une ancienne voie ferrée minière désaffectée traversant la réserve de biosphère. À proximité de Villanueva se trouve un enclos et centre de soins géré par la Fundación Oso de Asturias, qui a notamment accueilli les deux célèbres ourses Paca et Tola, recueillies après avoir été blessées par des braconniers et devenues incapables de réintégration en liberté. Au parc de la nature de Cabárceno, en Cantabrie, un grand groupe d'ours cantabriques est également maintenu en semi-liberté à des fins pédagogiques et conservatoires.

Les programmes de conservation se concentrent sur le rétablissement de la connectivité écologique : des corridors biologiques soutenus par le programme européen LIFE sont restaurés et enrichis par la plantation d'arbres fruitiers et la pose de ruches afin de faciliter la jonction entre les noyaux cantabriques oriental et occidental[35]. Le projet de l'UNESCO d'intégrer les diverses réserves de biosphère au sein d'une entité unifiée (la « Grande Cantabrique ») vise à consolider ces continuités écologiques, notamment vers les monts d'Os Ancares[36].

Dans les Pyrénées, le mâle Cannellito, âgé d'une vingtaine d'années et dernier porteur des gènes de la souche pyrénéenne indigène, a été filmé à l'été 2024 à l'aide d'un piège photographique automatique en compagnie d'une jeune femelle par des membres du collectif Hope[32],[33]. Cet événement suscite l'espoir d'un accouplement et d'une descendance tardive qui permettrait d'apporter un surcroît de diversité génétique indispensable au sein d'une population pyrénéenne très consanguine[32],[33]. Les spécialistes restent toutefois prudents dans l'attente d'analyses génétiques formelles issues de collectes d'échantillons sur le terrain[32].

Notes et références

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Références

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  1. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Cabrera 1914, p. 152–154
  4. 1 2 3 4 5 6 Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier 1825, p. tome 5, notice « Ours des Asturies »
  5. 1 2 3 Alfred Edmund Brehm (trad. Z. Gerbe), La vie des animaux illustrée : description populaire du règne animal : Les mammifères..., Paris, J. B. Baillière et fils, , p. 673
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Bibliographie

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Publications originales

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  • Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères : avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivants, vol. 5, Paris, Blaise, (OCLC 10593591, DOI 10.5962/bhl.title.78766, lire en ligne)

Autres ouvrages

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  • (es) Ángel Cabrera, Fauna Ibérica : Mamíferos, vol. 1, Madrid, Museo Nacional de Ciencias Naturales, , xviii, 441 (lire en ligne), p. 152–154
  • Henri-Marie Ducrotay de Blainville, Ostéographie ou description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des mammifères récents et fossiles pour servir de base à la zoologie et à la géologie, vol. Tome 2 (Carnassiers : Ursus), Paris, J. B. Baillière et fils, 1839–1864 (lire en ligne)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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