1951 en dadaïsme et surréalisme
Cet article présente les faits marquants de l'année 1951 en dadaïsme et surréalisme.
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Éphémérides
modifierFévrier
modifier- À la suite d'une conférence de Michel Carrouges Où en est le surréalisme ? avec son interprétation catholicisante, le groupe surréaliste se divise : Jacques Herold, Maurice Henry et Patrick Waldberg reprochent à André Breton de ne pas prendre parti et démissionnent[1].
Mars
modifier- André Breton et Benjamin Péret rédigent la plaquette L'Affaire Pastoureau qui répond aux accusations faites à l'encontre de Breton pendant l'affaire Carrouges[2].
Mai
modifierAoût
modifier- La revue L'Âge du cinéma publie un numéro spécial sur le surréalisme[2].
- André Breton ironise sur l'engagement d'Henri Matisse de décorer la chapelle de Vence, sur le peintre Fernand Léger « ce costaud de bazar, maître de l'inexpressif » et le cinéma pourtant capable de « représenter l'amour » bien qu'il n'ai retenu que quelques films à épisodes comme Les Mystères de New York, Les Vampires ou Peter Ibbetson[2].
Octobre
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André Breton, Sucre jaune, article publié dans Arts en réaction au texte d'Albert Camus, Lautréamont et la banalité.
Camus; : « Le conformisme est une des tentations nihilistes de la révolte qui domine une grande partie de notre histoire intellectuelle. Elle montre en tout cas comment le révolté qui passe à l'action, s'il oublie ses origines, est tenté par le plus grand conformisme. Elle explique donc le XXe siècle. Lautréamont, salué ordinairement comme le chantre de la révolte pure, annonce au contraire le goût de l'asservissement intellectuel qui s'épanouit dans notre monde. Les Poésies ne sont qu'une préface à un « livre futur » ; et tous de rêver sur ce livre futur, aboutissement idéal de la révolte littéraire. »[4]paru dans Les Cahiers du Sud en septembre.
Réponse de Breton : « Albert Camus ne veut voir en Lautréamont qu'un adolescent « coupable » qu'il faut que lui - en sa qualité d'adulte - il morigène. Il va jusqu'à lui trouver dans la seconde partie de son œuvre : Poésies, une punition méritée. À en croire Camus, Poésies ne serait qu'un ramassis de « banalités laborieuses » […] - l'expression de la « banalité absolue », du plus « morne conformisme. »[5]
Publication dans Le Libertaire d'une Déclaration préalable au manifeste Surréalisme et anarchisme signée collectivement par Jean-Louis Bédouin, Robert Benayoun, Breton, Adrien Dax, Jean-Pierre Duprey, Jean Ferry, Georges Goldfayn, Gérard Legrand, Jehan Mayoux, Benjamin Péret, Jean Schuster et Clovis Trouille : « La lutte pour le remplacement des structures sociales et l’activité déployée par le surréalisme pour transformer les structures mentales, loin de s’exclure, sont complémentaires. Leur jonction doit hâter la venue d’un âge libéré de toute hiérarchie et toute contrainte. »[6]
Cette année-là
modifier- À New York, publication d'une anthologie The Dada painters and poets (Les Peintres Dada et les poètes) par le peintre Robert Motherwell, entreprise commencée en 1949 mais retardée à cause d'un désaccord entre Richard Huelsenbeck et Tristan Tzara : chacun des textes, dont le Manifeste Dada 1949 de Huelsenbeck, paraissent sur une feuille séparée[7].
Œuvres
modifier- Rachel Baes
- La Première leçon, huile sur toile[8]
- William Baziotes
- Toy World, huile sur toile[9]
- Victor Brauner
- André Breton
- Préface au catalogue de l'exposition Germain Nouveau à la Bibliothèque Jacques Doucet[12]
- Leonora Carrington
- Nettoyez immédiatement dit l'archevêque, peinture sur bois[13]
- Aloise Corbaz
- Mariage de Lichtenstein-Paris c'est un paradis, crayons de couleur sur papier[14]
- Paul Delvaux
- L'Âge du fer, huile sur toile[15]
- Marcel Duchamp
- Feuille de vigne femelle, plâtre peint en vert[16]
- Max Ernst
- Les Trois Cyprès, huile sur toile[réf. nécessaire]
- Leonor Fini
- Masque aux mouches, objet : tissu, velours, mouches métalliques, maquillage[17]
- Simon Hantaï
- Rosée solidifiée, huile sur toile[18]
- Stanley William Hayter
- Composition, huile sur toile[19]
- Edgar Jéné
- Les Châteaux d'Avalon, huile sur toile[20]
- René Magritte
- Perspective de Madame Récamier de David, huile sur toile[21]
- Matta
- Les Roses sont belles, huile sur toile[22]
- Octavio Paz
- Aigle ou soleil ?, recueil de poèmes : « Mérite ce que tu rêves »[23]
- Edith Rimmington
- Museum, plume, encre, gouache et aquarelle sur papier[24]
- Dorothea Tanning
- Les Petites annonces faites à Marie, huile sur toile[25]
- Toyen
- À la roue d'or, huile sur toile[26]
Notes et références
modifier- ↑ André Breton : la beauté convulsive, éditions du Centre Pompidou, Paris 1991 (ISBN 2-85850-567-5), p. 406.
- 1 2 3 André Breton : la beauté convulsive, p. 406.
- ↑ Le tract sera publié le 9 juillet dans le journal Le Libertaire : André Breton : la beauté convulsive, p. 4067.
- ↑ André Breton, Œuvres complètes, tome 3, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, Paris, 2008, p. 135.
- ↑ Publié en volume dans La Clé des champs, dans Breton, OC3, p. 911 & p. XL.
- ↑ André Breton : la beauté convulsive, p. 407 et Surréalisme et anarchisme - Déclaration préalable, Le Libertaire, 12 octobre 1951, lire en ligne.
- ↑ Marc Dachy, Archives Dada. Chroniques, éditions Hazan, Paris, 2005 (ISBN 2-7541-0009-1), p. 395.
- ↑ 65 × 54 cm. Centre national des arts plastiques, Paris. Reproduction dans (fr + en) Alix Agret (dir.) et Dominique Païni (dir.), Surréalisme au féminin ? (catalogue de l'exposition présentée du 31 mars au 10 septembre 2023 au Musée de Montmartre-Jardins Renoir), In fine/Musée de Montmartre, (ISBN 978-2-38203-116-2), p. 72.
- ↑ Citée dans Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre/Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-037280-5), p. 49.
- ↑ Reproduction dans Sarane Alexandrian, L'Art surréaliste, éditions Hazan, Paris, 1969, p. 204.
- ↑ Reproduction dans René Passeron, Surréalisme, 2005, éditions Terrail/Edigroup (ISBN 2-87939-297-7), p. 226.
- ↑ Au mois d'octobre : André Breton : la beauté convulsive, p. 407 et Jean-Louis Bédouin, André Breton, 1950, édition de 1993, éditions Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui, (ISBN 2-232-10444-3), p. 185.
- ↑ Reproduction dans Surréalisme un siècle d'avance, Télérama, hors série no 249, septembre 2024, p. 48.
- ↑ Œuvre commencée en 1941. Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (Suisse). Reproduction dans L'Œil no 746, septembre 2021, p. 103.
- ↑ Musée des Beaux-Arts, Ostende. Reproduction dans Alexandrian, p. 132.
- ↑ 85 × 13 × 11,5 cm. Paris, Centre Pompidou. Cité dans Didier Ottinger (sous la direction de), Dictionnaire de l'objet surréaliste, Gallimard & Centre Pompidou, Paris, 2013, catalogue de l'exposition Le Surréalisme et l'objet présentée au Musée national d'art moderne, Centre Pompidou du 30 octobre 2013 au 3 mars 2014. (ISBN 978-2-07-014181-4), p. 309. Reproduction dans André Breton, Le Surréalisme et la Peinture, Gallimard, 1928-1965, p. 99.
- ↑ Probablement commencé en 1946. 15 × 15 × 12 cm. Musée d'arts de Nantes. Reproduction dans L'Œil no 762, mars 2023, p. 22.
- ↑ Reproduction dans André Breton : la beauté convulsive, p. 446.
- ↑ 8,5 × 64,5 cm. Paris, galerie Vazieux. Reproduction dans Connaissance des arts no 864, avril 2023, p. 113.
- ↑ Citée dans Biro & Passeron, p. 225.
- ↑ Reproduction dans Marcel Jean, Histoire de la peinture surréaliste, 1959, éditions du Seuil, p. 353.
- ↑ 201 × 281 cm. Collection particulière. Reproduction dans L'Œil no 656, avril 2013, p. 94.
- ↑ Le titre correspond à l'interrogation française « pile ou face ? », Biro & Passeron, p. 13.
- ↑ 32 × 23,5 cm. Reproduction dans Surréalisme, 2024, catalogue de l'exposition du centenaire, Centre Pompidou (ISBN 978-2-84426-988-1), p. 16.
- ↑ Reproduction dans Alexandrian, p. 161.
- ↑ Reproduction dans André Breton : la beauté convulsive, p. 445.