1918 en dadaïsme et surréalisme

Cet article présente les faits marquants de l'année 1918 en dadaïsme et surréalisme.

Série d'articles portant sur
dada et le surréalisme

Éphémérides

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Janvier

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  • À Berlin, Richard Huelsenbeck prononce la Erst Dada-Rede in Deutschland (Premier discours Dada en Allemagne) et proclame la naissance du Club Dada[1].
  • André Breton prépare une conférence sur Alfred Jarry mais les bombardements sur Paris empêcheront l'ouverture du théâtre du Vieux-Colombier[2].
  • Dans la revue SIC, Philippe Soupault publie son premier poème cinématographique Indifférence[3].

Février

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  • À Berlin, Richard Huelsenbeck annonce la fondation du Club Dada dans lequel « [on] peut rentrer sans obligation. Tout le monde est président […] être contre [ce] manifeste signifie être dadaïste. » À cette occasion, Raoul Hausmann se proclame « président de la Société des Nations Interlluriques Surdadaïste. »[4].
  • Depuis New York, Francis Picabia, ayant entendu parler de Dada se demande : « Qu'est-ce que Dada ? »[5]
  • Lettre de Guillaume Apollinaire à Tristan Tzara : « Je crois qu'il pourrait être compromettant pour moi [...] de collaborer à une revue, si bon que puisse être son esprit, qui a pour collaborateurs des Allemands, si Ententophiles qu'ils soient. »[6].

Juillet

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Septembre

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  • Représentation à Zurich du spectacle de marionnettes Le Roi cerf.
    La fable de la pièce initiale de Carlo Gozzi (1720-1806) est transposée en 1913 et raconte l'épisode de la rupture survenue entre Carl Jung et Sigmund Freud.
    Aux personnages traditionnels de la commedia dell'arte se mêlent des personnages originaux appelés Docteur Complex, Freud Analyticus[27] et la Fée Urlibido.
    Les marionnettes ainsi que les décors sont réalisés par Sophie Taeuber[28].

  • La revue de Louis Delluc Le Film publie un article de Louis Aragon intitulé Du décor : « […] courageux précurseurs, qu'ils fussent peintres ou poètes […] qu'un journal ou un paquet de cigarettes savaient émouvoir […] Ils connaissent cette fascination des hiéroglyphes sur les murs […] Ces lettres qui vantent un savon valent les caractères des obélisques ou les inscriptions d'un grimoire de sorcellerie […] Nous les avons déjà vues éléments d'art chez Picasso, Braque ou Juan Gris. »[29].

  • André Breton est affecté à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, pour y préparer l'examen de médecin auxiliaire.
    Il prend une chambre à l'hôtel des Grands Hommes au 9 place du Panthéon[30].
  • Dans la revue spécialisée Stickerei und Spitzen Rundchau (Panorama de la broderie et de la dentelle), Hannah Höch commence une série d'articles sur la légitimité artistique de la broderie et sur son abstraction intrinsèque[18].

Octobre

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  • Raoul Hausmann, Material der Malerei, Plastik und Architecture (Le Matériau de la peinture, de la sculpture et de l'architecture), essai édité en 23 exemplaires : « appel dynamique, dans une prose sans ponctuation, en faveur d'un art et d'une architecture qui soient les vecteurs d'une abstraction exubérante »[32].

Novembre

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  • André Breton rend visite à Pablo Picasso au Bateau-Lavoir[33].

  • Mort de Guillaume Apollinaire à 37 ans, victime de la grippe espagnole[33].
    Philippe Soupault : « C'est Apollinaire qui me prit par la main et qui me montra ce qu'était la poésie vivante et la pénitence du feu […] Je puis encore reconnaître certains jours, dans un rayon de soleil, au coin d'une rue ou brillant dans la monotonie de la pluie qui tombe, le sourire d'Apollinaire. »[34]

  • Louis Aragon est envoyé en Alsace puis en Sarre avec l'armée française d'occupation. Cette période sera évoquée, quarante ans plus tard, dans son poème Est-ce ainsi que les hommes vivent ?[réf. souhaitée]

  • Lettre de Jacques Vaché à Breton : « Comment vais-je faire, pauvre ami, pour supporter ces derniers mois d'uniforme [...] ILS se méfient... ILS se doutent de quelque chose - Pourvu qu'ILS ne me décervèlent pas pendant qu'ILS m'ont en leur pouvoir. »[35]

  • Dans la cathédrale de Berlin, Johannes Baader créé un spectacle intitulé Christus ist euch Wurst (Tu te fiches du Christ) qui se moque à la fois du clergé et des paroissiens[36], interrompant le sermon du révérend Dryander. Poursuivi pour blasphème, Baader échappe de peu à l'emprisonnement en passant pour un irresponsable[37].

  • Première représentation de Couleur du temps d'Apollinaire[38].
    Au cours de cette représentation, Paul Éluard approche Breton mais à cause de sa timidité, il prétexte la ressemblance avec un ami qu'il croyait mort à la guerre[39].

Décembre

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  • Lettre de Jacques Vaché à André Breton : « [...] je m'en rapporte à vous pour préparer les voies de ce Dieu décevant, ricaneur un peu, et terrible en tout cas. Comme ce sera drôle, voyez-vous, ce vrai ESPRIT NOUVEAU se déchaîne. J'ai reçu votre lettre en multiples découpures collées, qui m'a empli de contentement - C'est très beau, mais il y manque quelqu'extrait d'indicateur de chemins de fer, ne croyez-vous pas ? ... Apollinaire a fait beaucoup pour nous et n'est certes pas mort ; il a, d'ailleurs, bien fait de s'arrêter à temps [...] IL MARQUE UNE ÉPOQUE. Les belles choses que nous allons pouvoir faire ; - MAINTENANT ! »[40]
  • Parution du troisième numéro de Dada, lettrage rouge sur couverture blanche avec un bois gravé abstrait de Marcel Janco et citation de René Descartes : « Je ne veux même pas savoir s'il y a eu des hommes avant moi. »[41].
    Il contient le Manifeste Dada 1918 : Tristan Tzara : « Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n'en avoir par principe aucun […] Il nous faut des œuvres fortes, droites, précises à jamais incomprises […] Je détruis les tiroirs du cerveau et ceux de l'organisation sociale. Dada ne signifie rien. »[42]
  • Fondation à Berlin du Novembergruppe dont font partie de nombreux dadaïstes.
    Jefim Golyscheff et le peintre expressionniste Emil Nolde publient un manifeste demandant la dissolution des académies et la liberté totale du dessin dans les arts plastiques[43].


Cette année-là

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Œuvres

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Abstract painting of Marcel Duchamp

Notes et références

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  1. ↑ Fraenkel (1896-1964), ami de André Breton depuis le collège Chaptal. Élève à la faculté de médecine, il rejoint Breton à Nantes en 1915, y fait la connaissance de Jacques Vaché, puis retrouve Louis Aragon et Breton à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, en 1917. (Daix 1993, p. 424).

Références

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  1. ↑ Laurent Le Bon, Dada, Éditions du Centre Pompidou, (ISBN 2-84426-277-5), p. 504 et p. 506 pour la date.
  2. ↑ André Breton, Œuvres complètes, t. 1, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 2-07-011138-5), p. XXXVI.
  3. ↑ Ado Kyrou, Le Surréalisme au cinéma, 1963, Ramsay Poche Cinéma 1985 (ISBN 2-85956-452-7), p. 187.
  4. ↑ Le Bon 2005, p. 144.
  5. ↑ Témoignage de Marcel Janco en 1982 reproduit dans Dachy 2005, p. 33.
  6. ↑ Le Bon 2005, p. 221.
  7. ↑ Louis Aragon, Œuvres poétiques complètes, t. 1, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 978-2-07-011327-9), p. LIII.
  8. ↑ Voir aussi les circonstances de la découverte de Lautréamont par Philippe Soupault en 1917 dans Lydie Lachenal, Philippe Soupault, littérature et le reste, Gallimard, Paris, 2006 qui propose une version différente. Impossible à ce jour, de savoir qui a découvert cet auteur le premier. (Breton, OC1, p. XXXVI).
  9. ↑ Anne Tomiche, « Dynamiques spatio-temporelles », dans La naissance des avant-gardes occidentales 1909-1922, Armand Colin, (lire en ligne), p. 143-168
  10. ↑ Florence Vatan, « Berlin Dada », dans Gilbert Krebs, Villes et écrivains, Berlin, Munich, Venise, Presses Sorbonne nouvelle, (ISBN 978-2-87854-943-0, DOI https://doi.org/10.4000/books.psn.6524).
  11. ↑ André Breton : la beauté convulsive, éditions du Centre Pompidou, Paris 1991 (ISBN 2-85850-567-5), p. 91.
  12. ↑ Le Bon 2005, p. 152 et reproduction d'une gouache dans René Passeron, Surréalisme, 2005, éditions Terrail/Edigroup (ISBN 2-87939-297-7), p. 34.
  13. ↑ Breton, OC1, p. XXXVII.
  14. ↑ Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre/Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-037280-5), p. 61.
  15. 1 2 3 Aragon, OP1, p. LIII.
  16. ↑ Michel Sanouillet, Dada à Paris, Paris, CNRS Éditions, (1re éd. 1965) (ISBN 2-271-06337-X), p. 114
  17. ↑ Paul Éluard, Œuvres complètes, tome 1, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1968 (ISBN 2-07-010189-4), p. LXI.
  18. 1 2 3 Le Bon 2005, p. 227.
  19. ↑ Dominique Baudoin et Michel Sanouillet, Dada, réimpression intégrale et dossier critique de la revue publiée de 1917 à 1922 par Tristan Tzara, vol. II - appareil critique, Nice, Centre du XXe siècle, (ISBN 2-902311-19-2), p. 87.
  20. ↑ Marc Dachy, Dada, La révolte de l'art, Paris, Gallimard / Centre Pompidou, 2005b (ISBN 2-07-031488-X), p. 28-29
  21. ↑ Daix 1993, p. 30.
  22. ↑ Le Bon 2005, p. 150 et Éluard, p. LXI.
  23. ↑ Lettre du 29 juillet (Breton, OC1, p. XXXVII).
  24. ↑ Pierre Daix, La Vie quotidienne des surréalistes (1917-1932), Paris, Hachette, (ISBN 2-01-014359-0), p. 29.
  25. ↑ François Buot, Tristan Tzara, Paris, Grasset, (ISBN 978-2-246-61001-4), p. 62.
  26. ↑ Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du Surréalisme, Chamalières, éditions du Seuil & A.T.P., (ISBN 978-2-02-024588-3), p. 46.
  27. ↑ Photographie de la marionnette dans L'Œil no 613, mai 2009, p. 58.
  28. ↑ Le Bon 2005, p. 930 et photographie des marionnettes dans Dachy 2005, p. 44.
  29. ↑ Daix 1993, p. 62.
  30. ↑ Breton, OC1, p. XXXVIII.
  31. ↑ Dachy 2005b, p. 46.
  32. ↑ Matthew S. Witkovsky dans Le Bon 2005, p. 227.
  33. 1 2 Daix et 1993 p)31.
  34. ↑ Daix, p. 32.
  35. ↑ Vaché, p. 45.
  36. ↑ Le Bon 2005, p. 124.
  37. ↑ Vatan 2018.
  38. ↑ Breton, OC tome 1, p. XX.
  39. ↑ Daix 1993, p. 99.
  40. ↑ Vaché, p. 48.
  41. ↑ Le Bon 2005, p. 222.
  42. ↑ Daix 1993, p. 42 et reproduction des pages de la revue dans Le Bon 2005, p. 306.
  43. ↑ Le Bon 2005, p. 227 pour la date et Artpress, janvier 2007.
  44. ↑ Dachy 2005, p. 75.
  45. ↑ Serge Lemoine, Dada, Paris, Hazan, (ISBN 2-85025-102-X), p. 73.
  46. ↑ Sarane Alexandrian, L'Art surréaliste, Hazan, Paris, 1969, p. 71.
  47. ↑ Marc Dachy, Archives Dada : Chroniques, Paris, Hazan, (ISBN 2-7541-0009-1), p. 194.
  48. ↑ Agnès Angliviel de la Beaumelle, Yves Tanguy, Centre Pompidou, Paris, 1982, p. 168.
  49. ↑ Voir Août.
  50. ↑ Le Bon 2005, p. 112.
  51. ↑ Lemoine 1986, p. 19.
  52. ↑ 78 × 94 cm. Centre Pompidou, Paris (œuvre acquise en 2009). Reproduction dans Le Surréalisme 1922-1942, catalogue de l'exposition du Musée des Arts Décoratifs de Paris, 1972, p. 59.
  53. ↑ Tableau exposé au MoMa (Museum of Modern Art) de New York|url=https://www.moma.org/collection/works/79378
  54. ↑ « Cette œuvre constitue son adieu à la peinture sur toile » : description et commentaire dans Alexandrian, p. 36.
  55. 1 2 Voir Juillet.
  56. ↑ Le Bon 2005, p. 467.
  57. ↑ Philadelphia Museum of Art
  58. ↑ 20,3 × 27,3 cm. Israël museum, Jérusalem. Reproduction dans Dachy 2005, p. 178.
  59. ↑ 140 × 110 cm. Staatsgalerie, Stuttgart. Reproduction dans Lemoine 1986, p. 42.
  60. ↑ Le Bon 2005, p. 260.
  61. ↑ Lemoine, p. 30.
  62. ↑ Voir Octobre.
  63. ↑ Collection Silvio Perlstein, Garches. Reproduction dans Dachy 2005, p. 21.
  64. ↑ 60 × 70 cm. Reproduction dans Connaissance des arts no 662, juillet-août 2008, p. 62.
  65. ↑ Le Bon 2005, p. 152.
  66. ↑ Cité dans Alexandrian, p. 41.
  67. ↑ Collection Mme Henry, Paris. Reproduction dans Alexandrian, p. 39.
  68. ↑ Voir Avril.
  69. ↑ 62,8 × 45,6 cm. Centre Pompidou, Paris. Reproduction dans L'Œil no 683, octobre 2015, p. 75.
  70. ↑ Reproduction dans Lemoine 1986, p. 30, intitulée La Femme et datée de 1920 dans André Breton : la beauté convulsive, p. 160.
  71. ↑ 100 × 81 cm. Collection particulière. Reproduction dans Lemoine, p. 82.
  72. ↑ Reproduction dans Lemoine 1986, p. 25.
  73. ↑ Reproduction dans Lemoine 1986, p. 18.
  74. ↑ Voir Janvier.
  75. ↑ Voir Septembre.
  76. ↑ Reproduction dans Le Bon 2005, p. 927 et Lemoine 1986, p. 22.
  77. ↑ Voir Juin.

Articles connexes

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