RAW
Regards sur l’actualité du mouvement Wikimédia.
Infolettre mensuelle no 295 — août 2026

L'Édito

Un numéro exceptionnel

La conférence Wikimania s'est achevée le . Que vous ressentiez de la frustration (si vous n’avez pas pu y assister) ou du wikispleen (si vous y étiez et que vous avez du mal à digérer que ce soit déjà fini), l’équipe des RAW n’a pas ménagé ses efforts pour vous proposer un numéro XXL qui revient en long, en large et en travers sur cet événement qui le mérite bien. Comptes-rendus, témoignages, entretiens, il y en aura pour tous les goûts ! Le numéro est aussi exceptionnel par le nombre de rédactrices et de rédacteurs qui y ont participé — merci !

Au-delà de Wikimania, l’actualité wikimédienne est loin d’être paisible cet été. Nous vous proposons donc aussi de revenir en détail sur la crise qui secoue la fondation Wikimédia autour de la reconnaissance du syndicat Wiki Workers United (WWU). Nous aurons probablement l’occasion de couvrir la suite de cette histoire dans le prochain numéro. D’ici là, bonne lecture !

❖ Au menu de ce numéro ❖

En bref

Échos francophones

§ Le retour des élections admin — Après plus de six mois sans aucune candidature au statut d'administrateur — la dernière remontait à et n'avait pas été concluante — trois contributeurs (mais aucune contributrice…) ont déposé la leur. Croquemort Nestor a été élu mi-juillet, tandis que l'élection de Nanoyo88 (vote) et Aelxen (vote) doit se terminer en même temps que la publication de ce numéro, vraisemblablement de manière positive pour au moins l'une des deux. ◼ Jules*

§ L'Observatoire des IA fait peau neuve — L'Observatoire des IA, lancé en 2024, a fait peau neuve. C'est le bon endroit pour se familiariser avec la détection des contenus générés par IA, notamment des textes, et pour participer à la maintenance en la matière, afin de préserver la qualité des articles de Wikipédia. La page de discussion du projet permet d'analyser collectivement des cas précis. ◼ Jules*

§ Identifier les sources rédigées par IA générative — De plus en plus de sites web peu scrupuleux, dont le nom de domaine a parfois été racheté, publient des contenus de faible qualité générés par IA, souvent en pillant des médias journalistiques. Ces sites, qui ne sont pas des sources fiables, sont insérés sur Wikipédia par des contributeurs débutants comme expérimentés. Une nouvelle page d'aide, Aide:Identifier une source générée par IA, a été créée pour pallier ce problème. ◼ Jules*

§ Un nouveau portail... chaud — Tristement d'actualité en France et dans le monde, le Portail:Feu (et le Projet:Feu) a été créé le mois dernier par SenseiAC. Consacré à ce phénomène de dégradation visible d'un corps par une réaction chimique exothermique d'oxydo-réduction, il rassemble plus de 500 articles. Le saviez-vous ? Dans la région méditerranéenne, 92 à 98 % des feux de forêt sont d'origine anthropique, par négligence ou malveillance ! ◼ Antimuonium

§ Le mois de la wikification 2026 vient de se terminer — Le mois de la wikification est un événement annuel organisé en juillet et visant à wikifier des articles présentant des défauts de mise en page. L'édition de cette année s'est achevée avec un bilan très positif : 2 220 articles ont été recensés comme ayant fait l'objet d'une wikification. Cette année encore, le record établi l'année dernière (1 797 articles) a été battu (+ 23,5 %) ! L'objectif de 2 000 articles a été atteint après 25 jours. En parallèle, la catégorie des articles à wikifier a perdu 1 334 articles au cours du mois (en tenant compte des ajouts entre-temps), pour atteindre 11 355 articles à la fin du mois. Ces chiffres sont toutefois à relativiser, étant donné que certains de ces articles ont fait l'objet d'une wikification partielle sans retrait du bandeau {{À wikifier}}.

Bilan des différentes éditions du mois de la wikification
Années 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Nombre d'articles wikifiés 612 762 / / 895 1 106 1 553 1 797 2 220
Nombre de participants
(y compris IP et comptes temporaires)
17 14 / / 30 33 50 67 66

Le mois de la wikification, c'est avant tout un travail collectif : 66 participant(e)s ont pris part à cette édition (contre 67 en 2025), certains ayant wikifié plusieurs centaines d'articles à eux seuls. En attendant la prochaine édition en 2027 — qui, espérons-le, établira un nouveau record —, chacun peut participer à la wikification de l'un des quelques milliers d'articles restants ; il est même possible de récupérer une liste par centre d'intérêt (par exemple ici pour le Portail:Presse écrite). ◼ Antimuonium

Ailleurs dans le mouvement

§ Un appel à commentaires concernant l'avenir d'Abstract Wikipedia — Aussi appelé Wikipédia abstraite, c'est un projet qui fait couler beaucoup d'octets, comme nous l'évoquions en avril dernier lors de sa sortie en version bêta. Le dernier, le contributeur anglophone Qcne a lancé un appel à commentaires sur Meta formulant trois propositions sur l'avenir de ce projet :

  1. Suspendre le déploiement d'Abstract Wikipedia et n'intégrer le contenu généré dans aucune version linguistique de Wikipédia.
  2. Par souci de transparence, publier les coûts du projet, ses critères de réussite, ses critères d'arrêt et une évaluation indépendante.
  3. Mettre fin au projet, à moins qu'un examen indépendant ne démontre qu'il est en mesure de répondre aux critères publiés dans un délai défini.

Vous pouvez participer à la discussion sur la page de l'appel à commentaires. ◼ Antimuonium

§ Un concours sur l'Estonie — Porté par plusieurs associations locales, ce concours vise à enrichir les contenus relatifs à ce pays d'Europe dans d'autres langues, à savoir l'espagnol, le basque, le catalan et le galicien — en plus de l'estonien. Entre le et le , le concours a enregistré 45 participants, 767 pages modifiées et 525 articles créés, la plupart en estonien et en basque. À quand la participation de la version francophone ? Plus d'informations sur la (es) page du concours et sur (en) Diff. ◼ Antimuonium

§ 3 nouvelles vidéos de la Fondation Wikimédia — Il y a 5 ans, la Fondation Wikimédia a lancé une série de vidéos appelée A Wiki Minute (« une minute wiki ») visant à expliquer le fonctionnement de l'univers Wikimédia. D'une durée d'environ une minute, elles sont disponibles sur Wikimedia Commons (y compris en français). En 2026, trois nouvelles vidéos ont été ajoutées (uniquement en anglais pour le moment) :

Plus d'informations sur (en) la page du projet. ◼ Antimuonium

§ Vous ne savez pas quoi faire le prochain ? — Pour celles et ceux qui auront la chance d'observer le phénomène, le sera marqué par une éclipse solaire. Si elle ne sera totale que dans une région du monde (notamment en Islande, en Espagne, au Groenland et au Portugal), une éclipse partielle pourra être observée dans une partie de l'Europe (y compris la France métropolitaine) et, dans une moindre mesure, au Canada. Si jamais l'envie vous en prend, n'hésitez pas à téléverser vos photographies sur Commons. Comme le rappelle Wikimedia España, ces clichés permettent de documenter cet événement astronomique et d'en constituer une précieuse archive sous licence libre. Pensez toutefois à observer le soleil avec un équipement adapté ! ◼ Antimuonium

§ Comment représenter les langues des signes sur le Wiktionnaire ? — Le Wiktionnaire documente remarquablement bien les langues écrites, qu'il s'agisse des principales langues du monde ou des langues régionales moins documentées. En revanche, les langues des signes restent assez peu présentes, représentant une infime fraction des entrées du Wiktionnaire, alors que la question de l'accessibilité pour les personnes sourdes suscite davantage d'attention. Dans un billet publié sur Diff, l'utilisateur malayophone PeaceSeekers (d · c · b) propose plusieurs pistes pour mieux les intégrer, notamment grâce à un espace de noms dédié, une meilleure place accordée aux photos et vidéos des signes, ainsi qu'à des descriptions textuelles adaptées. Il propose que les entrées aient un format comme celui-ci (pour le mot « année » en langue des signes malaisienne) en remplacement des pages actuelles telles que celle-ci (pour « Wiktionnaire » en langue des signes américaine). Sur le Wiktionnaire en français, des traductions en langue des signes française sont disponibles pour près de 300 entrées et renvoient le plus souvent vers lsf.wikisign.org (par exemple sur bicyclette). Ce sujet a déjà été discuté précédemment dans les Actualités du Wiktionnaire de mai 2023. ◼ Antimuonium

Nouveautés techniques et outils

§ Un gadget de la Bibliothèque Wikipédia — Dans le numéro précédent, on vous indiquait qu'« une enquête a montré que beaucoup de contributeurs oublient l'existence de la bibliothèque Wikipédia ». Fabius Lector a lancé une discussion dans Le Jardin qui a débouché sur la création d'un nouvel outil. L'idée initiale est de signaler automatiquement, dans les références des articles, les sources accessibles via La Bibliothèque Wikipédia, ce programme qui donne aux contributeurs éligibles un accès gratuit à des bases de données et journaux habituellement payants, notamment en anglais (JSTOR, Gale, De Gruyter etc.) et en français (Les Jours, L'Informé, Cairn.info...), et qui continue de se développer.

Après plusieurs jours d'échanges et de tests, Framawiki, Od1n et Escargot bleu ont développé un nouvel outil permettant d'afficher un petit lien vers la Bibliothèque à côté des sources compatibles présentes dans les pages Wikipédia. Il est particulièrement utile en relecture ou patrouille, permettant de consulter le contenu complet des références compatibles avec la Bibliothèque.

L'outil, réservé aux comptes ayant plus de 500 contributions et 3 mois d'activité, est à présent activé par défaut pour les contributeurs élligibles. Il peut ne pas fonctionner dans certains cas, et est donc désactivable dans vos préférences de compte si il génère trop de faux-positifs à votre goût. L'idée a également suscité l'intérêt de contributeurs sur le Discord anglophone de Wikimédia. ◼ L'embellie et Framawiki

§ Prix littéraire — Sylvain Machefert répertorie les prix littéraires en s'appuyant sur les données de Wikidata. L'interface permet aussi de compléter les données manquantes[1]. Une belle manière d'utiliser et valoriser les données de Wikidata. Découvrir. ◼ PAC2

§ Contributions par projets — L'outil Quarry permet de dénicher des statistiques sur nos wikis. Une requête permet de lister les wikiprojets auxquels un contributeur a le plus participé. Elle regarde pour chaque article édité quels sont les projets ayant des catégories en page de discussion. Pour obtenir cette information à propos de vos contributions, il suffit de se rendre sur la requête, cliquer sur « Fork » en haut à droite, puis remplacer votre pseudonyme ligne 16 et cliquer sur « Submit ». Les projets sur lesquels vous contribuez le plus pourraient vous étonner ! ◼ Framawiki

§ Une nouvelle fonctionnalité pour les mentors inactifs — Le mentorat, qui met en relation chaque nouvel arrivant avec un contributeur expérimenté volontaire afin de l'accompagner dans ses premiers pas, bénéficie d'une nouvelle fonctionnalité le dernier. Afin de garantir aux nouveaux une réponse, les mentors inactifs sont désormais automatiquement mis en pause ou supprimés de la liste des mentors. Discutée sur Wikipédia en français, la fonctionnalité a été mise en œuvre : les mentors n'ayant effectué aucune modification depuis 14 jours sont marqués comme absents ; après 90 jours d'inactivité, ils sont simplement retirés du mentorat. Vous pourrez donc parfois constater des réattributions de mentors dans votre liste de suivi. ◼ Antimuonium

Dossier spécial Wikimania

Les POV

Ma Wikimania : la joie, l'inquiétude et la raison d'être

Que retenir des cinq jours de la Wikimania à Paris, quand c'est la première à laquelle on assiste ? Réponse subjective.
— Jules* —


Une jolie devise et de jolis graphismes pour la Wikimania 2026.

Plus de 3 000 participants et participantes, représentant plus de 150 millions de contributions sur les projets Wikimedia (dont presque huit rien qu'à cause de VIGNERON Émoticône), des centaines de conférences, une superbe devise — Liberté, équité, fiabilité —, une bonne ambiance… La Wikimania 2026, à Paris, a été de l'avis général un large succès.

Il s'agissait de ma toute première Wikimania (comme un tiers des personnes présentes), et ma dernière participation à un événement wikimédien IRL remontait à une dizaine d'années ; je suis un peu un ours, en dépit de ma corpulence. Autant dire que je m'attendais à me retrouver en terre étrangère, puisque mon activité est intégralement sur les projets en ligne, même si je savais que j'allais revoir des visages connus et surtout mettre de nouveaux visages sur des pseudonymes que je croise quotidiennement ou presque sur Wikipédia, ce qui me réjouissait.

Des rencontres

L'encyclopédie collaborative. Allégorie.

Ça n'a pas manqué, avec une quarantaine de wikipédiens et wikipédiennes, mais aussi wiktionnaristes, wikisourciens ou commonistes, toutes et tous francophones, rencontrés pour la première fois. Sans compter les wikimédiens parlant d'autres langues, quelques salariés de la Fondation, et l'un des cofondateurs de Wikipédia (je vous laisse deviner lequel !), qui s'avère fort sympathique et charismatique. Une joie sincère de rencontrer mes pairs, d'horizons assez différents, qui m'a fait rentrer chez moi le sourire aux lèvres dès le soir du premier jour de l'événement.

C'est aussi un bon moyen de relativiser les désaccords et les tensions inévitables dans une communauté aussi diverse. Qui me fait penser que chaque wikipédien(ne) devrait tester, au moins une fois, une rencontre wikimédienne IRL (pas forcément de l'échelle de la Wikimania).

L'ambiance de la Wikimania, franchement joviale, était paradoxalement percluse de sourdes inquiétudes. Sur toutes les bouches, dans les conférences comme dans les discussions informelles, étaient omniprésents les défis et menaces croissants que le mouvement Wikimédia doit affronter.

Des menaces

Externes, d'abord. Le risque le plus évoqué dans les conférences — où il a parfois été présenté comme une opportunité, vision qui me paraît très optimiste —, est de loin le déferlement de l'IA générative, qui met sous contrainte les patrouilleurs et patrouilleuses, fait peser un risque de baisse du lectorat de l'encyclopédie et fragilise considérablement, au-delà de Wikipédia, à la fois l'écosystème informationnel et le World Wide Web, deux sphères qui se recoupent largement et dans lesquelles Wikipédia est ancrée, avec des dépendances mutuelles. La multiplication, ou sa perspective, des régimes autoritaires, notamment d'extrême droite, dans des pays démocratiques — au premier titre desquels les sphères trumpiste et libertarienne aux États-Unis — avec comme conséquences une restriction des libertés fondamentales et des attaques virulentes contre la science et la connaissance, a aussi été évoquée.

Internes, également. La baisse du lectorat qui semble s'amorcer et devoir se renforcer sous l'effet des changements d'usages en faveur des agents conversationnels LLM pour les recherches sur Internet, y compris dans les moteurs de recherche, fait craindre une poursuite de la stagnation, voire de la baisse du nombre de contributeurs et contributrices (voir l'analyse parue dans les RAW en avril dernier pour Wikipédia en français). La Fondation est particulièrement active pour alerter à ce sujet et entreprend diverses expérimentations — pour certaines consensuelles, pour d'autres moins bien reçues et quelque peu maladroites — pour mieux accueillir ou retenir les nouveaux contributeurs.

Sophie Adenot vous parle.
Depuis l'espace.
Face à ces défis, qui peuvent légitimement inquiéter (c'est mon cas), nous ne sommes toutefois pas seuls. La Wikimania en général m'a rappelé concrètement que nous étions des milliers à partager des valeurs similaires, une même volonté de donner un accès gratuit à la connaissance au plus grand nombre, par-delà nos désaccords. La vidéo de l'astronaute française Sophie Adenot, enregistrée depuis l'ISS, m'a fait verser une petite larme :

« Ce que j'aime chez Wikipédia, c'est que ça fait converger trois des moteurs les plus puissants de l'humanité : la curiosité, le partage et la science. […] La connaissance libre repose sur le collectif, la transparence et l'exigence, alors go Wikipédia ! »

De l'ISS à l'Unesco

Mariya Gabriel, la sous‑directrice générale pour la communication et l’information de l'Unesco, lors de la cérémonie d'ouverture.

Plus long, en anglais avec une conclusion en français, le discours de la sous‑directrice générale pour la communication et l’information de l'Unesco, Mariya Gabriel, lors de la cérémonie d'ouverture, m'a aussi ému. Ce que je n'attendais pas d'un discours institutionnel. Il célèbre les 25 ans de Wikipédia, rien de moins que « l'un des meilleurs projets collectifs relatifs à la connaissance dans l'histoire de l'humanité » : « Wikimédia est une source de confiance non parce qu'elle prétend être parfaite, mais parce qu'elle est transparente. » Résolument politique, construit à partir de la devise de la Wikimania, le discours passe par de multiples mises en perspective : sur la connaissance comme bien commun, sur les valeurs du mouvement Wikimédia, qui sont communes à l'Unesco, indispensables à la démocratie et vectrices de paix, sur les menaces contemporaines (désinformation, polarisation de la conversation publique, IAg, marchandisation du web, changement climatique, etc.), sur les enjeux d'équité, sur la contribution…

Ce discours de Mariya Gabriel souligne aussi en creux combien Wikipédia et le mouvement Wikimédia sont politiques, en dépit des dénégations de bonne foi par des contributeurs prompts à voir dans cette affirmation une affirmation partisane : les projets Wikimédia ne sont pas suspendus dans un vide absolu, ils sont ancrés dans la société, sur laquelle ils ont une influence et dont ils ressentent aussi les influences. Vouloir diffuser la connaissance au plus grand nombre est éminemment politique. Allez dire le contraire aux contributeurs emprisonnés ou encore, dans un tout autre registre, à Elon Musk.

Ce discours, enfin et surtout, m'a rappelé à quel point ce que nous, wikimédiens et wikimédiennes, faisons modestement au quotidien a du sens. Ne le perdons pas de vue. Là encore, c'est à mon sens un motif de réjouissance, en particularité face à l'adversité.

Je vous invite à lire aussi les témoignages d'autres wikimédien(ne)s ci-dessous, qui couvrent plusieurs autres aspects de la Wikimania que je n'ai pas évoqués. ◼ 

Témoignages : regards sur la Wikimania

Ils et elles ont participé à la Wikimania de Paris. Nous leur avons demandé ce qu'ils en retenaient ! Vous pouvez compléter cette lecture par celle du dernier numéro des Actualités du Wiktionnaire, qui revient aussi sur la Wikimania.
Mettre des visages sur des pseudos
Expérience IRL probablement unique (hormis les ateliers à Violette&co) pour moi qui ne sors quasiment plus de l'Île-de-France. Pouvoir mettre, en l'espace de quelques jours, des visages sur autant de pseudos avec qui je discute sur Discord et sur les pages de discussion, je pense que ça ne m'arrivera plus jamais. Mon coup de cœur va à trois personnes en particulier : Enrevseluj le moulin à paroles, Taousert et Ticomolow.
Organisation quasi parfaite, hormis la demi-heure d'attente dehors quand on arrive à 9 h et hormis les pseudos microscopiques sur les badges. Expérience négative dans l'ensemble lors des ateliers/conférences/etc. à cause de l'overdose de langue anglaise (même la reprise de Les Champs-Élysées a été chantée en anglais, avec certes les deux langues à l'écran), seule la présentation de Lyokoï (et de ses invitées) des très belles réalisations de la cabale lyonnaise m'a marqué positivement, mais ça c'est moi qui sature avec la langue anglaise, je pense être en minorité là-dessus. Nourriture très bonne (les mini-gougères et mini-pizzas, une tuerie). Merci à tout le monde. Émoticône cœur wikilove Wikipédiennement. ◼ Slzbg
Beaucoup de Wikilove
Première Wikimania et que d'émotions ! Plaisir de mettre des visages sur des pseudos, d'en rencontrer des nouveaux. Cohésion dans cette communauté diverse en âge, culture, pays, faite de gens qui travaillent ensemble à un projet qui les dépasse. Complicité sur le stand géant des groupes locaux, où je me dis que ce que je fais ne sert pas à rien. Frustration face à la WMF décevante dans sa gouvernance. Joie de voir une myriade de badges épinglés en soutien à WWU. Détermination quand des discours ne tournent plus autour du pot et deviennent ambitieux. Une larmichette en entonnant Oh Wikipedia avec le WikiOrchestre et le WikiChoeur... Bref, beaucoup de Wikilove et une envie de bouffer le monde avec mon stylo wiki. Pour parodier le Stup : « Un stylo wiki ça donne du courage, tu te sens moins seul ». Envie d'aller à Santiago [lieu de la prochaine Wikimania, NDLR], et d'ici là faire plein d'autres WikiÉvènements. Merci à toute l'orga, et à vite ! Émoticône cœur wikilove ◼ Entropy Fighter
La Table ronde, le Graal de l'Open durable et l'auberge wikimédienne
Je ne sais pas si d'autres wikipédistes ont participé comme moi à la Wikimania en ligne, et non en présentiel, mais j'ai beaucoup apprécié la richesse et la diversité des conférences même si l'aspect convivial fait complètement défaut dans cette formule à distance. Parmi la foultitude de conférences, ateliers et discussions proposés, deux interventions ont particulièrement retenu mon attention car elles ouvrent, je pense, des perspectives prometteuses (les liens vers les vidéos sont dans les pages de présentation).
La table-ronde L'IA générative dans mes contributions Wikimédia : entre le permis, le toléré et le tabou (vidéo) a réuni plusieurs wikipédistes de la communauté francophone. Ce panel de 55 min est un véritable concentré d'idées sur ce que nous pouvons faire dans les communautés et les contributions à l'ère de l'IA. De la politesse de ne pas converser via un outil d'IA à l'utilisation de l'ingénierie pédagogique pour faire évoluer les formes d'apprentissage, tout un spectre de nouvelles attitudes et de gestion raisonnée de l'IA sont évoquées dans cette discussion féconde menée d'une main de maître par Emmanuelle Guebo Kakou. Un débat de référence.
La courte présentation de Ramya Chandrasekhar intitulée From open data to sustainable data commons: A multilayered ecosystem (vidéo) est vraiment impressionnante. Cette jeune chercheuse en droit du CNRS expose en 10 min pourquoi la réécriture des licences Open Data Commons ainsi qu'un changement dans les mécanismes de gouvernance et de partage des revenus sont nécessaire pour renforcer l’écosystème de l'Open à l'ère de l'IA. Présentation pionnière, spécialisée et indispensable.
Une dernière idée lumineuse qui a émergé dans les discussions sociales sur les canaux Telegram, et qui est, je l’imagine, passée complètement inaperçue mais c'est vraiment une idée géniale : pour lutter contre le wikispleen (coup de mou après un événement intense comme la Wikimania) quelqu'un a proposé la création d'un lieu de ressourcement permanent pour les personnes wikimédiennes, si possible dans un lieu idyllique comme les Alpes. C'est vrai que la vie wikimédienne est ponctuée toute l'année de rencontres IRL, mais à ma connaissance il n'existe, de par le monde, aucun lieu permanent de rencontres wikimédiennes. Il y a bien des bureaux de chapitres et associations dans des villes, mais pas encore cette mythique auberge wikimédienne, quelque part dans la montagne, qui proposerait à la fois une bonne connexion internet, des balades en pleine nature et un accueil toute l'année. À méditer. ◼ Waltercolor
Wikimedia LGBT+ : un ovni dans l'écosystème Wikimedia
Paris était ma septième Wikimania. Ma première était à Washington DC, en 2012. Je m'inscris par hasard au meet-up LGBT, organisé par ce qui deviendra ensuite Wikimedia LGBT+. À l'époque, c'est essentiellement un groupe de parole, avec une dizaine de personnes, qui ne fait pas forcément beaucoup d'activités.
Un fantôme aux couleurs LGBT travaillant avec concentration sur son ordinateur portable
Barba, création graphique du Wikiproyecto LGBT qui a aussi le tableau de suivi et le site web parmi les plus cools du mouvement.
Presque 15 ans plus tard, Wikimedia LGBT+ a deux salariés, une conférence dédiée, une centaine de personnes à son meet-up et organise même une visite des lieux queers de Paris ! Il s'agit aussi d'un ovni dans l'écosystème Wikimedia, puisqu'à ma connaissance il est le seul à fonctionner de manière multi-lingue par nature. Non seulement nous organisons des évènements de contributions en anglais, espagnol et français, mais les ajouts circulent entre les versions linguistiques, et pas uniquement de l'anglais vers les autres langues. Cette année, le gros travail réalisé sur LGBT à Singapour a permis d'enchanteler des discussions sur la neutralité des articles en anglais. C'est cela, pour moi, l'essence de Wikimania : pouvoir apprendre des autres personnes du mouvement afin de s'améliorer soi-même. ◼ Léna
Se rencontrer un peu plus souvent dans la francophonie
J’ai vécu ma meilleure Wikimania, logique c'était la première. Je retiens de cette Wikimania d’extraordinaires rencontres, de superbes moments au restau, beaucoup d'échanges en anglais et surtout l'opportunité de mettre des visages sur des pseudos. Je retiens aussi de superbes suggestions d’application des projets à une association culturelle au sein d’un simple échange au coin de table. Et, finalement, un peu trop de mousse et pas assez de concret dans les conférences. En des mots plus simples : ce serait bien de se rencontrer un peu plus souvent dans la francophonie. ◼ Nanoyo
Une organisation sans faille
Une superbe organisation sans faille. Ce fut un plaisir de revoir des contributeurs que je n'avais pas vu depuis... oh là là et de belles nouvelles rencontres. Beaucoup de présentations, j'ai participé à quatre et une est sortie vraiment du lot : De la connaissance ouverte à l'intégrité de l'information. Le seul reproche que je peux faire, le manque de visibilité des pseudos sur les badges et peut-être la nourriture pas assez variée à mon goût, mais attention, c'était bon. Merci encore à la team organisateurs et bénévoles, hyper disponibles, qui ont assuré sur cette manifestation comme des pro Émoticône. ◼ Lomita
Un rythme intense et soutenu
Habitué des rencontres IRL de plus petite envergure (ateliers, Missions Gourmande et Postale, Wikiconventions francophones 2022 et 2024 et tous les Wikicamps depuis leur création), cette première Wikimania a été une aventure dont je chérirai très précieusement les souvenirs. Pour un autiste, cela représente tout de même quatre jours d'un rythme intense et soutenu, où il faut savoir se battre contre soi-même pour préserver son énergie : contre la curiosité qui commande de tout voir, tout faire, tout écouter ; contre l'habitude qui réclame de continuer à contribuer sur place aux projets. Car le plus précieux dans ces évènements, et encore plus pour cette Wikimania, ce sont les ami·e·s que l'on revoit, les ami·e·s que l'on s'y fait, les personnes qui nous aident et que nous aidons. Et ce formidable effet Waouh!, qui rien qu'à l'écrire m'invoque une larme : « On fait quand même un truc cool. Tous ensemble. Et on continuera à le construire. Ensemble. » ◼ Poslovitch
Un selfie avec Baby Globe
J'ai adoré cette Wikimania ! (ma 2ème). Commencée un peu avant en préparant avec mon incroyable équipe notre participation au Team Challenge [type de hackathon, NDLR]. Je suis super content que nous ayons réussi à présenter quelque chose d'utile en moins de deux jours, tout en aidant pour ma part deux autres équipes en tant que « super mentor ». J'ai trouvé ce nouvel exercice intéressant et réussi. J'ai enchaîné avec mon bénévolat qui consistait à gérer la transcription en temps réel des confs. C'était sportif mais ça m'a donné une idée pour le hackathon en réalisant un dashboard de suivi de chaque salle. C'était fun ! J'ai quand même trouvé le temps de rencontrer plein de monde de tous les horizons, faire le plein de goodies, d'énergie, et surtout de faire un selfie avec Baby Globe <3 Bravo aux orgas vous avez géré ! ◼ Don-vip
Beaucoup de fatigue, mentale, physique et émotionnelle
En tant que participant, je ne retiens rien. Ma tête est vide. Je me souviens avoir discuté avec plein de personnes, mais je n’ai plus ni les noms, ni les têtes. J’ai pu participer à très peu de conférence, et si mes souvenirs sont bons, c’est une table ronde (où j’intervenais), deux meetups et une conférence. Le reste, c’est que des morceaux. J’ai toutefois été très heureux de revoir et rencontrer tant de wikimédien·nes.
En tant qu’orga, la fatigue d’abord, beaucoup de fatigue, mentale, physique et émotionnelle. En étant dans l’équipe T&S, Convivialité et président de WMFr, j’ai l’impression d’avoir enchainé la gestion des galères de toute nature, dès le lundi matin, et jusqu’au samedi soir. Je sais qu’en tant qu’orga, on profite moins des évènements qu’on organise. Je l’avais déjà expérimenté pour d’autres évènements. Mais je ne m’attendais pas à un tel niveau. La leçon que j’en tire, confortée par tous vos gentils messages ci-dessus, c’est que j’ai (et d’autres sûrement) passé une semaine de l’enfer pour faire en sorte que d’autres puissent profiter pleinement. J’espère pouvoir vous revoir lors d’évènements où je pourrai vraiment prendre le temps de discuter avec vous.
Enfin, en tant que président de WMFr, je suis content que Wikimédia France ait pu organiser et accueillir la Wikimania. Je pense qu’il s’agit d’une édition très réussie, les gens sont contents et des nouvelles idées vont émerger en conséquence. Cela a permis de souder la communauté française et francophone, et cela a donné un nouvel élan au chapitre.
Reposez-vous, et on se revoit bientôt. Émoticône sourire ◼ Lepticed7
Un an d'organisation
Ce n'était pas ma première Wikimania, loin de là. Mais celle-ci a une saveur particulière : un an d'organisation avec Dyolf77 et tous les bénévoles de l'équipe Programme Émoticône cœur wikilove, pour 5 jours de show ! Du coup, je n'en ai pas vu grand chose, toujours à courir à gauche et à droite pour remettre un panneau en place, remplacer une personne à la gestion d'une session, ou étudier comment chaque salle peut être utilisée au mieux en fonction de l'affluence. Tout ça pour quoi ? Pour que les gens viennent dire qu'ils sont heureux d'y avoir participé. ◼ Trizek
Voir qu'on est pas seul·e
Pour des projets principalement en ligne, c'est toujours important de voir qu'on est pas seul·e et qu'on est une (ou peut-être plusieurs) communautés. Plein de gens super sympas et intéressants rencontrés. Ça m'aide quand je galère au quotidien contre la genAI, le POV pushing, les LTA et les modifs fastidieuses. À Wikimania c'est aussi bcp plus facile de faire des discussions « générales » à l'oral. À nous de nous organiser pour les continuer ici ou ailleurs (Wikiconvention, Wikicamp, groupes locaux ou thématiques…). Wikimania c'est frustrant parce que j'avais envie de parler avec plein de monde et on a un temps limité donc j'ai l'impression d'avoir eu des conversations trop courtes et pas abouties : meh. Wikimania ça donne plein d'idée de collabs ou d'autres idées pour contribuer. Mais… au retour d'une Wikimania, il faut savoir mesurer son effort : les projets sont une course de fond, pas un sprint post-Wikimania (qui a tendance à vider la bonne volonté). Votez Baby Globe ! ◼ (:Julien:)

L'Analyse

La crise s'intensifie après le refus de la WMF de reconnaître le syndicat WWU

Alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe. La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d'avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n'avaient pas convaincu.
— Jules*, Sukkoria[a] —


« Pourquoi pas aujourd'hui ? Vos actes ne sont pas alignés avec vos paroles, et ce sont les actes qui comptent[b]. » La voix est posée mais ferme. Un grand silence accueille ces mots dans la salle « Louis-Armand est » du centre des congrès où se tient la Wikimania 2026. Nous sommes vendredi et la pièce, plongée dans une relative obscurité, est bondée : il y a là peut-être deux cent personnes, dont certaines se tiennent debout le long des murs — tous les sièges sont déjà pris. La question s'adresse à la nouvelle directrice exécutive de la Fondation Wikimédia (WMF), Bernadette Meehan. Elle vient à l'instant de refuser d'indiquer si la WMF allait reconnaître volontairement la branche américaine du syndicat Wiki Workers United (WWU), créé par les salariés de la WMF.

En mai, de premières tensions

Le logo du syndicat Wiki Workers United (WWU).

Pour comprendre, il faut revenir un peu en arrière : le dernier, TheresNoTime, contributeur·ice bénévole sur les projets et par ailleurs salarié·e de la fondation, crée une page Meta-Wiki intitulée Wiki Workers United. Huit jours après, alors que les communautés en ligne découvrent progressivement l'effort inédit de syndicalisation, la WMF annonce la dissolution de l'équipe Community Tech qui développe des outils demandés par les contributeurs bénévoles. Les employés concernés en ont été informés au dernier moment et risquent d'être licenciés. Or plusieurs d'entre eux, parmi lesquels TheresNoTime, participent à l'initiative de syndicalisation.

Comme nous le relations dans le numéro de juin[c], l'annonce est mal reçue par la communauté qui se montre très critique sur les évolutions de la prise en charge des souhaits de la communauté. Par ailleurs, elle soupçonne la WMF de recourir à une technique de répression antisyndicale. D'autant qu'une développeuse historique du logiciel MediaWiki, Brooke Vibber, également impliquée dans le WWU, vient de quitter la fondation, sans explication.

Deux pétitions communautaires, qui dépassent rapidement le millier de signatures chacune, sont alors ouvertes pour soutenir le WWU, tandis que la WMF dément toute stratégie antisyndicale. La plupart des membres de l'équipe dissoute sont intégrés à d'autres services — mais trois sont licenciés.

70 % des salariés américains favorables au WWU

Aux États-Unis, deux processus pour reconnaître un syndicat
Aux États-Unis, la constitution d'un syndicat au sein d'une organisation peut passer par deux processus :
  • le processus classique (et lent), dans lequel les salariés éligibles votent à bulletin secret (reçu à domicile au format papier), sous la supervision du National Labor Relations Board ;
  • un processus plus rapide (card check recognition), dans lequel l'employeur reconnaît volontairement le syndicat lorsque plus de 50 % des salariés éligibles ont signé un document indiquant leur volonté de créer le syndicat.

Revenons à la Wikimania, vendredi . C'est l'administratrice anglophone Theleekycauldron, Claudia de son prénom, qui met le sujet sur la table, dès le début de la session de questions-réponses à l'équipe exécutive de la WMF (cf. ci-dessous ou sur Youtube). À vrai dire, dans l'audience, tout le monde n'attendait que ça. On ne compte plus, depuis quelques jours, les participants à la Wikimania qui arborent un badge en soutien au WWU.

Theleekycauldron rappelle le contexte : cinq jours auparavant, le lundi , le syndicat américain Communications Workers of America (CWA) a demandé à la WMF de reconnaître volontairement la branche américaine du WWU (qui lui est affilié), après que plus de 70 % des salariés éligibles de la WMF ont signé en faveur de la reconnaissance du syndicat (voir encadré ci-contre).

Précisons que les 700 employés de la WMF sont répartis dans de nombreux pays, avec des contrats relevant de législations diverses (généralement avec un intermédiaire comme employeur local), si bien qu'il n'est pas possible de créer sur le plan juridique un syndicat WWU à portée internationale. Le WWU n'en vise pas moins à rassembler les salariés de la fondation quel que soit leur lieu de travail. Si besoin avec des branches locales, donc. La branche américaine du WWU et le CWA ont donné à la fondation jusqu'au vendredi pour répondre à leur demande.

Vendredi, nous y voilà. « Allez-vous respecter les valeurs du mouvement Wikimédia et reconnaître le WWU aujourd'hui ? » demande Claudia sous des applaudissements nourris.

Au Royaume-Uni, une situation différente
La première démarche de formalisation du syndicat a été faite au Royaume-Uni, deuxième pays qui compte le plus d'employés de la Fondation, à savoir une quarantaine ; 70 % d'entre eux se sont syndiqués. La loi britannique prévoit trois possibilités :
  • la reconnaissance volontaire du syndicat par l'employeur lorsqu'au moins 20 % des salariés ont adhéré (versement de cotisations) à un même syndicat ;
  • en cas de refus, la reconnaissance légale par un organisme gouvernemental indépendant, qui nécessite l'adhésion de plus de 50 % des salariés au syndicat (il n'y a donc pas de vote comme c'est le cas aux États-Unis) ;
  • alternativement, une négociation entre syndicat et employeur.
La Fondation a choisi la troisième voie, celle d'une négociation. C'est toutefois l'employeur enregistré, qui sert d'intermédiaire pour l'emploi des travailleurs britanniques, qui intervient dans ces négociations, quand bien même c'est en réalité la Fondation qui prend les décisions.

La directrice de la WMF, Bernadette Meehan, répond en substance que l'équipe exécutive est concentrée sur le déroulement de la Wikimania, n'a pas encore pris de décision et ne répondra que le lundi suivant. « Nous soutenons le droit des salariés à se syndiquer », affirme-t-elle. « Si c'est le souhait de la majorité des salariés éligibles [aux États-Unis] de se syndiquer, alors il y aura un syndicat et nous entrerons dans des négociations collectives. […] Je ne considère pas ça comme un sujet conflictuel », précise-t-elle, insistant sur le respect des procédures garantissant la possibilité à chaque salarié de s'exprimer librement.

Plusieurs personnes de l'audience interviennent. L'une pour souligner qu'une large majorité de salariés s'est exprimée formellement en faveur de la syndicalisation et que la WMF a donc d'ores et déjà la possibilité de reconnaître le syndicat américain. L'autre pour signaler qu'au Royaume-Uni, la WMF a refusé de reconnaître volontairement le syndicat (voir encadré). Une troisième soutient que la confiance entre communautés et WMF a été bien entamée ces derniers mois. Au fil des interpellations, Bernadette Meehan répète que la WMF répondra le lundi suivant et insiste sur la nécessité de supposer la bonne foi de l'autre.

À l'issue de la session, plusieurs bénévoles s'avancent vers Bernadette Meehan, une liasse de papier à la main : il s'agit de la pétition en soutien au WWU — la deuxième à dépasser les 1 200 signatures. Parmi eux, Femke, qui raconte : « Rarement la communauté Wikipédia s'est mobilisée en aussi grand nombre. Afin de garantir que la voix de la communauté soit entendue, nous avons décidé de l'imprimer et de remettre plus de 100 pages de signatures à [Bernadette Meehan]. »

Séance de questions-réponses avec l'équipe dirigeante de la Fondation Wikimédia, le .

À l'extérieur de la salle bruissent les discussions dans lesquelles l'on s'interroge sur la bonne foi de la direction de la fondation. « La WMF va au clash », considère en aparté une contributrice francophone qui a suivi le dossier.

Le lendemain doit se tenir une rencontre avec l’organisation syndicale, ouverte au public. Initialement prévue dans une salle de 70 places, elle est finalement déplacée dans une autre salle à la capacité de 210 places au vu de l’intérêt suscité par la thématique.

Derrière la création du WWU, une crise de confiance

Des pin's et badges de soutien au WWU à la Wikimania.

Pourquoi, au juste, les salariés de la WMF veulent-ils se syndiquer ? Plusieurs wikipédien(ne)s anglophones ont rapporté que le management serait trop vertical, les employés auraient peu de voix au chapitre, la transparence serait insuffisante dans l'organisation et qu'un certain nombre de décisions seraient prises de manière arbitraire.

Le WWU évoque quant à lui plusieurs objectifs, parmi lesquels « améliorer la transparence et la responsabilité de la direction de la WMF tant envers le personnel qu'envers les communautés du mouvement » et « garantir la capacité d'exprimer en toute sécurité un désaccord ». Tout en soulignant qu'il n'entend pas « être en opposition constante avec la direction » et qu'il souhaite résoudre les problèmes de manière constructive et collaborative.

Une affiche indiquant la réunion d'information du WWU à la Wikimania.

Lors de la réunion organisée par le WWU, ouverte aux bénévoles, un salarié précise que le mouvement de syndicalisation vise surtout à résoudre des problèmes de management, de transparence et d'équité au sein de la fondation. Pour autant, le WWU n'a pas la prétention de résoudre tous les problèmes de la WMF, notamment dans ses relations avec les communautés en ligne, préfère-t-il avertir.

Autre pièce du puzzle : juste avant Wikimania, une ancienne employée de WMF a publié sur le blog wikifired.org un récit en plusieurs épisodes des réunions avec sa hiérarchie qui ont fini par conduire à son licenciement en décembre 2025. Partagé sur le bistro de la Wikipédia anglophone (Village pump), le propos suscite des commentaires de la communauté wikipédienne anglophone, notamment au sujet de la somme de 26 000 $US qui lui a été proposée en tant qu’indemnité de départ à la condition qu’elle ne rende pas publiques les conditions de son départ. Certains bénévoles émettent alors des réserves quant à l’utilisation judicieuse des ressources financières de la WMF (provenant notamment de dons de particuliers).

Ce qu'en disent des salariés

À l'issue de la Wikimania, nous nous rapprochons de quatre salariés soutiens du WWU, que nous appellerons Bill, John, Tom et Marcel[d], et d'un autre qui se tient volontairement à l'écart de l'initiative, que nous appellerons Luc. Seul Tom est basé aux États-Unis.

Lorsque nous évoquons l'existence d'une peur à exprimer des désaccords en interne, Bill confirme : c'est précisément pour cela qu'il ne veut pas que l'on cite son nom. Tom liste quant à lui parmi ses objectifs pour le syndicat un recours accru « aux méthodes de démocratie directe et à une transparence radicale », ainsi que le fait de « dissiper la crainte que s'opposer à une mesure proposée par la direction n'entraîne des représailles ». Enfin, John indique spontanément qu'il a « extrêmement peur de la réaction de la WMF » si elle venait à savoir qui il est.

Des changements de pays de recrutement
Un sujet majeur de crispation est la liste des pays dans lesquels la WMF recrute a été modifiée en , excluant vingt pays, parfois viviers de recrutement de développeurs, au motif de difficultés opérationnelles. Cela a suscité « l’incompréhension générale » selon John.
Des employés qui souhaitaient déménager dans ces pays n'ont pas pu le faire et certains ont dû quitter la WMF. Plus incompréhensible, selon Bill, une employée a vu son déménagement en France refusé alors que le pays ne faisait pas partie de ceux exclus ; elle a quitté la WMF. La fiche de poste éditée pour la remplacer comprend pourtant l'Hexagone comme pays de recrutement. La WMF a finalement discrètement annoncé le dernier que la France rejoignait les vingt pays exclus des recrutements, mais uniquement pour l'équipe Produit et technologie dirigée par Selena Deckelmann, et sans plus d'explication officielle.
Rare point d'accord avec ses deux collègues, Luc reconnaît qu'il y a « un manque de clarté » de la part des ressources humaines sur les raisons de ces changements, qui ont mené certains de ses collègues à craindre pour leur emploi — selon lui à tort.

Bill, John et Marcel évoquent avant un problème relatif aux droits des employés. Seuls leurs temps de travail et rémunération figurent dans leur contrat, tandis que les autres droits (mutuelle, congés parentaux, processus de licenciement, etc.) varient souvent d'un pays à l'autre et dans le temps. Ils sont consignés sur une page wiki interne intitulée « Avantages » et chaque changement inopiné sur cette page prend effet immédiatement. « L'objectif premier de la syndicalisation est d'obtenir plus d'équité et de cohérence pour les salariés, quel que soit leur pays », explique Marcel. Si de l'avis général les rémunérations sont bonnes et suffisantes, les augmentations au mérite sont attribuées chaque année d'une manière jugée opaque, de même que les promotions périodiques. Des changements récents dans la liste des pays de recrutement ont aussi beaucoup inquiété (cf. encadré). Sauf pour ce dernier point, Luc ne partage pas l'avis de ses collègues. « En général, je trouve que travailler pour la Fondation est vraiment super. Mais cela dépend aussi vraiment de l'équipe dans laquelle on travaille, des collègues et des responsables. »

Tous les employés interrogés témoignent que la volonté d'une meilleure représentation des employés existe depuis longtemps. « La fondation est une organisation d'environ 700 employés répartis dans plusieurs dizaines de pays, mais la direction des ressources humaines n'a aucun interlocuteur représentatif des employés. C'est ce qu'apporterait un syndicat et ce serait une évolution normale pour une organisation de cette taille », appuie Marcel.

Pour expliquer la volonté de syndicalisation, John évoque notamment des « départs et licenciements en cascade de collègues avec des anciennetés conséquentes et dont la parole était respectée au sein du personnel de la fondation ». Celui de Brooke Vibber, « pilier historique du développement de MediaWiki et forte voix des intérêts de la communauté au sein de la fondation », a particulièrement choqué : elle a dû quitter la fondation après avoir exprimé en interne un « désaccord avec certaines orientations stratégiques », selon notre témoin.

Le démantèlement soudain de l'équipe Community Tech a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. D'autant que, racontent John et Marcel, les membres de l'équipe ont appris soudainement leur licenciement à venir avec peu d'efforts pour permettre leur reclassement, bien que leur ait été signifiée « la possibilité de candidater » à d'autres postes en interne. Ce n'est que sous l'effet des pressions internes et de la communauté en ligne que la direction a accéléré le processus de reclassement, qui a bénéficié à une partie des membres de l'équipe, mis en concurrence entre eux — deux ingénieurs et un responsable ont finalement été licenciés.

Pour Luc, l'employé qui préfère rester à l'écart du WWU, le processus de syndicalisation n'est pas du tout la cause du licenciement de Brooke Vibber (au sujet duquel la direction ne peut pas forcément partager ouvertement le motif de ses choix, défend-il) et de la dissolution de l'équipe Community Tech. Du côté du WWU, Tom et Marcel acquiescent. S'agissant de la dissolution de Community Tech, elle découle simplement du management très vertical de Selena Deckelmann, la directrice technique de la WMF. Quant au licenciement de Brooke Vibber, peut-être est-il justifié mais, argue Tom, le problème de fond est « le manque de transparence et plus encore l'absence de confiance dans l'équité des procédures de licenciement ». Il soutient d'ailleurs de longue date que le choix de l'emploi de gré à gré par la Fondation, qui dispense de justifier un licenciement, pose problème, et c'est l'un des points qu'il aimerait faire évoluer grâce au WWU. « Ces décisions ne visaient pas à faire de la répression antisyndicale, elles étaient juste totalement irréfléchies », lâche Marcel.

Plusieurs des employés à qui nous avons parlé désignent nommément Selena Deckelmann comme véritable responsable de ces décisions et des déboires des derniers mois, qui ont fait significativement monter la tension, y compris auprès des communautés. Ils soulignent aussi combien ils apprécient le soutien de la communauté en ligne. Pour Marcel, c'est l'une des premières fois que la communauté fait « explicitement la distinction entre les employés et la direction générale », les premiers subissant parfois la frustration des bénévoles pour des décisions prises par la seconde.

De son côté, Luc juge que « nous devrions davantage nous concentrer sur les menaces externes, comme l'IA, plutôt que sur des conflits internes. Nous avons besoin de plus de stabilité. À mon sens, le WWU devrait mener le débat sur la syndicalisation en interne. » S'il reconnaît que « certaines pratiques [de la WMF] dans des cas individuels ne sont pas les meilleures », il ne croit pas que la création d'un syndicat soit la solution. En fait, il a peur qu'elle crée plus de problèmes qu'elle n'en résolve : « J'ai entendu dire que le syndicat américain obligerait la fondation à adopter une approche plus américaine et moins mondiale. Que, par exemple, lors des recrutements, les Américains pourraient être favorisés. » Un argument factuellement infondé pour Tom : la branche américaine du WWU « œuvrera à l'obtention d'une convention collective dans le respect du droit du travail américain. Prétendre que cette base de négociation entraînerait une atteinte — de fait comme de droit — aux droits des travailleurs non américains relève purement et simplement de la tactique visant à semer la peur, l'incertitude et le doute pour contrer l'action syndicale. »

La WMF refuse la reconnaissance volontaire

Lundi , la WMF annonce refuser de reconnaître volontairement le WWU :

« Comme indiqué, la décision de se syndiquer appartient aux salariés. Il incombe à la fondation de veiller à ce que chacun puisse faire son choix en toute liberté. Afin de garantir l'égalité de parole de tous les employés admissibles, nous estimons qu'un scrutin à bulletin secret organisé par le National Labor Relations Board constitue la voie à suivre. Ce processus protège le choix individuel et garantit que le résultat reflète la volonté collective des personnes habilitées à participer. »

Une décision[e] qui n'a pas tardé à être sévèrement commentée sur la Wikipédia anglophone, où la plupart des contributeurs font part de leur vive déception. Certains estiment même que le refus de Bernadette Meehan d'apporter une réponse claire à la question de la reconnaissance volontaire du WWU par la WMF, le vendredi , lors de la Wikimania, visait seulement à éviter des huées en direct. Clovermoss, administratrice anglophone et Wikimédienne de l'année 2024, écrit : « La réponse de Bernadette est presque exactement mot-pour-mot ce que chaque organisation pratiquant la répression antisyndicale dit lorsqu'on lui pose ce type de question. » Un sentiment partagé par plusieurs autres wikipédiens.

Le ton monte

Le lendemain, la branche américaine du WWU et Communications Workers of America ont fait part de leur profonde déception face au refus de la direction de la WMF. Dans un communiqué au ton incisif, les deux organisations syndicales dénoncent une obstruction de la WMF et précisent engager la procédure de vote supervisé par le National Labor Relations Board (NLRB). Elles écrivent :

« Alors que la Fondation Wikimédia affirme publiquement qu’elle compte adopter une position neutre vis-à-vis de nos efforts de syndicalisation, elle a déjà prouvé en coulisses que tel n’était pas le cas. Lorsque la Fondation a rejeté cette semaine notre demande de reconnaissance volontaire, elle a immédiatement diffusé à ses employés et au public des communiqués rédigés dans une rhétorique classique de lutte antisyndicale, une rhétorique sans aucun doute fournie par des cabinets d'avocats spécialisés dans la lutte contre les syndicats, aux honoraires exorbitants. Cette utilisation insultante et infondée des ressources de la Fondation constitue une insulte tant pour ses employés que pour le mouvement pour la connaissance libre dans son ensemble. »

Le WWU initie une campagne de communication « [union needed] » (en référence à [citation needed], la formule consacrée par les anglophones, équivalente à notre [référence nécessaire]), sur un site dédié ainsi que sur les réseaux sociaux.

Côté communautés, une nouvelle — et troisième ! — pétition a été ouverte pour réclamer que le conseil d'administration de la WMF ordonne à la direction générale de reconnaître volontairement le WWU aux États-Unis et au Royaume-Uni. Elle est partagée sur la page de discussion de Jimmy Wales, dont les réponses sont plus personnelles et spontanées que celles de l'équipe de direction.

Le , le conseil d'administration de la WMF répond brièvement à la pétition : il soutient le choix de la direction de passer par un vote plutôt que par une reconnaissance volontaire et écrit :

« Certains membres du personnel ont fait part de leurs inquiétudes quant aux pressions ressenties pour soutenir le syndicat[f] ; c'est pourquoi il est particulièrement important de garantir un processus équitable et confidentiel. Chacun a le droit d'exprimer son point de vue sans subir de pression ni d'intimidation de la part de quiconque. »

Des réunions aux discours anti-syndicalisation

« Nous ne pensons pas qu'un syndicat permettrait de répondre efficacement aux préoccupations soulevées ni de satisfaire les besoins actuels de la Fondation. »
Ces propos sont tirés d'un long courriel envoyé par Courtney Bass Sherizen aux employés de la WMF le , auquel nous avons pu avoir accès[g]. Il montre que la fondation a assumé en interne être défavorable à la syndicalisation, ce qu'elle n'a jamais admis en public à notre connaissance.
La directrice des ressources humaines y indique, au nom de l'équipe de direction, avoir « pris connaissance de certaines préoccupations concernant la transparence du processus décisionnel, la participation à l'élaboration des politiques et à la planification, ainsi que des incohérences liées aux départs de membres du personnel ». L'équipe de direction s'engage à faire mieux, écrit-elle.
« Nous voulons continuer à construire des dialogues directs entre la direction et les employés sur la culture et les méthodes de travail de notre organisation […] Cependant, comme détaillé plus bas, nous ne pensons pas qu'un syndicat permettrait de répondre efficacement aux préoccupations soulevées ni de satisfaire les besoins actuels de la Fondation. » La crainte de la direction, qui précise respecter le droit des travailleurs à se syndiquer et souligne l'importance historique des syndicats pour la défense des droits des travails, est que la création d'un syndicat aux États-Unis se fasse au détriment des employés basés ailleurs. « Nous vous encourageons à prendre le temps de comprendre autant les forces que les limites des syndicats aux États-Unis », peut-on encore lire.
Le mail se conclut sur une incitation à participer à une prochaine réunion avec la direction le (voir ci-contre).

Plusieurs éléments montrent toutefois que la WMF s'est, en interne, exprimée à de multiples reprises en défaveur de la syndicalisation. Le , sur le canal Discord public de la communauté anglophone, Sadads, administrateur anglophone et ancien salarié de la WMF, affirme que la fondation a organisé des réunions anti-syndicales en mars et . Une autre, tenue devant deux cent salariés après le licenciement de Brooke Vibber, aurait été l'occasion d'un discours de trente minutes visant à décourager la création d'un syndicat. À l'inverse de ce qu'affirme la fondation, ses dirigeants « mettent en œuvre toutes les techniques qui ne sont pas illégales [aux États-Unis] pour semer le doute sur les cartes d'adhésion syndicale dûment remplies », affirme-t-il.

Interrogés à ce sujet, deux de nos deux témoins, John et Tom, indiquent avoir assisté à une réunion qui s'est tenue en visioconférence le . Pendant une trentaine de minutes, la directrice des ressources humaines, Courtney Bass Sherizen, et le directeur juridique, Stephen LaPorte, affirment que la WMF respecte le droit à la syndicalisation mais préfère le dialogue interpersonnel et ne pense pas « qu'un syndicat puisse aider à répondre aux défis auxquels le Mouvement et la Fondation font face », selon le récit qu'en fait John. « Évidemment, la WMF n'évoque pas la volonté du WWU de négocier internationalement et de créer des instances représentatives dans différents pays, et la possibilité pour la Fondation de volontairement participer à la construction de ce syndicat », déplore-t-il. Daisy Chen, organisatrice au sein de la branche américain du WWU, nous confirme que « bien que les actions du WWU-US/CWA soient légalement limitées aux employés basés aux États-Unis, le but est bien de représenter tous les salariés peu importe leur localisation, et de veiller à ce que tous profitent des améliorations des conditions de travail négociées ».

Quant à Tom, il soulève que l'invitation à cette réunion a été modifiée après l'annonce initiale pour y inclure cette mention :

« Votre participation à cette réunion est entièrement facultative. Le fait de ne pas y assister — ou de n'y participer que partiellement — n'aura aucune incidence sur votre emploi, tout comme votre présence ne vous vaudra aucun avantage ou récompense particuliers. Si vous choisissez d'y participer, nous espérons que c'est parce que vous souhaitez nous entendre ou prendre part à cet échange. »

Une manière d'éviter, à ses yeux, que la Fondation ne soit accusée d'organiser des réunions à l'auditoire captif : « J'ai vraiment eu l'impression que quelqu'un du service juridique a pris connaissance de ce qui aurait très facilement pu être considéré comme une pratique de travail déloyale[h]. »

John était aussi présent à une réunion animée par Selena Deckelmann le . Selon lui, une liste de questions émanant d'employés a été remise anonymement à Selena Deckelmann, mais elles n'auraient reçu que des réponses vagues et auraient été perçues comme un guet-apens plus que comme un témoignage de la peur des employés à s'exprimer ouvertement. La directrice technique aurait alors réitéré que la fondation respectait le droit des salariés à se syndiquer. « Le sentiment que j'ai eu c'est que la direction veut absolument éviter de devoir discuter et négocier avec un collectif représentatif, préférant les interactions en face à face ou les réunions captives », conclut John.

À l'inverse, la confiance de Luc dans les dirigeants de la WMF est intacte. Il ne croit pas qu'ils puissent s'adonner à de l'obstruction antisyndicale : « Ils ne sont pas suicidaires ! »

Le , Gregory Varnum, un salarié américain de la Fondation, affirme publiquement qu'un vote lui paraît préférable et que la signature de la carte de syndicalisation du syndicat lui avait été présentée, ainsi qu'à nombre de ses collègues, comme devant aboutir à un vote et non à une reconnaissance volontaire immédiate : « On m'a explicitement dit que le vote serait l'occasion de changer d'avis plus tard, si je le souhaitais[i]. »

Appels à la démission de Bernadette Meehan

D’autres réactions des communautés
Pendant que de nouveaux rebondissements se produisent à un rythme quasi-quotidien, les communautés wikimédiennes (à commencer par celle de la Wikipédia anglophone) se mobilisent en soutien au WWU. De nombreux utilisateurs et utilisatrices rajoutent des liens de soutien dans leurs signatures, et si l’idée d’une grève ou d’un black-out de 24 h ont été discutées sans susciter de consensus, d’autres actions se profilent. Molly White a ainsi initié une page meta dédiée à la vérification factuelle des arguments de la WMF, reprise, sourcée et alimentée par la communauté, tandis qu’une campagne de contribution est en projet pour le mois de septembre. Son but ? Documenter les droits des travailleurs et les sujets liés (syndicats, grèves, répressions…) sur plusieurs projets Wikimédia. Vous pourrez participer en français sur Wikipédia, le Wiktionnaire et Wikisource.

Début août, rebondissement. La publication en ligne, sur le site du NLRB, des documents relatifs à la procédure de reconnaissance par vote du WWU démarrée le [j] révèle que la WMF recourt à un cabinet d'avocats spécialisé dans le droit du travail, Littler Mendelson. Cela confirme les craintes de certains contributeurs bénévoles, puisqu'il est décrit sur la Wikipédia anglophone comme « spécialisé dans la lutte anti-syndicale » et même « considéré comme le plus important cabinet américain pour la prévention de la syndicalisation ». Parmi ses clients notables : Starbucks, Amazon, Delta Air Lines… et donc la WMF[k].

Sur la page de discussion Meta-Wiki de Bernadette Meehan, un premier appel à la démission apparaît le . Il vise non seulement la directrice exécutive de la fondation, mais également Courtney Bass Sherizen[l], et dénonce le recours au cabinet Littler Mendelson. Il est signé Sohom Datta. Ce développeur bénévole membre du Product and Technology Advisory Council (et également administrateur sur Wikipédia en anglais) est réputé pour sa modération, nous souffle une contributrice anglophone ; il s'était d'ailleurs gardé jusque-là de signer les pétitions en soutien au WWU. À sa suite, d'autres contributeurs réclament à leur tour la démission de Bernadette Meehan.

Celle-ci répond le lendemain, répétant pour l'essentiel ce qu'elle avait déjà dit lors de la Wikimania : « Si le vote [pour lequel les démarches ont été entreprises avec le WWU] aboutit à la création d'un syndicat, la Fondation s'engagera dans une négociation collective de bonne foi. Nous avons pris cet engagement directement et publiquement auprès du personnel, et je le réitère ici. »

S'agissant du cabinet Littler Mendelson, elle écrit : « Les avocats de ce cabinet possèdent une grande expertise en matière de syndicats et de législation connexe, bien au-delà de ce que l'on peut lire dans l'actualité. » La réponse que lui fait Sohom Datta à ce sujet résume bien la réaction de la communauté : « C'est un peu comme déployer un lance-missiles antichar braqué sur des manifestants, pour ensuite prétendre qu'il sert simplement à transporter des personnes jusqu'au lieu de la manifestation. » ◼ 

Notes
  1. ↑ Les deux auteurs de cet article ont signé des pétitions en soutien au syndicat Wiki Workers United.
  2. ↑ Toutes les citations de personnes anglophones ont été traduites en français par nos soins.
  3. ↑ The Signpost a aussi publié un long article à ce sujet, plus détaillé encore.
  4. ↑ Les prénoms ne sont pas un indicateur de la nationalité.
  5. ↑ Elle a été analysée par la presse spécialisée anglophone.
  6. ↑ Après un appel à témoignages à ce sujet, nous avons reçu un témoignage : « En interne, l'ambiance est du type : soit vous soutenez le syndicat et faites partie du groupe, soit vous vous y opposez et êtes étiqueté comme briseur de grève. » À l'inverse des autres témoignages produits ici, nous n'avons pas été en mesure de vérifier sa provenance, son auteur ayant souhaité rester totalement anonyme.
  7. ↑ Ce courriel, auquel nous avons eu accès par plusieurs sources dont les identités ont été vérifiées par nos soins, a par la suite été partagé publiquement par Shushugah, un contributeur anglophone, qui l'a obtenu par ses propres moyens.
  8. ↑ Il cite à l'appui de son propos une décision du NLRB datée de 2024.
  9. ↑ Le formulaire de signature initial indiquait notamment : « Signer la carte pour soutenir le syndicat aujourd'hui ne signifie pas que vous devrez voter pour le syndicat plus tard. Vous êtes libre de changer d'avis. […] Si 50 % + 1 des employés admissibles répondent [vouloir être représentés par le WWU], nous sommes directement autorisés à former le syndicat ; l'étape du vote n'est pas nécessaire dans ce cas. » Les employés souhaitant se syndiquer ont dû signer ultérieurement un second formulaire conçu par CWA indiquant explicitement : « Je soutiens la mise en place d'une représentation syndicale au sein de la Wikimedia Foundation, Inc. et désigne le syndicat Communications Workers of America comme mon représentant pour la négociation collective. […] Je soutiens fermement notre syndicat […]. ». Chacun des deux formulaires a été rempli par une supermajorité des employés éligibles.
  10. ↑ Lien direct, lien via archive.org.
  11. ↑ Cet aspect a également été couvert par Jake Orlowitz, alias Ocaasi, sur son blog (en anglais), qui accueille d'autres billets d'analyse de cette crise.
  12. ↑ Son prochain départ avait été annoncé en interne il y a plusieurs mois déjà. Quelques heures avant le bouclage de cet article, le , le nom de sa successeure a été annoncé en interne puis publiquement.

Les Comptes-rendus

Une Wikimania sous le signe de la jeunesse

Cette Wikimania 2026 a été marquée par les événements organisés par le Global Youth Group, un groupe informel réunissant les contributeurs internationaux de moins de 30 ans. Plusieurs francophones ont pu y participer. Témoignage personnel.
— DarkVador79-UA —


« Attends, il est 13 h 30, il y a le meetup des jeunes, on va voir ? », je suggère la bouche pleine. Au départ, le Global Youth Group (« Groupe mondial des jeunes »), pour nous, ça a commencé comme ça, jeudi . On y est allés, Mr Tortue, TTSolitaire, Ticomolow et moi (DarkVador79). Et puis, en deux jours seulement, ça a donné des ateliers de travail, la rencontre avec des Wikimédiens de l’année, un des groupes Telegram les plus fourmillants, une belle photo de famille… et aussi des idées, beaucoup d’idées, énormément d’idées en fait.

L’un des inconvénients de Wikipédia, c’est que lorsque des centaines de personnes s’engagent (via une interface un peu datée) dans des débats épistémologiques de haut vol sur des sujets aussi divers que la botanique, l’histoire médiévale ou le droit romain… bah ça n'attire pas forcément la jeunesse à première vue. Pourtant rien n’est plus faux ! Déjà parce qu’au fond on est tous le jeune de quelqu’un, et puis aussi parce que sans le savoir, des jeunes contributeurs il y en a plein, ils n’osent juste pas trop se montrer Émoticône.

Et c’est là qu’entrent en scène les activités du Global Youth Group à Paris. À la Wikimania, on a osé se montrer, pour se rendre compte que finalement, on était plutôt nombreux. Certains étaient des habitués, avaient déjà assisté à d'autres événements Wikimedia, d’autres (dont nous) venaient pour la première fois. Ensemble, on a parlé bonnes pratiques communautaires, communication numérique, formation des nouveaux… Et puis en off, on s’est un peu aventuré sur le thème de la santé mentale. Parce que savoir qu’on est entourés de jeunes de notre âge, qui font face aux mêmes difficultés (tant sur le plan de la contribution que sur le plan perso), ça remonte un peu le moral quand on contribue. On se sent d'un coup moins isolés et on réalise qu'il y a des gens qui partagent notre expérience et qu'il faut juste savoir où les chercher.

Ensemble, ce fut aussi l'occasion de se pencher sur l'accueil des nouveaux, sujet sur lequel nous devons collectivement nous améliorer. À l'heure où la plupart des jeunes créateurs de contenus se tournent vers les réseaux sociaux plutôt que vers nos projets, faire profiter Wikimedia de leurs talents doit constituer un objectif prioritaire. Je fais en effet partie de ceux qui considèrent que le manque de renouvellement de la communauté est une menace bien plus prégnante que le vandalisme ou l'intelligence artificielle. En considérant que le continent le plus jeune du monde en moyenne est également... celui où vivent le plus de francophones, la marge de progression est immense.

Finalement, on a observé le CEE Youth Group (jeunes contributeurs d’Europe centrale et orientale et d’Asie centrale, NDLR). Organisés, efficaces, présents sur les réseaux sociaux et actifs en présentiel, bref, impressionnants. On s’est regardés entre francophones, entre ouest-européens aussi, et on s’est dit : « On fait pareil ? ». Est-ce qu’on y croit à notre projet ? Bien sûr. Le problème c’est que chacun y croit un peu différemment… Émoticône

Peut-être qu'on y arrivera, peut-être pas, en attendant durant ces quelques jours on s’est bien amusés, on a contribué (of course), on s’est fait des amis… Mission accomplie, vive la cabale des jeunes ! ◼ 

Sur les conséquences de la définition de « wikimédien·ne »

Lors d’une table ronde à la Wikimania à Paris, deux définitions de « wikimédien·ne » ont été proposées. Si chacune d’elles recouvre une certaine réalité, elles ont des implications différentes. Ce billet en fait la présentation et la comparaison ; il est publié également dans les Actualités du Wiktionnaire.
— Lepticed7 —


Lors de la Wikimania 2026, une table ronde intitulée « Je ne contribue pas mais je suis wikimédien » a été animée par Alejandra Reyes. Lors de cette table ronde, les panélistes ont discuté des différentes possibilités de participer à l’écosystème wikimédien sans écrire d’articles.

Ce qui a attiré mon intérêt durant cette table-ronde, ce sont les définitions de « wikimédien·ne ». La définition suivante a été donnée en introduction : « Collaborateur·rice à l’un des projets de la Fondation Wikimédia ». En conclusion, l’animatrice a proposé la définition suivante : « Toute personne qui partage les valeurs du mouvement Wikimédia et agit à sa manière pour rendre le savoir accessible à toutes et tous, gratuitement et sous licence libre ».

Dans ce texte, je souhaite discuter des conséquences qu’ont ces deux définitions. En effet, si aucune des deux ne semble surréaliste, elles décrivent chacune des réalités différentes, qu’il me semble opportun d’analyser. Elles formalisent également diverses discussions auxquelles j’ai pu participer concernant les « bénévoles ».

La première s’attache à la pratique : un·e wikimédien·ne est une personne qui collabore aux projets. S’il conviendrait de mieux caractériser ce que « collaborer » veut dire ici, une première compréhension peut être celle de la contribution : la personne modifie les wikis de la Fondation. Elle soulève également des questions intéressantes : une personne faisant une unique contribution avec un compte temporaire est-elle wikimédienne ? Et qu’en est-il s’il s’agit d’un vandalisme ? La plupart des réponses à ces questions résident dans la définition donnée à « collaborer » : est-ce sur le long terme ? avec une intention ou un modification bénéfique ? Je laisse ces questions en suspens ici pour me concentrer sur le point essentiel de ce texte : cette définition ancre la wikimédianité des personnes dans leurs actions.

La seconde s’attache plus aux valeurs de la personne : est wikimédien·ne la personne qui partage les valeurs du mouvement et agit en conséquence. Là aussi, un travail pour caractériser les valeurs et les choses à faire pour « rendre le savoir accessible » reste à faire. Toutefois, cette définition s’intéresse davantage au positionnement intellectuel de la personne. Cela soulève son lot de questions : faut-il agir à sa manière en faveur des projets wikimédiens seulement, ou tout autre initiative n’incluant pas les projets de la Fondation est-elle également acceptable ? quelles sont les actions qui permettent à quelqu’un·e de se dire wikimédien·ne ? Encore une fois, je laisse ces questions à des futurs textes pour aller à l’essentiel : cette définition ancre la wikimédianité dans l’alignement intellectuel, voire philosophique, de la personne avec le mouvement.

La plupart des personnes les plus impliquées sur les projets sont wikimédiennes selon les deux définitions. Toutefois, ces deux définitions, l’une basée sur les actions et l’autre sur le positionnement intellectuel, ne sont pas équivalentes. De nombreuses personnes sont wikimédiennes au sens de l’action et non du positionnement — je pense aux personnes contribuant dans leur coin, à leur sujet spécifique, sans s’impliquer plus dans les projets, juste parce que ça occupe leurs soirées. À l’inverse, de nombreuses personnes sont wikimédiennes au sens du positionnement sans l’être au sens de l’action : les personnes contribuant par conviction aux autres projets de la connaissance libre, tels que OpenStreetMap, Open Food Facts, mais également les donateur·rices et mécènes divers.

Comme souvent, je conclurai ce bref essai par une question : peut-être qu’un seul mot n’est pas suffisant pour décrire ces deux réalités ; peut-être faut-il consacrer le mot « wikimédien·ne » aux personnes contribuant aux projets et réunir les valeurs et la philosophie animant notre mouvement sous un nouveau terme : le « wikimédianisme », dont les partisan·es ou les sympathisant·es seraient des « wikimédianistes » ? ◼ 

Petit tour d’horizon de la créativité wikimédienne

D’un projet de crochet assez spontané à un étalage infini de créations, Wikimania nous donne l’occasion de constater l’imagination sans limite et la minutie impressionnante des wikimédien(ne)s.
— Sukkoria —


gif animé de Baby Globe regardant autour de lui
Un Baby Globe sauvage apparaît !

Comme beaucoup de wikimédiens et wikimédiennes, j’ai découvert avec ravissement et enthousiasme la petite bouille toute ronde de Baby Globe lors des célébrations du 25e anniversaire de Wikipédia en début d’année. Alors que d’autres se précipitaient sur la boutique en ligne pour précommander leur peluche, une idée a commencé à germer dans mon cerveau : serait-ce possible de fabriquer moi-même un Baby Globe au crochet ?

De fil en aiguille (haha), l’idée a fait son chemin, jusqu’à être proposée comme sujet d’un poster à la conférence… et acceptée ! Il ne me restait donc plus qu’à me lancer dans la confection de la peluche, la rédaction du modèle et la réalisation du poster.

Peu de temps avant la conférence, pendant la phase de relecture des posters par le comité dédié, j’ai eu la bonne surprise de découvrir qu’une wikimédienne néo-zélandaise avait trouvé le modèle (encore à l’état de brouillon sur Commons) et s’était déjà mise à réaliser sa propre version ! J’ai pu rencontrer DrThneed et son Baby Globe, venu·e·s de l’autre côté du globe, en pré-préconférence avant Wikimania, et à plusieurs reprises pendant la conférence.

Durant Wikimania, la créativité des wikimédiens s’est révélée très fructueuse ! Les wikimédiens malaisiens avaient ramené des tampons et de l’encre pour garder un souvenir de la conférence sur le papier de son choix ; les pièces de puzzle imprimées en 3D étaient nombreuses : en boucles d’oreilles ou en décoration capillaire. J’ai aussi croisé au moins un Baby Globe porte-clés en feutrine.

Le comité de Programme a eu la bonne idée de laisser un créneau pour faire une rencontre wikimédienne autour des travaux créatifs : l’occasion pour .Anja. de sortir ses pelotes et ses crochets et de poursuivre quelques initiations !

Flottera… flottera pas ? imprimez le patron, pliez-le et testez !

À plusieurs reprises, les wikimédiens se sont retrouvées autour de perles : soit pour les trier, une activité parfaitement relaxante au bar, soit pour fabriquer des bracelets et indiquer son projet de prédilection ! Sur la table voisine, la stickeureuse du groupe local de Gif-sur-Yvette produisait en ronronnant des stickers à la demande ; tandis que Nivopol se demandait s’il allait tester dans le bassin des carpes la flottabilité de sa péniche en origami.

Le vendredi soir, le Wiki Fashion Show a été l’occasion de sortir des tenues historiques ou particulièrement originales ; cependant dès le début de la conférence nous avions tous pu admirer le cardigan brodé du logo de Wikipédia de DrThneed (encore elle !) ou le magnifique béret Wikipédia de Ferfive, connue pour ses tenues inspirées des projets. En parlant de bérets, Alejandra Reyes WMFr nous a gratifiés tous les jours d’un couvre-chef différent, orné de patchs brodés reprenant les icônes de Wikimania : le pigeon, Baby Globe (toujours lui) ou encore le croissant !

Il fallait aussi regarder de plus près les détails, et notamment les ongles des participantes (et participants !), pour y déceler les désormais classiques couleurs rouge-vert-bleu-vert de Wikidata, mais aussi des nail arts thématiques.

J’ai pu compléter cette liste au fur et à mesure que les photographes de Wikimania importent leurs photos, il y a forcément des manques ou des choses que je n’ai pas vues, n’hésitez pas à en faire part en commentaires à cet article !

Ce fut pour moi une très bonne surprise de constater l’étendue de la créativité wikimédienne ; je la rattache forcément à certaines de nos valeurs, notamment via la philosophie do it yourself : fabriquer ou décorer ses affaires wikimédiennes soi-même, de façon personnalisée et autonome, n’est-ce pas « un peu » comme se documenter pour rédiger soi-même une encyclopédie au lieu de consommer des contenus en ligne choisis par des algorithmes de recommandation ? ◼ 

CultureStrong : respecter les savoirs des Premières Nations sur les plateformes Wikimédia

Avant l'ouverture de la Wikimania 2026, une conférence sur le respect de la propriété culturelle et intellectuelle autochtone et de la souveraineté des peuples autochtones en matière de données sur les plateformes Wikimédia s'est tenue mardi . Terri Janke et Shevaun Wright du cabinet Terri Janke & Company ont présenté un guide et un livre blanc aux wikimédien.nes.
— L'embellie —

Le guide

image d'une femme micro à la main parlant devant une projection.
Terri Janke présente CultureStrong à la Wikimania 2026.

Le guide est rédigé en collaboration avec Wikimedia Australia et un groupe de travail d'experts autochtones afin d'aider le contributorat à travailler de façon responsable, éthique et respectueuse avec les contenus autochtones (aborigènes et insulaires du détroit de Torrès) sur les plateformes Wikimédia. En , nous évoquions dans ce magazine une étude qui s'est penchée sur l'expérience des contributeurs et lecteurs des peuples aborigènes d'Australie sur Wikipédia. Ce guide est pensé pour répondre à certaines préoccupations qui y étaient indiquées, surtout dans un contexte général où :

  1. Les systèmes de connaissances autochtones (oraux, communautaires, liés à un territoire) entrent souvent en tension avec les principes occidentaux de Wikimédia (auteur individuel, neutralité, sources vérifiables, réutilisation libre) ;
  2. Le droit d'auteur ne protège pas toujours les savoirs culturels autochtones ;
  3. Il y a un déséquilibre de pouvoir : la majorité des contributeurs sont non-autochtones ;
  4. Il existe un manque de sécurité culturelle sur les plateformes ouvertes et ;
  5. Les risques émergents liés à l'IA (amplification de biais, reproduction de contenus offensants) sont réels.

Un outil est central dans le guide : la matrice de risque. Le guide classe les contenus en 4 niveaux :

  1. Risque faible : contenu autochtone général.
  2. Risque moyen : ICIP (droits des peuples autochtones sur leur patrimoine culturel, savoirs traditionnels, expressions culturelles) non sensible.
  3. Risque élevé : matériel culturellement sensible (par exemple deuil, traumatismes historiques).
  4. Risque très élevé : matériel secret/sacré ou offensant (à ne jamais publier).

Pour chaque niveau, le guide propose des étapes concrètes (vérifier la source, contextualiser, ajouter des avertissements, surveiller la page, etc.). De plus, des concepts clés y sont présentés et détaillés comme l’ICIP (Indigenous Cultural and Intellectual Property) : droits des peuples autochtones sur leur patrimoine culturel, savoirs traditionnels, expressions culturelles, la Souveraineté des données autochtones (IDSov) : droit de contrôler les données qui les concernent, le Consentement libre, préalable et informé (FPIC), les sources "CultureStrong" : sources dirigées par ou en partenariat avec des autochtones, jugées plus fiables culturellement, les principes True Tracks entre autres.

D'autres aspects sont également évoqués comme les métadonnées qui ne sont jamais neutres et doivent respecter la terminologie autochtone appropriée, la consultation et le consentement (éviter le contact direct non sollicité avec des communautés ; passer par des organismes reconnus (AIATSIS, conseils fonciers, etc.)) et la résolution des conflits.

Le livre blanc

Le livre blanc, complémentaire au guide, prend la forme d'une « lettre ouverte aux Wikimédiens » signée par Terri Janke, et vise à proposer des recommandations stratégiques et à lancer une consultation. Il explique le contexte, la genèse et les limites du guide présenté précédemment. Le document développe le concept de CultureStrong, à la fois un cadre d'évaluation des sources et un mouvement. La question clé posée est :

« Qui a l'autorité culturelle pour raconter cette histoire ? »

Contrairement aux critères occidentaux de fiabilité de Wikipédia (publication savante, citations), CultureStrong évalue les sources selon l'autorité culturelle, la redevabilité communautaire, les traditions orales et le consentement éclairé. Des modèles d'inspiration comme Noongarpedia, le partenariat entre Wikimedia Chili et les communautés Mapuche, les outils développés avec la communauté Warumungu y sont évoqués.

Les ambitions du livre sont les suivantes :

  • Créer un Protocole ICIP/IDSov, qui serait une première mondiale, plus détaillé que le guide, développé via consultation nationale approfondie avec les communautés autochtones australiennes.
  • Renforcer la participation et le leadership autochtones dans la contribution, la modération, l'administration et la gouvernance.
  • S'appuyer sur le modèle « Working in Good Faith » (Université de Colombie-Britannique) : contacter les auteurs autochtones vivants avant de créer/modifier leur biographie.

Le document se termine par 10 questions ouvertes (reconnaissance de l'ICIP/IDSov, sécurité culturelle, contenus secrets/sacrés, métadonnées, résolution de conflits, sources fiables, participation, formation, revitalisation linguistique, collaboration) destinées à alimenter un sondage public pour orienter le futur Protocole. ◼ 

Des événements techniques à Wikimania

Baby Globe tapant joyeusement et frénétiquement sur un ordinateur portable
Dans les tréfonds du centre des congrès hébergeant Wikimania ont eu lieu les événements mobilisant la communauté technique : le traditionnel hackathon, ainsi que, pour la première fois, un nouveau format en équipe !


Un peu avant et pendant Wikimania, deux événements parallèles se sont déroulés, dédiés à la contribution « technique » autour des projets Wikimédia. Nous allons tenter de vous en donner un aperçu dans cet article, qui sera forcément subjectif. Il s’agit donc déjà de vous encourager à participer à ce type d’événement au moins une fois dans votre vie wikipédienne, pour l’expérimenter vous-même et réaliser tout ce que vous pouvez y apporter !

Les objectifs des organisateurs pour les Team Challenges

Après avoir participé à ou suivi de précédents hackathons wikimédiens, nous avions envie de profiter de l’engouement autour de Wikimania pour tester un autre format et embarquer les communautés locales : « tech » comme wikimédiennes, étudiantes et professionnelles.

Alors que les personnes qui participent aux hackathons wikimédiens travaillent généralement chacune sur leur propre projet, nous avions aussi envie de nous inspirer de pratiques vues dans des hackathons non-wikimédiens, notamment en proposant de travailler en équipe. Cette option permet à la fois de bénéficier de l’intelligence collective de profils aussi variés que possible, mais aussi d’améliorer la pérennité des projets développés, qui reposent ainsi sur un plus grand nombre d’individus.

Il nous semblait important, dans cette optique, de nous donner des objectifs sur la diversité des participants, selon quatre axes : la diversité de genre (hommes, majoritaires lors des hackathons en général ⇔ femmes et minorités de genre), la pluralité des compétences (développeurs ⇔ spécialistes de l’UX, graphistes, autres métiers), la variété de l’expérience wikimédienne (novices ⇔ expérimentés) et enfin la diversité géographique et linguistique (France ⇔ International).

Le nommage, c’est compliqué

Derrière cette phrase connue des développeurs se cache une problématique bien réelle : lorsque nous contactions une partie non négligeable de notre public cible, le dialogue se déroulait ainsi :

  • (organisation) "Bonjour, est-ce que ça t’intéresse de participer au hackathon de Wikimania ?"
  • (profil potentiel) "Ah mais un hackathon, ce n’est pas pour moi, je ne sais pas coder" (voir aussi "je ne code pas assez bien")

Pour éviter que ce phénomène d’autocensure nous prive de participants (et surtout de participantes, d’après nos observations), nous avons décidé de changer le nom de l’événement : garder le terme "hackathon" pour la partie "pendant Wikimania" où les développeurs habitués peuvent, comme d’habitude, se retrouver dans une pièce avec de l’électricité et du Wi-Fi pour avancer leurs projets ; et trouver un nom plus vendeur, moins « répulsif » pour ce nouveau format par équipes. Après des mois de réflexion, de brainstorming, de sondages et de consultations (on vous épargne les détails), c’est finalement « Team Challenges » qui a été choisi !

Combien faut-il de personnes pour trouver un projet utile à la communauté en dix jours ?

En mobilisant nos réseaux personnels, nous avons rassemblé un peu plus de 200 participants et participantes, avec des profils très variés : des étudiants (notamment de 42), des wikimédiens curieux, des professionnels du « coaching » et des dynamiques d’équipe, des chercheurs et même un dessinateur libriste en la personne de David Revoy !

Nous avons été ravis de constater que nos efforts de communication (et de persuasion) avaient porté les fruits, en retrouvant dans les inscrits 45 % de femmes et minorités de genre, 38 % de novices, 48 % de non-francophones.

L'équipe d'organisation s'est ensuite légèrement pris la tête à imaginer plusieurs méthodes pour répartir ces inscriptions en équipes en fonction de plusieurs éléments :

  • la complémentarité des profils au sein d’une même équipe ;
  • une langue de travail commune ;
  • un fuseau horaire partagé ou proche (pour qu’ils et elles puissent se rencontrer en visio avant de débarquer à Paris) ;
  • et enfin, un choix de Challenge commun !

AH ? Ah ? Un Challenge ? C’est nouveau ça aussi ?

Et oui ! Un peu plus tôt dans l’année, nous avions fait un grand tour des souhaits et des besoins exprimés par les communautés de Wikipédia et des autres projets : via les Community Wishlists, les discussions sur les projets ou lors d’événements, ou encore avec des partenaires. Le but était de regrouper les participants autour de 11 thématiques communes (par exemple : le multilinguisme, la qualité des sources…) tout en leur laissant assez de latitude pour imaginer une solution à une problématique peut-être plus restreinte (soyons honnête, personne ne va ranger Wikidata en deux jours, même avec un super outil disruptif codé par IA). Cela permettait aussi à plusieurs équipes de travailler sur le même Challenge sans trop de risques de se marcher sur les pieds.

Dans le formulaire d’inscription, il était possible de sélectionner ses trois problématiques préférées, classées par ordre de préférence, ceci afin que l’équipe d’organisation puisse les prendre en compte lors de la constitution des équipes. Un soin tout particulier a été accordé aux autres projets que Wikipédia, souvent moins visibles lors des hackathons, et vers lesquels nous souhaitions aussi diriger les personnes inscrites.

Mettre en place le bon environnement

Pour faciliter la participation d'un large public, plusieurs partenariats ont été mis en place, ce qui a permis d'obtenir une solution de garde d'enfants, des conseils pour mieux intégrer les femmes et minorités de genre et d'avoir la présence de coachs professionnels pour guider les groupes. Des personnes expertes du milieu wiki se sont rendues disponibles pour partager leurs connaissances et faciliter la réalisation des Challenges.

Du point de vue des participants

Plusieurs participants ont partagé leur expérience du Team Challenges en ligne :

Quels résultats ?

Au final, 17 équipes ont travaillé sur les différents Challenges.

D'un outil automatique de réparation des citations au déploiement d'un bot pour les articles rétractés ou d'un outil pour créer des citations à partir de son Zotero, des tableaux de bord pour évaluer la fraîcheur des articles à l'outil qui colore le texte en fonction de la date de sa réalisation, en passant par des essais de tutoriels pour mieux démarrer dans l'environnement wiki (y compris en refondant les pages d'accueil), sans oublier des jeux wiki pour enrichir son contenu et des applis pour visualiser les nationalités à enregistrer... Les idées étaient nombreuses et le matériel, dûment documenté, riche. Cinq prix honorifiques ont été remis et, grâce aux partenariats avec différentes institutions, chaque personne a pu repartir avec un présent : des ouvrages de code et d'informatique par l'association Zeste de savoir, des cartes géographiques de la maison d'édition Reliefs, des ouvrages écrits par des femmes issus de Wikisource grâce aux éditions Talents hauts, des jeux avec le réseau Envies enjeux, des ouvrages spécialisés grâce aux Presses universitaires de Franche-Comté et aux Éditions universitaires de Dijon... Il y en avait pour toutes les sensibilités !

Et du côté du Hackathon

Le saviez-vous ? Baby Globe est aussi un canard en plastique !
En parallèle du hackathon, quelques présentations ont eu lieu.

Le hackathon habituel de Wikimania s’est ensuite tenu du jeudi au samedi dans la même salle que le Team Challenges, commençant le jeudi matin par la traditionnelle présentation d’ouverture, où les participants pouvaient présenter leurs projets en cours et « recruter » des collègues temporaires. La liste des participants a été, de façon tout aussi habituelle, partagée sur un pad dédié.

Trois jours plus tard, après un nombre inconnu de litres de café consommés, les mêmes participants ont pu présenter leurs projets sur la grande scène de l’amphithéâtre : vous pouvez revoir cette partie en replay sur youtube.

Parmi les projets présentés, la Dicothèque maintenue par Poslovitch, ou encore un outil de suivi pour Linto[2] développé par Don-vip, utilisé in situ à Wikimania et qui a suscité l’intérêt de Linagora pour des développements futurs.

Autres événements tech de Wikimania

Coolest Tool Awards

Le samedi 25 juillet s’est aussi déroulée la traditionnelle cérémonie des Coolest Tools Awards, que vous pourrez retrouver en replay.

Trois outils ont été récompensés : Lexica a remporté le prix du « plus grand service à la communauté », l'extension CodeMirror celle de l'outil le plus évolué, et Microtask Generator celui du plus innovant.

Autres présentations

Le programme sur eventyay vous permet de filtrer sur la track « Technologie » pour (re)voir la plupart des présentations sur ces thématiques. ◼ 

Les Interviews

Ses goûts, sa Wikimania, sa prochaine tournée... : Baby Globe nous dévoile tout !

Deux wikimédiennes faisant un grand calin à un Baby Globe à taille humaine
Baby Globe recevant du Wikilove à Wikimania
Ta venue à la Wikimania 2026 était inattendue, as-tu fait un bon trajet ?

Oui ! Étant une mascotte et non pas un humain, je n'ai pas eu besoin de demander un « visa ». J'ai appris que des wikimédien·nes n'ont pas pu me voir pour la simple raison qu'ils n'ont pas pu obtenir ce bout de papier Emoji de Baby Globe triste… Je leur envoie beaucoup de wikilove Amour.

Avec combien de wikimédiens et wikimédiennes as-tu pris la pose ?

Pas assez ! For sure !

Les membres de Wikimédia France de la Core Team ont beaucoup travaillé sur l'accessibilité pour cet évènement, qu'en as-tu pensé ? Y aurait-il des choses à améliorer ?

Le travail était un peu trop humain-centré, en particulier sur les largeurs des portes et les nombreux escaliers, peu adaptés aux mascottes gonflables ! Heureusement, j'avais des assistant·es pour me guider, Amour sur ces personnes !

Quel a été ton snack et ta mignardise préférés sur les buffets des pauses cafés ?

Les mini-pizzas, sans hésitation Tire la langue. Mais avouons qu'en tant que mascotte, les sollicitations sont constantes. Je n'ai pas trop pu profiter des buffets. Mais de toute manière, qu'est-ce que des mini-pizzas face au fait de rendre tant de gens heureux Amour ?

Tu es plutôt café, thé, ou chocolat chaud ?

Un peu d'eau bieeeen fraîche, avec une goutte de citron ou de la menthe. Ou les deux ! Sans sucre évidemment Émoticône.

Croissant, pain au chocolat ou chocolatine ?

Oui !

Plutôt endive ou chicon ?

Je vais prendre le 50-50.

As-tu eu l'occasion de goûter aux fromages ?

Oui, mais il n'y avait pas mon préféré, la mozzarella, qui a la plus jolie forme de fromage, celle d'une grosse boule blanche !

Pourquoi as-tu pris autant de temps avant de venir faire la photo de groupe ? On a attendu plusieurs minutes sous un soleil de plomb !

Parce que je suis une star Emoji de Baby Globe avec les yeux en étoile, et que les stars ça se fait attendre !... Et aussi parce que j'étais parti pour me faire tout beau Émoticône.

Et d’ailleurs, quelles sont les prochaines étapes de ta tournée ? Prépares-tu déjà la promotion de ton nouvel album ? (pour rappel, Taylor Swift a donné 149 concerts pour plus de 10 millions de spectateurs lors de sa tournée 2023-2024)

J'irai probablement au Canada en septembre, pour la Wikiconference nord-américaine. Ensuite, je compte bien me rendre à la prochaine Wikimania à Santiago en 2027.

J'aimerais bien monter sur scène avec le Wikiorchestre et la Wikichorale. J’ai été bluffé par leur prestation à Paris !

Est-ce que c'est une bonne situation ça, Baby Globe à Wikimania ?

Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Je dirais qu'avant tout, c'est beaucoup de responsabilité ; j'ai dû par exemple réfléchir longtemps à mon discours à la cérémonie de clôture, et m'apprêter pour être magnifique sur la photo de groupe. Mais si je devais résumer ma Wikimania, je dirais que c'est avant tout des rencontres avec des Wikimédiens et Wikimédiennes, des gens qui m'ont tendu la main, qui m'ont pris dans leurs bras, à des moments où je ne m'y attendais pas… Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une communauté.

Un avis sur les Wiki Workers United (WWU) ? Tu apparais sur certains de leurs visuels.

J’ai appelé Bernadette pour lui en parler mais elle est passée sous un tunnel…

Peux-tu nous expliquer tes liens avec la Wikimedia Cuteness Association ?

Le Board of Cuties a validé mon adhésion en raison de mon fort potentiel de mignonnité et mon alignement stratégique synergique et disruptif et avec les axes prioritaires de travail, en particulier la Cuteness Equity et la Cuteness as a Service, dans une perspective de décentralisation et de réappropriation radicale de la cuteness.

Quelle est ta couleur de béret préférée ?

Je ne dirais pas que j’ai une couleur préférée. Ça dépend des jours et des situations. Mon but, c’est d’être mignon en toutes circonstances ! J'ai peut-être une petite préférence pour le bleu, face au rouge. Le sentiment du travail bien fait, sans doute.

Peut-on s'attendre à rencontrer à l'avenir d'autres mascottes pour les différents projets wikimédiens ?

Je ne peux que l'espérer ! Il paraît que celui de Wikidata est derrière les barreaux, mais celui de Wikisource est frais et prêt à se jeter à l'eau ! Cela dit, le prochain devrait être pour le Wiktionnaire (Wiktionary), qui est le premier « petit frère » de Wikipédia ! Hâte que vous rencontriez cette tuile de jeu sympathique !

Jules*, notre Wikimédien de l'année : comment rendre compte du changement climatique tout en protégeant l'encyclopédie

— Pronoia —

Bonjour Jules* et merci d'avoir accepté de répondre à nos questions Émoticône sourire.

Tout d'abord, je te laisse te présenter (notamment pour les personnes qui n’auraient pas lu ton interview en 2024 Émoticône)

Je contribue à Wikipédia en français depuis 2010 ; j'avais 16 ans à l'époque et étais au lycée. Mes activités sur Wikipédia sont diverses et changent au fil du temps et des envies, de la lutte contre le vandalisme à la rédaction, en passant par l'accueil des nouveaux et des tâches de maintenance variées. Je suis aussi administrateur depuis une quinzaine d'années, et l'un des bureaucrates de notre wiki, depuis 2019.

IRL, j'ai été journaliste secrétaire de rédaction et conducteur de train, notamment, mais je peine à trouver ma place.

Félicitations pour ton prix de Wikimédien de l'année 2026 ! Qu'as-tu ressenti au moment de l'annonce ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?

Merci ! Au moment de l'annonce dans la salle, du stress, car je devais monter sur scène et baragouiner dans mon anglais bancal devant des centaines de personnes Émoticône. Puis touché par les gentils mots que d'autres contributeurs ont rédigés ou, dans le cas de VIGNERON, enregistrés. Lorsque j'ai appris que j'étais Wikimédien de l'année un gros mois auparavant, début juin, j'ai été surpris, car je suis relativement peu impliqué dans le mouvement lui-même, au-delà de Wikipédia en français. Heureux de cette reconnaissance également, mais aussi un peu gêné, car plein de contributeurs et contributrices font un travail important, parfois très discret, et il y a quelque chose de paradoxal à mettre en lumière une personne sur un projet fondamentalement collaboratif, où l'on ne fait jamais rien seul. À vrai dire, je me méfie aussi de la lumière, qui ne facilite pas forcément la vie. (Écrit-il en répondant à une interview…)

Qu'est-ce qui t'a amené à contribuer sur le réchauffement climatique et la lutte contre les contenus promotionnels sur Wikipédia ? Quel a été le déclic ?

Sur le réchauffement climatique, la conviction qu'il s'agit d'un sujet majeur d'intérêt général. Le déclic a été la parution du sixième rapport d'évaluation du GIEC. Je m'intéressais depuis longtemps au sujet mais elle m'a motivé à passer un cap dans mon approche du sujet : je ressentais le besoin, en tant que citoyen, de m'y plonger, au moins dans les résumés à l'intention des décideurs. Mais n'ayant pas suivi d'études scientifique, je souffrais (et souffre toujours) d'un manque cruel de culture scientifique, et il me fallait d'abord comprendre les ressorts scientifiques du changement climatique — sans devenir climatologue pour autant. J'ai donc commencé à lire des ouvrages plus techniques sur le sujet et me suis fixé comme objectif de pouvoir lire et comprendre le rapport afin d'en faire un article sur Wikipédia.

S'agissant de la lutte contre les contenus promotionnels sur Wikipédia, elle découle simplement de l'attachement au Premier Principe fondateur de Wikipédia, ce qui n'est pas très original. Pour élaborer un peu : sans doute ai-je, comme d'autres, une certaine sensibilité à ce sujet car j'estime que Wikipédia, bien commun au même titre que la connaissance dont elle s'emploie à faire une synthèse, doit rester préservé d'un certain nombre de logiques marchandes qui tentent de la dévoyer pour des intérêts personnels et, souvent, mercantiles. C'est d'autant moins tolérable lorsque l'on est soi-même bénévole.

Le changement climatique est un thème aussi crucial que délicat à traiter. Comment abordes-tu la rédaction d'articles sur le sujet ? Quelles parts prennent le travail de recherche et de rédaction ?

Avec prudence ! Car je sais que je ne sais rien, ou si peu, tant le sujet est vaste.

Le travail de documentation en amont est plus important que le travail de rédaction à proprement parler, qui peut paradoxalement être plus long. Mon processus de travail s'est raffiné avec le temps et, surtout, la découverte et l'adoption de Zotero, un outil bibliographique extrêmement précieux. Pour les travaux d'ampleur (au-delà de la rédaction de quelques paragraphes), je procède désormais par étapes :

  • Recherche bibliographique, avec lecture en diagonale des sources pour vérifier qu'elles sont pertinentes pour mon sujet, et enregistrement dans Zotero ;
  • Lecture attentive et intégrale des sources avec prise de note sur papier : une puce = une information, et en-dessous l'ajout, au fil des lectures, des sources qui évoquent l'information ;
  • Rédaction à partir de mes notes sur papier, avec évidemment des allers-retours dans les sources pour être précis.

En pratique, il y a souvent quelques recherches complémentaires de sources pendant les phases deux et trois. J'avais fait un fil sur Bluesky expliquant ma démarche, qui s'est construite avec le temps et la pratique, sans être intellectualisée.

Quand je trouve des sources un peu enfouies, ou bien que j'arrive enfin à accéder à une source que je cherchais, ça peut être une véritable joie, sans doute incongrue vue de l'extérieur. Mais pour avoir lu d'autres wikipédien(ne)s en parler, je sais que c'est une émotion partagée par d'autres.

En 2024, tu nous parlais de plusieurs de tes contributions majeures comme le Sixième rapport d'évaluation du GIEC. Peux-tu nous partager de nouvelles contributions que tu as réalisé depuis ?

Depuis 2024, j'ai continué à travailler sur l'histoire de la recherche sur le changement climatique mais je n'ai fait labelliser qu'un seul article, Courbe de Keeling. Un vrai plaisir à rédiger. L'année dernière, j'avais prévu de refondre et labelliser l'article sur le GIEC, qui est assez médiocre, mais des soucis IRL m'ont fait reporter le projet, qui demande de pouvoir y consacrer du temps et de l'espace mental. Je suis en train de m'y atteler en ce moment.

Par ailleurs, j'essaie de plus en plus de disséminer le sujet du changement climatique en-dehors des articles consacrés aux sciences du climat, qui sont peu lus. Notamment sur des articles thématiques globaux (exemple : Canicule#Effets du changement climatique) ou locaux (Feux de forêt en France#Impacts du changement climatique), ainsi que sur des articles relatifs à des événements météorologiques extrêmes affectés par le réchauffement climatique (Incendies de 2026 dans la forêt des Landes#Contexte, Sècheresse de 2026 en Europe#Influence du changement climatique). En effet, les chercheurs et chercheuses insistent quant à la nécessité, pour les journalistes et par extension dans la communication scientifique, de faire ces liens, fondés scientifiquement, avec rigueur ; et d'autre part ce sont des articles incomparablement davantage lus que ceux que je fais labelliser.

C'est un travail moins satisfaisant pour moi (j'aime écrire sur un sujet de A à Z), mais vraisemblablement beaucoup plus utile.

En 2024, tu nous parlais de ton objectif de structurer avec d'autres Wikipédiens l'activité sur ce thème et de créer une dynamique collective grâce au Projet:Changement climatique. Où en êtes-vous aujourd'hui ? Qu'aimerais-tu dire à ceux ou celles qui aimeraient rejoindre l'aventure ?

Hélas, ça n'a pas vraiment pris. Nous sommes trop peu nombreux et nombreuses actifs sur ce sujet, et inscrits au projet, pour que se mette véritablement en place un travail collaboratif et structuré.

Le projet n'est pas inutile pour autant. Il permet de recenser les articles sur ce thème, en facilite le suivi, et il a accueilli plusieurs discussions prolifiques (par exemple pour décider de renommages à grande échelle). Des contributeurs ou contributrices (@Lebrouillard l'a notamment fait à de nombreuses reprises !) sont déjà venus m'aider à bleuir des liens rouges sur des articles que j'ambitionnais de proposer à un label.

En 2020, toi et 0x010C avez mené une enquête qui a mené au blocage de près de 200 comptes liés à des agences de communication. En 2022, une enquête de Mediapart a également permis d'identifier des comptes liés au cabinet Avisa Partners et ses prestataires. Depuis ces affaires, as-tu constaté une évolution dans les contributions promotionnelles ces dernières années ?

J'ai été un peu moins actif sur le Projet:Antipub ces derniers temps — d'autres veillent — mais cette année, ce qui m'a marqué, c'est plusieurs effets de bord contreproductifs de l'obligation de déclarer ses contributions rémunérées, mise en place il y a plus de dix ans désormais, en 2014.

Rappelons qu'elle vise à identifier plus facilement les comptes rémunérés pour faciliter la vérification de leurs contributions. Mais en pratique, premier effet de bord, je me suis aperçu que les comptes rémunérés déclarés qui travaillaient pour plusieurs clients et finissaient par accumuler des milliers de contributions bénéficiaient d'une tolérance de fait plus forte que des comptes à objets unique promotionnels.

Je pense notamment au cas de Jul.H et à celui de Wikiconsult, qui travaillaient en freelance. Les contributions de ces utilisateurs étaient souvent promotionnelles. Des contributeurs expérimentés, patrouilleurs, etc. s'en sont bien aperçus et ont à diverses reprises dépubé les articles concernés. Mais ils n'ont, pendant des années, pas demandé le blocage de ces freelances, alors qu'ils l'auraient assurément fait pour n'importe quel compte promotionnel récent. J'y vois une forme d'autocensure inconsciente, sur le mode : ils déclarent leurs contributions rémunérées, donc ils sont en règle. Pourtant, les contributions promotionnelles sont contraires aux Principes fondateurs, peu importe qu'elles soient rémunérées ou non. Résultat : une perte de temps et d'énergie pour les patrouilleurs en question.

Deuxième effet de bord, la plupart des patrouilleurs et administrateurs ont, par la force des choses, fini par demander très couramment le blocage des comptes promotionnels pour « absence de déclaration des contributions rémunérées ». Il y avait un motif de demande de blocage pour ça à destination des patrouilleurs, un modèle d'avertissement adéquat, ainsi qu'un motif de blocage préconfiguré pour les admins, dont l'intitulé était : « Non-respect de l'obligation de transparence malgré un ou plusieurs avertissements. Ce compte pourra être débloqué une fois l'obligation remplie (aide) ». Et un modèle de notification de blocage dédié. Une routine bureaucratique s'était mise en place.

Conséquence : les comptes bloqués demandaient leur déblocage, soit en déclarant effectivement leurs contributions rémunérées, soit en déclarant qu'elles n'étaient pas rémunérées. Et là les patrouilleurs et administrateurs se retrouvaient souvent dans le piège de la bureaucratie qui s'était lentement mais sûrement imposée au fil des années : la logique voulait que les admins débloquent les comptes en question, qui pourtant étaient clairement promotionnels ; parfois, les admins refusaient, et les comptes bloqués protestaient, car on leur avait écrit qu'ils pourraient être débloqués dès lors qu'ils faisaient ladite déclaration, et ils l'avaient faite, la déclaration !

Bref, l'essentiel tendait à être perdu de vue : les contributions promotionnelles sont interdites, et c'est un motif de blocage en soi depuis toujours. Cette dérive bureaucratique avait déjà été identifié en 2023, et une tentative de correction avait alors eu lieu, en fusionnant le modèle d'avertissement {{Contributions rémunérées}} dans {{Contributions promotionnelles}}. Mais ça n'avait pas suffi car la correction était partielle et les habitudes ont la vie dure Émoticône. Il a fallu attendre un changement côté admin, cette année, pour enfin corriger le tir.

Ces deux observations font que je suis désormais favorable à un durcissement des règles sur les contributions rémunérées, pour — paradoxalement — retirer le focus de cet aspect et le remettre sur ce qui compte vraiment : les contributions promotionnelles. Une réflexion a été ouverte en ce sens dans le Jardin ; elle n'est pas du tout aboutie et a bien ralenti avec l'arrivée des vacances d'été, mais je pense qu'elle mériterait d'être relancée d'ici la rentrée.

Le wik’hit-parade

— Ælfgar —

Qu'on se le dise : je n'ai rien contre le football. Bien au contraire, je trouve que c'est un sport des plus intéressants, aussi bien pour ses caractéristiques intrinsèques que pour tout le folklore qui l'entoure et ce qu'il révèle de la société.

Ceci étant dit, lorsque 80 % des entrées du wik'hit-parade concernent des joueurs de football, des équipes de football ou des compétitions de football, je confesse ressentir une certaine lassitude. Que l'on me pardonne donc cette édition allégée ; mais après tout, c'est l'été et nous sommes beaucoup à avoir d'autres chats à fouetter.

Articles les plus vus en
No  Article Av. Vues Image Remarques
1Lamine YamalB1 102 492⚽️
2Coupe du monde de football 2026Bon début1 010 620⚽️
3Michael OliseB961 987⚽️
4Kylian MbappéB904 500⚽️
5Lionel MessiB851 933⚽️
6Coupe du monde de footballBA BA696 762⚽️
7Liste des buteurs de la Coupe du monde de footballB661 218⚽️
8Erling HaalandB636 015⚽️
9Gianni InfantinoBon début629 647⚽️
10L'Odyssée (film, 2026)A600 793Cette adaptation à gros budget du poème épique grec (cf. no 15), réalisée par Christopher Nolan avec Matt Damon dans le rôle principal, est sortie dans les salles de cinéma françaises le .
11Zinédine ZidaneBA BA537 836⚽️
12Didier DeschampsA536 138⚽️
13Coupe du monde de football 2030Ébauche441 561⚽️
14Cristiano RonaldoB435 664⚽️
15OdysséeA434 895Cette œuvre fondamentale de la littérature occidentale, récemment adaptée au cinéma (cf. no 10), bénéficie d'un article de belle facture sur Wikipédia grâce au travail abattu par @Zunkir lors du dernier Wikiconcours : merci !
16KavinskyBon début413 187Ce disc-jockey français a été retrouvé mort à son domicile parisien le  ; il avait 50 ans.
17Aymeric LaporteB400 882⚽️
18Équipe de France de footballB378 838⚽️
19Bonnie TylerB350 440Cette chanteuse galloise à la voix rocailleuse, célèbre pour ses tubes It's a Heartache, Total Eclipse of the Heart ou encore Holding Out for a Hero, est décédée le à l'âge de 75 ans.
20Équipe d'Espagne de footballB349 092⚽️

Méthodologie : sur le modèle du Top 25 Report de Wikipédia en anglais, ce wik'hit-parade reprend les données fournies par l'outil « Pages les plus vues ». Sont exclues les entrées clairement aberrantes comme Cookie (informatique) ou XXX, dont le nombre de visites élevé n'est pas le fruit d'un véritable intérêt des internautes : elles se distinguent par un taux très faible (moins de 5 %) ou au contraire très élevé (plus de 95 %) de consultations sur mobile.

C'est tout pour cette fois !

Notes et références

Notes

Références

  1. ↑ https://www.prixlitteraires.fr/award-admin/Q4895726/prix-prudenci-bertana-du-roman
  2. ↑ Un système de transcription et de traduction automatique développé par Linagora et utilisé à Wikimania.

Le courrier

Il nous fera plaisir de lire vos messages en page de discussion et, si nécessaire, d'y répondre dans les plus brefs délais.

Ajouter un sujet

Bravo pour le travail !

Je voulais simplement adresser un grand bravo et aussi un merci, non moins grand, aux contributeurs qui se sont chargés de préparer ce numéro exceptionnellement chargé des RAW. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt la plongée dans la crise syndicale secouant la WMF, dont j'avais déjà une assez bonne connaissance, visiblement pas encore suffisante puisque l'article m'a appris plein de nouvelles choses. De plus, ces RAW réussissent l'exploit de me faire songer sérieusement à me mettre au crochet Émoticône.
Pour finir, je signale à tout hasard que les anglophones ont eux aussi remarqué la tendance alarmante à l'hyperactivité de notre Wikimédien de l'année @Jules* Émoticône. DarkVador [Hello there !] 5 août 2026 à 04:39 (CEST)répondre

Nombre de contributions

Bonjour Jules* Émoticône,

Vous avez mentionné que le contributeur VIGNERON a presque huit millions de contributions. Vous pourriez ajouter que Simon Villeneuve a dépassé les 18 millions de contributions , .
— Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 15:09 (CEST)répondre

Bien vu ! J'espère qu'il me pardonnera ce manquement à l'exhaustivité, et bravo : à lui tout seul, 12 % des contributions des personnes présentes à la Wikimania Émoticône. — Jules* 💬 5 août 2026 à 15:13 (CEST)répondre
Oui, et même là ce n'est sans doute pas exhaustif, mais j'ai compté au moins 4 personnes avec plus de contributions que moi. Dont PMG qui a passé la barre des 10 millions durant son atelier Émoticône Cdlt, Vigneron * discut. 10 août 2026 à 17:27 (CEST)répondre

Liens inaccessibles

Bonjour,

Je ne peux pas voir la conférence L'IA générative dans mes contributions Wikimédia : entre le permis, le toléré et le tabou.

Idem pour From open data to sustainable data commons: A multilayered ecosystem.

Y a-t-il des liens alternatifs ?
— Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 15:25 (CEST)répondre

Ping @Waltercolor. — Jules* 💬 5 août 2026 à 15:30 (CEST)répondre
Bonjour @Cantons-de-l'Est. Merci pour votre intérêt pour ces interventions !
J’ai testé les liens qui mènent vers les pages de programme et les vidéos Youtube, a priori tout fonctionne.
Sur les pages de programme, notez qu’après l’icône de caméra « 🎥 Session recording », vous trouvez le lien direct vers la vidéo Youtube quand l’intervention a été enregistrée, ce qui est le cas pour ces deux sessions.
Je vous redonne ici les liens, dites-moi si ça fonctionne chez vous.
🎥 Session recording (lien Youtube direct) : le lien est détecté en spam sur Wikipédia et ne peut pas être affiché ici. Je vous donne le suffixe : JLUm5WbtDAk?t=15749
🎥 Session recording (lien Youtube direct) : le lien est détecté en spam sur Wikipédia et ne peut pas être affiché ici. Je vous donne le suffixe : Gk83IgVmBqA?t=26938 Waltercolor (discuter) 5 août 2026 à 16:19 (CEST)répondre
Il faut remplacer youtu.be par youtube.com, et remplacer le ? par un & :
Cdlt, — Jules* 💬 5 août 2026 à 16:23 (CEST)répondre
Bonjour,
Les URL commencent par « https://wikimedia.eventyay.com ». C'est ce site qui refuse d'afficher les liens vers YouTube ou d'effectuer les redirections parce que je n'ai pas un « valid token ».
— Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 16:24 (CEST)répondre
@Cantons-de-l'Est Mais est-ce que vous accédez bien aux pages Eventyay et est-ce que vous voyez bien les liens youtube à côté de l’icône caméra ? Ces liens ne sont pas des redirections mais bien des liens youtube directs en toutes lettres (à copier coller éventuellement) et ces URL ne commencent pas par celle du site eventyay.
Pour info, vous pouvez également retrouver toutes les vidéos de la Wikimania directement dans les playlists du site youtube de la Wikimedia Foundation. Elles sont classées par jour et par salle, mais pas par intervention, qu’il faut retrouver au milieu des captations d’une journée entière, donc c’est moins pratique. Waltercolor (discuter) 6 août 2026 à 00:34 (CEST)répondre
Désolé, mais aucun lien accessible. Comme je l'ai écrit plus haut, ça bloque chez https://wikimedia.eventyay.com . Suggestion : inscrire les liens YouTube. — Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 6 août 2026 à 03:33 (CEST)répondre
Ah ok je vois. Je me suis déconnectée d’Eventyay et j’ai maintenant le même message d’erreur qui est : « This event requires a valid token. Please use the link provided by your event organizer. ». Ça ne marche que pour les gens qui se sont enregistrés et ont créé un compte. J’ai posé la question sur le canal Telegram de la Wikimania, car ils ont aussi donné un lien Eventyay dans leur post sur le Bistro hier.  

Merci pour ce numéro !

L'extase… Comment désigner autrement la joyeuse surprise que j'ai ressenti au regard de ce numéro des Regards (Émoticône), qui porte bien son titre de « numéro exceptionnel » ! Ce fut un plaisir de lire cette édition-là, et de me sentir transporté par les écrits de toutes les rédactrices et tous les rédacteurs à cette Wikimania à laquelle je n'ai malheureusement pas pu me rendre… donc bravo & merci, infiniment. Sans paraphraser le message précédent du Sith, je suis reconnaissant à chaque Wikipédiste ayant participé à ces RAW, car je n'ose imaginer la charge de travail que cela a dû représenter.

Chacun des articles m'a appris des choses, bien que j'ai une affection particulière sur les sections centrées sur la chronologie de l'affaire à propos du syndicat WWU, particulièrement actualisée, sur la définition du terme « wikimédien·ne » (+1 pour le wikimédianisme) pour le moment réflexion philosophique et l'entretien final avec le Globe, lequel permet de se reposer après une lecture d'une traite, éprouvante mais satisfaisante. Cette dernière section n'occulte cependant en aucune façon celle sur le Wikimédien de 2026, dont j'ai un profond respect pour ces contributions et que je félicite pour son titre.

Pour avoir enfin jeté quelques coups d'œil dans la salle de rédac' par curiosité : la mention du Wikimag m'a intrigué mais aussi rassuré, montrant que cet hebdo dispose toujours d'un certains lectorat. Pour avoir initié ce que je pense être àmha une mutation durable vers un format automatisé, je comprends exactement les raisons pour lesquelles les RAW vont, peut-être, à leur tour, connaître une certaine évolution. Quoi qu'il en soit, avoir une équipe de rédaction comme la votre est chose rare est précieuse, c'est pourquoi je vous remercie encore et vous encourage à poursuivre ces efforts qui sauront être récompensés Émoticône sourire. Amicalement, L0Ldu82‬ (✉) — 5 août 2026 à 15:34 (CEST)répondre

Je plussoie. Un numéro riche, qui présente différentes facettes du mouvement. Émoticône — Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 18:41 (CEST)répondre

Courrier de Mathsi6542

Commentaire déplacé depuis Discussion Wikipédia:RAW/Rédaction. Bien à vous. --Mathsi6542 (discuter) 5 août 2026 à 16:13 (CEST)répondre

Bon...ne nuit ? Émoticône Je viens de finir la lecture de ce RAW, qui était très chargé effectivement — mais ça en valait la peine ! —. C'est le tout premier RAW que je reçois et que je lis en tant qu'abonné, et je ne regrette pas de m'être inscrit. Émoticône sourire N'ayant pas participé à la Wikimania 2026, grand merci pour ce long dossier consacré à l'événement, qui m'a permis de comprendre un peu plus en quoi il consistait. Merci également pour les quelques brèves, qui me permettent de me tenir à jour, et évidement pour tout le reste (l'interview de Jules* était très intéressante notamment, félicitations à lui). Bravo à la rédaction; je tenais à vous écrire au moins Émoticône pour cette première lecture. Émoticône cœur wikilove Bien à vous. --Mathsi6542 (discuter) 5 août 2026 à 01:34 (CEST)répondre

WWU

Bonjour,

Devant autant d'éléments troublants (renvoi de Brion Vibber, refus d'accepter la syndicalisation, gestion conflictuelle aux bureaux à San Francisco, déni de parole à une salariée), je ne peux m'empêcher de penser que des cadres sont des pro-MAGA et qu'ils agissent pour miner la politique d'ouverture de la WMF. J'espère que je me trompe.
— Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 17:28 (CEST)répondre

Bonjour,
Je ne pense pas que les cadres soient pro-MAGA, non.
Par ailleurs, je recommande la lecture de ce courriel envoyé aujourd'hui par Sadads.
Cdlt, — Jules* 💬 5 août 2026 à 21:34 (CEST)répondre

Entrevue Baby Globe

Bonjour,

J'ai bien ri de sa réponse à la dernière question sur d'autres mascottes. Émoticône
— Cantons-de-l'Est p|d|d 🧹 5 août 2026 à 18:39 (CEST)répondre

Ah, merci ! J’ai soufflé cette question et sa réponse me laisse évidemment espérer une mascotte Wiktionnaire (qui se prépare peut-être déjà en secret, qui sait ?) Émoticône sourire Noé 7 août 2026 à 00:36 (CEST)répondre


Pour information, cette entrevue avec Baby Globe a été republiée après traduction dans le numéro du 24 août du Signpost, modeste homologue anglophone du RAW Émoticône sourire Noé 31 août 2026 à 11:39 (CEST)répondre

Double mention du RAW dans Next

Pour info,

Le journaliste scientifique Martin Clavey de Next a brièvement mentionné le RAW à la fin de cet article, dans le paragraphe intitulé Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation Émoticône. Pronoia (discuter) 6 août 2026 à 13:09 (CEST)répondre

Cette édition du RAW est également mentionnée dans ce nouvel article de Next : Jules, wikimédien de l’année : « au lycée, j’avais trouvé ma vocation pour être utile ».--Pronoia (discuter) 14 août 2026 à 12:53 (CEST)répondre

Bravo !

Dommage que je vis pas en France. J'aurais aimé participer à la Wikimania. Btw, c'est le premier RAW que je lis en entier et je suis étonnamment surpris par la qualité. C'est très intéressant et j'espère lire encore plus de bonnes nouvelles de vôtre part. BlackJack5671 (discuter) 6 août 2026 à 15:48 (CEST)répondre

Lien cassé ?

Merci pour le RAW!

Hello et merci pour ce RAW ! Je crois que j'ai loupé l'occasion de participer parce que j'ai été tellement crevée après wikimania et que j'ai passé mon temps à catégoriser sur commons. Je partage l'analyse de @Lepticed7 : la contribution c'est l'axe le plus fort, le plus motivant et aussi le plus intéressant. Surtout, je regrette que si peu de personnes salariées contribuent, car cela leur permettrait de mieux cerner les problématiques des communautés qu'iels devraient soutenir. Cela dit, on peut féliciter les orgas de cette Wikimania pour l'engouement suscité ! De notre coté aux sans pagEs je signale le lancement pendant Wikimania pour nos dix ans de l'outil Wiki Gender Stat qui remplace humaniki et Denelezeh : https://meta.wikimedia.org/wiki/Wiki_Gender_Stats. L'outil a été développé par @Danÿa qui a fait un travail faramineux ! Cela permet de calculer le fossé des genres géographiquement, par wiki (wiktionnaire, wikiquote inclus !) et par langue. Peut-être qu'on pourra en parler dans un prochain RAW ? Nattes [Allo ?] 9 août 2026 à 17:19 (CEST)répondre

Merci ^^ Petite correction cependant, le Wiktionnaire n’est pas disponible sur WGS, mais Wikisource l’est. — Danÿa (Viendez parler !) 9 août 2026 à 18:17 (CEST)répondre
Hello. Oui, vous pouvez tout à fait écrire un petit texte (par exemple dans la partie « Nouveautés techniques et outils ») dès maintenant dans le prochain numéro qui sort le 5 septembre. Émoticône sourire — Antimuonium discuter 9 août 2026 à 23:44 (CEST)répondre