Ours brun d'Alaska
Ursus arctos alascensis
L’Ours brun d’Alaska (Ursus arctos alascensis) est une sous-espèce de l’Ours brun, un mammifère carnivore de la famille des Ursidés. Cette population d'ours bruns vit principalement à l’intérieur des terres et dans la partie continentale de l'Alaska, et est fréquemment considérée par de nombreuses autorités taxonomiques comme conspécifique avec le Grizzly (Ursus arctos horribilis)[1].
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Ursus arctos alascensis (Merriam, 1896) selon Mammal Diversity Database ()[2] ;
- Synonymes :
- Ursus horribilis alascensis C. H. Merriam, 1896 (Protonyme) [2] [3]
- Ursus kidderi C. H. Merriam, 1902 [2] [4] [3]
- Ursus kenaiensis C. H. Merriam, 1904 [2] [4] [3]
- Ursus horribilis phaeonyx C. H. Merriam, 1904 [2] [3]
- Ursus sheldoni C. H. Merriam, 1910 [2] [4] [3]
- Ursus alexandrae C. H. Merriam, 1914 [2] [4] [3]
- Ursus innuitus C. H. Merriam, 1914 [2] [4] [3]
- Ursus internationalis C. H. Merriam, 1914 [2] [4] [3]
- Ursus toklat C. H. Merriam, 1914 [2] [4] [3]
- Ursus kidderi tundrensis C. H. Merriam, 1914 [2] [3]
- Ursus cressonus C. H. Merriam, 1916 [2] [4] [3]
- Ursus eximius C. H. Merriam, 1916 [2] [4] [3]
- Ursus nuchek C. H. Merriam, 1916 [2] [4] [3]
- Ursus alascensis G. S. Miller, 1924 [2]
- Ursus kidderi kidderi G. S. Miller, 1924 [2]
- Ursus phæonyx G. S. Miller, 1924 [2]
- Ursus holzworthi C. H. Merriam, 1929 [2] [4] [3]
- Ursus internationalis internationalis R. M. Anderson, 1947 [2]
- Ursus arctos kenaiensis Merriam, 1904 [3]
- Ursus arctos alascensis Wozencraft, 2005 [2]
- Nom normalisé anglais : Alaskan brown bear[1] ;
- Nom vulgaire recommandé en français : Ours brun d’Alaska ;
- Noms vernaculaires : Grizzly (parfois orthographié Grizzli), Ours brun, Ours.
Taxonomie
modifierPremière description
modifierL'Ours brun d'Alaska a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1896 par le zoologiste américain Clinton Hart Merriam comme une sous-espèce de grizzly, sous le nom trinominal d'Ursus horribilis alascensis[5]. La description repose sur des spécimens provenant du golfe de Norton Sound en Alaska, constituant la limite nord-ouest de répartition connue pour cette forme continentale[5].
Dans sa diagnose originale, Merriam le distingue du véritable grizzly des Montagnes Rocheuses (Ursus horribilis) par plusieurs caractères crâniens et dentaires : une taille légèrement supérieure, une région frontale sillonnée dans le sens antéro-postérieur entre les orbites, un palais en moyenne plus long, une lame du processus coronoïde de la mandibule plus étroite, ainsi qu'une première molaire inférieure (m1) plus large postérieurement et plus abruptement et profondément excavée[5].
Validité et histoire taxonomique
modifierEn 1918, Clinton Hart Merriam scinde les ours bruns d'Amérique du Nord en 86 sous-espèces distinctes en s'appuyant sur de faibles variations morphologiques, principalement craniométriques[1]. Bien que la majorité des classifications modernes ne retiennent sur le continent que le grizzly (Ursus arctos horribilis) et l'ours kodiak (Ursus arctos middendorffi), classant de facto cette population au sein d'Ursus arctos horribilis, certains spécialistes estiment qu'il subsiste suffisamment d'éléments probants pour maintenir la distinction de cinq sous-espèces nord-américaines supplémentaires, dont l'Ours brun d'Alaska (Ursus arctos alascensis)[1].
Phylogénie et évolution
modifierLe taxon Ursus arctos alascensis désigne les populations continentales d'ours bruns réparties dans l'intérieur et l'ouest de l'Alaska. Sur le plan de la génétique mitochondriale, cette sous-espèce s'intègre au Clade 3a1, une lignée eurasienne et béringienne largement distribuée à travers le nord de l'hémisphère boréal[6].
Les analyses phylogéographiques fondées sur le mitogénome complet et la région de contrôle mitochondriale révèlent que les ours de l'ouest de l'Alaska se regroupent étroitement avec les ours d'Europe orientale, de Sibérie et de l'île de Sakhaline, ainsi qu'avec les populations de l'île Kodiak et de la péninsule d'Alaska[7][6]. Cette topologie montre que les ancêtres de cette lignée ont traversé le pont terrestre de la Béringie lors d'une vague de colonisation tardive survenue il y a environ 40 000 ans, avant la submersion du détroit de Béring à la fin du Pléistocène supérieur[6]. Cette dispersion nord-occidentale distingue nettement l'ours brun d'Alaska des grizzlis du Clade 4 établis plus au sud et à l'est du continent nord-américain, ainsi que des populations insulaires du sud-est de l'archipel Alexandre rattachées au Clade 2a[6].
| Ursus arctos |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifierL'Ours brun d'Alaska est un grand ursidé dont la livrée est le plus souvent brun foncé, pouvant varier avec des teintes brun clair allant jusqu’au beige, ainsi que des teintes plus foncées allant jusqueau noir[1]. L'apparence grisonnante fréquente de son pelage est due aux extrémités claires des longs poils de jarre sur le dos et les épaules[1]. Il présente une bosse musculaire caractéristique sur les épaules, un profil facial légèrement concave ainsi que de longues griffes aux pattes antérieures bien visibles[1].
La hauteur au garrot des adultes est comprise habituellement entre 90 et 110 cm[1]. Le poids varie considérablement selon la nourriture accessible : les mâles adultes pèsent généralement entre 135 et 390 kg, tandis que les femelles affichent une masse allant de 95 à 205 kg[1]. En raison d'un accès moindre aux ressources marines, les individus vivant à l'intérieur des terres atteignent environ les deux tiers de la corpulence des ours des côtes et des îles d'Alaska[1].
Distribution et habitat
modifierL'aire de répartition comprend la majeure partie de l'Alaska continental, à l'exception notable du nord-ouest du Panhandle, de la péninsule de Kenai et de l'extrême sud-est de l'État[1]. L'ours est particulièrement abondant le long du littoral méridional, où les montaisons de saumons sont très denses[1].
Il occupe une grande variété de milieux, incluant les prairies ouvertes, les forêts, les régions montagneuses subalpines, la toundra et les bandes côtières, effectuant des déplacements saisonniers selon la disponibilité locale des ressources trophiques[1].
Écologie et comportement
modifierL'Ours brun d'Alaska est omnivore et consomme des plantes, des graminées, des laîches, des racines, des tubercules, des graines, des baies, des saumons, de petits mammifères ainsi que des charognes[1]. Il peut également chasser l'orignal et le caribou, en s'attaquant plus particulièrement aux nouveau-nés[1].
La maturité sexuelle est atteinte entre l'âge de 4 et 7 ans, l'accouplement se déroulant de mai à juillet[1]. Les ours s'abritent en tanière pour l'hivernation en octobre ou novembre et en émergent en avril, mai ou juin[1]. La mise bas a lieu dans la tanière en janvier ou février, les portées comptant généralement 2 ou 3 oursons (parfois 1 ou 4)[1]. Les jeunes restent auprès de leur mère durant deux à trois années, période pendant laquelle celle-ci n'engendre pas de nouvelle descendance[1].
En dehors des périodes d'accouplement et de l'élevage des jeunes, les individus sont solitaires, bien qu'ils puissent se regrouper en nombres importants sur les sites à forte concentration trophique tels que les cours d'eau à saumons, les échouages de carcasses de baleines et les prairies de laîches[1].
L'espérance de vie dans la nature s'établit entre 20 et 30 ans en moyenne, les records de longévité enregistrés en Alaska étant de 38 ans pour un mâle et de 39 ans pour une femelle[1].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 (en) « Alaskan brown bear », sur bearconservation.org.uk, Bear Conservation (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 3 Merriam 1896, p. 74
- 1 2 3 4 (en) Daisuke Hirata, Tsutomu Mano, Alexei V. Abramov, Gennady F. Baryshnikov, Pavel A. Kosintsev, Alexandr A. Vorobiev, Evgeny G. Raichev, Hiroshi Tsunoda, Yayoi Kaneko, Koichi Murata, Daisuke Fukui et Ryuichi Masuda, « Molecular Phylogeography of the Brown Bear (Ursus arctos) in Northeastern Asia Based on Analyses of Complete Mitochondrial DNA Sequences », Molecular Biology and Evolution, vol. 30, no 7, , p. 1644–1652 (DOI 10.1093/molbev/mst077)
- ↑ Tamako Matsuhashi, Ryuichi Masuda, Tsutomu Mano, Koichi Murata et Awirmed Aiurzaniin, « Phylogenetic Relationships among Worldwide Populations of the Brown Bear Ursus arctos », Zoological Science, vol. 18, no 8, , p. 1137–1143 (DOI 10.2108/zsj.18.1137, lire en ligne)
Bibliographie
modifierDocument original
modifier- (en) Clinton Hart Merriam, « Preliminary Synopsis of the American Bears », Proceedings of the Biological Society of Washington, Washington, vol. 10, , p. 65-83 (ISSN 0006-324X, OCLC 1536434, lire en ligne)
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Ursus arctos alascensis Merriam, 1896
- (fr + en) EOL : Ursus arctos alascensis Merriam, 1896
- (fr + en) GBIF : Ursus arctos alascensis Merriam, 1896
- (fr + en) ITIS : Ursus arctos alascensis Merriam, 1896
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Ursus arctos alascensis Merriam, 1896