Khéphren

pharaon égyptien
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Khâefrê, plus connu sous la forme hellénisée de son nom Khéphren (grec : Χεφρήν), est un roi égyptien de la IVe dynastie de l'Ancien Empire. Il règne deux à trois décennies pendant les XXVIe siècle ou XXVe siècle avant notre ère[note 1], il aurait succédé à son demi-frère Djédefrê et précédé son fils Mykérinos[note 2]. Il fait construire la deuxième grande pyramide du plateau de Gizeh et peut-être le grand Sphinx non loin du temple bas de son complexe funéraire.

Khéphren
Image illustrative de l’article Khéphren
Statue de Khéphren, musée du Caire.
Période Ancien Empire
Dynastie IVe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Djédefrê ou Bikhéris
Dates de fonction XXVIe siècle / XXVe siècle AEC[note 1]
Successeur Mykérinos ou Bikhéris
Famille
Grand-père paternel Snéfrou (?)
Grand-mère paternelle Hétep-Hérès Ire
Père Khéops
Mère Mérititès Ire (?)
Conjoint Khâmerernebty Ire
Enfant(s) ♂ Mykérinos
♀ Khâmerernebty II
Deuxième conjoint Mérésânkh III
Enfants avec le 2e conjoint ♂ Nebemakhet
♂ Khenterka
♂ Douarê
♂ Niouserrê
♂ Ânkhem... (?)
♀ Shepsetkaou
Troisième conjoint Hékenouhedjet
Enfants avec le 3e conjoint ♂ Sekhemkarê
Quatrième conjoint Persenet ou Per... (nom en lacune)
Enfants avec le 4e conjoint ♂ Nykaourê
Cinquième conjoint (?)
Enfants avec le 5e conjoint ♂ Ânkhmârê
♂ Akhrê
♂ Iounmin
♂ Iounrê
♂ Hor
♂ Douaenrê (?)
♂ Nyânkhrê (?)
♀ Hémetrê
♀ Rekhetrê
♀ Nimaâthâpy (?)
♂ Khentkaous Ire (?)
Fratrie ♂ Djédefrê
♂ Kaouab Ier
♂ Khoufoukhaf Ier
♂ Hordjédef
♂ Khnoumbaef
♂ Minkhâf
♂ Djaty Ier
♂ Kaemsekhem
♂ Douaenhor
♂ Mindjédef
♂ Horbaf (?)
♂ Iounou (?)
♂ Khentikai (?)
♂ Snéfrouseneb (?)
♂ Kaemâh (?)
♂ Oupemneferet (?)
♂ Babaef Ire (?)
♂ Baoufrê (?)
♀ Hétep-Hérès II
♀ Mérésânkh II
♀ Khâmerernebty Ire
♀ Néfertkaou
♀ Mérititès
♀ Mérititès
♀ Ounshet
♀ Iabtet
♀ Sédit
♀ Néfertiabet (?)
Sépulture
Nom Pyramide de Khéphren
Type Pyramide à faces lisses
Emplacement Plateau de Gizeh

Nom du roi

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Le roi est parfois nommé Khâefrê ou Râkhâef selon les chercheurs. Les hiéroglyphes écrits dans le cartouche sont placés dans l'ordre dont la transcription est la suivante : Ḫˁj=f-Rˁw, soit Khâefrê. Cependant, le nom des dieux étant placés systématiquement en début de nom par « antéposition honorifique », un tel ordre n'exclut donc par la lecture Rˁw-ḫˁj=f[1]. En utilisant les versions helléniques du nom du roi, Souphis (Σoυφις) selon Julius Africanus, Saophis II (Σαωφις β) selon Ératosthène, Khéphren (Χεφρηνα) chez Hérodote et Képhren (Κεφρην) chez Diodore de Sicile, Roman Gundacker privilégie la transcription Ḫˁj=f-Rˁw[2].

Généalogie

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Ascendance

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Djédefrê était un fils du roi Khéops. Sa mère n'est pas connue ; en effet, aucune épouse de Khéops n'est connue avec le titre de « mère du roi » (mw.t nsw.t)[3]. Certains font de la reine Mérititès Ire sa mère en raison d'une inscription où il est indiqué que Khéphren veut honorer la mémoire de cette reine ; elle porte en effet le titre suivant : « Honorée auprès de Khâefrê, sa bien-aimée » (jmȝẖt ẖr Ḫˁ=f-Rˁ mr.t)[4]. Cependant, cette mention suggèrerait simplement que cette reine était morte pendant le règne de Khéphren[5]. De plus, elle porte le titre de « Celle pour qui toute chose qu'elle ordonne est accomplie », titre qui a été par ailleurs porté uniquement par des mères royales au cours de l'Ancien Empire selon Roman Gundacker[6]. Ainsi, selon lui, la reine devait porter le titre de « mère du roi » dans les lacunes de la stèle. Cependant, cette hypothèse est réfutée par Vivienne Gae Callender car, premièrement, ce titre de « Celle pour qui toute chose qu'elle ordonne est accomplie » a été porté par des femmes d'autres époques qui n'ont pas été mère de roi, notamment Hatchepsout de la XVIIIe dynastie, et deuxièmement, le titre de « mère du roi » est en général mis en avant dans les titulatures des reines, soit en le mettant en premier, soit en le mettant juste devant le nom de la reine, deux possibilités exclues pour la stèle de Mérititès Ire[7].

Épouses

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Khéphren eut plusieurs épouses dont[8],[9] :

Descendance

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Plusieurs princes et princesses sont attribués à Khéphren, bien que certaines filiations soient incertaines[note 3]. La majorité d'entre eux ont été enterrés dans le cimetière central de Gizeh.

Les fils qui lui sont attribués sont les suivants[8] :

Les filles sont[8] :

La durée exacte du règne de Khéphren est inconnue. La durée du règne de Khéphren sur le Canon royal de Turin, liste royale datant du Nouvel Empire, est perdue du fait de l'état très fragmentaire du papyrus[42]. La liste royale dressée par Africanus, copie fautive de l'œuvre Ægyptiaca du prêtre égyptien Manéthon, qui vécut au IIIe siècle avant l'ère commune, lui attribue 66 ans de règne et Hérodote lui attribue 56 ans de règne[43]. Cette durée, issue des listes royales écrites des siècles, voire millénaires, après la IVe dynastie, sont à prendre avec précaution.

Les années de règne de la IVe à la VIe dynastie étaient comptés en numérotant les recensements de bétail depuis le début de chaque règne ; ces recensements avaient lieu plus ou moins tous les deux ans[note 4], avec semble-t-il des exceptions, notamment les 7e et 8e recensements de bétail du règne de Snéfrou qui ont été consécutifs selon le sixième registre des annales inscrites sur la pierre de Palerme[45],[46].

L'attestation contemporaine donnant une durée de règne la plus élevée est celle mentionnant un « treizième recensement », trouvée sur une marque de construction dans le mastaba G 7650 d'Akhethétep et de la fille de Khéops Mérititès[47]. En considérant une fréquence bisannuelle des recensements, le règne de Khéphren a dû durer au moins 26 ans. D'autres attestations de dates, retrouvées sur des ostraca d'Helwan ainsi que sur des marques de construction de mastabas de la nécropole de Gizeh, dont le mastaba G 7530-7540 de la reine Mérésânkh III (« septième recensement »), le mastaba G 7350 d'un prince anonyme, fils de Khéops (« dixième (ou plus ?) recensement »), une autre marque dans le mastaba G 7650 (« douzième recensement ») et la tombe G 8158 du prince Nykaourê[48],[49].

Territoire

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Il semble que le pouvoir égyptien contrôlait, à partir du règne de Khéphren au moins, le site de Bouhen, où se trouvait une forteresse[50]. Ceci est peut-être la conséquence de la campagne militaire de Snéfrou dans cette région quelques décennies avant le règne de Khéphren. Toujours est-il que le contrôle de cette forteresse permettait au pouvoir égyptien de contrôler un vaste territoire riche en matières premières minérales.

L'oasis de Dakhla, dans le désert Libyque, était aussi sous contrôle égyptien pendant le règne de Khéphren[51].

Expéditions à l'étranger

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Les expéditions à l'étranger étaient de plusieurs natures : il y avait premièrement les expéditions commerciales, puis les expéditions pour rapport des matières premières des carrières et des mines, et enfin les expéditions visant à capturer et ramener des étrangers et leurs bétails. Le règne de Khéphren s'est illustré dans au moins deux de ces trois domaines.

Commerce

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Des relations commerciales avec la Syrie sont attestées, d'une part, par des fragments appartenant à trois bols ou lampes en diorite de forme quadrilobée et découverts à provenant d'Ebla, et, d'autre part, par un sceau-cylindre découvert à Byblos[52], tous deux portant la titulature de Khéphren.

Expéditions minières

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Ain Soukhna et le Sinaï

Un élément atteste de l'organisation d'expéditions minières au Sinaï, où se trouvent des gisements de turquoise et de cuivre, sous le règne de Khéphren, dans la continuité des dynasties précédentes. Toutefois, il semble que le règne de Khéphren marque un changement majeur dans la manière d'organiser ces expéditions. En effet, les expéditions pendant les premières dynasties ont semble-t-il été menées en contournant le golfe de Suez[53] pour redescendre vers le ouadi ‘Ameyra de la fin de la période prédynastique jusqu'au début de la IIe dynastie[54] puis, une fois le site semble-t-il épuisé, vers le ouadi Maghara pendant la IIIe dynastie[55]. Dès le règne de Snéfrou, l'organisation des expéditions changea radicalement : s'il continua d'envoyer des missions vers le ouadi Maghara, c'est sous son règne que l'énorme port du Ouadi el-Jarf, côté continent, a été aménagé, permettant d'accéder au port-forteresse d'El-Markha, situé en face côté Sinaï[56],[note 5].

En effet, il semble que pendant les premières dynasties, les expéditions contournaient le golfe de Suez[53] pour redescendre vers le ouadi ‘Ameyra de la fin de la période prédynastique jusqu'au début de la IIe dynastie[54] puis, une fois le site semble-t-il épuisé, vers le ouadi Maghara pendant la IIIe dynastie[55]. Si Snéfrou continue d'utiliser les ressources du ouadi Maghara, comme l'atteste l'inscription rupestre représentant Snéfrou tuant un Bédouin, son règne marque une rupture majeure dans la voie d'accès à ces ressources. En effet, au cours de son règne a lieu la création d'un énorme port au Ouadi el-Jarf, côté continent, permettant d'accéder au port-forteresse d'El-Markha, situé en face côté Sinaï[56],[note 6]. Il semble que la décision de construire un tel port a été prise car le golfe de Suez est accessible depuis le site de Meïdoum, lieu de construction de la première pyramide du roi Snéfrou, via le ouadi Arabah[58].

Si ce port du Ouadi el-Jarf continua à être utilisé sous le règne de Khéops, c'est au plus tard sous le règne de Khéphren qu'un autre port de remplacement, situé bien plus au nord, à Ain Soukhna. Ce site a été choisi car il est accessible depuis directement depuis Memphis, capitale administrative de la période et lieu de construction de l'ensemble des pyramides royales de l'Ancien Empire (à l'exception de la pyramide de Meïdoum susmentionnée)[58]. Ce site avait en plus la particularité d'avoir de l'eau potable à disposition car il s'agit d'une oasis naturelle, et qu'une rade sablonneuse et protégée du vent facilitait la navigation vers et depuis le port[58]. Cette création de Khéphren a été un changement majeur pour l'organisation des expéditions, car diverses attestations montrent une utilisation de ce port pour les expéditions vers le Sinaï, mais aussi le pays de Pount, à partir du règne de Khéphren jusqu'à la fin de l'Ancien Empire, suivie d'une réutilisation au Moyen Empire (en parallèle du port de Mersa Gaouasis) et à la XVIIIe dynastie[59].

Autres expéditions

Un graffiti atteste également d'une expédition aux carrières de Bir Menih, dans le désert oriental[60].

Succession

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Après la mort de Djédefrê, son successeur sur le trône est soit le roi Khéphren, son frère, soit le mystérieux roi Bikhéris, qui est peut-être son fils Baka[61], ou bien son fils Setka[62]. L'ordre de succession entre ces deux rois fait débat : en effet, les listes royales du Nouvel Empire placent systématiquement Khéphren comme successeur de Djédefrê[63], mais certains chercheurs préfèrent placer Bikhéris avant Khéphren[61] : ils évoquent des arguments d'ordre architectural, qui rapprochent la pyramide inachevée de Zaouiet el-Aryan à la pyramide de Djédefrê[64],[65],[62],[61]. Cependant, cette analyse est réfutée par d'autres, notamment Roman Gundacker qui indique que, si la pyramide de Djedefrê est plus proche de celle de Snéfrou à Meïdoum que de celle de Khéops, on peut également noter que celle de Khéphren est plus proche de celle de Khéops que de celle de Djedefrê, et qu'on ne peut donc en déduire la position chronologique exact de Bikhéris sur la base d'une telle analyse[66].

Dans le cas d'une succession directe entre Djédefrê et Khéphren, et sachant que le pouvoir se transmettait normalement de père en fils, celle-ci mena à de nombreuses spéculations de la part des chercheurs. Par exemple, George Andrew Reisner supposa que des conflits familiaux avaient éclaté après la mort de Khéops, deux branches de la famille se disputant la suprématie. Selon cette théorie, Djédefrê n'était même pas destiné à être l'héritier légitime du trône, et Khéphren s'empara du pouvoir après sa mort. Cependant, l'hypothèse de Reisner n'est étayée par aucune preuve archéologique. Aucune damnatio memoriae n'eut lieu après la mort de Djédefrê ; il fut vénéré et figure dans des listes royales postérieures. Une prise de pouvoir illégitime peut donc être exclue. La question de savoir pourquoi son frère Khéphren lui succéda et non l'un de ses fils demeure cependant sans réponse[67].

Monuments et statues

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Statues

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De tous les souverains de l'Ancien Empire, Khéphren est celui dont on possède le plus grand nombre de statues. Presque sans exception, elles proviennent du complexe funéraire du roi à Gizeh, certaines des nécropoles des dignitaires, mais la plupart des environs du complexe de la pyramide de Khéphren. Dans une grande salle du temple de la vallée, 23 cavités ont été creusées dans le sol, qui accueillaient à l'origine des statues grandeur nature. L'une de ces cavités est plus large que les autres ; il est possible que deux statues s'y trouvaient. On a suggéré que ces 24 statues étaient liées aux heures du jour. Toutes ces statues ont été déplacées après le règne de Khéphren. Cependant, lors de fouilles en 1860, Auguste Mariette en a retrouvé neuf (inv. no  CG 9 à CG 17)[68] ainsi que des fragments d'une dixième (CG 378)[69] dans une fosse du temple de la vallée. Ces statues sont aujourd'hui conservées au Musée égyptien du Caire.

Les statues CG 9 à CG 14 sont en gneiss, les quatre autres en grauwacke. Les statues CG 9, 10, 13 et 17 ont été retrouvées décapitées, et seules les jambes de la statue CG 16 subsistent. La statue CG 14 (également JE 10062) est la plus célèbre des statues de Khéphren. Haute de 168 cm, elle est presque entièrement conservée, ne présentant de dommages importants qu'à la jambe et à l'avant-bras gauches. Khéphren est assis sur un trône dont les pieds sont ceux d'un lion, sur les côtés duquel figure le symbole de l'union des Deux Terres (Haute et Basse-Égypte). Il porte un bouc et le némès royal. Derrière sa tête, un faucon Horus déploie ses ailes protectrices. La statue CG 15 est également exceptionnellement bien conservée et de conception très similaire. Mesurant 120 cm, cette statue est donc plus petite. Le trône porte les mêmes symboles, mais il lui manque les pieds du lion et le dossier. Le faucon Horus est également absent. Selim Hassan a découvert plusieurs autres statues, très partiellement conservées, aux alentours de la pyramide de Khéphren dans les années 1930[69].

Le Musée égyptien du Caire possède également une autre statue de Khéphren assis (CG 41), albâtre et bien conservée, provenant non pas de Gizeh, mais de Mit-Rahineh (Memphis).

Le Musée des Beaux-Arts de Boston abrite environ 200 fragments, dont certains extrêmement petits, de nombreuses statues de Khéphren découvertes dans la nécropole ouest de la Grande Pyramide de Gizeh. L'une des pièces les mieux conservées est une tête de statue (numéro d'inventaire 21351). Elle est en travertin et mesure 20,4 × 12,4 × 10 cm. Des restes de barbe et de coiffe sont encore visibles.

Le Musée des Beaux-Arts de Boston conserve environ 200 fragments, dont certains extrêmement petits, de nombreuses statues de Khéphren découvertes dans le Cimetière ouest du complexe funéraire de Khéops. L'une des pièces les mieux conservées est une tête de statue (numéro d'inventaire 21351). Elle est en travertin et mesure 20,4 × 12,4 × 10 cm. Des restes de barbe et de coiffe sont encore visibles.

Le Musée égyptien de l'Université de Leipzig (de) abrite quatre têtes de petites statues de Khéphren, mises au jour lors des fouilles menées en 1909 et 1910 dans la zone du temple de la vallée de la pyramide de Khéphren. La première (n° d'inventaire 1945)[69] est en gneiss anorthotique et mesure 17,2 cm de haut. Le roi porte un bouc et la coiffe royal, dont il ne subsiste que des fragments. La tête de la statue présente des traits du visage très particuliers et constitue l'un des joyaux de la collection de Leipzig. Une seconde pièce (inv. n° 1946)[69] représente Khéphren dans les mêmes insignes royaux. Elle est en métagrauwacke et mesure 9 centimètres de haut. La coiffe est presque entièrement conservée, de même que l'épaule droite. Les deux dernières pièces (inv. n° 1947 et 1948)[69] sont en calcaire et représentent le roi coiffé de la couronne rouge de Basse-Égypte. La première mesure 8 cm et ses yeux ont des iris autrefois incrustés de silex. Les paupières étaient à l'origine recouvertes de cuivre. La seconde pièce conserve également une partie de son buste, mais elle est fortement endommagée. Le roi est représenté dans les insignes royaux de la fête du Jubilé. Là aussi, les paupières portent des traces d'un revêtement en cuivre. Le musée de Leipzig conserve également quelques fragments d'autres statues de Khéphren[69].

Une tête de statue, conservée uniquement à l'état de fragments (n° d'inventaire 5415)[70], est exposée au Musée Roemer et Pelizaeus de Hildesheim. Sculptée dans du calcite, elle mesure 48,7 cm de haut et 41,2 cm de large. Le roi y est également représenté coiffé du némès. Des traces de peinture sur le sourcil droit suggèrent que la statue était initialement peinte.

La Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague possède une tête de statue (n° d'inventaire 1599)[71], provenant d'une collection privée et attribuée à Gizeh. Haute de 15,5 cm, elle est taillée dans du calcaire. Ses traits caractéristiques laissent penser qu'il s'agit d'une représentation de Khéphren.

Une autre tête de statue, en granit, appartient à une collection privée. Elle mesure 39,5 cm de haut et 30,5 cm de large ; son origine est inconnue. Elle est également considérée comme une tête de statue en raison de ses caractéristiques.

Le Sphinx

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Depuis les premières fouilles archéologiques de Gizeh, la plupart des égyptologues ont considéré le Sphinx comme une œuvre de Khéphren. Cette hypothèse reposait principalement sur sa proximité immédiate avec le temple de la vallée de Khéphren et sur une inscription fortement endommagée de la stèle du rêve, érigée par Thoutmôsis IV sous la XVIIIe dynastie. Cependant, l'état de dégradation de cette inscription la rend illisible ; une attribution définitive du Sphinx à Khéphren est donc impossible. Rainer Stadelmann défend une opinion différente. Se fondant sur plusieurs caractéristiques stylistiques de la représentation de la tête, il estime que le Sphinx a été créé sous le règne de Khéops[72]. Mark Lehner et Zahi Hawass, quant à eux, fondent leur argumentation sur des études géologiques du Sphinx et des blocs de pierre du temple du Sphinx et du temple de la vallée de Khéphren. Ces études indiquent que les matériaux de construction des deux temples provenaient de la même carrière que celle où se situe le Sphinx. Lehner et Hawass considèrent donc les trois édifices comme un seul et même projet de construction[73]. Cependant, ils concèdent que le travail sur le Sphinx a pu commencer dès le règne de Khéops, car il se trouve au niveau de la carrière ayant servi à la construction de la pyramide de Khéops et à celle de Khéphren ; le chemin le plus direct allant du canal d'arrivée à la pyramide passe d'ailleurs à l'est du Sphinx[74]. Cependant, Miroslav Verner indique que deux trouvailles récentes suggèrent que le Sphinx date du règne de Khéops : le premier est la découverte dans une galerie à Saqqarah-Nord en 2005, parmi des objets datant de la VIe dynastie, d'un sphinx au nom du roi Khéops ; le second est le nom d'une équipe d'ouvriers ayant travaillé à la pyramide de Khéops et attestée sur l'un des papyrus découvert au Ouadi el-Jarf vers 2017 : cette équipe était nommée le « Grand est le Lion ». Il est aussi possible, qu'au lieu d'avoir un seul commanditaire, le Sphinx ait pu être commencé par Khéops et terminé par Khéphren, mais cela reste une hypothèse spéculative selon Verner[75].

Architecture

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Aucun édifice hors de Gizeh ne peut être attribué avec certitude à Khéphren. Des blocs de pierre portant son nom ont été découverts à Bubastis et à Tanis, mais ils y ont probablement été transportés ultérieurement.

Sépulture

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Contrairement à ses prédécesseurs, le complexe pyramidal de Khéphren est mieux conservé, que ce soit la pyramide, le temple haut, la chaussée montante et le temple bas. C'est de ce dernier, ainsi que du temple du sphinx, que proviennent de nombreux fragments de statues à l'effigie de Khéphren dont une complète en gneiss qui est exposée au Musée du Caire. Khéphren est représenté assis sur le trône d'Horus, coiffé du némès et la tête protégée par le dieu faucon.

L'ensemble du temple bas de la pyramide de Khéphren, en partie restauré, présente une construction en blocs de granite rouge. Deux sphinx encadrent les deux portes d'entrée qui s'ouvrent sur une vaste salle en forme de « T ». Seize piliers monolithiques soutiennent le plafond à 4,50 mètres de hauteur. De chaque côté du mur, des cavités accueillent les représentations du roi.

À l'ouest de sa pyramide, une équipe d'archéologues a découvert en septembre 2010 la tombe de Roudj-Ka, un prêtre chargé d'accomplir le culte funéraire de Khéphren.

Titulature

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Postérité

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Ancien Empire

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Khéphren bénéficiait d'un culte funéraire important durant l'Ancien Empire, qui perdura jusqu'à la fin de la VIe dynastie. On recense 32 prêtres et fonctionnaires funéraires associés à ce culte pour cette période, la plupart appartenant à la Ve dynastie[76]. Ce nombre est relativement élevé. À titre de comparaison, on n'en compte que huit pour son prédécesseur Djédefrê[77], et 21 pour Mykérinos, le dernier souverain de la IVe dynastie à avoir régné durablement[78]. Seul le père de Khéphren, Khéops, possède un nombre significativement plus élevé de prêtres et fonctionnaires funéraires, soit 73[79].

Ce culte funéraire revêtait toujours une grande importance économique, de nombreux domaines agricoles étant établis pour fournir les offrandes. Cependant, comme pour son père, son importance économique déclina rapidement. Sur un total de 51 domaines connus, la majorité datent de la Ve dynastie. Un seul domaine est attesté depuis la VIe dynastie[80].

Moyen Empire

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Khéphren et ses frères Djédefrê, Hordjédef et Baoufrê/Baefrê, bien que ce dernier ne soit attesté par aucun document d'Ancien Empire, faisaient partie d'une tradition historique et littéraire, attestée au moins à partir de la XIIe dynastie, mais qui aurait pu émerger un peu avant[81]. Selon Roman Gundacker, cette tradition était d'origine héliopolitaine, conduisant à une reconstruction de la IVe dynastie avec huit rois, bien que l'archéologie n'atteste de l'existence de seulement sept rois. Cette tradition a mené, d'une part, au remplacement du roi Bikhéris/Bakarê par le pseudo-roi Baoufrê/Baefrê, et d'autre part, à la « contamination » de la tradition memphite, conduisant dans cette dernière à la création du roi fictif Ptahdéjdef/Thamphthis en remplacement du pseudo-roi Hordjédef[81].

Cette tradition est aujourd'hui attestée par deux, voire trois documents :

  • le texte littéraire conservé sur le papyrus Westcar et parfois nommé Les magiciens à la cour du roi Khéops ou encore Les cinq prodiges du papyrus Westcar ; le récit met en scène cinq prodiges, dont les quatre premiers sont narrés par les quatre fils de Khéops et se passent sous quatre rois différents : Djédefrê, dont le nom est perdu, pour « Le prodige sous le roi Djéser », « Le prodige sous le roi Nebka » pour Khéphren, « Le prodige sous le roi Snéfrou » pour Baoufrê et « Le prodige sous le roi Khéops » pour Hordjédef[82],
  • une inscription rupestre du Ouadi Hammamat, montrant les cartouche royaux alignés de Khéops, Djédefrê, Khéphren, Hordjédef(rê) et Baefrê[81],
  • la liste d'Abousir, présente sur un unique fragment conservé au Musée égyptien de Berlin (inv. 1116) ; bien que très fragmentaire et dégradée, Roman Gundacker a pu reconstituer la partie de la liste concernant la IVe dynastie et le début de la Ve dynastie comme suit (les noms entre crochets étant perdus) : Snéfrou - [Khéops] - Djédefrê - [Khéphren] - Mykérinos - [Baoufrê/Baefrê] - Hordjédef - [Chepseskaf] - Ouserkaf[83],[note 7].

Nouvel Empire

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Durant le Nouvel Empire, l'intérêt pour la nécropole de Gizeh se raviva en Égypte. Sous la XVIIIe dynastie, Amenhotep II fit construire un temple au nord du Sphinx et y érigea également une stèle mentionnant Gizeh comme « lieu de repos de Khéops et Khéphren ». Son fils et successeur, Thoutmôsis IV, fit plus tard dégager le Sphinx du sable du désert et érigea la stèle du rêve entre ses pattes avant. Elle contient une inscription relative à Khéops et Khéphren très similaire à celle figurant sur la stèle d'Amenhotep II. Cependant, aucune des deux stèles ne fournit d'information claire quant à l'identité du constructeur du Sphinx[84].

Des inscriptions sur les parois rocheuses au nord et à l'ouest de la pyramide de Khéphren attestent de la présence d'équipes de construction sous la XIXe dynastie, sous le roi Ramsès II ou son successeur Mérenptah. Ces inscriptions sont probablement liées à un programme de restauration national mené à cette époque[85].

Basse Époque

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Le temple funéraire détruit de la pyramide de reine G1C, à l'ouest de la pyramide de Khéops, avait été recouvert par un petit temple d'Isis, « maîtresse des pyramides » dès la XVIIIe dynastie, temple qui fut considérablement agrandi pendant la XXIe dynastie. Dans le cadre du culte d'Isis, un culte dédié à Khéops fut rétabli. Outre Khéops, d'autres rois étaient également vénérés occasionnellement. Quatre prêtres dédiés à Khéphren sont attestés des XXVIe et XXVIIe dynasties, mais tous étaient également prêtres de Khéops ou de sa pyramide. Une vénération indépendante n'est pas attestée[86].

Traditions grecques

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Les historiens grecs ont peu de choses à dire sur Khéphren. Hérodote en parle dans le deuxième livre de ses Histoires, tout comme Hécatée d'Abdère, dont les écrits ne nous sont parvenus que sous forme de fragments ou de récits d'autres auteurs. Diodore de Sicile en donne sa description dans le premier livre de sa Bibliothèque. À l'instar de son père Khéops, ces auteurs le dépeignent comme un despote cruel, ce qui contraste fortement avec la vénération, manifestement durable, que lui ont accordée les Égyptiens. Aucun des deux auteurs ne propose de description indépendante de Khéphren. Il est simplement présenté comme le successeur de Khéops, dont les actions ne différaient pas de celles de son père.

Hérodote ne lui consacre qu'un court passage, écrivant que sous Khéphren, qu'il appelle le frère de Khéops, les cruautés qui auraient commencé sous Khéops se sont poursuivies. Cela signifie que les temples étaient fermés et que lui aussi avait contraint les Égyptiens à travailler à la construction de sa pyramide.

Diodore affirme que Khéops et son fils Khéphren étaient tellement haïs par le peuple que, craignant pour l'intégrité de leurs corps, ils refusèrent d'être enterrés dans leurs pyramides et furent plutôt enterrés secrètement par leurs proches dans un lieu inconnu.

Notes et références

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  1. 1 2 En termes de chronologie absolue, la détermination de dates exactes de début et de fin de règne est un exercice périlleux du fait de l'ancienneté du règne, plusieurs chercheurs ont fait chacun des propositions ; on trouve par exemple :
  2. ↑ La succession semble ne pas avoir été aussi simple puisque le roi éphémère Bikhéris, commanditaire de la pyramide inachevée de Zaouiet el-Aryan, est le prédécesseur ou le successeur de Khéphren. Ce roi mystérieux est peut-être le prince Baka, fils de Djédefrê.
  3. ↑ Deux problèmes majeurs concernent les titres de filiation royale et leurs détenteurs : le premier problème est que ces titres pouvaient, d'une part attribués à des roturiers et être donc purement honorifiques, et d'autre part, être attribués à des petits-enfants royaux[18] ; le second problème est la datation souvent incertaine des monuments et documents qui attestent de l'existence de ces princes et princesses.
  4. ↑ Les années des recensements sont alors notées rnpt zp X, soit littéralement « Année de la Xe occasion », et les années intercalaires sont alors notées rnpt m-ḫt zp X, soit littéralement « Année après la Xe occasion »[44].
  5. ↑ L'utilisation du port du Ouadi el-Jarf pendant le règne de Snéfrou n'est attestée que par une empreinte de sceau ; le reste des inscriptions datent du règne de Khéops[57].
  6. ↑ L'utilisation du port du Ouadi el-Jarf pendant le règne de Snéfrou n'est attestée que par une empreinte de sceau ; le reste des inscriptions datent du règne de Khéops[57].
  7. ↑ À comparer à la tradition memphite « contaminée » : Snéfrou - Khéops - Djédefrê - Khéphren - Bikhéris/Bakarê - Mykérinos - Chepseskaf - Ptahdéjdef/Thamphthis[63].

Références

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Bibliographie

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Bibliographie sur la famille royale

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Autres références

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Voir aussi

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